Je vise à ouvrir un CTO à mon nom, pour mes enfants , en vue de faire une donation de titres à leur majorité.
Je cherche à construire une allocation robuste sans trop de rebalancement, qui pourrait être fait uniquement par un apport annuel à ce portefeuille pour renforcer les parties ayant le plus baissé.
Je suis arrivé à cette construction, qu’en pensez vous, et cela vaut il la complexité sur une période longue (mettons 18 ans) par rapport à un MSCI ACWI IMI (par exemple IE00B3YLTY66) ? Ce portefeuille devrait être plus résilient aux crises, mais a une exposition de 91% aux actions pour payer les amortisseurs, ce qui pourrait freiner le CAGR si les obligations calent. Le levier global est d’environ 1.3 et le portefeuille se construit uniquement avec des sicav et etf (pas de montage de box spread, LEAP, etc).
40% de wisdom tree efficient core global : world + obligations monde avec levier pour alpha de crise
10% de nasdaq x2 : avoir un peu de levier surtout sur le marché qui est le plus haussier historiquement, pour faire de la place aux amortisseurs. Ne pas en abuser a cause du beta slippage qui nuit a la perf en marché volatil stagnant
5% de SPDR MSCI USA Small cap value weighted (small caps US)
10% de Managed futures (trend following) (alpha de crise)
5% d’or (alpha de crise)
L’exposition obtenue : 91% d’action quasiment sur tout l’univers investissable, 24% d’obligations, 10% de Managed futures et 5% d’or. Je rajoute un peu d’Europe pour deux raisons : le Nasdaq x2 augmente l’exposition US, et avoir une partie action sur le marché de sa propre consommation fait sens.
Je ne pense pas que ça vaille la complexité d’avoir 8 lignes, dont 6 fonds actions. Un indice large capterait la large majorité de la prime de risque des actions tout en réduisant tes frictions de rebalancement. J’ai du mal à voir l’intérêt d’avoir plus de 3 lignes sur les actions.
C’est la diversification entre les classes d’actifs qui va avoir le plus d’impact sur tes drawdown.
PS : ce fonds wisdomtree est un ACWI, pas un World/Marchés développés. Il comprend donc déjà une exposition aux marchés émergents.
La complexité du rebalancement et les couts d’ordre sont en effet ce qui me freine sur cette approche.
Si je veux garder un peu de levier avec le nasdaqx2 sans me surexposer aux US, et intégrer les small caps et émergents, je n’ai pas trouvé de solution plus simple pour l’instant. Et je refuse de passer à coté des émergents. L’idéal serait que le widsom tree integre les emergings et small caps, mais ce n’est visiblement pas le cas.
Pour NTSG je ne retrouve d’ailleurs aucune référence aux emerging, et on ne retrouve pas Taiwan , la Chine, le Brésil ou l’Inde, dans les secteurs géographiques notables par exemple. Avez vous une source ?
Pourquoi le nasdaq x2 pour le levier ? C’est historiquement celui qui a les plus belles phases de hausses régulières (et aussi les plus belles descentes soit), ce qui limite le beta slippage.
Le World x2 ou eurostoxx x2 souffrent (je pense) plus de ce beta slippage quand on regarde les courbes de valorisation.
Mais peut etre qu’avec un horizon si lointain, se prémunir d’un peu de volatilité n’a pas trop de sens, on peut oublier les amortisseurs et un bête ACWI IMI ferait aussi bien l’affaire ?
Mea Culpa, j’ai été vérifié dans le DIC et tu as raison : pas d’émergents dans le WisdomTree Global Efficient Core Index. Merci, j’ai appris quelque chose !
Au plus simple, et sans utiliser de marge ou box spread, si on veut inclure du levier et de l’amortissement, on aurait déjà 4 lignes minimum :
Wisdom tree efficient core (levier sur obligations)
Une ligne etf daily leverage x2 (ma préférence allant pour le nasdaq, levier sur Action pour garder une exposition proche de 100%)
DBMFE
Or
J’ai essayé de compléter cela avec les zones blanches laissées : emerging, small caps toutes zones et correction de la pondération US par ajout d’Europe. Je ne suis pas sur de l’apport de la ligne small caps US car elle est petite et vient un peu bruiter le tout, ce serait la première que je ferais sauter.
Si je devais en enlever une deuxieme, je fusionnerais Europe et Europe small caps, peut etre en ne gardant que la deuxieme (nasdaq et value small caps se completent bien), mais cela fait une exposition assez forte à la gestion d’un seul fond.
La partie stoxx 600 pourrait aussi etre remplacée par un wisdom tree Efficient Core Europe, mais je perds l’exposition aux pays hors UE (royaume unis, suisse, etc) , un peu d’exposition actions, et accentue mon expo obligation, qui à 24% me parait déjà suffisante étant donné les autres amortisseurs.
Est-ce que ça bat un simple MSCI ACWI IMI sur 18 ans en mode DCA Annuel ? J’aurais bien du mal a le calculer/backtester avec suffisament de recul malheureusement, les différents supports n’existent pas depuis assez longtemps et j’ai du mal à simuler avec des indices plus macro + frais.
D’un côté je me dis qu’un simple ETF ferait peut etre aussi bien en acceptant les draw down, de l’autre je ne sais pas si j’accepterai facilement un -30% ou -40% sur ce portefeuille.
Bien sur, il y a le risque de beta slippage sur les périodes volatil. pour cette raison l’exposition est limitée a 10%, et le nasdaq est choisi car il est historiquement le plus haussier.
Ca reste la solution la plus simple pour augmenter son levier sans avoir de marge/ box spread
Si on prend un des evenements les plus violent pour le nasdaq ces dernieres années, les subprimes :
Chaque position de ton portefeuille n’a pas à être affectée a priori à un usage donné. Donner du flouze à tes enfants est un projet à financer, pas une allocation a priori. J’en avais déjà parlé sur le forum.
L’idée est que tu veux calibrer ton portefeuille dans son ensemble pour être en mesure de faire des décaissements d’une certaine taille à un moment donné (en vérifiant si ça a des chances raisonnables de passer via l’outil de planification de Cayas, par exemple ).
Lorsque tu voudras effectivement réaliser la donation, tu pourras calculer quel mix d’actif donner : ce sera (probablement) les titres dont les plus-values latentes sont les plus élevées, même si tu dois subir un peu de frottement fiscal pour rééquilibrer le reste de ton portefeuille après.
D’ailleurs, ça sera une fonctionnalité sympa à ajouter, ça. Pour le moment on sait te dire où piocher lorsque tu veux sortir du pèze en tenant compte de la fiscalité, mais la stratégie est différente pour optimiser la donation. Tu as un peu de temps avant de doter ta progéniture ?
J’abonde, et pourtant j’aime les trucs compliqués.
Personnellement, j’ai un gros portefeuille mais uniquement trois lignes d’actions : World, Emergents et World x 2 (pour ajuster le niveau de levier sur mon PEA). Un ACWI + un etf x 2 pourrait aussi me convenir !
Je n’ai pas du tout d’allocation aux small caps, mais il doit y en avoir au sein de mon allocation aux alternatifs (qui contient des fonds avec une exposition factorielle, comme le Small Value mais sans l’exposition directionnelle au marché actions que je peux avoir à faible coût).
Je n’ai pas de surpondération Nasdaq ou autre non plus, je préfère piloter le levier et je fais raisonnablement confiance au marché pour trouver le meilleur compromis a priori[1] au sein de la classe actions.
Connaître le meilleur compromis du passé, je m’en fous, c’est celui du futur qui remplira ma gamelle ↩︎
J’ai peut-être pu laisser entendre le contraire, mais c’est bien le portefeuille complet avec toutes ses lignes que j’entend léguer, la poche serait juste ségrégée pour éviter d’avoir l’envie d’y toucher entre les abondements annuels. C’est un compte que je conserverais à part de mes portefeuilles gérés personnellement (PEA, CTO, AVs et PERs)
Mes enfants sont encore en bas âge, ca me laisse quasiment les 18 ans pour faire fructifier cette poche (partagée pour les deux, et dans l’optique d’un don a la même date pour éviter toute réclamation). Et en cas de besoin, il serait toujours possible de changer d’avis et réallouer, mais avec frottement fiscal dans ce cas.
Je trouvais les 8 lignes un peu « overkill » mais le portefeuille à 5 lignes que je suggère plus haut me semble gérable.
Si je devais switcher sur world x2, je manquerait malgré tout d’exposition aux émergents et aux Small caps en général sauf à garder ces lignes aussi, c’est un choix a faire. Ca prémunierait un peu mieux sur le max drawdown je pense, mais aussi avec surement plus de séquences en volatilité à plat (qui tue les etf leveraged)
Enfin je trouve l’exercice d’optimiser le ratio de sharpe/sortino intéressant et intellectellement motivant
Oui, ça demande un peu plus de discipline pour se mettre dans la tête qu’un certain montant est « intouchable » pour tes autres projets. Mais la donation sera plus efficace car tu pourras donner les lignes à hautes PV que tu détiendra sur le CTO dans 18 ans.
Les poches, c’est très bien dans les pantalons, mais dans le contexte du patrimoine, c’est un biais de comptabilité mentale. A la fiscalité près, les actifs liquides sont de l’argent, donc fongibles.
Les small caps et les émergents ne diversifient pas significativement un portefeuille world, tu pourras gratter tout au plus quelques centièmes sur ton ratio de Sharpe ainsi. C’est assez hasardeux de justifier a priori des hypothèses de rendement/risque/corrélation pour le futur qui leur donneraient un pouvoir diversifiant très appréciable.
Pour vraiment réduire ses drawdowns et améliorer le compromis rendement/risque, il faut lorgner vers d’autres classes d’actifs.
Certes, les marchés en dents de scie induisent du drain de variance qui fait mal aux ETF à levier. Mais ils n’ont pas vocation à être la seule ligne du portefeuille, les rééquilibrages entre classes d’actifs vont largement atténuer cet effet.
Le levier n’a pas pour objectif principal d’empiler du risque supplémentaire, qui dégrade le Sharpe (car on ne se finance jamais au taux sans risque). Il faut plus le voir comme un outil pour « faire de la place » et diversifier le portefeuille sur d’autres classes d’actifs peu corrélées. On peut alors récolter par rééquilibrage ces variations qui ne vont pas toujours dans le même sens.
Et si le contexte personnel y est favorable[1], on peut décider d’ajouter un peu plus de risque.
En phase !
Mais attention aux backtests, ce qui s’est réalisé dans le passé ne doit pas être utilisé brutalement pour estimer l’éventail du futur.
La combo du risque qu’on peut tolérer avant de faire des bêtises et du risque que l’on peut se permettre de prendre compte tenu de nos projets/engagements à financer ↩︎
Merci, je n’avais pas compris le propos initial sur les « poches », je comprends mieux ! C’est purement psychologique et potentiellement moins efficient, mais c’est tellement plus confortable dans la gestion : on a une barrière psy à l’entrée du portefeuille qui limite le n’importe quoi par rapport a mon CTO de base.
J’ai tendance à bouger les positions sans vraiment me restreindre sur le CTO, ce qui limtie l’intérêt, même si je ne suis pas a l’abris de prendre des positions sur les gafam et les conserver plus longtemps. Je vais y réfléchir car pour l’instant rien n’est fait, merci
Pour le leverage je le prend bien comme ça : « faire de la place pour les amortisseurs », au même titre que le efficient core, ca permet de monter un peu le levier pour faire la place aux 30-40% d’amortisseurs en gardant une exposition « correcte ». Toute l’interrogation étant : cela en vaut il la peine sur une durée très long terme ?
J’y vois un avantage : accepter plus facilement un drawdown, qui avec les différentes classes d’actif devrait être plus faible. Mais aussi deux inconvénients : la complexité, et potentiellement un CAGR plus faible qu’un simple MSCI World in fine au bout des 18 ans. je crois que ça va se résumer à arbitrage personnel entre sentiment de sécurité et efficacité « sur le papier ».
Oui, il faut recâbler un bout de cerveau pour passer d’une vision ségréguée à une logique bilantielle où on agrège tout. C’est pas facile !
Historiquement, ça a été le cas. Si je devais me prononcer a priori pour le futur, je dirais que ça devrait rester vrai : les biais comportementaux et les problèmes d’agent n’ont pas disparu. Certains poussent même la thèse que les marchés sont devenus un peu moins efficients (il y a plus de dégénérés qui jouent au casino et ils communiquent plus vite entre eux), ce qui pourrait rendre les stratégies diversifiées multi-classes d’actifs plus robustes.
On sous-estime vite l’importance de limiter les drawdowns. Déjà parce que voir -50% sur un graphique, c’est plus facile que de se faire saigner d’un montant correspondant au financement de 5 ans d’études de tes loulous. Mais aussi parce qu’on a tendance à changer d’avis sur ce que l’on veut faire de sa vie. Un bon gros crash peut mettre à bas un projet de reconversion ou de changement de lieu de résidence. Le risque de séquence ne joue pas qu’au moment de la retraite !
Historiquement, à niveau de risque égal, ça n’a pas été le cas. Bien au contraire !
C’est un vrai point. Ce qui m’a convaincu de prendre l’approche de diversification dans tous les sens, c’est que je me sens plus serein à ne pas avoir d’avis fort sur ce qu’il pourrait se passer sur chaque classe d’actif à long terme. Le mécréant qui bouffe au râtelier de toutes les religions.
Parfait alors, si je peux compter sur un CAGR au moins aussi bon il n’y a alors que des avantages mis a part la complexité, que je pense gérer sans trop de souci. Restera la question de garder tout dans une seule poche. L’embettant, c’est si je veux prendre des positions sur les supports utilisés pour cet objectif, il va commencer a etre difficile de faire une différence, par exemple si je veux prendre du DBFME pour mon CTO hors projet enfants et pour le portefeuille enfants : ça devient dure de voir comment rebalancer en un coup d’oeil.
C’est ça la beauté de la chose : si tu calcules l’allocation et sa trajectoire dans le temps en fonction de tous tes flux entrant et sortants pressentis, et que tu j’ajustes en fonction des rendements réalisés, tu ne te pose pas cette question.
En ajoutant les problématiques de taxation, tu vas pouvoir aussi déterminer sur quel actif piocher lorsque tu dois décaisser, ou encore évaluer si le coût fiscal et de courtage du rééquilibrage apporte de la valeur ou s’il ne faut rééquilibrer que partiellement.
C’est de l’optimisation assez costaude. Et c’est justement ce que fait Cayas.
Je viens d’y penser : avoir deux poches différentes n’empêche en rien en fait de donner des titres de mon CTO perso si elles ont mieux performé. Du coup je ne vois pas l’avantage d’éviter la séparation ‹ par principe ›, quit a arbitrer le moment venu avec le protefeuille perso. Au final qu’on ai 1 ou 10 CTO, on peut toujours considérer qu’on a une seule poche. On peut même imaginer des transferts de liquidités entre portefeuilles si vraiment il fallait
En réalité, cela peut être utile à cause de la fiscalité française et des plus values réalisées expurgées lors d’une donation.
Prenons l’exemple où tu investis dans l’ETF A sur le CTO 1. Cet ETF a pris X %
Quelques années après, tu investi à nouveau sur l’ETF A dans un CTO 2. L’ETF prend +Y%. Celui du premier CTO également.
Au moment de la donation, tu as tout intérêt a donner l’ETF du premier CTO pour expurger le maximum de plus value.
Tu n’aurais pas pu le faire si tu avais investi tout dans un unique CTO puisque les PV sont calculées par rapport à la moyenne des prix d’achat.
Pour les mêmes raisons, il peut être intéressant de multiplier des ETF suivant les mêmes sous-jacent au sein d’un même CTO si tu ne veux pas, par exemple, déclencher la fiscalité lors d’un rebalancement.
Edit: cette stratégie n’a pas de sens sur un PEA puisque la PV est calculée en sortie.
Oui, c’est dans ma to-do d’évaluer dans quelle mesure il est pertinent de décomposer son exposition sur deux instruments qui ont peu ou prou la même exposition. La difficulté est de trouver une méthode de ventilation entre un lot « pérenne » qu’on essaie de laisser capitaliser le plus longtemps possible et qui alimente les donations/successions et un lot « tactique » qu’on exploite pour les rééquilibrages et dont on cherche à maintenir la PV latente faible grâce aux apports.
Je pourrais tester quelques approches, mais mon petit doigt me dit que a) l’effet ne sera probablement pas radical à l’échelle d’une vie et b) que l’optimisation va dépasser mes compétences dont que c’est Guillaume qui s’y collera un jour.
Pourquoi j’ai l’intuition que l’effet global ne sera pas monstrueux :
Lorsque tu vas accumuler du capital, une bonne partie des rééquilibrages sera assurée par les apports
En phase de consommation, le rééquilibrage se fait aussi en bonne partie par les flux.
Si tu as une approche pépère sur le rééquilibrage et des instruments, le turnover du portefeuille est assez faible (par exemple avec un logique par bandes de rééquilibrage qui revient à mi-chemin de la cible, ou la mécanique plus sophistiquée qu’a mise en place Guillaume dans notre algo de suggestion d’ordres).
Dans certains cas, ça pourrait même être contre-productif avec cause d’effets de seuil, par exemple si la stratégie à 2 instruments t’amène à ne pas rééquilibrer alors que celle à 1 instrument le fait et que tu te prends un krach juste après.
Mais peut-être que mon intuition est fausse et qu’il y a des gains substantiels à procéder ainsi, au moins dans certains cas. Il va falloir que je scripte deux-trois trucs pour explorer un peu ça. Je sens venir le rabbit hole.
Le problème que je crois identifier sans poser les calculs ( je vous laisse faire, vous êtes bien plus compétents que moi ) c’est qu’on est probablement très dépendant du chemin.
Ça rajoute de la complexité en multipliant les CTO et ça complexifie également le levier si on le fait via box spread parce que ça demande des sommes minimum sur chaque compte.
Si on veut réduire cette complexité en ayant un unique CTO, en choisissant un support comme un ETF world ou le sp500, je pense qu’on doit pouvoir tout de même facilement avoir plusieurs lignes « identiques » parce que les bourses européennes ont souvent le même ETF listé à 3 ou 4 endroits.