Aidez-nous : le montant idéal de l'épargne de précaution

Hello Hello :waving_hand:t2:

On a besoin de vous ! :slight_smile: Nous travaillons avec Guillaume sur la notion d’épargne de précaution, et comment bien déterminer le montant nécessaire pour chacun.

TLDR :

  • Parlez-nous de vos expériences avec l’épargne de précaution : comment vous avez décidé son montant, votre parcours d’accumulation, les moments où vous avez eu besoin (pourquoi et combien), ce que vous voyez autour de vous.
  • Votre avis sur quel montant devrait avoir chacun des 6 exemples de profils ci-dessous (seuil de danger + montant optimal)

LE CADRE DE LA DISCUSSION (mais dites-nous si vous n’êtes pas d’accord)

  • L’épargne de précaution doit permettre de faire face à des imprévus négatifs. On parle pas de la trésorerie que vous aimez garder de côté (dépenses non-mensuelles, financement de projets, imprévus cool — a priori, vous ne vous mettrez pas en banqueroute pour aller voir Céline en concert).

  • On catégorise les imprévus selon si :

    • ils altèrent le discernement, c’est-à-dire le niveau de pression psychologique sous lequel les décisions doivent être prises. (Difficile pour moi de devoir gérer un rachat partiel d’assurance-vie si je viens de me casser la jambe à l’étranger)
    • ils génèrent un besoin ponctuel ou étalé dans le temps.

Ça nous aide à déterminer contre quoi on veut se protéger, donc le montant et l’endroit où garder cette poche défensive.

  • On cherche donc à déterminer un seuil de danger (en dessous duquel vous ne seriez pas capable de faire face) et le montant optimal (assez pour vous couvrir, sans que ça affecte trop significativement l’espérance de rendement du patrimoine).

LES CAS D’EXEMPLES - donnez-nous votre avis !

  1. Marc vient de se lancer à son compte. Son activité est prometteuse, mais ses revenus sont de vraies montagnes russes : certains mois sont excellents, d’autres sont à zéro. Il vit dans une grande ville où son loyer et ses charges fixes absorbent une part importante de ce qu’il gagne (18k€ de dépenses pour 25k€ de revenus annuels). Bien qu’il ait réussi à mettre 25k€ de côté, il sait que le moindre coup dur (un client qui ne paie pas, une baisse d’activité de 3 mois) pourrait mettre en péril son projet de vie. Son stress est à son maximum car il n’a aucun filet de sécurité institutionnel.

  2. Mathilde bénéficie d’une sécurité d’emploi totale et d’un salaire qui tombe chaque mois sans jamais varier. Sa gestion est rigoureuse : elle dégage une capacité de financement confortable chaque année (30k€ de dépenses pour 70k€ de revenus). Au fil de sa carrière, elle a accumulé un patrimoine financier liquide de 300k€, actuellement réparti un peu au hasard entre ses comptes et d’anciens placements. Pour elle, le risque de perte de revenus est inexistant, et ses seuls imprévus sont liés à l’entretien de sa maison ou à des envies de voyages impromptus.

  3. Thomas et Léa sont tous deux diplômés de grandes écoles. Ils dépensent 55k€ pour 65k€ de revenus et possèdent 45k€ de côté. Bien que leurs charges soient lourdes (crédit RP, crèche), ils évoluent dans un secteur en pénurie totale de main-d’œuvre. S’ils perdaient leur emploi demain, ils savent qu’ils retrouveraient un poste similaire en moins de deux mois. Leur instabilité est ‹ théorique › car leur valeur sur le marché du travail est un actif en soi.

  4. Martine va prendre sa retraite dans 18 mois. Elle gagne très bien sa vie (90k€) et dépense environ 40k€ par an. Elle a accumulé un beau patrimoine de 500k€. Son emploi est stable, mais elle sait que ses revenus vont baisser de 30% lors du passage à la retraite. De plus, elle prévoit de rénover sa future maison de campagne dès son départ. Son instabilité est nulle aujourd’hui, mais elle fait face à une transition majeure de vie et à des dépenses exceptionnelles à venir.

  5. Antoine vit en mode nomade. Ses revenus sont corrects sur l’année (35k€) mais extrêmement irréguliers, et ses dépenses sont faibles (15k€) car il change souvent de ville. Il possède 15k€ de patrimoine. Il n’a aucun loyer fixe, pas de famille à charge, mais aucune protection sociale solide. Pour lui, l’épargne de précaution, c’est avant tout sa liberté de pouvoir dire « non » à un contrat ou de s’arrêter deux mois s’il en a envie. Son instabilité est élevée par choix, mais son besoin de sécurité matérielle est faible.

  6. Sonia travaille dans le secteur de l’hôtellerie-restauration sans diplôme spécifique. Elle gagne 18k€ par an et ses dépenses vitales s’élèvent à 16k€. Elle a réussi, à force de sacrifices, à mettre 5k€ de côté. Son employeur est fragile et le secteur est connu pour sa précarité. En cas de licenciement, Sonia sait qu’elle retrouvera « un » travail, mais probablement au SMIC, ce qui ne lui permettrait plus de couvrir ses charges actuelles si elles augmentaient ne serait-ce qu’un peu (inflation, santé).

Je me permets de tagger celles et ceux qui avaient contribué à la première discussion sur l’épargne de précaution :folded_hands:t2: : @Rhist, @RogerRabbit, @vodkatypique, @Winnie, @Shonen07, @Aymeric, @bbk75, @Fabien35, @Vince2, @raphael.b

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ainsi que @Toledo_Michel, @Remy. (désolée, je ne peux tagger que 10 personnes dans un message !)

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Allez je me lance, ça inspirera d’autres !

Mon épargne de précaution: un livret A plein en général, et un LDDS dont le remplissage varie de 0 à 100% (rien que d’écrire cela montre que je pourrais baisser le seuil :slight_smile: )

A quoi cela sert ? J 'ai une certaine saisonnalité dans mes revenus : bonus en début d’année, prélèvements des impôts entre septembre et décembre car ayant un salaire qui augmente au fil des ans et le calcul des impôts étant ce qu’il est je ne pilote pas mon taux de prélèvement à la source parfaitement. D’ailleurs est-ce que faire sa déclaration de revenus est considérée comme alternant le discernement ?

Comment j’ai décidé du montant ? Et bien c’est le plafond des livrets, je ne vous fais pas un dessin mais il n’y a pas beaucoup de tableur excel derrière :slight_smile:

Dans la pratique c’est un matelas qui me permet d’être tranquille face aux aléas de la vie (machine à laver à changer, argent à avancer à un membre de la famille, vacances à réserver…). Pas certain que je me décide à lâcher cette tranquilité d’esprit et cette liberté pour quelques centaines d’euros par an !

Je ne suis donc pas certain que le montant doive être fixé par une formule mathématique pour les cas ci-dessus !

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Mon épargne de précaution : idem, un Livret A plein et un LDDS qui fluctue.

J’ai des revenus stables mais très limités, bien en dessous je pense, de la moyenne que l’on peut rencontrer sur un forum d’investisseurs. Mon profil n’est donc pas des plus sexys, mais il se rapproche sûrement de celui de nombreux Français. Même si un revenu locatif s’est ajouté il y a quelques années, mon salaire modeste me rappelle à la prudence.

Le plafond du Livret A fut presque une fierté à atteindre, en tant que jeune salarié. Il m’est donc difficile d’y toucher. Le dépôt accumulé correspond au fameux « au cas où », qui englobe des craintes qui, heureusement, ne se sont jamais concrétisées et qui ne le seront peut-être jamais (perte soudaine et totale de mes revenus par exemple), vu la protection sociale dont on peut bénéficier dans ce pays.
Le LDDS, quant à lui, reçoit les surplus de liquidités, en gardant le strict minimum sur le compte courant. Je garde 1000 euros sous le coude, en cas de besoin matériel, le reste est davantage là dans un objectif de réallocation potentielle (marché actions en baisse).
Quand je n’ai plus été éligible au LEP, cela m’a mit le pied à l’étrier, ne me voyant pas déposer ces fonds sur un support au rendement moins intéressant. Mon épargne de précaution a donc commencé à diminuer à ce moment-là.

Si ma stratégie est ainsi devenue progressivement moins défensive, je ne me vois toutefois pas restreindre encore ce matelas de sécurité. Ce-dernier reste donc au-dessus de la barre des 30k.

Mon profil étant assez éloigné des exemples cités dans le message initial, il m’est délicat de me projeter et de donner un avis clair. Malgré cela, comme je l’ai dit, même en ayant un patrimoine qui grossit, je trouve opportun de garder des liquidités sous le coude, au-delà d’un « seuil de danger » que je situerais aux alentours des 3 mois de dépenses.

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En plus des livres, il s’est mis à la chansonnette ? :face_with_peeking_eye:

Pardon, revenons à nos cayas :

Pour ma situation pro et le contexte, mon épargne de précaution se limite à 5K sur livret A, n’ayant pas de famille à entretenir, pas de voiture à réparer, pas d’appartement propriétaire, j’ai déjà développé ailleurs pourquoi je trouvais ça largement suffisant voire même trop élevé dans mon cas si je prends en compte les remboursements de santé, le chômage, ma mobilité pro assez aisée (tant que Claude nous met pas tous au chômage longue durée) et ma capacité d’épargne plutôt large par rapport à mes dépenses incompressibles.
Donc plutôt parmi les « moins disant » sur cette poche, a priori.

L’accumulation a été un lumpsum (suite à une indemnité bien dodue dans un emploi). Encore jamais eu besoin de taper dedans pour le moment (et comme je dis, ça ne me surprend pas)

Pour les questions :

Note : il n’est pas mention de véhicule, mais il faut ajouter l’équivalent d’un coût de réparation/remplacement temporaire sur ce sujet si pertinent à chaque situation. Disons quelques petits milliers d’euros.

1 - Projet de vie, début d’activité, il vaut mieux jouer la sécurité. Entre 8 et 12 mois de dépenses incompressibles, ça me semble être ce que je viserais à titre personnel si j’abandonnais le salariat. Passé ce délai il y a probablement quelque chose à retravailler au projet, et le retour dans le circuit « normal » s’impose (chômage, salariat temporaire etc), au moins pour se refaire la cerise, mieux repartir plus tard et mieux mûrir le projet

2 - minimal. Donc l’équivalent d’une petite pétouille sur son logement dans ce cas-là. La large capacité d’épargne fait qu’il suffit de « rediriger » de l’épargne vers un besoin ponctuel, donc j’ai envie de tendre vers 0

3 - Par rapport au cas précédent, la différence réside surtout sur la capacité d’épargne plus limitée et la présence d’un enfant. Les gros besoins à anticiper en urgence me semblent encore être la pétouille logement, et l’enfant. N’étant pas propriétaire, je ne saurais dire, probablement entre 0 et 10k si logement un peu ancien (un souci de toiture, ça peut chiffrer sec de ce que j’ai compris).
Je tendrais vers ça. On ajoute aussi de quoi encaisser les imprévus liés à l’enfant (qui vaut forcément un rein), et 15K ne me semble pas aberrant au total.

4 - des revenus qui vont baisser, mais avec toujours une capacité d’épargne annuelle de plus de 20K, pas vraiment le feu au portefeuille a priori. Elle n’a pas de besoin d’urgence, mais un projet. Dans l’idéal l’allocation aurait donc dû être dimensionnée pour cette échéance, ça ne relève pas de l’épargne de précaution pour moi. Si rien n’a été anticipé, mettre de côté le surplus (75K d’ici 18 mois) pour la rénovation si nécessaire. C’est une maison de campagne, rien ne presse, le projet n’a pas à être financé en one shot, le reste pourra parfaitement se financer au long cours sur quelques années (ou plus vite si voulu en tapant dans les placements, on paie ici le manque d’anticipation si le marché se retourne à ce moment-là)

5 - 6 mois de vie pour ce monsieur, qui n’a aucune stabilité, et dont la sécurité est nécessaire pour rester serein dans ses négociations de contrat pro pour ne pas avoir le couteau sous la gorge.

6 - Sonia doit anticiper l’inflation, et les possibles avances pour la santé (plus que leur coût, essentiellement couvert en France). C’est aussi un métier qui peut être saisonnier si on n’est pas mobile, donc je prends large et au lieu de 3 mois je compte 6 (le temps de retomber sur la saison suivante où le travail sera probablement plus un sujet).

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1. Parlez-nous de vos expériences avec l’épargne de précaution : comment vous avez décidé son montant, votre parcours d’accumulation, les moments où vous avez eu besoin (pourquoi et combien), ce que vous voyez autour de vous :

20k€ sur livrets réglementés pour une famille de 3 (couple dans la vingtaine + 1 enfant en bas âge), dont 2 salariés (1 cadre dans l’IT et 1 employé dans la santé). Cela représente environ un an de dépenses en se serrant un peu la ceinture. Avant la naissance de notre enfant, j’estimais maximum maximum 10k€ notre épargne de sécurité pour remplir le PEA le plus tôt possible (éviter le coût d’opportunité). La naissance de cet enfant m’a rendu plus « sage ».

Aujourd’hui, cette pile de cash représente environ la moitié de notre patrimoine… Ce qui n’a pas vraiment de sens financièrement parlant de garder autant de cash, puisque nous avons essentiellement du LWLD en PEA (WORLD x2)…

Je ne pense pas trop augmenter cette épargne de sécurité, voire peut-être la réduire. Mon raisonnement est en cas de pépin de la vie (rupture co ou licenciement, décès, problème de santé, etc.), on est quand même fortement couverts : bonnes mutuelles et prévoyances avec nos travails respectifs, Code du travail ultra protecteur du salarié français, chômage et sécurité sociale, aide de la famille, etc.

J’ai eu besoin de cette réserve de cash pour rachat d’une voiture (4k€) et plusieurs problèmes techniques malchanceux avec cette même voiture qui a plus de 20 ans (2,5k€ en un an en entretien/réparations).

Dans un futur plutôt lointain (crise de la quarantaine), j’envisage de me mettre à mon compte et ma femme de se mettre en santé libérale. Nous envisageons d’avoir plus d’enfants dans les prochaines années et notre maison dans une quinzaine d’années en fonction des circonstances. Il sera probablement plus opportun de garder davantage de cash (LA+LDDS remplis a minima pour épargne de sécurité ?).

Autour de moi, amis et famille se cantonnent aux livrets réglementés, fonds euros en AV, produits opaques (SCPI, produits structurés, OPCVM étranges, etc.) et RP. Généralement, j 'ai remarqué que les amis autour de mon âge (20-35), lors de leur achat de RP, se retrouvaient souvent à quasiment 0 en cash. Ce que je trouve un peu dangereux… (achat de meubles, pépins dans la maison, etc.) Je ne crois pas que mes proches évaluent réellement leur épargne de sécurité. D’où l’intérêt de votre potentiel outil sur la question !

2. Votre avis sur quel montant devrait avoir chacun des 6 exemples de profils ci-dessous (seuil de danger + montant optimal) :

Je trouve très dur de calculer et rationaliser l’épargne de précaution qui est souvent lié au psychologique de l’individu et/ou du ménage/de la famille et à de nombreux facteurs internes et externes.

J’ai hâte de voir le résultat de votre étude ! Mon côté rat ne m’a pas encore fait passer sur la version payante de Cayas, mais qui sait ? Votre projet est super intéressant, pertinent et je le recommande autour de moi.

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