Alléger une position très concentrée, je vois bien le problème (je l’ai aussi !), mais je comprends moins celui sur les devises. J’ai certaines de mes positions qui cotent en USD, la majorité en EUR, mais ça n’a pas trop d’importance pour moi. Je vais développer parce que je pense que ça peut intéresser pas mal de monde.
Prenons un exemple : aujourd’hui j’ai 100 $ et je veux investir dans l’indice MSCI moit’US, moit’UE composé d’une position USA Corp et d’une position Euro SA, qui (fort commodément) ont la même capitalisation boursière aujourd’hui !
L’eurodollar est à 1,1$/€. On va négliger les frais de change : en tant qu’investisseur retail je peux changer pour 0,2%, pour les fonds c’est beaucoup moins. Dans les deux cas c’est du pipi de chat si tu ne le fais qu’une fois.
Option 1)
- Je prends un ETF cotant en $.
- Le fonds en convertit 50% en EUR : 50/1,1 = 45,45 € pour acheter 1 action Euro SA cotée en €.
- Il utilise 50 $ pour acheter 1 action USA Corp.
- Au final, j’obtiens une exposition composée de 1 action à 45,45€ de Euro SA et 1 action USA Corp.
Option 2)
- Je convertis ces 100 $ en 90,90 €
- J’achète un ETF qui cote en €.
- Le fonds prend mes 90,90 € et en convertit 50% en USD = 50 $ pour acheter 1 action USA Corp.
- Avec les 45,45 €, il achète 1 action Euro Corp
- J’ai la même exposition que l’ETF coté en USD.
Un an plus tard, chacune des actions composant l’indice a pris 5% dans sa propre devise et l’eurodollar est passé à 1,15$/€.
Quelle que soit l’option, je possède toujours 1 action USA Corp et 1 action Euro SA. Elles valent respectivement 50x1,05 = 52,5 $ (soit 52,5 $ / 1,15 = 45,65 €) et 45,45x1,05 = 47,73 € (soit 47,73x1,15 = 54,89 $).
Mon ETF cotant en USD vaut 52,5 + 54,89 = 107,39 $
Mon ETF cotant en EUR vaut 45,65 + 47,73 = 93,38 €
Je veux récupérer mes pépettes pour me faire une bonne bouffe à Paris, avec des € sonnants et trébuchants. Je vends mon ETF USD et je le convertis en EUR : 107,39/1,15 = 93,38 €… Je ne mangerai ni mieux, ni moins bien.
Je vois le sujet des devises comme deux problèmes qui se superposent.
Le premier, c’est la composition de mon portefeuille, où j’essaie d’assembler des actifs différents sous contrainte de risque global. La grande majorité de ces actifs sont exposés à de multiples devises. Si j’ai du LVMH dans mon ETF, je suis indirectement exposé au Yuan, au Yen, au USD, à la Roupie Indienne… C’est-à-dire aux devises de tous les pays où ils fourguent des sacs à main et des cravates. Avec de l’obligataire diversifié, j’ai aussi de l’exposition à une palanquée de devises.
C’est ce qui m’amène au second problème : comment évaluer et décider s’il faut limiter le risque qu’une variation des devises auxquelles je suis exposé au travers des actifs que je possède réduise mon pouvoir d’achat ?
Je ne peux pas prédire l’évolution des devises les unes par rapport aux autres et je n’ai aucune garantie que sur le long terme, les variations des devises reviennent à l’équilibre. En tout cas, je peux constater que sur des durées parfois longues, les grandes devises peuvent faire +/- 20% entre elles. Il y a du risque, surtout à court terme.
Par contre, je peux un peu mieux évaluer dans quelles devises je vais principalement dépenser mes sous. Si je veux vivre en ermite dans une grotte en Creuse, il va me falloir 100% d’Euros.
Si j’ai la certitude que je consommerai exclusivement en €, je pourrais réduire la volatilité en € de mon portefeuille diversifié (= exposé à plein de devises) en me couvrant contre le risque de change.
Le taux de couverture optimal peut s’estimer mais il est inférieur à 100% : c’est ça le vrai gros problème avec les devises. Et c’est une purge à calculer !
On peut aussi ajouter d’autres considérations rigolotes aux devises : emprunter dans une devise, c’est une façon de réduire son exposition à cette devise lorsqu’on a un portefeuille diversifié. Autre classique : le carry trade. Tu empruntes dans une devise à bas taux pour placer dans une autre devise avec un meilleur taux de rémunération. Historiquement, c’est une stratégie qui a marché, mais de temps en temps ça pique fort.
C’est tout un bazar les devises ! 
Mon CTO cible effectivement une volatilité moindre que mes autres enveloppes (PEA et AV), mais il ne contient pas que des obligations. Tu as saisi l’idée de fond : comme mon CTO est ma principale source de levier, il est sacrément leveragé même si le levier sur mon patrimoine global est beaucoup plus sage. Je préfère que mon CTO soit moins volatil par rapport à mon portefeuille global.
J’ai fait deux box spread il y a quelques jours justement ! Le premier pour l’apport au capital de Cayas, le second pour des travaux chez moi. 
Taux moyen entre les deux : 2,2% (annualisés) jusqu’à fin septembre. Je fais rouler mes emprunts tous les trimestres.
Il faudra que je fasse un sujet box spread, mais c’est encore loin dans ma roadmap de contenus. Comme toutes les formes de levier, c’est un outil qui demande de se poser pour bien comprendre comment l’utiliser sans se blesser.