« Je suis honteuse d’avoir tout cet argent non mérité » : à l’heure de la transmission du patrimoine des baby-boomeurs, le malaise des jeunes héritiers

1 « J'aime »

Quelques éléments de l’article :

  • Dans les 15 prochaines années, 9 000 milliards d’euros vont être transmis par la génération des baby-boomeurs à leurs héritiers. « Un phénomène qui pourrait nous rapprocher d’une société d’héritiers, comparable à celle de Balzac », affirme André Masson, auteur de « l’Héritage au 21e siècle ».

  • Cette transmission sera très concentrée : une grande partie des boomeurs n’aura rien à transmettre, et une grande partie des jeunes ne recevra rien

  • Aujourd’hui, le 1 % d’en haut possède le quart de la richesse. En 1900, il en possédait 60 %.

  • Les 10 % des ménages les mieux dotés détiennent près de la moitié du patrimoine brut total

  • 87 % des héritages échappent à l’impôt sur les successions

  • Plusieurs témoignages de jeunes (24-27 ans) ayant reçu entre 65 000 et 250 000 € de donations : tous décrivent un mélange de culpabilité, de silence vis-à-vis de l’entourage, et de sentiment d’illégitimité

  • Accès à la propriété, liberté dans le choix des études et de carrière, capacité à prendre des risques professionnels. Un “accélérateur de vie déterminant” selon le professeur de philosophie politique Patrick Savidan

  • Tous reconnaissent l’injustice du système, mais aucun ne renoncera à transmettre à son tour à ses propres enfants

Oui je l’ai lu aussi, c’est intéressant cet angle choisi de la honte et du manque de mérite.

Je trouve ça toujours aussi fascinant cette dichotomie (assez française j’ai l’impression) entre :

  • hériter c’est MAL :-1:
  • mais vouloir transmettre à ses enfants c’est BIEN :+1:

Du coup… quid ?

1 « J'aime »

Si on doit arbitrer, je préfère largement gagner ma vie par mon travail, que par l’héritage.

Aujourd’hui, selon moi, on a un déséquilibre entre une fiscalité du capital qui est plutôt douce, et une fiscalité du travail très lourde.

C’est bien plus facile de gagner de l’argent avec le capital - si on évite les CGP véreux et les assurances-vie des banques tradis - qu’avec son travail

2 « J'aime »

Oui, ça c’est ce que tout le monde dira (ou presque). Tu es dans le point 1.

Mais pour le point 2 ? Si ton enfant te dit qu’elle aussi elle préfère gagner sa vie par son travail et sans héritage, tu es OK pour ne rien lui léguer ? :wink:

En général, c’est là où il y a un tournant dans la pensée des gens. Ils n’ont pas envie d’être héritiers eux, mais ils ont envie que leurs enfants soient héritiers de ce qu’ils ont construit.

1 « J'aime »

Sans rentrer dans les débats politiques, la question de taxer les héritages revient souvent sur le devant de la scène : le budget 2026 par exemple.

Le dégout de l’héritage (que je peux ressentir aussi car teinté de la mort d’un proche) est quand même assez problématique s’il empêche de faire de belle chose avec un patrimoine. On peut imaginer l’utiliser pour alimenter des choses importantes dans lesquelles on croit. (Exemple améliorer les choses pour sa communauté, sa ville, …)

En soit, si on inverse la machine, est ce que j’aurais envie de ne rien léguer si mon enfant me le demande. . . Je crois que cela dépend pourquoi. Si c’est la maison que j’ai construis toute ma vie, j’imagine que ça serai douloureux, si c’est un capital immatériel je serais moins émotionnel. :sweat_smile:

@wabix La taxe des héritages concerne qui ? La plupart des grandes fortunes cèdent surement quasiment sans impôt de leur vivants via des montages j’imagine …?

En France la solution à tous nos problèmes c’est de créer toujours plus d’impôts, avec des barèmes toujours plus élevés… et en même temps, créer les niches fiscales qui vont bien. Résultat, on se retrouve avec des impots censés réduire les inégalités mais complètement inefficaces.

3 « J'aime »

Effectivement - c’est l’image que j’en ai aussi - intuitivement j’aurais tendance a souhaiter moins de type d’impôt, + d’automatisations et moins d’exonérations complexes. :grin:

Dans le cadre de l’héritage cela semble tout de même provoquer des effets de bords positifs, c’est surement + sain de s’occuper des autres de son vivant quand il s’agit de sa famille qu’une fois mort. :sweat_smile:

Après, aujourd’hui on peut quand même :

  • Donner 131 865 € en franchise totale de droits, par enfant et par parent, tous les 15 ans. Soit 263 730 € par enfant pour les 2 parents.
  • Donner 152 500 € par enfant et par parent (ou à n’importe qui si clause bénéficiaire rédigée avant 70 ans), via l’abattement de l’AV.
  • La loi de finances 2025 offre une exonération supplémentaire de 100 000 € par donateur et par bénéficiaire pour les donations destinées à l’achat d’un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique. Le dispositif est plafonné à 300 000 € par bénéficiaire tous donateurs confondus, et expire le 31 décembre 2026. Conditions : fonds utilisés sous 6 mois, résidence principale pendant 5 ans minimum.
    Avec ce dispositif temporaire, un parent peut transmettre jusqu’à 231 865 €, par parent, à un enfant qui achète son premier logement neuf.

Globalement, sur 45 ans, on peut donner 648 095 € par enfant et par parent, soit 1 296 190 € pour les 2 parents, avec 0 impôts sur la succession.

C’est quand même pas trop mal, non ?

1 « J'aime »

Grâce a ma conjointe et sa famille, je découvre une autre approche qui lie un peu les deux.

Aujourd’hui avec l’allongement de la durée de vie, l’héritage se fait aux enfants beaucoup trop tard. Quel intérêt pour un sexagénaire d’hériter ?

Personnellement a 35 ans c est maintenant que j aurais bien besoin d’un coup de pouce.

Du coup, comment étalé les dons sans sortir des sommes folles (pouvant mettre en risque le plan de vie) et sans toucher a “je veux me construire seul.e” ? En étant généreux et de participer financièrement a tout ce que l’on peut. Acheter les couches et le lait des petits enfants, payé les resto/vacances en totalités, payés les soldes etc. C est pas forcément innée pour tout le monde (ma philosophie héritée de ma famille est plutôt pingre/partage des coûts systematiques). Tu transmets indirectement au fil de l’eau (et tu peux contrôler le flux si besoin) et les bénéficiaires peuvent optimiser leur propre argent grâces aux économies réalisées.

Plus interressant a mon sens pour plein de raison que de compter ses sous toute sa vie, transmettre x centaines de k€ au moment ou ce ne sera pas forcément utile :blush:

1 « J'aime »

C’est faux, les deux sont très lourdes.

Fiscalité du capital : il ne faut pas oublier qu’avant le PFU, cet argent a payé l’IS (15-25 mini voir plus aujourd’hui pour les grosses boites), les cotisations patronales, et des dizaines d’autres taxes (CFE, CVAE, et toutes les taxes propres à chaque secteur). Et ne pas oublier que contrairement aux diverses cotisations, la CSG ne te donne droit à strictement rien.

Fiscalité du travail : tranche marginale à 45% c’est quand même scandaleux.

Personnellement, je pense qu’on devrait augmenter la TVA (qui est plutôt dans la moyenne basse de l’Europe), baisser les retraites (probablement dans le top 5 mondial, dont quasi 30% sont épargnés par les concernés alors que le taux est plutôt autour de 10-15 pour les actifs) et baisser la fiscalité du travail et du capital (probablement dans le top 5 mondial aussi).

Le problème de notre modèle actuel est qu’il désincite le travail, en particulier celui à forte valeur ajoutée, désincite l’investissement (si ton ROI est fiscalement meilleur ailleurs qu’en France, pourquoi investir ici plutôt qu’ailleurs). Taxer les moteurs de la croissance (investissement / travail) est une absurdité, ce qui est sain c’est de taxer les comportements qu’on veut désinciter (taxes pigouviennes).

Il y a aussi une grosse anomalie sur la taxation de l’immobilier. L’abattement de la totalité de la PV sur la RP est anormal, on pourrait largement taxer cette plus-value et reporter via une baisse massive des DMTO ce qui aurait pour conséquence de fluidifier le marché de l’immobilier qui est probablement la plus grosse bombe sociale en France aujourd’hui (ainsi que massivement libéraliser la construction).

A noter, je n’ai pas lu l’article mais ont-ils préciser qu’une très grosse partie de ce stock est composé d’immobilier ? L’augmentation du prix de l’immobilier en France est une anomalie soutenue par de nombreuses politiques de distortions (ZAN, RE2020, fiscalité), cette génération s’est plus enrichie car elle a votée les conditions de l’augmentation artificielle du prix de l’immobilier que par le travail et la croissance qu’elle a générée. Plutôt que de taxer l’héritage, on ferait mieux d’organiser la baisse des prix de ce stock.

3 « J'aime »

L’un de mes sujets politiques préférés :blush:

Personnellement j’estime que l’argument du “on est déjà assez taxés comme ça en France” passe à côté du sujet. Il ne s’agit pas juste de discuter du rajout d’un impôt supplémentaire, mais de débattre de l’ordre dans lequel un impôt sur l’héritage serait prioritaire / plus pertinent par rapport à d’autres impôts en France ==> Si l’on remettait complètement à plat tout le système fiscal français, où l’Etat devrait-il aller chercher son premier euro d’imposition ? A mon sens, si l’on raisonne d’un point de vue moral la réponse est inévitablement de s’orienter vers l’héritage.

Tout simplement car c’est par définition la source d’enrichissement la moins méritocratique qui soit. Si l’on fait un pas de recul, quel sens y a t-il à ce que l’héritage soit 8x moins taxé que le travail en France ?

D’autant plus que, comme cela a été dit plus haut, sans taxation davantage basée sur le mérite, les décennies qui s’annoncent vont inévitablement amener à une surconcentration des richesses reposant sur l’héritage. On notera d’ailleurs que ce mécanisme est en marche depuis la fin de la seconde guerre mondiale : dans tous les pays occidentaux, le % du patrimoine provenant du travail ne fait que décroître au profit de l’héritage, qui s’élève déjà à 60% en France aujourd’hui.

Un autre problème est que l’héritage entraîne un flux d’argent qui circule de personnes âgées à personnes âgées (c.70-80 ans à 50-60 ans), ce qui accentue aussi l’écart de richesse avec les jeunes. Imposer l’héritage permet d’assurer une meilleure distribution de la richesse sur les différentes générations.

Stat intéressante : si l’on taxait 100% de l’héritage des français, on pourrait distribuer à chaque jeune qui fête ses 18 ans environ 300k€ pour commencer dans la vie. Sans forcément aller dans cet extrême, on peut aussi se tourner vers les propositions d’Antoine Foucher, qui proposerait d’utiliser cette manne pour diminuer considérablement la fiscalité sur le travail ainsi que sur la TVA - réconciliant ainsi le pacte social d’une société à même de s’enrichir par le mérite et le travail plutôt que par la chance.

4 « J'aime »

Sacrée dissonance cognitive tout de même. Pour ne pas dire hypocrisie :sweat_smile:

Pour rester sur l’aspect purement concret, la France on aime bien les taxes… Mais on n’a pas attendu la France adoratrice de la taxation pour critiquer l’héritage et/ou vouloir le taxer ! :slightly_smiling_face:
L’héritage massif crée des rentiers qui allouent mal le capital, distord la prise de risque entrepreneuriale, et produit des marchés moins concurrentiels, pas besoin de « la France de Macron qui aime taxer » pour dire ça, on en retrouve des critiques chez Mill et Rawls, et même Aghion (je parle pas de Pigou ou Piketty quand même)…

Même Nozick (autant dire le plus ennemi des reglementations et taxes possibles? :face_savoring_food:) vacille sur l’héritage (il admet lui même que les inégalités qui en résultent -parfois- semblent injustes), c’est dire si sa regulation est quelque chose de large dans l’histoire des idées philo et éco :sweat_smile:

1 « J'aime »

Ce n’est pas si simple malheureusement. Je pense que le bon critère à regarder ce sont toujours les effets d’incitation / désincitation.

La forte taxation de l’héritage en France a littéralement fait disparaitre le tissu d’ETI familiales françaises (particulièrement vrai pré-Dutreil et raison de sa mise en place), alors qu’il s’est très bien maintenu en Allemagne ou en Italie. Sur-taxer l’héritage, c’est l’assurance de donner les clefs du pays aux investisseurs étrangers, l’assurance que ton pays sera pillé de la richesse et des savoirs faire qu’il a eu tellement de mal à créer.

Est-ce que tu lancerais dans l’aventure entrepreneuriale si tu avais la garantie qu’aucun ou une portion très congrues des fruits de ton travail et des risques immenses que tu as pris rémunérera ta descendance ? Pas moi ! Tu travailles pour toi mais tu travailles aussi énormément pour ta famille, surtout quand tu fais un arbitrage entre avoir un bon boulot - ce qui suffira largement à financer ta propre consommation - et entreprendre (avec les risques associés) qui permet de créer un niveau de richesse générationnel.

Certes ce n’est pas méritocratique mais générer de la richesse pour tes enfants est un moteur social extrêmement puissant et c’est la raison pour laquelle la taxation de l’héritage, même dans un pays aussi égalitariste que la France est aussi impopulaire. Passer un certain niveau de richesse (disons une maison confortable et de quoi à peu près acheter ce que tu veux sans regarder ton compte en banque, soit à l’heure actuelle disons avoir ~1.5 - 2 M€ d’assets), à part pour quelques égocentriques, ton confort et ta richesse personnelle ne sont plus une carotte suffisante pour compenser les contraintes que représentent le fait d’entreprendre, en revanche, mettre ses enfants à l’abris, ça c’est très puissant !

Comme toujours, il faut remettre aussi tout ça dans le contexte, la France n’est pas une île et on est plus en 1950. Si tu es taxé à 8% max en Italie, à 0 dans la plupart des cantons de Suisse, 0 en Suède, 30 en Belgique… c’est quand même pas hyper compliqué de déplacer ta résidence fiscale à la retraite (ou avant) pour bénéficier d’un régime bien plus favorable et c’est d’ailleurs ce que font la plupart des entrepreneurs. Economiser entre 15% et 45% sur des millions, ça vaut largement de prendre le train pour aller à Bruxelles ou Genève ou Milan.

1 « J'aime »

Je pense qu’il faut arrêter de traiter la fiscalité sur un angle moral… C’est vraiment un de nos plus grands défauts en tant que français “c’est injuste”, en réalité ce n’est pas tellement la question centrale. La question centrale est comment optimiser le financement de l’état et des services qu’on lui confie en conservant les moteurs qui assurent son développement, leur qualité, sa croissance et sa survie : c’est donc un sujet d’efficacité et d’efficience.

Est-ce que l’héritage est juste : probablement non ! Est-ce que le taxer fonctionne, malheureusement non !

Je nuancerais, je pense qu’on peut le taxer sans générer de fuite, mais c’est un taux qui serait bien inférieur à celui qui est déjà pratiqué aujourd’hui en France.

Les petits retraités ( qui comptent aux centimes leur fin de mois ) seront ravis de payer encore plus cher leur caddie de courses avec une pension réduite et que le peu de fond de porte-monnaie qu’ils arrivent à garder ne leur servira plus à glisser un petit billet de 5€ pour rendre un laps de temps joyeux avec ses petits enfants

Je force le trait….car ce souhait de tout augmenter/baisser revient régulièrement et mine de rien emportera une personne ayant une retraite juste au dessus du SMIC ( nombreuses sont ces personnes ayant travailler toute leur vie et finissant en loyer à compter pour rester dignement chez elle car finir en ephad cela leur est impossible moralement et financièrement )

Tu évoques deux sujets ici : la perte de souveraineté d’actifs français, et la volonté des individus de créer de la richesse s’ils ne peuvent pas le transmettre (qui n’est pas sans rappeler la fameuse courbe de Laffer).

Sur le premier point, un Cash Investigation sorti récemment a pas mal débunké le rationnel sur lequel repose le Pacte Dutreil, en montrant que le ministre Dutreil ne s’est appuyé sur aucune autre source que…son doigt mouillé pour estimer que le tissu d’ETI familiales françaises s’effritait (lien : https://youtu.be/C3tXSMTBiqg?si=5onD81mVM5FPr1Xk&t=586). Quand bien même cela était vrai, je ne vois pas de problème particulier à ce que des ETIs familiales françaises passent sous pavillon étranger, de même que des ETIs familiales étrangères puissent passer sous pavillon français. Il y a des exceptions bien sûr (actifs stratégiques, et/ou à enjeux de souveraineté élevés), autrement, ce n’est que la dure loi du capitalisme qui s’applique à mon sens, et ça doit valoir dans les deux sens.

Concernant ton autre point, il existe des données empiriques solides aux États‑Unis qui contredisent l’idée d’une fuite massive des riches face à une fiscalité plus élevée.

L’étude de référence est celle de Young, Varner, Lurie et Prisinzano (2016), publiée dans American Sociological Review. À partir de données administratives exhaustives de l’IRS, les auteurs analysent la mobilité des millionnaires entre États après des hausses d’impôts ciblant les hauts revenus.

Leur conclusion est très claire :

“Millionaire tax flight is occurring, but only at the margins of statistical and socioeconomic significance.”

Autrement dit, la mobilité fiscale existe, mais elle est faible et marginale. La grande majorité des hauts patrimoines restent ancrés localement (famille, entreprises, réseaux), et les coûts non fiscaux dominent largement l’optimisation fiscale.
L’argument du “ils vont tous partir” n’est pas confirmé par les faits, même dans un pays aussi intégré fiscalement que les États‑Unis.

2 « J'aime »

Ça c’est aussi sûrement parce que le notre cher système de retraite est un beau ponzi.

Connu de tous nos politiques depuis au moins 50ans, mais comme ils pensent tous à leur personne et non à la société, aucun n’a eu le courage (pour rester poli) de réformer ce système voué à l’échec - il l’est déjà depuis des générations selon moi par ailleurs - car il toucherait l’électorat.

2 « J'aime »

J’aime bien cette vision des choses.
Avec le bémol qu’il faut que les relations entre générations soient saines, sinon je vois très bien comment ça peut réintroduire des dynamiques de pouvoir…

On sent que t’as potassé ! Merci pour toutes les références, c’est super intéressant, ça me donne envie de creuser.

Je sais que tu n’es pas le seul à penser ça, mais ça me paraît quand même un postulat assez fort. C’est vrai pour certains, mais pas forcément pour tout le monde. Je connais des gens qui n’ont pas d’enfants et qui ont un très fort désir d’entreprendre et de construire quelque chose de grand et de pérenne :wink:

Je me souviens aussi d’une discussion dans une famille ou les enfants (trentenaires) avaient dit qu’ils étaient philosophiquement contre l’héritage. Ils considéraient qu’ils n’avaient pas besoin d’argent, qu’ils avaient reçu beaucoup d’amour, de temps, d’attention, l’opportunité de faire de belles études, d’avoir des jobs cools et de se construire une vie solide. C’était dit un peu comme un témoignage d’amour et de reconnaissance… Et ça avait été assez mal pris par les parents, sur le mode « Mais nous on veut vous léguer de l’argent, on a fait ça pour vous ! »
Les enfants considéraient en quelque sorte qu’ils étaient déjà à l’abri. Et les parents voyaient presque ça comme de l’ingratitude. Clash intéressant sur les représentations mentales de chacun.

Ce qui ouvre probablement une autre discussion sur la définition de ce que signifie « à l’abri ».