Une alternative au fonds en euros

Bonjour à tous,

J’envisageais de souscrire à une assurance vie pour la garantie des fonds en euros, mais après avoir passé un peu de temps sur ce site, j’ai de sérieux doutes.

Que pensez-vous, pour un placement d’une partie de son épargne à long terme (>10 ans), d’avoir des ETF obligataires* sur un CTO, en tant qu’alternative aux fonds en euros sur AV?
(*Ex. : Amundi EUR Govt Inflation-Linked Bond ETF, LU1650491282, ou Amundi Core EUR Corporate Bond UCITS ETF Acc, LU2089238625).

Bonsoir @raphael.b

Les puristes ( @vincent.p en première ligne :joy: ) vont sûrement t’en demander plus sur l’ensemble de ton patrimoine pour t’apporter une réponse adaptée

Malheureusement, il n’y a pas de solution rapide sur ce sujet, sinon nous ne serions pas en train de développer Cayas :grin:

Si tu peux nous donner un peu plus de contexte, on pourra discuter des choix possibles.

Dans tous les cas, ayez patience, car c’est le genre de question que l’outil Plan de vie de Cayas pourra répondre dans pas si longtemps ! :grin:

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Bonjour Raphael,

Je pense que tu as déjà une bonne idée de ce que pense Cayas des assurances-vie, c’est le sujet de (nombreuses) conversations sur Youtube et sur le forum.

Perso, je prends ton message comme une belle occasion de cracher sur le fonds € :

  1. Malgré tout le discours marketing des assurances-vie, le fonds euro ne t’enrichit pas : après taxation, frais et imposition, le fonds € permet seulement de préserver son pouvoir d’achat à long terme.


    Source : Données reconstituées à partir des aggrégats de performance des fonds euros par l’ACPR (par ex. la publi sur 2019-2024)

  2. Pas d’avantage de détention sur le fonds € : tu payes chaque année tes 17,2% de prélèvements sociaux sur tes gains. Tu as donc un effet d’intérêt composé limité.

  3. La popote des assureurs

  • a) l’assureur décide chaque année de l’attribution des primes. Il n’est pas obligé de reverser la totalité des rendements réalisés et peut les étaler sur 7 ans. D’un côté, ça veut dire que chaque année tu gagneras toujours un petit quelque chose. D’un autre côté, tu ne recevras probablement pas la totalité de tes gains.
  • b) l’assureur peut répartir ces mêmes gains inéquitablement : c’est la mode, d’où toutes les offres « boostées » pour attirer de nouveaux clients. Donc si tu restes longtemps, la tendence actuelle c’est qu’une partie de tes rendements finirait par financer les opérations d’acquisitions de l’assureur
  • c) si tu sors en cours d’année, la majorité des assureurs appliquent un taux interne technique généralement autour de 1% proratisé. Bref, un petit rien du tout.

Donc oui, sur le fonds euros, l’argent est garanti avec effet de cliquet. Mais à part ça…

Bref. Voilà. Maintenant, quelles sont les autres options ?

Déjà, que te dit l’outil Cayas+ plan de vie sur ton allocation entre les différentes classes d’actifs ? Est-ce qu’il te recommande du monétaire ou de l’obligataire ? Ce sont bien deux classes d’actifs distinctes, même si elles peuvent avoir dans certains cas des couples volatilité/rendement proches.

Restons sur le monétaire pour l’instant. Si on synthétise, les sources de monétaire sont : les livrets réglementés, les livrets non-réglementés, le compte à terme, le fonds euros, et des etf qui utilisent souvent un indice basé sur une variante de l’€ster.

Différentes caractéristiques permettent de les différencier :

  • Capitaux garantis : LR, LNR, CAT, F€
  • Facilité d’accès : quelques minutes sur (LR, LNR, etf) / quelques jours CAT et F€
  • Exonération de frais et de fiscalité : LR
  • Rémunération connue à l’avance sur la période : LR, CAT, LNR
  • Sensibilité aux taux, c’est-à-dire à quel vitesse le rendement s’ajuste quand les taux bougent. Du plus sensible au moins sensible : taux de marchés (etf) / taux commerciaux (LNR, CAT) / taux lissés (F€) / taux administrés (LR).

Au risque d’enfoncer le clou de mon point 1, et malgré tout le mal qu’on en dit, je trouve que les livrets réglementés sont un sacré bon deal. Cette conclusion est un poil biaisée par mon avis que les investisseurs français ont beaucoup trop de monétaire. Dans ma logique, on limite vraiment cette classe d’actif à l’épargne de précaution + dépenses prévisibles à horizon < 6 mois.

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Cette part “ obligataire “ dans une pondération 60/40 est devenue d’une complication pour les “ simples investisseurs “ de ma trempe…qu’on en préfère mettre/laisser sur F€ ( surtout que ces derniers tps la corrélation obligation/action tend plus vers le +1 que le -1 )

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Merci pour vos réponses.

Je suis retraité depuis peu et j’adopte une approche défensive à ce stade de ma vie.

Dans le contexte actuel, avec deux guerres en cours et la bourse à des niveaux très élevés, je pensais placer une partie de mon épargne dans une assurance-vie en fonds en euros, pour sécuriser le monétaire, et programmer des achats réguliers d’ETFs à hauteur de 30-40 % pour atténuer l’impact d’un éventuel krach.

Mon objectif n’est pas de devenir beaucoup plus riche, mais je ne veux pas non plus devenir beaucoup plus pauvre.

Je ne suis pas vraiment convaincu par l’idée d’une corrélation proche de +1. Si l’on regarde les données (via testfol.io), la réalité est beaucoup plus nuancée :

Depuis 2016 : On est à une corrélation de 0,11 pour un indice obligataire large (avec un indice actions large) et de -0,14 pour les obligations d’État.
Sur 2-3 ans : Les chiffres tournent autour de 0,14 et de -0,11.

On est certes au-dessus de la moyenne historique (0,02 / -0,15), et il est vrai qu’en régime inflationniste, les deux classes d’actifs souffrent simultanément, d’autant que les taux de départ étaient nuls. Cependant, même au pire de la crise (2022-2024), la corrélation n’était que de 0,3 et de 0,17.

On reste donc très loin du « +1 ». Une situation passagère liée à l’inflation ne suffit pas à remettre en cause le rôle de diversification des obligations sur le long terme. D’autant que cette corrélation a largement baissé entre 2024 et aujourd’hui pour se rapprocher de la moyenne historique.

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Attention, un « 60/40 » avec 40% de monétaire au lieu de l’obligataire a pas la même espérance de rendement. :sweat_smile:

Le monétaire, c’est des titres de dettes de moins de 3 mois à des emprunteurs VIP. La question qu’on pose en ayant du monétaire, c’est du genre « est-ce que l’Allemagne va faire défaut sur ses dettes d’ici juin » ?
Le monétaire nous donne donc la rémunération du « quasi-zéro risque ».

L’obligataire, c’est aussi des titres de dettes, mais sur des horizons plus long et/ou à des emprunteurs moins bien notés. Plus de risque = prime de risque donc rendement plus élevé.

Maintenant qu’on a dit ça : l’obligataire c’est un agrégat de titres trèèès différents. Tu auras du tout le même couple risque/rendement dans un fonds d’obligations souveraines indexé sur l’inflation OU dans un fonds d’obligations d’entreprises high yield.

Ne vous trompez pas : le fonds € c’est du monétaire. Les règles de composition par l’ACPR disent au moins 65% de titres monétaires. Cette composition mixte est sensée ajouter du rendement, mais cf. popote des assureurs.

Attention aussi au biais de lissage : tu vois le fonds € revalorisé qu’une fois par an. Ça veut pas dire que la valorisation des titres a l’intérieur bouge pas en continu.

J ai voulu forcé le trait sur le fait que l’obligataire n’offre plus une protection naturelle ( telle qu’elle nous est vendue ds un PF 60/40 ) face à la baisse de la partie action….donc je confirme qu’on est plus proche du +1 que du -1

C’est typiquement pour ça qu’on peut pas donner de conseil à l’emporte pièce. :slight_smile: Le fonds € peut être adapté pour certaines personnes / certains projets.

À 65 ans, la question de remplir l’AV avant 70 ans dans des problématiques de succession commence à se poser. Tu parles aussi d’utiliser le fonds € temporairement pendant un DCA.

  1. l’AV est-elle pertinente pour ton profil/projet
  2. Au sein de l’AV, est-il mieux pour toi d’être en Fonds € ou en UC obligataire (et quel type d’obligataire)

Ma première remarque c’est : où investis-tu en en actions ? Mettre en fonds € pour sortir en rachat partiel pour un DCA en PEA c’est terrible (friction/frais/taux de rendement technique).

Tu as le droit de confirmer quelque chose, qui plus est en forçant le trait, qui n’est pas observé dans les données, mais ça ne rend pas cette affirmation plus vraie pour autant. Je ne vois pas en quoi la promesse du 60/40 était tenue lorsque la corrélation actions/bonds était, en moyenne historique, de -0,15, mais ne serait plus tenue si la corrélation passe à -0,11 (la moyenne sur 2-3 ans).

Aussi, il faut faire très attention avec cette affirmation :

Il n’y a pas besoin de « protection », ni de corrélation conditionnelle ou de convexité pour qu’un actif soit intéressant, et une corrélation proche de 0 n’a jamais garanti une corrélation conditionnelle lors d’un crash actions ou une certaine convexité[1], et d’ailleurs, les obligations n’ont pas vraiment offert de protection dans les années 70 lors des chocs pétroliers, je n’ai pas l’impression qu’elles en offraient plus historiquement qu’aujourd’hui.


  1. cf : Qu'appelle-t-on vraiment diversification? ↩︎

Merci, Marine.

La question de la transmission ne se pose pas.

Je suis déjà exposé aux actions, notamment via un PEA et CTO. L’idée serait donc de sécuriser une partie de mon épargne grâce aux fonds en euros d’une AV, et éventuellement faire un peu de DCA vers des ETF en son sein.

Dans mon cas, il me semble judicieux de privilégier l’AV pour avoir ce pilier monétaire sécurisé. Est-ce que je me trompe ?

Malheureusement, je ne peux pas répondre sur « dans ton cas ». Je n’ai pas toutes les informations pour jauger ta situation + nous n’avons pas le formalisme réglementaire nécessaire pour que je te donne des recommandations comme si tu étais mon client.

Ce que je peux dire : on réfléchit toujours en rentabilité nette nette, donc après frais et après impôts.

  1. L’AV est une enveloppe coûteuse en frais. Ses principales vertus sont successorales. Si la transmission n’est pas un sujet, pourquoi passer par l’AV ?
    Le monétaire, et a fortiori l’obligataire type obligations souveraines, ont déjà une espérance de rendement faible/modérée. Tu veux payer le minimum de frais possible pour éviter de grignoter ton rendement déjà modéré.

  2. Quel est l’usage de ces fonds ?

  • sur la partie DCA : investir en fonds € pour sortir en cours d’année et DCA en actions ne sert à rien. Généralement, on t’appliquera un prorata de rémunération technique sur ton fonds €, probablement inférieur à ce que tu aurais en unité de compte monétaire ou obligataire.
    → Sache que tu peux avoir du monétaire sur PEA. C’est là que tu paierais le moins de frais sur des fonds etf monétaire et le moins de fiscalité.
  • sur la partie « stabilité » : le monétaire ne t’enrichit pas, il ne fait que maintenir ton pouvoir d’achat. De combien as-tu besoin en sommes garanties, que tu vas garder sur plusieurs années ?
    Si c’est des investissements long terme, l’option obligations sur CTO devient intéressante.
  1. Monétaire ou obligataire ?
    J’ai expliqué plus haut la différence. Sur le monétaire, en rentabilité nette nette, les livrets réglementés ont beaucoup d’avantages : a) exonéré de frais et d’impôts b) rémunération connue à l’avance et capitalisée régulièrement.
    Une fois pleins, as-tu vraiment besoin de plus de monétaire / sommes garanties ?
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Bonjour Marine et merci pour tes précieux conseils.

Voilà qui me donne matière à réflexion.