Bien-être ressenti et revenu : l’argent fait-il le bonheur?

Résumé exécutif de l’étude (généré par Claude 4.6 - réflexion étendue) :

« Bien-être ressenti et revenu : l’argent fait-il le bonheur ? » Jean-Marc Germain, INSEE, Document de travail N° 2024-009, juin 2024

Cette étude réexamine la question de la satiété dans la relation entre revenu et bien-être subjectif, à partir de cinq enquêtes panel couvrant la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis.

Résultat principal : il existe un seuil de revenu au-delà duquel l’argent n’améliore (quasi) plus le bien-être ressenti. Ce seuil de satiété s’établit à environ 30 000 €/an par personne en France (soit ~45 000 € pour un couple), 40 000 € en Allemagne, 45 000 € au Royaume-Uni, 60 000 € en Australie et 80 000 € aux États-Unis. En France et en Allemagne, la satiété est quasi intégrale : au-delà du seuil, il faudrait multiplier son revenu par 12 pour gagner un demi-point de satisfaction sur 10.

Autres enseignements clés :

Le bien-être émotionnel expérimenté (fréquence des moments de bonheur) sature encore plus tôt que la satisfaction cognitive, autour de 25 000 à 30 000 € dans la plupart des pays.

En dessous du seuil, les baisses de revenu pénalisent le bien-être deux à trois fois plus que les hausses ne l’améliorent. On ne s’habitue pas à la pauvreté.

La comparaison sociale réduit d’environ un tiers l’effet direct du revenu sur le bien-être pour ceux qui sont sous le seuil de satiété. Au-dessus, elle n’a plus d’effet significatif.

Les déterminants non monétaires les plus lourds sont la maladie, le chômage, la solitude et le stress au travail, avec un impact amplifié pour les personnes sous le seuil.

L’Australie se distingue par un profil atypique : la satisfaction est élevée dès les bas revenus, mais croît moins avec le revenu, car les gains en satisfaction liés à l’emploi et à la santé sont compensés par une moindre satisfaction sur le temps libre.

Implication pour les politiques publiques : ces résultats justifient la progressivité de l’impôt, le renforcement des politiques redistributives, et l’investissement dans les déterminants non monétaires du bien-être (santé, emploi, lien social, cadre de vie) plutôt que dans la seule croissance du PIB.

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