CTO vs AV, quelle est la meilleure enveloppe?

Ça me rend dingue de voir l’assurance-vie recommandée par pur réflexe à des épargnants de 30 ans, sans jamais questionner la pertinence réelle du support. Pour arrêter de répéter les mêmes explications, j’ai compilé ici une démonstration chiffrée prouvant que le Compte Titres (CTO) est, dans l’immense majorité des cas, une solution bien moins chargée en frais, et à rendement/risque équivalent souvent bien meilleure que l’AV.
Il vise aussi à apporter la rigueur qui manque cruellement à certaines ressources populaires sur la succession, en particulier de vendeurs d’AV ou de CGP peu scrupuleux (et/ou peu compétents).
Ce post permet aussi de rentrer un peu plus dans le détail de cette vidéo et ajoute d’autres cas chiffrés à l’exemple évoqué : https://www.youtube.com/watch?v=LMozzlvY8n8&t=1008s

Dans ce document, nous analyserons comparativement le CTO et l’AV à travers une série de simulations couvrant :

  • Comparaison simple pour des investisseurs avec différentes aversions au risque : rendements de 3% (prudent), 5% (équilibré) et 8% (dynamique).
  • Stratégies de rente (impact sur le résultat de l’abattement de 4600€/9200€ de l’AV)
  • Transmission hors ligne directe (entre frère et soeur)
  • Impact d’une vente forcée (fermeture d’un ETF par exemple)
  • Robustesse aux arbitrages, dont illustration sur une allocation diversifiée.

Les différents titres permettront de se repérer dans ces quelques cas. Enfin, dernier disclaimer, Il se pourrait que des erreurs se soient glissées ici ou là, n’hésitez pas à refaire/vérifier certains calculs, faisons travailler l’intelligence collective.

Mécanismes fiscaux

Les comparaisons proposées ici reposent sur le nouveau cadre fiscal de 2026, c’est-à-dire avec une flat tax à 31.4% (12.8% impôt sur le revenu + 18.6% prélèvements sociaux), 17.2% de prélèvements sociaux en AV et un abattement forfaitaire en cas de retrait d’une assurance vie après une certaine période de détention. Si la fiscalité venait à changer, ces simulations deviendraient caduques, ou du moins imprécises.

Le compte titres permet une composition du capital sans frais annuels et efface les plus-values au décès, mais subit une taxation successorale progressive pouvant atteindre 45 %, d’après le barème général des impôts sur les successions.
L’assurance vie impose des frais de gestion annuels qui réduisent le capital, en échange d’un abattement de 152 500 € applicable après prélèvements sociaux (« après » est ici un mot TRÈS important et source de beaucoup de confusion, y compris dans les documentations des assureurs) et d’un taux d’imposition un peu plus doux de 20% jusqu’à 852 000 €, puis 31.25% au-delà.

Commençons par un exemple :
Sur 20 ans, avec un capital initial de 100 000 € et un patrimoine existant de 300 000 €, le compte titres permet à l’héritier de percevoir environ 212 260 €, car la purge des plus-values au décès compense largement l’imposition à 20 %. À l’inverse, l’assurance vie, malgré son abattement de 152 500 €, voit son capital final amputé par les frais de gestion et les prélèvements sociaux, ne laissant que 204 000 € à l’héritier. Dans cette configuration de long terme, la gratuité de détention du CTO surpasse l’économie d’impôt de l’assurance vie, qui finit par coûter plus cher en frais qu’elle ne rapporte en cadeaux fiscaux. Enfin, précisons dès à présent que les taux de rendement s’appliquent sur l’investissement dans chacune des enveloppes. Donc, pour le profil prudent ci-dessous, l’investissement initial est supposé être placé sur un actif rapportant 3% de rendement par an.

Analyse des scénarios

Le cadre de l’étude est celui d’un investissement unique ou en lump sum, réalisé au premier pas de temps, dans une optique de transmission en ligne directe (parents vers enfants), sauf mention contraire. Dans tous ces scénarios, un patrimoine existant de 300 000€ est supposé hors de chaque enveloppe et un unique héritier en ligne direct est considéré, sauf mention contraire.

Notons dès à présent, que, dans le cas d’une donation du vivant, les résultats seront encore plus intéressants que ceux présentés ci-dessous pour le CTO, puisque dans ce cas, nous utilisons complètement la purge des plus-values latentes mais surtout, l’abattement du barème général qui est ici en partie consommé par les 300 000€ de capital hors enveloppe spécifique. Aussi, le barème de l’assurance vie ne s’appliquant qu’au décès, il semblait plus intéressant de ne considérer que ce cas.

Nous avons modélisé différents scénarios pour identifier le point de bascule entre les deux enveloppes fiscales. Les graphiques ci-dessous représentent en rouge les zones où le CTO est plus performant, et en vert celles favorables à l’assurance vie. La ligne noire représente l’égalité entre les enveloppes. Les comparaisons se feront en termes relatifs.

Pour uniformiser les résultats et permettre une comparaison équitable, les figures suivantes présentent l’avantage de l’une ou l’autre des enveloppes (CTO vs AV) en écart relatif par rapport au patrimoine net total transmis (incluant les actifs hors enveloppe comme l’immobilier ou les livrets, estimés ici à 300 000 €).

La formule utilisée est la suivante :
image

Profil prudent (3 %)

Sur un horizon de 10 à 50 ans, l’assurance vie souffre de la comparaison face au compte titres, même lorsque l’abattement successoral est déjà consommé par un patrimoine préexistant (ici 300 000 €). L’avantage ou le désavantage est exprimé en pourcentage du patrimoine net final transmis. La ligne noire indique le point d’équilibre : à gauche (vert), l’assurance vie l’emporte, à droite (rouge), le CTO devient supérieur. Pour un investissement inférieur à 500 000 €, le CTO prend l’avantage vers 20 ou 25 ans de détention, et 30 ans pour un patrimoine plus important.

Notons aussi de fortes non-linéarités dues aux taux de taxation lors de l’héritage. L’AV a un abattement de 152 500 € et un taux forfaitaire de 20% entre 152 500€ et 852 500€, puis de 31,25 % au-delà.

Dans le cas du CTO et du barème général, les taux varient de 20% à 45%, mais les taux d’imposition de la transmission sont comparables pour des patrimoines autour de 500 000€ - 1M€, ce qui donne mécaniquement bien plus d’avantage au CTO qui n’a aucun frais annuels et ne doit pas s’acquitter des prélèvements sociaux (17,2%) sur les plus-values.

Profil équilibré (5 %)

Le constat ici est similaire. L’assurance vie perd son avantage encore plus rapidement, car le rendement plus important augmente mécaniquement l’avantage du CTO et de la purge des plus-values lors de la transmission, tandis que ce rendement pénalise encore l’assurance vie dont les frais sont proportionnels au capital.

Cependant, on observe que pour les très hauts patrimoines, l’assurance vie reste intéressante plus longtemps puisque le taux marginal du barème spécifique est de 31.25% tandis qu’il est de 45% dans le barème général pour les transmissions supérieures à 1 805 677€.
Cependant, quoi qu’il arrive, après 25 ans de détention, l’assurance vie est toujours perdante.

Profil dynamique (8 %)

Dans ce scénario à fort rendement, le CTO est pratiquement imbattable. La purge des plus-values latentes au décès neutralise une telle pression fiscale par rapport aux prélèvements sociaux de l’AV que le match est clos avant même 10 ans de détention, sauf pour les patrimoines très élevés dont le taux marginal reste intéressant, dans le cas du barème de l’assurance vie par rapport au barème général.

Cas pratique : la rente (investissement à 50 ans, retraits à 70 ans)

Cette simulation porte sur 100 000 € investis à 50 ans avec retraits annuels de 3 000 € à partir de 70 ans et jusqu’au décès.

Le résultat confirme la supériorité du CTO sur le long terme dès lors que le rendement dépasse 4%. L’absence de frais de gestion permet de maintenir une base de capital plus élevée, ce qui compense largement la taxation légèrement plus importante des retraits.

Cas pratique : la rente 2 (investissement à 65 ans, retraits à 75 ans)

Dans ce scénario, l’épargnant investit plus tardivement et commence ses retraits plus tard. Il conserve donc mécaniquement ses différents contrats moins longtemps.

Ici, l’assurance vie montre une résilience plus forte pour les décès avant 85 ans sur des rendements modérés. Cependant, dès que l’horizon s’allonge ou que le rendement est dynamique, le CTO reprend l’avantage grâce à sa structure sans frais et à la purge totale des plus-values latentes au décès sur le reliquat du capital, même si la taxation pour obtenir la rente est légèrement plus lourde.

Aparté : obtenir 3 000 € nets de rente

Pour se verser 3 000 € nets dans la poche, l’épargnant doit vendre, dans l’une ou l’autre des enveloppes, une quantité de capital supérieure afin de couvrir l’impôt. Ce calcul dépend du ratio de plus-value (noté R) présent dans le portefeuille au moment du retrait.

Mécanique Compte titres (Flat Tax 31.2 %) Assurance vie (après 8 ans)
Formule de retrait brut 3000 / (1 - 0.312 \times R) 3000 / (1 - 0.172 \times R)
Exemple (rendement de 100 %) R = 0,5 R = 0,5
Retrait brut nécessaire 3 555 € 3 282 €
Impôt payé 555 € (Flat Tax) 282 € (prélèvements sociaux)

L’assurance vie bénéficie d’un abattement annuel de 4 600 € sur la part de gains lors des retraits. Pour une rente de 3 000 €, la totalité de la plus-value est absorbée par cet abattement, ce qui ramène l’impôt sur le revenu à 0 %. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur la base des gains, expliquant pourquoi le taux global reste de 17,2 % au lieu de 24,7 %. Ce dernier taux ne s’appliquerait que sur la fraction des gains excédant l’abattement annuel de 4 600 €.

Transmission entre frère et soeur

La transmission entre frère et sœur constitue une exception notable du fait de la fiscalité punitive de droit commun (35 % puis 45 %). L’assurance vie offre un avantage bien plus large pour les capitaux modestes ou les durées raisonnables. Cependant, le compte titres finit par l’emporter à long terme sous l’effet des frais : le point de bascule se situe autour de 25 ans pour les patrimoines importants (plus d’un million d’euros) mais recule au-delà de 50 ans pour les capitaux plus modestes (100 000 €).

Pourquoi l’assurance vie perd pied sur les gros patrimoines ?

Contrairement à la ligne directe, le taux marginal de 45 % est atteint très vite pour les transmissions entre frère et sœur (dès 24 430 €). L’avantage fiscal de l’AV se stabilise donc rapidement (31,25 % max contre 45 % en CTO). Dès lors, les frais de gestion de 0,5 % par an finissent par peser bien plus lourd que l’économie d’impôt.

Illustration pour 10 000 000 € (30 ans, rendement 5 %), transmis en ligne indirecte :

  • Héritage Net CTO : 23 780 229 € (Taxé à 45 %, mais 0 frais avant)

  • Héritage Net AV : 22 629 130 € (Taxé à 31,25 %, mais après 5,7 M€ de frais)

  • Avantage Net CTO : +1 151 099 €

Ici, les frais de gestion (5,7 M€) ont littéralement dévoré l’avantage fiscal de l’AV. Plus le patrimoine est élevé, plus l’assurance vie devient inefficace.

Finalement, et de manière assez surprenante, même dans ce cas de transmission en ligne indirecte, l’assurance vie n’est pas recommandée pour des profils jeunes. Ni pour des profils plus âgés et très fortunés.

Cas pratique : l’accident (fermeture d’ETF, arbitrage forcé)

Ce scénario étudie l’impact d’une vente forcée intervenant en cours de vie du placement, par exemple suite à la fermeture d’un ETF.

L’assurance vie offre ici une protection majeure. En compte titres, la vente déclenche immédiatement l’imposition des plus-values (flat tax de 31.4 %). Cette ponction fiscale ampute le capital, qui cesse de produire des intérêts composés sur la somme versée à l’État. En assurance vie, l’arbitrage est fiscalement neutre tant que l’argent ne sort pas de l’enveloppe.

La carte illustre cette supériorité quasi-totale de l’assurance vie. Plus le rendement est élevé et plus l’accident survient tardivement dans la vie de l’épargnant, plus le coût d’opportunité de l’impôt anticipé en compte titres est dévastateur.

Étude de sensibilité au turnover

La supériorité du CTO repose en grande partie sur la purge des plus-values au décès. Nous avons vu qu’une vente forcée est très négative pour cette enveloppe. Ici, nous allons étudier jusqu’à quel niveau de rotation (proportion du capital vendu/acheté par an) l’avantage du CTO persiste.

Ce graphique compare la probabilité de réussite du CTO face à l’AV selon le taux de rotation annuel (axe Y) et le rendement espéré (axe X) dans deux contextes successoraux. Le taux de rotation (ou turnover) correspond à la part du portefeuille qui est liquidée et rachetée chaque année. Cela peut représenter :

  • Des reventes forcées (fermeture d’un ETF par son émetteur).

  • Des arbitrages entre différents actifs (ex: actions vers obligations).

  • Un changement de stratégie ou de gérant.

Dans le cas où l’investisseur possède déjà un patrimoine de 300 000 € (hors CTO/AV), on observe que pour des taux de rotation inférieurs à 5 %, le CTO domine presque toujours. Au-delà de ce seuil, l’assurance vie commence à regagner du terrain grâce à son enveloppe fiscale interne qui protège les arbitrages contre la flat tax. En revanche, si l’abattement du régime général n’est pas consommé (0 € de patrimoine préexistant), le CTO reste supérieur même avec une rotation élevée du portefeuille.

Cas concret : portefeuille diversifié (NTSG, Managed Futures, Or)

Pour illustrer cette robustesse, nous avons simulé une stratégie diversifiée composée de 80 % de NTSG (fonds multi-actifs, 90% actions et 60% obligations), 10 % de Managed futures et 10 % d’or.

Bien que cette stratégie nécessite un rééquilibrage annuel entre les trois actifs (générant un turnover moyen de 2,44 %), le CTO l’emporte dans 84,4 % des cas à 30 ans. Le coût fiscal des arbitrages en CTO est largement compensé par l’économie des 0,5 % de frais de gestion de l’assurance vie et par la purge totale des plus-values lors de la succession.

Évolution de l’avantage selon la durée (scénario médian)

Une autre analyse, modifiant la durée de détention des deux enveloppes, montre que l’avantage du CTO croît avec le temps avant de se stabiliser, car les frais de l’AV s’appliquent sur un capital de plus en plus massif, mais les plus-values, générant des taxes dans le CTO s’accumulent aussi, finissant par dépasser les frais annuels de l’assurance vie.

Durée Médiane CTO Médiane AV Avantage CTO Prob. victoire CTO
20 ans 307 434 € 294 407 € +13 027 € 73,0 %
30 ans 563 804 € 538 977 € +24 827 € 84,4 %
40 ans 1 019 056 € 989 926 € +29 130 € 72,2 %
50 ans 1 799 757 € 1 794 266 € +5 491 € 54,1 %
60 ans 3 254 123 € 3 316 243 € -62 120 € 37,3 %
70 ans 6 248 248 € 6 429 552 € -181 304 € 23,8 %

L’avantage du CTO finit par s’inverser entre 50 et 60 ans. À ces horizons, la fiscalité des arbitrages annuels (taxés à 31.4 % sur les plus-values dans le CTO) finit par éroder la capitalisation plus lourdement que les 0,5 % de frais de gestion de l’assurance vie. Toutefois, ce modèle suppose un capital fermé, et unique, investi en lump sum. En pratique, un épargnant effectuant des versements réguliers (DCA) peut rééquilibrer son portefeuille sans vendre ses actifs gagnants, simplement en orientant sa nouvelle épargne vers les actifs sous-pondérés. Cette stratégie de rééquilibrage éliminerait la friction fiscale du CTO. Il semblerait aussi tout à fait entendable, dans cette stratégie, de s’écarter de l’allocation cible afin de ne pas matérialiser de plus-values, rendant alors l’avantage au CTO.
Finalement, les résultats de cette simulation sont particulièrement conservateurs pour le compte titres puisque l’allocation est suivie à la lettre année après année, sans tenir compte de la matérialisation des plus-values ni des futurs cashflows permettant le rééquilibrage plus naturel.

Conclusion

Un compte titres sans frais est la solution par défaut la plus performante pour la majorité des épargnants sur le long terme, même si des questions de rééquilibrage entrent en jeu. L’assurance vie est un outil d’optimisation spécifique pour les transmissions en ligne indirecte et/ou sur des durées courtes. Rappelons par ailleurs que le cadre fiscal utilisé dans ce post ne concerne que les versements effectués avant 70 ans. Dans tous les cas, une détention supérieure à 30 ans favorise presque toujours le compte titres. Ainsi, si vous avez moins de 60 ans, même le meilleur contrat d’assurance vie sera mécaniquement perdant pour vous.

Edit : Nous comparons désormais le patrimoine total net transmis plutôt qu’une valeur imputée proportionnellement. Cette méthode reflète mieux l’économie d’impôt réelle réalisée sur l’ensemble de la succession. Correction du tableau mal formaté sur le calcul des retraits à faire dans chaque enveloppe, chasse au taux de flat tax pour qu’il soit correct dans le texte.

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Excellente analyse ! « Les assureurs le déteste, découvrez son secret » :grin:

La partie sur la rente est vraiment intéressante et assez contre-intuitive : on surestime l’impact fiscal et on sous-estime celui des frais, mais les maths ont toujours raison ! En plus, tu es plutôt indulgent : 0,5 % de frais de gestion, c’est dans le meilleur des cas, sans même parler du fait que la majorité des supports en assurance-vie sont moins performants qu’un ETF World low-cost en CTO.

Hâte de lire l’analyse avec un DCA :wink: (et du démembrement :stuck_out_tongue: )

Je me permet de rajouter quelques éléments annexes pour enrichir le sujet CTO vs AV :

En faveur du compte titre

  • L’abattement des plus values se base soit au prix moyen constaté au jour du décès soit à la moyenne des 30 jours précédents le décès (Idem pour le PEA)
  • On peut intégrer la quote-part des frais de notaire et des droits de succession relative au CTO dans le PRU
  • Il est possible de donner le CTO et donc de profiter des différents abattements de 100k€
  • Meilleure prise en compte à l’international
  • Lever de la dette : même si en AV on peut mobiliser de la dette via un lombard ou une avance sur titres, les conditions dépendent de l’assureur (quotités, actifs éligibles, marges). En CTO, il est possible de créer de l’emprunt ultra low cost et flexible via les box spread. Promis on détaillera bientot tout ça :grin:
  • Même si chez Cayas on ne prône pas le stock-picking, il est important de noter qu’avec un CTO on est propriétaire des titres, avec tout ce qui en découle (notamment les avantages actionnaires)

En faveur de l’assurance-vie

  • Au regard de la récente actualité fiscale et politique, l’AV bénéficie de la clause du grand-père : il y a de fortes pressions pour protéger les acquis de l’AV, rendant cette enveloppe sensiblement plus stable fiscalement au fil du temps que les autres enveloppes. Cela dit, le CTO compense par son extrême liquidité, souplesse et mobilité
  • Il est possible que la succession des avoirs détenus en banques (CTO, PEA, livrets…) prenne beaucoup plus de temps que pour ceux détenus chez un assureur
  • @Guillaume nous a montré que les donations entre frères et sœurs restaient avantageuses en CTO, mais quid pour les degrés supérieurs ou non apparentés ? (barème d’imposition > 55%)
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Entre les assureurs et les banquiers (pour les produits structurés), je vais me faire des ennemis moi :frowning: . Il manquerait plus que les CGP se joignent à la fête et on sera au grand complet.

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Hello !

Super intéressant, merci beaucoup !

Je serais preneur d’un cas avec transmission hors famillle (sans lien de parenté), si ce n’est pas trop compliqué, pour voir s’il y a des cas où le CTO est avantageux.

Aussi, le CTO offre effectivement un champ d’investissement bien plus large que l’AV : je ne connais pas d’AV où tu peux assembler le portefeuille que tu décris (NTSG + Managed Futures + Or).

Je rajoute ça ASAP. Ça ne devrait pas être très compliqué à générer. Mais je suspect ce cas d’être le très rare cas où l’AV va dominer.

Oui c’est aussi un des avantages du CTO, globalement on a accès à tous les produits sur le marché. Dans l’AV on est limité à ce que l’assureur veut bien nous laisser acheter.

Au delà de la faisabilité d’un tel portefeuille l’idée était surtout de montrer que pour un portefeuille diversifié et cohérent/réaliste, même si on a un peu de rééquilibrage à faire de temps en temps, même sans rien optimiser quant à ces rééquilibrage, le CTO peut rester une enveloppe plus intéressante que l’ AV.

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Quel est l’impact de la purge des plus values en AV (4600/9200) sur les résultats après 8ans pour les petits patrimoines ?
ca serait intéréssant de le savoir je trouve :slight_smile: notamment pour les personnes souhaitant consommer le capital avant le décès

Cela revient à l’exemple de la rente de 3000 € : même en restant tous les ans sous l’abattement, les frais d’AV vont manger le gain de fiscalité. Et plus on a laissé longtemps composer en AV, on peut se retrouver à tirer un plus gros montant de plus-values que l’abattement chaque année et le CTO sera encore plus avantageux que l’AV.

C’est vraiment une belle analyse, @Guillaume. Bravo !

Il me semble important d’insister sur le fait que l’AV est d’autant moins efficace par rapport au CTO lorsque les rendements réalisés sont modestes. C’est-à-dire si le futur nous réserve des décennies perdues ou de stagflation. Il me semble préférable d’être un peu moins pauvre lorsque ça va mal, que un peu plus riche lorsque tout va bien, mais chacun son trip, hein.

Par ailleurs, pour les investisseurs sophistiqués en CTO, on dispose d’outils très efficaces pour générer du levier. Cela permet de rééquilibrer son portefeuille sans réaliser trop de plus-values taxables, qui sont le principal point où le CTO demande d’être vigilant.

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Le plus gros problème de cet abatement est qu’il faut tout d’abord générer les plus values pour en profiter. Donc pour profiter de cet abattement il faut garder des grosses sommes relativement longtemps dans le contrat.

Sauf que dans ce cas les frais mangeront une grande partie de l’avantage, si ce n’est coûteront plus cher que l’avantage fiscal lui même.

Ceci dit je note la suggestion, j’ajouterai ici même une représentation d’un cas où on cherche à optimiser les sorties et l’abattement de l’AV, ça permettra de gagner en généralité ici c’est vrai que je me concentre beaucoup sur la partie héritage/succession, merci pour la suggestion.

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Rien à voir, mais as-tu pensé à transformer cette recherche en un papier plus académique, voir à soumettre le projet à des revues scientifiques (quitte à l’épaissir un peu) ? Et ensuite à le pousser un peu à des médias / finfluenceurs ? Je trouve ça un peu dommage que ça ne soit vu que par sur les forums - même aussi influents que r/vosfinances - car c’est la première fois que je vois un travail aussi consistant sur le sujet et qui donne vraiment une réalité à quelque chose que l’on soupçonnait tous plus ou moins.

Je suis sûr que ça intéresserait des gens comme Delmas, qui adore fouiller dans la recherche académique ou, plus mainstream encore, Matthias Baccino (je me souviens de l’avoir écouté dans un podcast où il tançait assez vigoureusement l’industrie de l’AV) - quoiqu’on pense de TR, je trouve qu’il fait parti des plus pertinents / mesurés du fin-game franco.

J’ai vu tes réflexions sur Reddit aussi, mais ça pourrait mener sur une série d’articles ; je pense que le manque à gagner pour les épargnants français et les finances publiques pourrait aussi intéresser quelques économistes / décideurs politiques. Par contre, faudra avoir les reins pour affronter le lobby.

[EDIT] Deux petites suggestions subsidiaires :

  • développer au delà des 15 M€, ok ça n’intéressera pas le quidam, mais un entrepreneur qui envisage un jour de faire un exit (eheheh), voir des family office sérieux
  • faire le même travail avec une hypothèse moins conservatrice sur les frais réels d’AV. Tu as vraiment pris le best-case en mettant 0.5% (sauf quelques UHNWI qui ont du négo comme des tarés), je n’ai pas trouvé de source pour connaître les frais moyens des contrats en France mais ça doit être bien supérieur à ça, je ne serais pas surpris qu’on soit entre 0.8 et 1% voir beaucoup plus selon les modes de gestion.
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Super idée, j’envoie un message à Xavier Delmas pour voir ce que ça donne.

On compte aussi diffuser cette recherche sur nos différentes plateformes, également dans d’autres formats, par exemple sur YouTube. On va organiser l’enregistrement d’un épisode avec Guillaume à ce sujet.

Source : Rapport annuel 2025 de l’Observatoire des produits d’épargne financière

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Merci beaucoup, je m’attendais pas à une telle réception, ça nous fait vraiment plaisir de lire de tels retours et nous motive réellement pour la suite.

Dans ces retours j’ai noté quelques cas qui pourraient être ajoutés :

  1. Concernant les hypothèses, de frais, effectivement il pourrait être intéressant d’ajouter un cas avec des frais plus/moins élevés. Mais aussi ajouter une section avec plus ou moins de capital illiquide à côté de l’investissement.
  2. Ajouter un cas peut être plus réaliste avec DCA plutôt que lump sum
  3. Ajouter le cas où l’on clos l’AV lors du vivant pour utiliser uniquement l’abattement, par exemple dans le cas de la préparation à un apport immo.
  4. Ajouter une infographie pour le cas où quelqu’un a déjà un contrat ouvert avec des PV et pouvoir arbitrer entre la fermer et payer la flat tax de suite ou rester dans le contrat, avec des frais plus importants, mais continuer à capitaliser.
  5. Ajouter une section dédiée à la donation du vivant pour un enfant et pas uniquement une succession à la mort de l’investisseur.

Effectivement, ça pourrait être une idée de mettre ces idées au format papier avec tous ces nouveaux cas, ça musclerait le document et apporterait un peu en généralité. Ça pourrait aussi être intéressant de rajouter une petite section sur l’historique de la fiscalité, une discussion sur la stabilité de celle-ci etc, même si je pense avoir besoin d’un bon gros coup de relecture sur le sujet. Je me demande par contre à quel point un tel document passerait dans un revue à proprement parler, mais à défaut sur une archive type SSRN pourquoi pas !

En fait au départ j’étais parti sur ce format, papier de recherche, mais il est moins facilement partageable sur les forums qui restent, à ma connaissance, le lieu où il y a les débats les plus intéressants sur ces sujets.

Mais, maintenant qu’on a eu autant de retours, aussi positifs, l’adapter pour une diffusion plus large à une audience moins spécialiste me semble tout à fait pertinent.

En tout cas encore merci pour le retour !

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Une autre piste sympa à explorer serait une comparaison « lifecycle » où l’épargnant a une phase d’accumulation puis de décumulation (ex : maintien des dépenses à la retraite), avec l’allocation définie par notre planificateur.

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Oui je suis d’accord. Je me pose depuis longtemps cette question, car je recherche également une sécurisation progressive au fur et à mesure de l’approche de la “retraite”. Je n’ai pas vraiment fait de calcul très savant, mais en incluant des matières premières et des etf actions dans le portefeuille d’assurance vie, il me semblait que les rééquilibrage étaient plus indolores fiscalement parlant comparé au CTO. Effectivement dans la mesure où les plus-values générées par les actions et les matières premières sont potentiellement importantes sur le long terme, ça peut valoir le coup. Je sais que ce sujet a déjà été abordé maintes et maintes fois dans d’autres forums :slight_smile: en écho à l’étude qui est faite (merci beaucoup par ailleurs), une calculette avait été élaborée par un collaborateur de Nicolas Decaudain sur le site avenue des investisseurs afin de comparer les enveloppes PEA CTO et assurance vie en fonction du rendement et de la durée de placement en tenant compte des investissements réguliers sur chacune des enveloppes. J’avais retenu que pour une durée inférieure à 23 ans l’assurance vie et le PEA restaient les enveloppes fiscalement les plus intéressantes. J’ai toujours ce fichier excel sur moi je ne sais pas si Nicolas Decaudain en autorise toujours sa diffusion. Mais ce serait intéressant qu’il se joigne à la discussion :))

Oh super intéressant merci pour le retour ! Ces 23 ans me semblent pas loin de la frontière que nous obtenons, c’est bon signe !

Est-ce que cette feuille de calcul (sans forcément demander à la consulter) contenait des hypothèses quelconque sur les rééquilibrages ? Il s’agit de la partie la plus velue à modéliser puisque le résultat dépend essentiellement du chemin de prix des différents actifs et de la réalisation des plus values résultant de ces rééquilibrages.

Bravo pour cette analyse et merci du partage !

J’ai pu retrouver le lien en question directement sur le site Les outils EtreInvesti à télécharger

L’outil s’appelle “comparatif PEA assurance vie compte titre”. Je ne pense pas qu’il tienne compte des rééquilibrages. Le côté intéressant dans l’outil c’est que bien qu’ils ne tiennent pas compte de l’apport initial, il prend en considération les apports mensuels réguliers et le rendement pour pouvoir comparer les différentes enveloppes dans le temps. Finalement j’ai l’impression que plus l’apport mensuel est réduit plus l’assurance vie est intéressant.

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Si j’étais taquin, je dirais que l’optimum d’apport est souvent de 0€/mois. :wink:

@Guillaume a été très sport sur son analyse car il n’a pas dégainé les avantages du CTO généralement inaccessibles en AV : classes d’actifs alternatives, plus large choix d’actifs traditionnels (et à frais souvent inférieurs) et surtout la possibilité de générer du levier ou de la dette de manière très efficace. Malgré tout, on peut voir que les cas d’usage où l’AV a un net avantage sont assez spécifiques.

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Puis-je rajouter 0·€ d’apport initial ? Et là je pense qu’on se rapproche vraiment bien de l’optimum !

Merci, ca semble confirmer les retours ici et ailleurs, cette situation semble beaucoup intéresser et est effectivement manquante, je la remonte dans la liste des priorités :slight_smile:

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Merci pour ce travail remarquable qui a du prendre de nombreuses heures. Je n’avais jamais lu une étude du sujet aussi poussée.

Qq remarques que ce travail m’inspire :

  • La non linéarité des effets de seuils liés à l’AV sont en fait assez significatifs - davantage que ce que j’aurais intuité a priori - c’est frappant sur les 2 premières heatmaps
  • L’effet de fermeture d’ETF est aussi plus violent que ce que j’aurais cru - je pensais que le CTO s’en sortirait mieux
  • Moins surpris en revanche par l’amplitude de l’impact que la rotation de ptf inflige au CTO —> réserver le stock picking au PEA!

Enfin, à noter que la capacité de l’AV à “flécher” sa succession comme on le souhaite est un argument puissant vs. le CTO dès qu’on sort un peu de la gestion privée / upper-affluent et qu’on passe sur des segments de gestion de fortune.

Plutôt que de chercher à enrichir ce travail, je pense que vous gagneriez à court terme à chercher à le simplifier, vulgariser, et diffuser au max… en cohérence avec le travail que vous menez sur les parcours pédagogiques. Mais ce n’est qu’un avis !

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