Opposé viscéralement ? Non, opposé mathématiquement, ça certainement. Dès que le rendement dépasse 4-5 %, que la durée excède 15-20 ans, et qu’on parle d’ETF capitalisants, le CTO a de fortes chances de gagner. Et quand bien même on sort de ce cas-là, il suffit de lire le post initial CTO vs AV pour se rendre compte que l’analyse ajoute de la nuance.
Tu sembles citer ce post, où nous avons déjà eu les mêmes échanges, alors je vais de nouveau m’auto citer:
L’assurance vie est un outil d’optimisation spécifique pour les transmissions en ligne indirecte et/ou sur des durées courtes.
Ou encore un peu plus loin dans notre discussion :
Ce sont des résultats de simulations. Les cas où l’AV l’emporte sont documentés et déjà largement explicités depuis le message initial :
- Fort taux de rotation
- Fermeture de l’ETF
- Transmission hors ligne directe
- Espérance de vie courte
- Etc.
Mais tu sembles choisir depuis lors de les ignorer délibérément. Quant à l’idée que le post manquerait « d’honnêteté intellectuelle » : le code est open-source, les hypothèses sont explicites, les scénarios où l’AV gagne sont en vert sur les heatmaps, si justement tu as quelque chose à critiquer c’est bien parce que je suis honnête. Si l’on veut contester les conclusions, il suffit de pointer l’erreur dans le modèle, ou d’en proposer un meilleur. C’est plus constructif que les procès d’intention.
Sur le fond, les deux cas soulevés, SCPI et actions françaises à dividendes avec PEA plein, partagent la même structure : on prend un choix d’investissement sous-optimal (flux distribué imposé, biais domestique massif), et on constate que l’AV en atténue la friction fiscale. C’est vrai, c’est documenté, et je ne le conteste pas. Mais atténuer les défauts d’un actif ne le rend pas pertinent pour autant. C’est traiter le symptôme plutôt que la cause.
Pour le cas « PEA plein + actions françaises à dividendes » en particulier, il faut rappeler que le PEA accueille déjà 150 000 euros de versements, sans frottement fiscal annuel, avec une sortie nette de prélèvements sociaux après 5 ans. Atteindre ce plafond avec des actions françaises à dividendes suppose un portefeuille déjà très concentré, le scénario où l’on manquerait de place pour y loger ces titres est franchement marginal.
Puisque j’ai déjà rédigé une réponse exactement à ce procès d’intention, voici ma réponse d’alors, elle est toujours valide : CTO vs AV, quelle est la meilleure enveloppe? - #39 par Guillaume
Je me permets aussi de rappeler que la discussion de l’époque ne s’était pas vraiment poursuivie sur le terrain des hypothèses, du modèle ou des chiffres, mais plutôt sur ce genre de réponse :
Ce n’est pas très grave, ça donne quand même une bonne indication du niveau auquel tu avais choisi de placer l’échange. Pour te répondre malgré tout : oui, il m’arrive de réfléchir le dimanche sur des sujets qui m’intéressent. J’ai la chance de faire quelque chose qui m’amuse autant qu’elle me passionne, et ce sont des questions que je lisais, creusais et modélisais déjà sur mon temps libre avant même de rejoindre Cayas.
Si tu veux discuter sérieusement, aucun problème : tu pointes une erreur dans le modèle, tu proposes une hypothèse alternative, ou tu produis une simulation contradictoire. Là, on aura une vraie discussion sur laquelle je prendrai grand plaisir à réfléchir et à débattre avec toi.
En revanche, si l’idée est simplement de répéter que Cayas serait « anti-AV », ou écrirait des messages « CTO anti-AV », en ignorant les passages où l’analyse dit explicitement l’inverse, alors on n’est plus dans le débat : on est dans l’homme de paille et la caricature grossière. Ce que je n’accepterai plus, c’est précisément cette manière de répondre à une version appauvrie de la conclusion : comme si le message disait « l’AV ne sert jamais à rien », alors qu’il dit explicitement l’inverse à plusieurs endroits. Je te crois capable de davantage de nuance, encore faut-il que tu acceptes de répondre à ce qui est écrit, plutôt qu’à une caricature plus facile à attaquer.
A ce stade, ce qui semble viscéral ici, ce n’est pas mon attachement au CTO. C’est plutôt ton besoin de réduire des simulations chiffrées, ouvertes et vérifiables à une posture idéologique, faute d’avoir quelque chose de concret à opposer aux résultats. De mon côté, s’il y a quelque chose de viscéral, c’est plutôt mon attachement à la méthode : essayer de chiffrer, modéliser, expliciter les hypothèses et rester dans la nuance. C’est précisément pour ça que ce type de réponse, qui transforme une analyse documentée en homme de paille, m’attriste autant qu’il m’agace.