[Journal] Antoine

Bonjour à tous,

Pour mon premier post, je relance un format “journal” (initié par @Nicolas) que je trouve utile pour suivre l’évolution des réflexions dans le temps. Merci à l’équipe Cayas : projet et contenu très qualitatifs.

Je cherche vos avis sur l’évolution de mon allocation suite à l’outil “Plan de vie”.

Situation :

  • 29 ans, en couple, pas d’enfants ni projet à >5 ans

  • Locataire à Paris, pas de projet d’achat RP à moyen terme

  • Mandataire social depuis peu (15% du capital d’une petite filiale acquis l’été dernier), possible retour au statut salarié en 2026 (incertitude sur ces parts)

  • Revenu net d’impôt estimé 2026 : 50–55k€, objectif d’augmentation progressive

  • Patrimoine net : ~145k€, brut ~245k€, dont 100k€ de SCPI à crédit (printemps 2025)

  • Allocation actuelle + répartition par enveloppe fiscale :

Points clés sur mon “monétaire”

En 2025, j’ai constitué une réserve (~20%) pour renforcer progressivement actions/crypto en cas de baisse (jusqu’à 50% de baisse en action, et 62,5% de baisse en crypto). Aujourd’hui je trouve le coût d’opportunité trop élevé et je vais probablement réduire l’amplitude des baisses couvertes.

Actuellement : ~17k€ sur Livret A/LDDS + ~3k€ en stablecoins (considérés comme monétaire), plus épargne de précaution + vacances (total ~34k€).

Pourquoi je veux réallouer maintenant

Au départ : convictions écologiques fortes → ETF “Paris-Aligned” et refus du synthétique, donc montage “maison” (50% US / 30% EU / 20% EM) avec une partie sur CTO (US et EM)
Aujourd’hui : je doute de l’intérêt réel du Paris-Aligned vs ETF classique, et je suis désormais à l’aise avec le synthétique (risques mieux compris).
Je veux donc basculer du CTO vers PEA (ETF synthétiques) et corriger mon allocation de départ.

Mes questions

  1. Etablir une nouvelle allocation
    Je suis mal à l’aise avec la surexposition US d’un World et l’absence d’EM dans un ETF Monde.
    Je pense partir sur 90% ETF World + 10% ETF EM. Cohérent selon vous (allocation et choix d’ETF) ?

  2. Market timing or not market timing ?
    Je crois aux marchés efficients, d’où ma stratégie en DCA. Mais les indices sont sur des records et je dois payer la flat-tax sur mes PV CTO (≈5k€).
    Je suis tenté d’attendre une correction (10% ≈ 1,5k€ d’impôt en moins), mais le risque est d’augmenter les PV si la hausse continue. J’ai du mal à me décider, donc preneur d’un avis

  3. Et le levier ?
    Je découvre le sujet. L’outil “Plan de vie” suggère beaucoup de levier (et encore plus en incluant le crédit SCPI), et j’ai du mal à interpréter.
    Je ne sais pas si c’est le bon moment pour ajouter cette complexité (ETF à levier, actifs diversifiants), mais je suis preneur de retours.

Pour ceux qui en sont arrivés là, je suis désolé pour le pavé que vous venez de lire, mais ces informations me paraissaient importantes pour bien comprendre ma situation et me conseiller efficacement.

D’avance merci à tous ceux qui prendront la peine d’alimenter ces réflexions !

EDIT : j’ai réécris légèrement le post pour le rendre plus concis (on partait de loin)

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La répartition canonique, celle de l’indice MSCI All Country World, comporte 11% d’émergents en ce moment. Donc tu es dans la plaque ! J’ai une allocation similaire, autour de 85/15.

En gardant du cash, ça a tendance à ne pas marcher. Ni en terme de rendement[1], ni en terme de rendement ajusté du risque.

D’autres approches de market timing systématiques, surtout quand on diversifie sur plusieurs stratégies, ont été plus pertinentes historiquement. Elles ont une espérance de rendement souvent inférieure à celle des actions, mais vont généralement bien performer contre les gadins longs et profonds.

C’est le principe du Trend Following. On commence à trouver des fonds accessibles au grand public sur cette thématique.

Et il y a la bonne vieille diversification sur d’autres classes d’actifs généralement décorrélées des actions, qui a tendance à pas mal marcher elle aussi ! En tout cas mieux que de laisser traîner des quantités significatives de cash. :wink:

Tu as renseigné un profil « Téméraire », n’est-ce pas ? 25% de volatilité annualisée, c’est très très musclé. Tu es sûr de toi ? C’est le genre de décisions où il vaut mieux pécher par conservatisme puis s’apercevoir qu’on est plus tolérant au risque que ce qu’on croyait… Que le contraire.

A titre d’exemple, j’ai déjà fait un all-in patrimonial sur mon ancienne entreprise et connu des chutes de 30% après un événement de liquidité. Cela représentait plusieurs décennies de revenus salariaux : j’ai probablement été un peu désagréable à côtoyer sur ces périodes, mais c’est passé sans désinvestir. Je me classe en offensif (gamma entre 2,5 et 2), mais pas au-delà.

Le crédit des SCPI ne freine pas trop l’optimiseur car les emprunts immobilier ne sont pas exigibles n’importe comment par le prêteur. On réduit le risque perçu par l’optimiseur lorsque tes revenus estimés permettent d’absorber largement les mensualités. Cela doit jouer de manière importante dans ton cas.

Je suppose que tu n’as pas configuré d’autres projets très onéreux dans ton plan de vie, par rapport à ton patrimoine et tes revenus dans les prochaines années ? Les projets à financer sont l’une des grandes causes de dérisquage par l’optimiseur. Sans projets, on tend vers une allocation « Merton » comme celle qu’on explique dans le parcours (mais avec plusieurs actifs).

Si tu as mis des hypothèses de rendement optimistes sur les cryptos, ça peut vite monter dans les tours aussi. L’optimiseur ne cherche pas à prendre le risque maximal, il cherche un bon compromis rendement/risque tant que ça passe sous ta contrainte de volatilité.

L’équipe est en train de mettre la dernière main à une évolution de l’optimiseur qui s’appuie sur le modèle de Black-Litterman. L’optimiseur te permettra de choisir entre différents styles (par exemple, actifs traditionnels ou univers d’investissement étendu) et pourra inclure du BTC dans les portefeuilles, avec une allocation cohérente avec les marchés de capitaux. Tu pourras même exprimer tes préférences / vues pour biaiser l’allocation dans un sens où un autre.

Pour l’implémentation du levier, ce sera le sujet d’une prochaine évolution. Mais pour les cas à très forte tolérance au risque comme toi, on se retrouve vite à devoir utiliser des produits un peu exotiques. Il faudra qu’on calibre ça pour que ce soit plus simple à mettre en œuvre pour les investisseurs plus typiques (moins nerds).

Tu y vois plus clair ainsi ?

Alors, la prochaine grosse évolution concerne l’implémentation de la fiscalité et des enveloppes, justement. Tu as beaucoup de plus-values sur tes actions en CTO ? Cela peut jouer dans la stratégie optimale.

En gros, la doctrine académique sur la question est (schématiquement) que dès qu’on a des plus-values taxables significatives, on évite de rééquilibrer, quitte à laisser l’allocation s’éloigner un peu de l’optimum. En gros, une partie de l’argent qui travaille n’est pas à toi et si tu as des pertes, elles sont atténuées par la réduction de ta facture fiscale.

On rééquilibre préférentiellement avec les apport ou les retraits. Par exemple quand tu achèteras ta RP, tu pourras liquider ces actions en CTO et entre-temps tu investis sur autre chose que des actions si tu en as déjà ton quota.

@Guillaume a justement couché sur le papier un mémo quasi-papier de recherche bien bourrin où il a décrit une bonne piste pour craquer efficacement ce problème d’allocation entre enveloppes.


  1. Si on a beaucoup de cash non investi, celui-ci n’est pas en train de collecter la prime de risque des actions, donc ce serait normal que la stratégie ait un moindre rendement, même si elle offrait un bon compromis entre le rendement et le risque. ↩︎

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Merci du retour.

Une conviction personnelle qui te pousse à augmenter légèrement les EM ?

De ce que je comprends de ta réponse, tu jugeais surtout ma stratégie de “poche” de sécurité avec du cash dormant en attendant un crash. Je vais lire l’étude partagée, merci.

J’ai tout de même l’impression que ces poche de sécurité participent à une certaine forme de sérénité pour moi : “si ça crash, j’ai de quoi renflouer et profiter du crash plutôt que de le subir”. Mais je prends bonne note que la diversification sur d’autres actifs (type obligation/matières premières j’imagine) est plus intéressante, je vais bosser ça.

Lorsque j’étais en phase d’étude pour constituer mon allocation il y a 5 ans, j’avais d’abord été attiré par le All Weather de Ray Dalio, avant de le mettre de côté pour le meilleur rendement offert par du 100% actions. Avec un peu plus de somme en jeu, je vais peut-être revenir à cette base :slight_smile:

Mais mon point market timing était surtout pour avoir un avis de s’il valait mieux purger maintenant mes PV sur CTO pour basculer tout mon portefeuille vers le PEA, ou attendre une éventuelle baisse, pour avoir moins de PV, et donc décharger une part moins importante de mon portefeuille vers les impôts, au risque de voir le marché continuer à monter, comme mes PV, et comme la somme d’impôt du au titre du CTO.

Je fais le lien avec la fin de ton message ; j’ai l’impression que tu as compris que je parle de réallocation entre actifs sur différentes poches ?

Ma réflexion ici concerne vraiment le transfert CTO vers PEA, pour rester en action.

J’ai 15,5k€ de PV sur CTO, soit 4,9k d’impôts si je vends.

J’ai fait une simulation, qui sauf erreur de ma part, me montre qu’en terme de valeur nette, mon portefeuille est plus élevé dès l’année N+1 après le rééquilibrage (ce qui parait logique mathématiquement). J’en tire la conclusion de devoir faire le transfert CTO => PEA le plus tôt possible, mais je me trompe peut-être ?

Non, je m’étais basé sur la préco Cayas à 2,3 (j’ai refait tourner pour m’en assurer, j’ai le même résultat), issue de mes parties de jeu dans la leçon sur le risque . Je ne pense pas être particulièrement frileux au risque, mais je n’ai jamais vécu de vrai crash, et pas de baisse significative depuis 2022, où mon portefeuille avait une valeur beaucoup plus faible. Je suis aligné avec toi sur le côté précautionneux le temps de s’éprouver vraiment face à des évènements dimensionnants pour le patrimoine.

Effectivement je n’ai mis aucun projet dans le simulateur, mais pour les hypothèses de rendement, j’ai pris celles proposées par Cayas.

J’ai fait tourner à nouveau l’optimiseur avec 2,7 (le premier niveau de la catégorie “Equilibré”) :

Ma question actuelle est : quitte à faire évoluer le portefeuille (alloc actuelle US/EU/EM répartie sur CTO et PEA, vers World/EM à 100% sur PEA), est-ce que ce ne serait pas le bon moment pour intégrer du levier ?

Si je dois suivre la préco Cayas, pour arriver à cette allocation financière (hors SCPI, crypto et PE), je dois :

  1. investir toute l’épargne renseignée, hors épargne de précaution, soit 103ke dans mon portefeuille financier (donc liquider les poches de cash inutiles)
  2. Lever 36k€ de levier, donc mettre 36k€ dans un ETF actions x2 (ligne qui vaudrait 73k€)
  3. Acheter pour 5,6k€ d’obligations
  4. Mettre le reliquat, soit 60k€, sur ETF action sans levier

Je suis bon sur la partie théorique ?

EDIT :

Je viens de tomber sur un de tes post envoyant vers l’Investocope, qui me situe “quelque part entre les profils Défensif et Équilibré.”

J’ai refait tourner l’outil avec un gamma à 3,3

Je me dis qu’avec ma stratégie de poche de cash représentant 20% de mes actifs financiers (actions et crypto), je ne suis pas trop loin ?

La différence vient de cash/obligation. Initialement je comptais mettre ces poches en obligations, mais j’ai préféré laisser en cash sur les livrets car :

  • meilleure liquidité
  • vu les montants, pas une différence énorme en terme de rendement en € à la fin de l’année

Entre 11% et 15%, l’effet sur le portefeuille sera dans l’épaisseur de trait.

Si tu estimes les rendements futurs des actions avec des indicateurs contrariens tels que le Shiller CAPE, la valorisation moins élevée des marchés émergents (et des pays développés hors USA) laisse espérer des rendements plus élevés que les USA sur la décennie à venir. Les publications d’hypothèses de rendement des grandes maisons (Vanguard, JP Morgan, etc.) vont aussi dans ce sens.

Ce genre d’indicateurs n’a pas été un trop mauvais prédicteur dans le passé, il ne serait donc pas irrationnel de biaiser son portefeuille vers un peu plus d’émergents. Mais ça reste une forme de diversification beaucoup moins forte que d’aller voir dans les autres classes d’actifs.

C’est là la beauté d’une allocation diversifiée : avec plusieurs classes d’actifs suffisamment décorrélés, tu peux construire des portefeuilles qui ont une espérance de rendement ajustée du risque supérieur. Il est toujours possible d’augmenter le risque en ajoutant du levier ou de le réduire en remplaçant une partie de l’allocation par du cash.

L’approche du All Weather me semble incomplète, par contre. On diversifie sur le quoi (les classes d’actifs) mais on laisse de côté le comment (les styles d’investissement tels que le suivi de tendance) et on ignore le quand (si on pense que les espérances de rendement de chaque classe d’actif varient au fil du temps et qu’on peut les estimer grossièrement).

Ma position était plutôt d’attendre un peu avant de te décider, car il faut évaluer ce qui est préférable à long terme : une allocation un plus chargée en actions, mais sans payer les taxes sur les PV latentes maintenant ou aller sur l’exposition au risque optimale mais avec un capital de départ inférieur.

Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas rajouter d’actions en CTO avant d’avoir rempli le PEA et, lorsqu’il te faudra rééquilibrer des actions vers des diversifiants, bazarder d’abord les actions en CTO.

Je te suggère d’attendre qu’on sorte l’outil qui calcule les arbitrages à opérer en tenant compte de la fiscalité (deux/trois mois environ) et qu’on introduise les nouveaux styles de portefeuilles diversifiés (ça c’est pour bientôt).

Oui, c’est l’idée, une fois que tu auras bien calibré ta tolérance au risque tu pourras converger vers l’allocation qui en découle en prenant des actions x2 en PEA pour obtenir l’exposition aux classes d’actifs recherchée.

Mais cf. le paragraphe du dessus, ton contexte avec des PV en CTO mérite de creuser un peu la question. L’optimum n’est probablement pas de prendre toutes tes actions en CTO pour les mettre en PEA.

Par exemple, si les actions continuent à augmenter pendant 2 ans, tu vas vouloir rééquilibrer pour acheter des diversifiants en CTO. Si tu as du levier ne PEA, tu peux réduire l’exposition aux actions en passant sur des ETF x 1, mais ça ne te libère pas de liquidités pour acheter des diversifiants en CTO. Par contre, si tu as encore des actions en CTO, tu pourras les bazarder pour acheter ces diversifiants.

Et en cas de correction, l’impact sur ton patrimoine brut est équivalent en PEA ou CTO, mais tu « économises » plus de taxes en CTO. Tu pourrais alors vendre tes actions en CTO, transférer l’argent en PEA et racheter en PEA à une valo inférieure : la remontée serait alors taxée selon les modalités du PEA au lieu du CTO (un genre d’arbitrage fiscal !).

En première approximation ça peut le faire. C’est hérétique de garder du cash avec du levier, mais le contexte français et des questions pratiques modèrent un peu la question :

  • On ne veut pas sortir de cash du PEA avant d’être en phase de consommation, pour optimiser son avantage fiscal.
  • Les livrets n’apportent pas de diversification, mais leur espérance de rendement nette actuelle est comparable à celle des obligations.

Tu perds l’opportunité de profiter d’un krach déflationniste (style 2008), mais tu gagnes en simplicité.

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Bonjour Vincent,

Merci pour tes retours.

Je m’aligne sur ta position. Je n’ai pas énormément de temps à consacrer actuellement à ces sujets, donc si vos outils me permettent d’en gagner et d’éviter de faire des bêtises, je suis preneur.

En attendant, j’investis mon épargne à 100% sur le DCAM. Mon allocation initiale de 20% EM va se réduire progressivement pour tendre vers les 10/15%, ce qui me laisse le temps de bidouiller un Excel pour intégrer l’allocation géographique du World, et surveiller.

Je pense que j’ai un peu sous-estimé cet intérêt. Je voyais les obligations comme un actif permettant de limiter la volatilité du portefeuille, malgré un rendement faible, donc je ne trouvais pas ça aberrant d’utiliser un proxy tel que les livrets tant qu’ils n’étaient pas pleins. Mais effectivement, le scénario de 2008 montre le fort intérêt des obligations lorsqu’elles ont une corrélation négative avec les actions (ce qui n’a pas été le cas en 2022 cependant). Je dois prendre le temps de creuser ce sujet pour mieux m’éduquer et évoluer.

Par curiosité, j’ai à nouveau fait tourner l’outil ce matin, avec un gamma de 3, et le résultat me surprend :

Je vais fouiller le forum et vos posts sur les dernières nouveautés pour comprendre si j’ai mal configuré ma simulation

Hello @Antoine,

Je vais avoir besoin d’un peu plus de détails pour te répondre :grin: Je t’envoi un message privé afin que l’on puisse creuser ce cas ensemble !