CTO vs AV, et si on en remettait une couche?

Bonjour à tous,

Nous avions publié il y a quelques mois un comparatif assurance-vie vs CTO. Ce comparatif avait pour but de savoir s’il était pertinent, pour un investisseur lambda, de préférer l’assurance-vie au CTO.

La conclusion était que … Globalement non. Sauf que depuis, Lucya CNP a lancé un contrat d’assurance-vie à 0,3 % de frais par an sur les unités de compte. Relançant encore le débat.

Rappelons toutefois que dans cette première étude, nous avions supposé que l’investissement se faisait sur un support strictement identique dans les deux enveloppes, ce qui n’est pas le cas en général.

Avant d’entrer dans le sujet, je préfère apporter d’emblée une précision, concernant la donation du vivant :

Dans ce cas, le CTO devient imbattable puisque les plus-values latentes du contrat sont purgées et peuvent passer sous le plafond des 100 000 € / enfant / 15 ans. L’assurance-vie est taxée ET subit les frais annuels.

Voici un petit calcul détaillé, qui, je l’espère, vous fera comprendre la mécanique derrière cet avantage.

Imaginons un jeune parent qui investit 5 000 € pour son enfant, avec l’intention de lui donner ce capital dans 25 ans après ses études. Il choisit un support type NTSG ou MSCI World, et l’on va supposer, pour l’exercice, un rendement de 8 % par an (même si dans la réalité la trajectoire ne sera évidemment jamais aussi linéaire).

Sur le CTO, les 5 000 € capitalisent sans aucun frottement fiscal pendant 25 ans, puisqu’on ne touche à rien. Au bout de 25 ans à 8 % / an, ça donne :

5\,000 \times 1{,}08^{25} \approx 34\,242\text{ €}

Le jour de la donation, on donne les titres directement à l’enfant : la plus-value latente est purgée, comme au décès, et surtout on est très largement sous l’abattement de 100 000 € / enfant / 15 ans. Résultat : 0 € de droits de donation. L’enfant reçoit l’intégralité, soit 34 242 €.

Sur l’assurance-vie à 0,3 % de frais, le capital capitalise un peu moins vite puisqu’il faut retirer les frais de gestion chaque année :

5\,000 \times (1{,}08 - 0{,}003)^{25} \approx 31\,942\text{ €}

Sauf qu’ici, contrairement au décès, il n’existe aucun abattement spécifique pour donner un contrat d’assurance-vie de son vivant : l’abattement de 152 500 € de l’article 990 I ne s’applique qu’à la transmission après un décès. Pour donner cet argent à l’enfant, il faut donc d’abord racheter le contrat. Ce rachat déclenche la fiscalité sur la plus-value, dans notre exemple, il y a 26 942 € de plus-value, taxées à 17,2 % de prélèvements sociaux (4 634 €) plus 7,5 % d’impôt sur le revenu puisque le contrat a plus de 8 ans. Cette antériorité de 8 ans ouvre en outre droit à l’abattement annuel de 4 600 € sur la part de plus-value soumise à l’IR : celui-ci ne porte donc que sur 22 342 €, soit 1 676 €. Il reste alors 25 632 € en cash, qu’on peut ensuite donner sans droits puisqu’on reste sous l’abattement de 100 000 €. L’enfant reçoit donc 25 632 €.

Soit un écart net de 8 610 € en faveur du CTO, 34 % de patrimoine transmis en plus par rapport à l’assurance-vie. Et ce n’est même pas la fiscalité de la donation qui fait la différence ici (elle est nulle des deux côtés grâce à l’abattement de 100 000 €) : c’est uniquement le cumul des frais de gestion annuels et de la fiscalité du rachat qui plombe l’assurance-vie, alors que le CTO, purgé au moment de la donation, n’a jamais rien payé sur la route.

Attention cependant, ce calcul n’est pas symétrique entre les deux enveloppes si l’argent est investi dès la naissance directement au nom de l’enfant.

Sur l’assurance-vie à son nom, le résultat net à 25 ans est effectivement identique (25 632 €) : l’assurance-vie n’a de toute façon jamais de purge, qu’elle soit rachetée par le parent puis donnée, ou rachetée directement par l’enfant, elle paie systématiquement PS + IR sur la plus-value au moment de la sortie.

Mais si on fait la même chose avec un CTO logé depuis la naissance au nom de l’enfant, ce n’est plus du tout la même histoire : à 25 ans, l’enfant est vivant, il n’y a donc aucun événement de transmission et aucune purge. S’il veut utiliser l’argent, il doit vendre ses titres et payer la flat tax à 31,2 % sur toute la plus-value, comme n’importe quel épargnant. Le net tombe alors à 25 119 €, soit très légèrement en dessous de l’assurance-vie. À investissement strictement identique, la fiscalité plus douce de l’assurance-vie au rachat (7,5 % d’IR après 8 ans, et l’abattement de 4 600 €, au lieu de la flat tax) compense en effet ses 0,3 % de frais annuels sur 25 ans.

L’avantage du CTO vient donc de sa mécanique de purge des plus-values lors de la transmission. Sans événement de transmission, les deux enveloppes font quasiment jeu égal à cette échéance.

Donc, nous ne nous intéresserons pas plus à ce cas ici, nous allons continuer avec un cas plus « classique », c’est à dire l’accumulation de capital au cours de la vie d’un investisseur classique en France.

Voici donc une petite mise à jour du post initial avec ces nouveaux frais. Je ne détaillerai pas les situations de transmission en ligne indirecte, mais uniquement quelques résultats principaux.

Débutons par un cas simple : un investisseur qui place une somme au départ^ [Qui varie sur l’axe vertical de la figure ci-dessous], sur laquelle il ne fait aucun versement complémentaire et aucun retrait durant toute sa vie. On suppose un rendement annuel régulier, sur un support strictement identique dans les deux enveloppes (un ETF World capitalisant), puis une transmission par décès en ligne directe (1 enfant, avec 300 000 € de patrimoine existant hors enveloppe, par exemple la maison de famille).

La question est alors : quelle est la durée de détention nécessaire avant que le CTO ne prenne l’avantage sur l’assurance-vie, selon le capital investi au départ (de 10 000 € à 15 millions d’euros en ordonnée) et la durée de placement (de 10 à 50 ans en abscisse), pour trois niveaux de frais de gestion annuels en assurance-vie (1 %, 0,5 %, et 0,3 % pour Lucya CNP) ?

Sur les graphiques ci-dessous, la zone verte donne l’assurance-vie gagnante, la zone rouge donne le CTO gagnant, et le trait noir marque la ligne de bascule exacte entre les deux enveloppes.

Profil équilibré (5 % de rendement annuel, l’axe horizontal représente une durée de détention) :

Profil dynamique (8 % de rendement annuel) :

On voit globalement que la ligne démarquant le CTO de l’assurance-vie est déplacée de quelques années dans le futur, il faut détenir le CTO légèrement plus longtemps dans sa vie pour en profiter. Mais, cela ne change pas la relation globale de la courbe. Pour un investisseur qui souhaiterait uniquement s’exposer à une unique ligne d’un ETF capitalisant durant sa vie, alors, sauf à avoir plus de ~50 ans, ces nouvelles assurances-vie ne permettent pas encore de battre le CTO.

Ces débats ont leur intérêt. Mais ils révèlent surtout un angle mort assez partagé : la fiscalité déchaîne les passions (voyez les dernières discussions du forum sur le PEA) quand l’allocation, elle, n’échauffe presque personne. Or c’est là qu’il y a le plus à gagner : l’allocation pèse bien plus lourd que la fiscalité.

En fait, le vrai problème de l’assurance-vie est aussi que ces contrats proposent un univers d’investissement restreint. Qui représente un coût d’opportunité pour l’investisseur : avoir un portefeuille moins performant que ce qu’il aurait pu avoir en CTO.

Faisons l’exercice suivant, en CTO nous avons accès à l’ensemble des produits boursiers : ETF Monde, obligations, managed futures, or, fonds avec levier et plusieurs classes d’actifs, cat bonds, options permettant d’obtenir du levier à bas coût. En assurance-vie, cet univers est largement plus restreint, à ma connaissance, il n’existe « que » des ETF Monde, des obligations et des ETC Or, à des conditions parfois moins intéressantes qu’en CTO.

Donc en assurance-vie exit NTSG (90/60 actions/obligations), Winton Trend qui allie 100 % actions / 100 % managed futures, les cat bonds et les box spreads, et avec des frais de l’ordre de 0,3 % / an supplémentaire.

Pour chiffrer ce coût d’opportunité, on a simulé trois allocations en CTO à partir de données réelles 1970-2025 (bootstrap d’années civiles complètes, pour préserver la structure de corrélation entre actifs), comparées à une assurance-vie investie à 100 % MSCI World, seule ligne réellement accessible dans les deux enveloppes, nous excluons l’or qui n’est disponible dans l’assurance-vie que sous un certificat avec 0,75 % de frais par an, soit ~7 fois ce qui se fait en CTO, avant même de compter les frais d’UC du contrat, bref c’est très très cher :

  • 100 % MSCI World : le portefeuille identique dans les deux enveloppes, qui isole donc le seul effet fiscal.
  • 80/10/10 : 80 % NTSG, 10 % managed futures (KMLM), 10 % or.
  • 50/40/10 : 50 % NTSG, 40 % Winton Trend (actions + managed futures), 10 % or.

Le levier a évidemment un coût : NTSG emprunte 50 % de son notionnel (exposition de 150 %) et Winton 100 % (exposition de 200 %, actions et managed futures). La simulation déduit donc chaque année le taux court réel majoré d’un spread de 0,5 % sur la fraction empruntée, ainsi qu’un drag de réplication de 30 bps sur le volet actions de ces fonds (27 bps pour NTSG, 30 bps pour Winton) pour tenir compte de l’écart potentiel entre le meilleur ETF synthétique disponible et un ETF physique. Une fois ces coûts déduits, voici le résultat à 30 ans, succession en ligne directe, avec 300 000 € de patrimoine existant hors enveloppe :

Allocation CTO Médiane CTO Médiane AV Avantage CTO (€) Avantage Relatif (%) Turnover Prob. Victoire CTO
100 % MSCI World 1 123 098 € 1 051 951 € +71 147 € +5,14 % 0 % 97,4 %
80/10/10 1 163 734 € 1 051 951 € +111 783 € +7,84 % 3,03 % 60,6 %
50/40/10 1 562 386 € 1 051 951 € +510 435 € +27,98 % 3,68 % 85,8 %

Et sur plusieurs durées de détention :

Durée 100 % MSCI World 80/10/10 50/40/10
20 ans +4,21 % (86,9 %) +4,96 % (59,9 %) +17,04 % (82,2 %)
30 ans +5,14 % (97,4 %) +7,84 % (60,6 %) +27,98 % (85,8 %)
40 ans +6,09 % (99,5 %) +8,28 % (60,3 %) +38,64 % (88,0 %)
50 ans +8,01 % (99,8 %) +11,47 % (60,7 %) +48,21 % (90,8 %)

(avantage relatif en % du patrimoine net total transmis, probabilité de victoire du CTO entre parenthèses)

Le résultat est intéressant, et un peu à contre-courant de ce qu’on pourrait attendre. Le 80/10/10 gagne en médiane, mais seulement 60 % du temps environ, et ça ne s’améliore quasiment pas avec la durée. A partir du moment où les deux enveloppes ne détiennent plus le même actif, on introduit un risque de marché entre elles[1], qui vient s’ajouter à l’effet fiscal. Sur la ligne 100 % MSCI World, CTO et assurance-vie vivent exactement la même trajectoire de rendement, donc seul l’écart de frais et de fiscalité les sépare, ce qui rend le CTO quasi certain de gagner (97,4 % à 30 ans, 99,8 % à 50 ans). Le 50/40/10, lui, a un rendement brut suffisamment supérieur pour rester nettement gagnant malgré ce risque de marché (85,8 % à 30 ans).

Autrement dit : l’effet enveloppe (la fiscalité) est robuste et quasi certain[2]. L’effet allocation (le pari sur un portefeuille plus diversifié) est un vrai pari, qui paie en moyenne, mais qui n’est pas garanti sur une trajectoire donnée. C’est ce qu’illustre le graphique ci-dessous :

Le panneau de gauche montre le faisceau des trajectoires Monte Carlo. Ce qui saute aux yeux, c’est l’immensité de l’éventail des possibles : sur le 100 % MSCI World par exemple, selon la séquence des rendements vécue sur 30 ans, le capital net transmis (panneau de droite) oscille entre 260 000 € (pire 5 %) et plus de 4 millions d’euros (meilleurs 5 %).

Face à une telle dispersion, l’écart fiscal entre assurance-vie et CTO[3] est d’un ordre de grandeur secondaire. L’optimisation de l’enveloppe joue sur quelques pourcents, alors que le choix de l’allocation dicte l’essentiel de la trajectoire. Aussi, au-delà du résultat médian, ces portefeuilles modifient l’éventail du capital final et la violence des baisses subies en cours de route :

Portefeuille Net min (5%) Net max (95%) CAGR médian Volatilité Sharpe Drawdown médian Pire DD (5%)
100 % MSCI World 260 k€ 4 042 k€ 10,00 % 16,87 % 0,59 -39,1 % -60,5 %
80/10/10 430 k€ 2 871 k€ 10,15 % 12,64 % 0,80 -19,8 % -35,3 %
50/40/10 545 k€ 4 646 k€ 11,42 % 14,38 % 0,79 -20,2 % -36,1 %

Le 80/10/10 a un rendement à peine supérieur au 100 % actions (10,15 % vs 10,00 %), mais un drawdown médian deux fois plus faible (-19,8 % contre -39,1 %), et un pire cas nettement moins violent (-35,3 % contre -60,5 %). Le 50/40/10 fait encore mieux : plus de rendement, pour un drawdown quasi identique au 80/10/10. Sortir de l’univers restreint de l’assurance-vie permet donc de transmettre plus, mais aussi et surtout de profiter d’un portefeuille moins volatile, qui a connu, historiquement, des drawdowns plus faible. C’est un confort tout aussi précieux pour l’épargnant, même pour celui qui ne pense pas à sa succession.

Pour résumer la morale de l’histoire : ne passez pas trop de temps sur le choix de l’enveloppe, ce qui compte le plus, et ce sur quoi vous devriez vous concentrer, c’est l’allocation. Pas la « location »[4]. Et pour que l’allocation soit pertinente, veillez à choisir une enveloppe qui contienne tout ce dont vous avez besoin pour construire votre allocation, gratter 0.2% de frais sur une AV c’est bien, gagner 2% de CAGR en ajoutant des diversifiants, c’est mieux !


  1. la performance des obligations via NTSG, de l’or et des managed futures peut diverger de celle des actions ↩︎

  2. Sous condition que la fiscalité ne bouge pas trop ! ↩︎

  3. environ 70 000 € en médiane à 30 ans sur le 100 % MSCI World, visible sur le panneau de droite ↩︎

  4. Il y a toute une littérature scientifique sur l’asset location, où placer ses instruments financiers, pour faire un jeu de mot avec l’« asset allocation », l’humour des chercheurs, c’est … Quelque chose. ↩︎

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Merci pour cette analyse.

Personnellement, j’y crois 0 que la niche fiscale de la purge des plus-values va être conservée sur le CTO (surtout c’est un pari sur plusieurs décennies pour certains). Ca n’a aucun sens qu’un produit comme ça soit plus intéressant fiscalement qu’un produit qui est sensé être spécifique à la succession (au départ).

A part ça, le seul intérêt que je vois pour l’AV, c’est de pouvoir faire des arbitrage sans imposition. Quand tu fais des abitrages sur ton CTO tu vas être imposé directement (donc si tu fais des rééquilibrage régulier ça va te couter sur le long terme).

Sinon 100% d’accord sur tout le reste.

Merci pour cette analyse

Donc pour qqun de 50 ans et plus, l AV a 0,3% est efficace pour un achat automatique sur etf.

Le simulateur cayas semblait dire la même chose

Un très grand merci pour ce travail aussi qualitatif !

J’aurais quelques questions :

1/ qu’en est-il lorsque qu’on ajoute des frais de gestion sur un CTO ?

Ma question est « intéressée » car je suis CIF-CGP et je propose le CTO et PEA sous gestion et je serai très curieux de savoir ce qui est à recommander au client entre CTO / PEA / AV avec frais de gestion (considérant ou non une transmission par exemple).
Pour être précis, actuellement je facture 0,5%/an et je me demande comment ça impact les résultats de la simulation quand on le compare avec une AV avec 1% par exemple (sachant que le CTO / PEA on a la main sur la ‹ règlette › des frais mais généralement pas sur l’AV).

2/ serait-il possible d’implémenter ce simulateur dans Cayas ? Je pense notamment à une offre « CGP / professionnel » différente qui permettrait de nous aider à nous appuyer sur des résultats concrets pour recommander le meilleur produit pour le client.

Merci !

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Super analyse

Des qu’on a goûté aux lecons de Cayas, on se rend compte à quel point l’AV joue petit bras en terme de choix de supports. Dans mon cas, avant de plancher sérieusement sur le sujet, j’ai bêtement divisé en deux, AV pour DCA et CTO pour mes options d’entreprise revendues. Trop tard pour déplacer (trop de frais) le capital de l’AV vers le CTO. En conséquence j’ai bricolé une optimisation d’allocation pour en tenir compte. Ce qui fait que sur l’AV j’utilise une approche Hybrid Asset Allocation que je pouvais assez facilement réaliser avec l’univers d’investissement disponible, avec une gestion risk off, risk on. J’ai encore simplifier la chose dernièrement, si risk off SP500 (pourrais être MSCI World) et Si risk on je reste en fonds Euro, je ne me complique pas la vie avec des obli. Sur la partie CTO, les 50% restant sont 35% facteur momentum et 15% facteur qualité/valeure.

Oui effectivement, surtout s’il y a sur le forum quelqu’un de Bercy ou M. le président de la commission des Finances de l’Assemblée … :face_with_raised_eyebrow:

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Moi pas trop non plus, et j’ai plusieurs fois exprimé le même doute ici ou sur le forum Fifi…
Après, je ne maîtrise pas tous les aspects légaux, il n’est pas impossible que cette « niche » soit liée à des raions constit ou légales qui fassent qu’elle soit difficile à modifier pour le législateur.
J’avais vu quelques économistes (Antoine Levy) / juristes (Victor Fouquet ici ou ici) en parler sur twitter.
L’avantage est que le sujet est tellement technique, ainsi que relativement peu connu (même si tous les ingés patri le connaissent) qu’il a peu de poids politique, il est beaucoup moins visible que Dutreil, ISF ou impôts de succession.
Je ne serais pas surpris que le coût fiscal réel pour le pays ne soit pas non plus stratosphérique.
De mémoire, ça a quand même été corrigé sur le PER qui profitait aussi d’un principe équivalent, c’était d’autant plus puissant sur le PER

En tout cas, c’est la raison pour laquelle je conserve l’outil AV dans mon architecture patrimoniale. Il y a une telle instabilité fiscale en France que tu peux difficilement baser toute ta stratégie sur un petit truc qui est passé entre les mailles du filet du législateur.

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Des frais de 0,5%/an vont avoir un impact significatif sur la performance qui va réduire voire inverser l’écart. Après tout, c’est un frein du même ordre de grandeur que les frais de l’AV : à long terme ça compose sévèrement !

Nous pourrons étudier une offre B2B à moyen terme, mais je serais bien plus favorable à ce que ces partenaires facturent des honoraires forfaitaires pour des missions précises ou au temps passé, comme nous le faisons nous-mêmes avec les offres Cayas Accompagné.

Sur le principe d’inclure les honoraires du CIF dans les simulations, oui, bien sûr. Nous tenons d’ailleurs compte des frais d’abonnement à Cayas dans les articles que nous publions. :grin:

Facturer un client pour lui mettre le pied à l’étrier, faire un point ou l’aider à prendre une décision patrimoniale, je suis totalement en phase avec ça. Collecter systématiquement un % de son portefeuille tous les ans, c’est beaucoup moins évident.

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Merci pour ton retour !

Je comprends :slight_smile:
Personnellement je facture des honoraires fixes et la possibilité pour certains clients qui souhaitent déléguer la gestion de leurs placements en mandat RTO (d’où le frais récurrent) et ça permet d’avoir un modèle économique durable pour le cabinet.

Je pense qu’une certaine audience de professionnels qui souhaitent proposer les produits les plus efficients pour leurs clients tout en intégrant leurs frais dans l’équation serait très intéressée par Cayas, c’est pourquoi je suggérais l’idée ^^

Merci pour ces calculs Guillaume.

Je trouve ça assez pertinent en effet d’appuyer aussi sur le fait que l’univers d’investissement en AV ne peut pas être aussi large qu’en CTO (sans compter que les options de levier sont plus limitées ou plus onéreuses).

En conséquence j’aurai deux questions (en occultant le PEA) étant donné un portefeuille capystyle équilibré entre les différentes classes d’actifs (disons allez 40 actions/20 obligations/30 MF/10 or :

  • n’est-il pas alors intéressant de mixer les deux approches en plaçant ses actions et obligations dans l’AV à 0.3% (donc 60% du total avec un surcoût annuel de 30 points de base contre une non imposition de la rotation entre ces deux actifs - levier interne aux fonds possible), et placer les MF et Or en CTO (levier externe et bon marché possible) ?
  • quel serait le niveau maximal que devrait atteindre des frais de gestions annuels sur AV pour que cela soit rentable d’éviter la taxe à 31.4% (qui va sans doute encore augmenter…) sur les rotations ? En effet je pense à la fameuse AV Luxembourgeoise (très prisée en ce moment et vendue à toutes les sauces par les CGP) plus onéreuse que la française mais qui a l’avantage avec son FAS d’avoir théoriquement un univers presque équivalent à un CTO (car la banque dépositaire type Swissquote fait le broker). Il me semble que les frais de gestion des AV Lux en gestion libre peuvent débuter à 0.7% (avec 0.1% à chaque arbitrage) et ses frais de gestion diminuent au fur et à mesure du montant de l’encours ce qui devient de plus en plus intéressant qu’on devient riche (l’ironie).

Ah, mais je suis convaincu que des CIF qui adhèrent aux mêmes principes que Cayas pourraient s’appuyer sur nos outils pour prodiguer leurs conseils !

L’application apporte plein d’avantages à nos conseillers en interne : le client fournit les informations dont on a besoin pour bien le conseiller, les questions d’allocation sont automatisées, ainsi que la documentation réglementaire (KYC, document d’adéquation) et les suggestions d’ordres le seront aussi.

En somme, les conseillers qui s’appuient sur Cayas pourront se concentrer sur ce qui me semble apporter le plus de valeur pour l’épargnant : la maïeutique, l’intermédiation de décisions patrimoniales et la psychologie.

Mais avant cela, il nous faut bien roder le modèle en interne pour proposer la meilleure qualité de service possible.

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Merci pour ce partage. On l’a bien vu avec votre dernière leçon, ce qui compte c’est d’avoir l’argent au moment où on en a besoin. Par exemple si on veut capitaliser pour les études de son enfant (soit un horizon d’environ 20 ans), on va devoir sécuriser tout ou partie de la somme à un moment. Quid alors des frais d’arbitrages entre CTO/AV?

Je partage l’avis aussi comme quoi il est difficile de se projeter avec des règles qui évoluent sans cesse, et rarement dans le bon sens. Qu’adviendra t’il si augmentation/suppression de la flat tax ? Ou modification des règles de donation ? Je suis le premier à le regretter mais les assureurs ont un poids non négligeable et savent orienter les décisions dans leur sens

Je pense qu’actuellement ce seuil n’existe plus, puisqu’il existe des fonds mixtes sous un même ETF, typiquement la gamme Lifestrategy de Vanguard ou le fonds 90/60 de WisdomTree. Ils permettent d’avoir une exposition mixte, avec des actions et des obligations, de bénéficier des rebalancements gratuits fiscalement puisqu’à l’intérieur du fonds et de profiter de l’absence de frais récurrents du CTO. C’est le meilleur des deux mondes.

Le problème est que cette solution n’est pas encore assez développée chez les fournisseurs de fonds, surtout UCITS, dès qu’on sort de la classe uniquement des actions/obligations et qu’on veut ajouter des managed futures/or/autres.

Et c’est sur ce segment que l’AV pourrait redevenir intéressante, mais … Malheureusement leur offre sur ces autres classes d’actifs est assez discutable, voir inexistante.

Oui c’est évident qu’il y a un risque, mais je ne suis pas certain que l’AV soit particulièrement épargnée non plus. Déjà, le régime de la flat tax n’est pas vraiment exceptionnel, certes entre 2013 et 2017 la fiscalité des plus-values était alignée sur celle du travail (donc imposée à l’IR), mais avant 2013, il existait aussi un prélèvement forfaitaire libératoire, par exemple en 2005, c’était ~27%, en 2012 les plus-values étaient imposées à 39,5%[1].

Et puis, l’AV a aussi été sacrément rabotée :

  1. Suppression de l’exonération totale d’impôt (en 1998).
  2. Toutes les hausses des prélèvements sociaux ont touché les AV, sauf une unique fois en 2026[2].
  3. Augmentation des taxes sur les décès en 2011 puis 2014 (augmentation des taux après l’abattement de 152k, et création d’une tranche au delà de 700k)
  4. Ajout des prélèvements sociaux au fil de l’eau sur les fonds euro en 2011.

Peut-être que le lobby de l’assurance-vie est puissant, mais son efficacité à préserver ses avantages fiscaux ne me paraît pas si évidente au vu de l’historique.

À titre personnel[3], je trouve assez paradoxal de payer chaque année des frais parfois très significatifs à une industrie dont les solutions sont largement concurrencées, voire dépassées, par le CTO, essentiellement dans l’espoir qu’elle saura préserver un avantage fiscal futur qui n’existe pas vraiment aujourd’hui et qu’elle n’a, historiquement, jamais vraiment réussi à préserver. Ça fait presque trente ans que la fiscalité de l’AV est régulièrement rabotée, et pourtant elle conserve encore cette réputation[4].

À mon avis, on peut aussi voir ces frais comme une forme de rente captée par l’industrie de l’assurance grâce à l’existence d’une enveloppe fiscale spécifiquement construite autour de ses produits. C’est ce qui me gêne : on construit un avantage fiscal mais il sert essentiellement à compenser les frais supplémentaires de l’intermédiaire nécessaire pour en bénéficier, cela représente donc un manque à gagner pour l’état ET pour les épargnants. C’est une situation qui me semble difficile à accepter en tant que citoyen[5].

C’est aussi pour cela qu’il me semble utile de faire ces simulations : pour que les épargnants puissent arbitrer en connaissance de cause, et éventuellement défendre collectivement les dispositifs qui servent réellement leurs intérêts. Après tout, les particuliers aussi sont une forme de lobby.

Chez Cayas, je ne veux pas qu’il y ait le moindre parti pris pour ou contre l’AV, elle ressort dans les cas qui la rendent pertinentes, bien sûr, si la fiscalité venait à changer en son avantage, alors, elle ressortirait davantage, mais d’un point de vue citoyen, je déplorerais ces décisions et j’essaierai de faire entendre ma voix.


  1. 15,5% de prélèvements sociaux d’alors + l’équivalent de 24% d’IR, si j’en crois ce barème baremes.ipp.eu/parameters/impot-sur-le-revenu/impot_revenu.calcul_impot_revenu.pv/table ↩︎

  2. Donc 1996, 1997, 2004, 2008, 2010, 2011, 2012, 2025 ↩︎

  3. Donc hors Cayas, ça représente mon avis perso uniquement ↩︎

  4. C’est peut-être là que réside la puissance de leur lobby, ceci dit. ↩︎

  5. Et quand on voit qu’il y a ~2000 milliards d’encours en AV à 0.85% de frais sur unité de compte en moyenne, autant dire que ça se compte rapidement en dizaines de milliards cette histoire ↩︎

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Au milieu de tant de précision et de savants calculs, je suis choqué ! :grin:

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Aaaahhhhh, je m’y ferais jamais :sweat_smile:

Oui, j’me suis déjà fait reprendre au moins 12 fois en interne (c’est bien 31,4, je sais pas pourquoi j’ai retenu 31,2… ) merci de me reprendre.

Guillaume a de la variance dans sa mémoire de chiffres. C’est ça, un statisticien. :grin:

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J’entendais je ne sais plus quel futur prétendant au Trône 2027 en interview sur les ondes, il a sorti 5 fois un PFU « actuellement à 31,7% » :joy:

« Tous étaient frappés »

Bon désolé, c’était juste pour montrer que j’avais lu attentivement :wink:

Ils vont bien la monter à 35% cette flat tax , ce sera plus facile à retenir

Qd on prend cinq minutes de réflexion, c’est qd même impressionnant le taux de cette Flat Tax…la prise de risque, sur un capital durement gagné, a de quoi en refroidir plus d’un

Elle ne reste jamais « flat » très longtemps :frowning:

Et elle ne devrait même pas exister, que ce soit sur PEA, CTO et assurance vie, c’est une quadruple couche de taxes sur de l’argent invensti (donc sur lequel nous prenons les risques), de l’argent qui nous appartient en propre puisqu’il a déjà bien été taxé en amont sur notre fiche de paye à un % qui n’est pas négligeable si je puis dire … :unamused_face:

Cette argent investi a donc déjà plus que déjà contribué à l’effort social collectif, je le rappelle. Avec cette flat tax il est à nouveau taxé en aval, pourquoi se gêner ?

Est-ce que je suis la seule à trouver cette flat axe, illégitime et complètement « abusive » de par son existence ? Les frais des enveloppes, de transactions devraient être les seuls « légitimes ».

Vu l’état du système de retraite par répartition, la retraite par capitalisation va sûrement prendre sa place (comme dans d’autres pays) et un nombre plus important de gens seront impactés par cette flat taxe.Dans quelques années la question de sa légitimité et de son augmentation continue seront alors vraiment débattus publiquement et ce ne sera plus un sujet que l’on aborde pudiquement réservé à un petit nombre d’investisseurs.

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