J’ai lu les différents sujets sur la comparaison entre l’assurance vie et le CTO. Mais l’essentiel tourne autour du cadre successoral ou effectivement le CTO semble bien plus intéressant.
Dans mon cas j’ai un doute et j’aimerais un avis sur quel aspect je me trompe.
J’ai 50 ans, plus d’enfants à charge et je peux donc commencer à épargner. En dehors du PEA, certains ETF m’intéressent mais ne sont accessible que sur AV ou CTO (les mêmes ETF).
Mon but c’est pendant 15 ans de faire un DCA sur ces ETF, puis une fois la retraite venue de tout mettre sur un fond euros en AV histoire d’être tranquille et de profiter de mes économies sans me poser de questions. Si il en reste pour les enfants c’est très bien, mais je ne sais pas dans quel état je serais à la retraite, si j’aurais besoin d’aller en EPHAD, mon espérance de vie. Donc je préfère assurer. Ca c’est pour le contexte.
J’ai donc pris le simulateur Cayas en partant d’un DCA de 400€ mensuel sur 15 ans. D’un côté un CTO sans frais, de l’autre une AV avec 0,6% de frais de gestion (frais d’enveloppe).
Alors oui au bout de 15 ans, et avant impôts le CTO est largement gagnant de 5000€.
Mais si on tient compte de la fiscalité au moment du rachat (que ce soit pour sécuriser ou utiliser), l’assurance vie repasse devant (le rendement après impôts est de 25216€ pour le CTO et de 25982€ pour l’assurance vie, bien évidement je resterais dans la limite des 4600€ pour l’AV). Du coup quand on regarde les vidéos il est précisé que même avec la fiscalité le CTO est devant et que les frais de l’assurance vie sont plus pénalisants que l’imposition plus importante du CTO. Et pourtant les calculs disent le contraire.
Je ne cherche pas à créer une polémique, mais je me dis que j’ai du louper un élément et j’aimerais bien savoir lequel avant de me lancer à commencer à épargner.
Je vous remercie de bien vouloir m’éclairer parce que là il y a un truc que je ne comprends pas.
Bonjour Laphiphi, Tout d’abord, il n’y a absolument aucune polémique ici. Nous ne sommes pas opposés à l’assurance-vie par principe. Notre position est plutôt que cette enveloppe est souvent recommandée de manière systématique, y compris dans des situations où elle n’est pas forcément avantageuse pour l’épargnant. C’est précisément pour cette raison que nous avons mis cet outil à disposition pour faire quelques simulations et prendre des décisions plus éclairées.
En revanche, si après simulation tu te trouves dans un cas où l’assurance-vie est pertinente, alors c’est une excellente chose, j’en suis sincèrement ravi. Cela signifie que ce travail aura au moins été utile à certains
Concernant ta simulation :
Je crains qu’il y ait une mauvaise utilisation de l’outil. Tu indiques une durée de 15 ans tout en ayant un âge de 50 ans. Dans nos calculs, cette durée correspond au temps total de détention de l’enveloppe, donc la durée restante moyenne avant décès. Concrètement, en renseignant 15 ans avec un âge de souscription de 50 ans, cela revient à supposer une espérance de vie résiduelle de 15 ans (ou dit autrement, que ton espérance de vie est de 65 ans), ce qui n’est peut-être pas l’intention.
Ensuite, l’ensemble des coûts calculés ensuite correspondent aux impôts à payer lors de la transmission de l’une ou l’autre des enveloppes.
15 ans c est la date de départ à la retraite, moment où je rebasculerai mes économies sur des fonds sécurisé, comme le fonds euro d’une assurance vie par exemple. Et je m’arrête là pour la simulation dans la mesure où je vais utiliser ces économies pour me faire un complément de retraite et pas pour la succession. Ce qui fait qu’au bout de 15 ans je vais revendre mes ETF qui sont sur le compte titre pour les basculer sur un fond sécurisé et par la même occasion provoquer la fiscalité. Alors que si ils sont déjà sur l’assurance-vie je ne provoque la fiscalité qu’au moment du retrait. Et du coup, si je compte bien, le PFU du CTO sera supérieur à l’addition des frais de gestion de l’assurance vie et de la fiscalité en cas de retrait de l’assurance vie.
C’est justement cet aspect là qui m’interroge dans la mesure où toutes les interventions semblent dire que malgré la fiscalité le CTO est plus intéressant que l’assurance vie. Et là je ne comprends pas.
En mettant de côté le PEA et son avantage fiscal après 5 ans, je m’interroge sur l’arbitrage CTO vs assurance-vie après 8 ans dans une logique purement financière (hors transmission).
Si l’on considère une allocation où :
la poche actions (ETF) est logée en assurance-vie
et les actifs diversifiants (obligations, etc.) sont conservés en CTO
avec en parallèle une utilisation systématique de l’abattement annuel sur les rachats en assurance-vie, quel est selon vous le vrai point d’équilibre ?
De façon simplifiée, l’abattement permet d’effacer une partie de la fiscalité (12,8% sur les plus-values), mais il faut le mettre en regard des frais annuels des UC.
Avec un ordre de grandeur :
~0,5% de frais annuels → seuil de rentabilité autour de ~4% brut
~0,3% de frais (nouvelles AV type Lucya CNP) → seuil plutôt autour de ~2–2,5%
Ce qui reste inférieur au rendement long terme d’un MSCI World, mais avec une dépendance forte à :
la durée de détention
le rythme d’utilisation de l’abattement
et le différentiel de fiscalité réelle vs CTO
D’où mes questions :
Est-ce que ce raisonnement vous paraît correct, ou est-ce que je simplifie trop certains paramètres (notamment fiscalité et timing des rachats) ?
Et surtout, est-ce réellement optimal d’“épuiser” l’abattement chaque année, ou vaut-il mieux laisser capitaliser et arbitrer plus tard ?
Hello Paul,
Je te recommande le comparateur CTO vs. AV qu’a élaboré Cayas. Tu peux facilement jouer sur les frais d’enveloppe pour regarder vraiment ce qui s’applique à ta situation. Dis nous tes conclusions !
Attention aussi à l’offre de support de tes AV. A première vue, l’offre de support Lucya CNP est assez limitée. Typiquement : pas d’accès à un ETF marchés émergents.
Sauf erreur de ma part, le comparateur ne semble pas intégrer un cas où l’on utilise activement l’assurance-vie pour “purger” les plus-values à hauteur de l’abattement chaque année.
Intuitivement, même dans une configuration 100% ETF actions en AV, j’ai tendance à penser que cette stratégie n’est pas forcément optimale sur le long terme : la perte de capitalisation liée aux rachats réguliers peut dépasser le gain fiscal. Dit autrement, laisser capitaliser pleinement pourrait rester plus efficace — ce qui redonne un avantage structurel au CTO, notamment via l’absence de frais d’enveloppe et une plus grande flexibilité.
En revanche, là où l’assurance-vie me semble pertinente, c’est davantage sur une logique opportuniste :
profiter des offres commerciales / boosts assureurs
y loger une poche plus défensive ou faiblement volatile
et bénéficier, une fois les 8 ans atteints, de l’abattement comme une option plutôt qu’un mécanisme à exploiter systématiquement
Je serais curieux de savoir si tu as déjà modélisé ce cas spécifique (purge annuelle vs capitalisation), car c’est là que l’arbitrage me semble vraiment se jouer.