Une question concernant les box spread, qui m’est venu en lisant ce sujet "PEA vs CTO : jusqu’où accepter des produits moins bons en PEA?". Est-ce que, en fonction du coût du levier et de la qualité des ETF, il peut être plus intéressant, à enveloppe identique (CTO), de préférer une allocation avec box spread plutôt qu’un ETF à levier (à cause du beta slippage) ?
Je n’aime pas trop le terme de « beta slippage », car il mélange plusieurs effets, dont le principal n’a en réalité rien de spécifique aux ETFs à levier.
Au premier ordre, le rendement annualisé (moyenne géométrique) est inférieur à la moyenne arithmétique d’environ σ²/2. Avec un levier x2, l’espérance de rendement double, mais la volatilité aussi. Or comme celle-ci intervient au carré, le rendement composé augmente moins que proportionnellement au levier. C’est généralement ce qui est appelé « beta slippage », mais cet effet est purement lié à la volatilité et existe quelle que soit la manière d’obtenir le levier.
La fréquence de rebalancement joue probablement un rôle bien plus faible qu’on ne le pense. À long terme, son impact semble surtout dépendre du chemin de marché. Il existe techniquement une légère autocorrélation négative à très court terme sur les actions, ce qui favoriserait un rebalancement plus lent, mais l’effet paraît très dilué sur les indices, et je n’ai jamais vu de résultats empiriques vraiment convaincants dans un sens ou dans l’autre.
Au final, la question devient surtout une question de coûts et de fiscalité.
- Les box spreads permettent d’emprunter à des taux proches des obligations court terme, avec quelques frais de transaction. Les ETFs à levier empruntent probablement légèrement moins cher en interne, mais compensent avec davantage de frais implicites et explicites (TER, coûts de structure, etc.).
- Fiscalement, le coût du levier est dans les deux cas intégré à la performance. Mais en séparant emprunt et investissement, les box spreads permettent de conserver des plus-values latentes tout en réalisant continuellement les moins-values liées au financement.
Sur le principe, je rejoins complètement les conclusions du premier post:
- Dans la pratique, un simple mix actions/obligations à faible coût et correctement calibré en risque est très simple et bien meilleur que la gestion pilotée. Suivre le parcours Cayas est probablement suffisant (et excellent) pour arriver là.
- Les ETFs à levier permettent ensuite d’augmenter sensiblement l’espérance de rendement sans nécessairement augmenter le risque total du portefeuille, mais demande de croire aux bénéfices de la diversification avec d’autres actifs. Le parcours Cayas actuel pose les bases, mais il faut quand même creuser davantage pour se convaincre de ces histoires de levier, trend, or et autres joyeusetés afin de ne pas tout lâcher dès que le portfolio fait -20%.
- Les box spreads deviennent surtout intéressants pour celles et ceux qui veulent gérer très finement leur exposition et construire des allocations fortement diversifiées tout en conservant un niveau de risque élevé — mais cela demande beaucoup plus de compréhension, de temps et d’implémentation.