60/40 obsolète ou simple changement de régime ? Obligations encore défensives en 2026?

Bonjour la commu,

Que pensez-vous de la dernière vidéo de Grand Angle (https://www.youtube.com/watch?v=vLwx1t7UjBY), dans laquelle il avance que la théorie moderne du portefeuille de Markowitz — et en particulier le classique portefeuille 60/40 avec obligations comme poche défensive — serait désormais obsolète ?

J’ai l’impression que beaucoup de backtests favorables au 60/40 reposent sur les 40 à 50 dernières années, dans un contexte très spécifique de baisse tendancielle des taux. Forcément, cela a largement soutenu la performance obligataire et son rôle d’amortisseur.

Aujourd’hui, j’ai plus de mal à considérer comme “sécurisant” le fait d’avoir une part importante du patrimoine en obligations offrant 2 à 4 % de rendement nominal, avec :

  • un coupon qui peut être grignoté par l’inflation,

  • un risque de perte en capital en cas de remontée des taux,

  • et potentiellement moins de marge structurelle pour une nouvelle grande baisse des taux qu’auparavant.

Je me demande donc si le cadre historique utilisé pour justifier le 60/40 reste pertinent pour les décennies à venir.

En parallèle, il me semble que la philosophie Cayas repose plutôt sur l’idée qu’on ne connaît pas le futur, mais qu’on peut construire un portefeuille robuste inspiré des grands régimes passés, même si les 50 prochaines années ne ressembleront pas exactement aux 50 dernières. D’où l’intérêt accordé à l’or ou à certaines stratégies alternatives décorrélées.

Curieux d’avoir vos avis : le 60/40 est-il réellement dépassé, ou simplement moins “évident” qu’avant ?

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Sur ce sujet je recommande ce papier très récent (avril 2026) par AQR qui évoque précisément ce sujet avec un titre sans equivoque quant à leurs conclusions.

A Positive Stock-Bond Correlation Is a Terrible Reason to Add More Equity Risk to Your Portfolio

April 8, 2026 - Cliff AsnessDaniel VillalonAntti Ilmanen

traduction de la conclusion

Cet article ne porte pas sur l’attrait individuel de chacune de ces classes d’actifs. Nous soutenons plutôt que les investisseurs qui estiment que les obligations sont désavantagées par la corrélation devraient exiger une diversification importante pour le prochain actif qu’ils intègrent à leur portefeuille. De plus, trois des alternatives les plus souvent suggérées, défendues par des partisans qui affirment que « les obligations ne diversifient plus », présentent chacune un risque actions bien supérieur à celui des obligations. Ces partisans devraient vraiment cesser de tenir ce discours fallacieux. Mais ils ne le feront pas.

Précisons que nous apprécions généralement les obligations au sein d’un portefeuille global, même en période de corrélations plus élevées.18, 19

Rares sont les autres placements qui affichent une performance aussi constante en période de récession et de ralentissement de la croissance. Mais si vous souhaitez vendre des obligations et améliorer la diversification de votre portefeuille, les principaux candidats devraient être des placements qui diversifient le risque lié aux actions (et idéalement aussi aux obligations, bien que ce soit beaucoup moins important car, encore une fois, les obligations n’ont pas autant d’impact sur les portefeuilles traditionnels que les actions).

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Merci pour cet article. Je viens de découvrir la distinction entre le bêta actions et la corrélation, cette dernière étant souvent surutilisée. Cela dit, AQR commercialise aussi ses propres solutions, donc de leur point de vue non plus, personne n’est vraiment neutre.

Honnêtement, je n’ai pas d’avis très fort sur les hypothèses de corrélation future entre les classes d’actifs. Constater que sur les quelques dernières années les corrélations entre les actions et les souveraines ont été plus élevées qu’à d’autres moments du passé (pas toutes, cf. stagflation post 1965) ne me donne pas de certitude sur le fait que ce sera encore le cas pendant les 10, 20, 30 ans à venir.

En outre, l’algorithme Cayas ne s’appuie que partiellement sur les données historiques et utilise des méthodes qui le rendent plus robuste aux erreurs d’estimation qu’une optimisation de Markowitz classique.

Tu peux aussi modifier ces paramètres (espérance de rendement, volatilité, degré de confiance dans ton estimation par rapport à la vision du marché) pour mieux refléter tes hypothèses. Pour le moment, la matrice de corrélations n’est pas modifiable par l’utilisateur, mais c’est dans nos projets.

Ceci dit, je suis plutôt en phase avec le papier d’AQR : les obligations ne sont pas sexy, cela ne les rend pas inutiles et certains actifs alternatifs me semblent avoir le potentiel d’améliorer le rendement/risque du portefeuille. Il ne faut pas oublier que tu peux aussi combiner un portefeuille diversifié et du levier si le niveau de risque du portefeuille sans levier est inférieur à ce qui est acceptable dans ta situation !

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Je n’ai pas regardé la vidéo de Grand angle, j’ai de sérieux doutes sur le sérieux des auteurs. Bon et maintenant, je vais devoir ajouter une autre phrase qui m’ennuie vraiment : j’ai aussi de sérieux doutes quant à la présentation qui est faite ici par AQR. Je trouve cette présentation, au minimum, très orientée méthodologiquement.

Pour une première raison :

Il semble avoir utilisé les indices IEF et SP500 pour calculer des estimateurs empiriques de la corrélation des rendements mensuels sur les 5 dernières années, je reproduis ce graphique qui semble vraiment similaire au leur, hormis quelques années d’historique qu’il me manque :

Mais alors les questions suivantes se posent :

  1. Pourquoi utiliser des rendements mensuels ?
  2. Pourquoi estimer la corrélation sur les 5 dernières années ?
  3. Pourquoi ne montrer cette corrélation que sur les 25 dernières années ?

Du coup j’ai un peu malmené quelques données :

Pour répondre à 1, on peut regarder par exemple l’estimateur de la corrélation sur les rendements hebdomadaires sur les 5 dernières années :

Ce graphique raconte déjà une histoire très différente, la corrélation n’est plus « que » de 0.1 sur ce graphique. Ensuite, pour répondre à 2), on pourrait regarder différentes périodes, par exemple 1 an, mais sur les rendements mensuels :

Idem, on raconte encore une histoire très différente, depuis ~2025, la corrélation stocks/bonds est revenue grosso modo à des valeurs que l’on retrouve historiquement.

Ensuite pour répondre à 3, on va faire un petit modèle qui explique cette corrélation en fonction de variables macroéconomiques. L’idée n’est pas de prédire la corrélation au mois le mois, ce serait beaucoup trop bruité, mais plutôt d’expliquer la corrélation rolling 5 ans par des variables de régime calculées elles aussi sur 5 ans.

Pour remonter avant 2000, on ne peut plus utiliser directement IEF, puisque l’ETF n’a pas assez d’historique. J’utilise donc un proxy longue période : S&P 500 côté actions, et côté obligations un rendement total approximatif d’un Treasury 10 ans construit à partir du taux 10 ans FRED (GS10). L’idée est simple : rendement obligataire ≈ portage du taux 10 ans + effet prix lié aux variations de taux, avec une duration constante. Ce n’est évidemment pas aussi propre qu’un indice total return Bloomberg, mais cela permet au moins de tester l’intuition sur plusieurs régimes macro, depuis les années 1950.

Pour vérifier que ce proxy obligataire ne raconte pas n’importe quoi, on peut le comparer à IEF sur la période où IEF existe. Sur l’échantillon commun août 2002 - mars 2026, on obtient :

Comparaison proxy obligataire vs IEF Valeur
Corrélation mensuelle 0.72
Volatilité annualisée IEF 6.7\%
Volatilité annualisée proxy 5.6\%
Rendement annualisé IEF 3.5\%
Rendement annualisé proxy 3.2\%

Donc le proxy n’est pas parfait, mais il semble tout de même correct sur la période considérée, et satisfaisant pour l’exercice que l’on cherche à faire.

Le modèle estimé est donc :

\rho^{5Y}_{stock,bond,t} = \alpha + \beta_1 \pi^{5Y}_t + \beta_2 \sigma(\pi)^{5Y}_t + \beta_3 r^{real,5Y}_{10Y,t} + \beta_4 \sigma(\Delta y_{10Y})^{5Y}_t + \beta_5 slope^{5Y}_t + \beta_6 X^{5Y}_t + \varepsilon_t

Avec :

  • \rho^{5Y}_{stock,bond,t} : corrélation des rendements mensuels actions/obligations sur les 60 derniers mois
  • \pi^{5Y}_t : inflation moyenne sur 5 ans
  • \sigma(\pi)^{5Y}_t : volatilité de l’inflation sur 5 ans
  • r^{real,5Y}_{10Y,t} : taux réel 10 ans moyen sur 5 ans
  • \sigma(\Delta y_{10Y})^{5Y}_t : volatilité des variations de taux 10 ans
  • slope^{5Y}_t : pente de courbe moyenne, ici 10 ans moins Fed Funds
  • X^{5Y}_t : variables de cycle, croissance industrielle, chômage, part des mois en récession

Les variables explicatives sont standardisées et retardées d’un mois. Les erreurs standards sont corrigées en HAC/Newey-West, car une corrélation rolling est mécaniquement très autocorrélée.

On obtient les résultats suivants :

En bleu, la corrélation historique des rendements mensuels sur des fenêtres de 5 ans. Déjà, on remarque la manipulation consistant à ne montrer que la période 2000 - aujourd’hui, pour suggérer qu’une corrélation positive serait quelque chose d’exceptionnel. Or, historiquement, ce n’est pas le cas. Et surtout, cela néglige complètement la relation entre inflation, régime de taux et corrélation stocks/bonds.

Le modèle obtenu sur la période 1959-2026 donne un R^2 d’environ 0.68. Il faut être prudent avec ce chiffre, car la variable expliquée est une corrélation rolling, donc très persistante. Mais économiquement, les signes sont intéressants :

Variable Coef. t-stat Lecture
Inflation moyenne 5 ans 0.237 7.89 Plus l’inflation moyenne est élevée, plus la corrélation stocks/bonds tend à être positive.
Volatilité de l’inflation 5 ans 0.093 2.15 Une inflation instable est associée à une corrélation plus positive.
Taux réel 10 ans moyen 0.221 6.33 Les régimes de taux réels élevés sont associés à une corrélation plus élevée.
Volatilité du taux 10 ans -0.216 -5.41 Effet négatif conditionnel aux autres variables, probablement parce que cette variable capture aussi des épisodes de stress/détente monétaire où les obligations jouent leur rôle défensif.
Pente de courbe moyenne -0.087 -2.53 Une courbe plus pentue est associée à une corrélation plus basse.
Part des mois en récession -0.075 -1.79 Les épisodes récessionnistes tendent à restaurer le rôle défensif des obligations.

Une façon simple de lire le modèle est la suivante, toutes choses égales par ailleurs : avec les autres variables maintenues à leur niveau moyen historique, une inflation moyenne 5 ans de 2\% implique une corrélation estimée autour de -0.07, une inflation de 4\% implique une corrélation autour de 0.14, et une inflation de 6\% implique une corrélation autour de 0.35.

On retrouve la même intuition directement dans les données observées. Quand on classe les périodes par quartiles d’inflation moyenne 5 ans :

Régime d’inflation moyenne 5 ans Corrélation rolling moyenne observée
Inflation très basse, environ 1.2\%-2.0\% -0.14
Inflation basse/modérée, environ 2.0\%-2.9\% -0.04
Inflation moyenne/haute, environ 2.9\%-4.4\% 0.25
Inflation élevée, environ 4.4\%-9.9\% 0.35

Donc le point important n’est pas seulement que la corrélation serait “redevenue positive” récemment. Le point important est qu’elle devient plutôt positive dans certains régimes macroéconomiques, notamment quand l’inflation est élevée ou instable. En montrant seulement une corrélation rolling mensuelle sur 5 ans depuis 2000, on raconte une histoire beaucoup trop simpliste.

La limite de l’exercice est claire : le proxy obligataire est reconstruit, la duration est supposée constante, il ne réplique pas parfaitement IEF sur la période commune, et le modèle utilise une corrélation rolling très persistante. Mais même avec ces réserves, l’exercice suffit à montrer qu’une conclusion forte tirée d’un unique graphique 5 ans mensuel depuis 2000 est très fragile.

Donc, conclure que la corrélation stocks/bonds serait durablement autour de 0.5 revient implicitement à faire un pari macroéconomique assez fort : celui d’un régime d’inflation durablement élevée et/ou instable, dans lequel les banques centrales échoueraient largement à ramener l’inflation vers leur cible de 2\%. C’est possible, bien sûr. Mais dans ce cas, la question principale n’est peut-être plus seulement de savoir si la diversification stocks/bonds fonctionne encore, elle devient plutôt : quels actifs faut-il ajouter pour se protéger d’un régime inflationniste persistant ? Commodities, or, obligations indexées sur l’inflation, actifs réels, etc.

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J’adore quand @Guillaume nous dit en passant en réunion d’équipe : « Ah oui, et puis j’ai répondu un truc sur le forum ce matin. »

La tête du « truc » : oh, juste une petite modélisation macroéconomique multivariable, c’est tout :grin:

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Je crains que mon petit niveau scolaire ne me permette pas de suivre bcp d’explications techniques…et mon souhait d’apprendre à organiser mon "capital retraite » 60/40 en devient trop compliqué :joy:

J’ai pas tout compris non plus, mais j’ai mis une :light_bulb:pour faire croire que je suis vraiment bon :joy:

Il faudra que je relise…

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Je vais essayer de faire un petit résumé de quelques lignes sur mon sentiment sur le poste de blog d’AQR :

Je ne pense pas que le papier AQR soit faux, mais je trouve qu’il pousse un peu trop vite vers sa conclusion. L’idée du papier est simple : si les obligations ne protègent plus vraiment quand les actions baissent, alors autant les remplacer par de “vrais” diversifiants, comme les managed futures. Le problème, c’est que le “si” est énorme. AQR suppose en pratique que la corrélation entre actions et obligations restera élevée, autour de 0.5. Mais cette idée vient surtout d’un graphique calculé d’une certaine manière : rendements mensuels, période de 5 ans, historique montré seulement depuis 2000.

Si on change un peu la méthode ou si on regarde plus loin dans le passé, l’histoire devient beaucoup moins évidente. Une corrélation actions/obligations positive n’est pas forcément anormale : elle arrive surtout dans des périodes où l’inflation est forte ou instable. Donc la vraie question n’est pas seulement “est-ce que les obligations diversifient encore ?”, mais plutôt “est-ce qu’on pense vraiment entrer durablement dans un régime d’inflation plus élevée ou plus instable ?”. Si oui, les solutions proposées par AQR peuvent très bien marcher. Mais si non, leur conclusion devient vraiment discutable.

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À la décharge d’AQR, ils ne disent pas d’abandonner les obligations. Ils militent pour ne pas les remplacer par des actifs qui diversifient assez peu les actions (et de privilégier leur came à la place :wink:).

Oh, and don’t get us wrong: we generally like bonds as part of an overall portfolio, even with recently higher correlations. There’s little else out there that performs as consistently-well during recessions and related environments of falling growth. But if you want to sell bonds and improve the diversification of your portfolio, the leading candidates should be things that are diversifying to equity risk (and ideally to bonds)…

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@Guillaume je pense que ton post n’est pas le reflet de ce qui est dit dans le papier d’AQR. Comme toi il est dit que la correlation positive actions/obligation depuis 2022 n’est pas une bonne représentation de la corrélation historique entre les 2 et le papier en donne la preuve avec ce commentaire
« The current environment is indeed different from the past in many ways. But the assertion that a positive stock-bond correlation means investor portfolios are now facing a diversification problem is incomplete: they are now, and always have been, facing a diversification problem. »
et ce grapique qui est raccord avec ta démonstration.

titre du graphique (assez explicite)
Same as It Ever Was (en d’autres termes: rien de changé)
60/40 Correlation to Stocks, 1/1/2000 – 2/28/2026 (Five-Year Rolling)


En conséquence AQR stipule qu’ abandonner la diversification action/obligation sur le seul constat d’une corrélation positive récente est une erreur. Par contre ils recommandent avec raison de chercher de la diversification additionnelle (en phase avec l’approche Cayas :grinning_face: :grinning_face:) mais quen aucun cas cette diversification additionnelle devrait s’appuyer sur les classes d’asset Private Equity, Bitcoin, Buffers (aka small loss for huge gains, assurance contre crash) mais sur les managed futures (trend) et des fonds market neutral (beta proche de zero) (là encore une approche recommandée par Cayas) :grinning_face:

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C’est vrai qu’ils sont un peu plus mesurés que je ne le laisse entendre, mea culpa, et qui plus est sur ce point de leur article :

the future sign of this correlation remains uncertain. If inflation expectations stabilize again, we’d expect a return to a negative correlation. That said, it’s possible that the recent oil shock and the challenges to Fed independence may de-anchor inflation expectations, keeping this correlation positive a while longer.

Qui en fait est exactement la conclusion de mon commentaire, mais il me semble vraiment dommage de le mettre en note de bas de page.

Et il n’en reste pas moins vrai qu’il est présenté partout une corrélation de 0,5[1] (dans le texte et les tableaux) laissant penser qu’on serait entré dans un nouveau monde très différent de celui des années 2000-2020, sans jamais apporter deux nuances absolument cruciales je crois :

  • Ce coefficient de 0,5 est un estimateur basé sur les 5 dernières années des rendements mensuels : c’est un choix très arbitraire. Si je considère une corrélation sur l’année passée sur les rendements mensuels, j’obtiens une corrélation très faible. Pourquoi ne pas utiliser celle-ci dans les tableaux ?[2]
  • La corrélation actions-obligations a été très souvent positive avant les années 2000. C’est encore un parti pris de présentation de leur part[3].

C’est cette présentation qui m’a semblé biaisée qui m’a un peu énervé, je dois le reconnaître. Ceci étant dit, je suis évidemment globalement d’accord sur les conclusions d’AQR, mais leur présentation du problème me semble tout de même très biaisée :slight_smile:


  1. Et qui correspond à un pari sur la persistance de l’inflation de 2022 (inflation déjà plutôt derrière nous aux derniers chiffres d’ailleurs) je le souligne encore ↩︎

  2. bien sûr, je n’accorderais pas une grande confiance à un estimateur qui est calculé uniquement sur 12 points, mais encore moins en un estimateur qui mélange des conditions macro-économique si différentes, d’où le fait qu’il me semble beaucoup plus sérieux de calculer des relations conditionnelles aux conditions macro-économiques. ↩︎

  3. Encore qu’ils disent aussi dans une note de bas de page que c’est le cas. Pourquoi ne pas le présenter ? Je ne veux pas leur prêter d’intention malveillante, mais j’ai eu le sentiment qu’ils me prenaient pour un jambon de 3 semaines pour me vendre leur fond Trend/market neutral dans leur article ↩︎

Je me suis arrêtée au 1e paragraphe :joy:, j’ai explosé assez vite :melting_face:, mais c’est pas grave, j’aurais essayé !

D’ailleurs comment mets-on des emojis

17777284666165035683840325351865, ou autres

Je suis nulle, je n’arrive à mettre que des coeurs :face_with_peeking_eye::grin:

Salut Nathalie

Si tu gardes ton doigt appuyé sur le petit cœur, plusieurs options de réaction apparaissent…

Bon après-midi

Remy

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Et voilà ! Merci beaucoup :blush:

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Bonjour,

Richard Detente de Grand Angle ne fait souvent que repeter les propos de son « maitre » Charles Gave. Donc autant aller a la source directement. Et c’est la que ca devient interessant, la theorie qu’il expose dans son livre « cessez de vous faire avoir » stipule qu’il faut alterner dans son portefeuille entre une position obligataire (regime deflationniste) et une position en Or (regime inflationniste). En theorie, il ne sert a rien d’avoir a la fois de l’or et des obligations, c’est soit l’un soit l’autre. Et pour determiner si nous sommes dans un regime inflationniste ou deflationniste, on utilise pas de donnees officielles sur l’inflation. On utilise plutot le rapport entre « Or / rendement d une obligation a 10 ans du pays concerne ». Si nous sommes au dessus de la moyenne mobile a 7 ans de ce ratio, alors nous sommes en regime inflationniste et il faut detenir de l’or et pas d’obligations. Si nous sommes en dessous alors c’est l’inverse, il faut detenir des obligations. Actuellement l’or fait beaucoup mieux que les obligations depuis un certain temps maintenant, il est donc opportun de remplacer les obligations dans son portefeuille par de l’or (dans les memes proportions).

Dans ses vidéos, Charles Gave évoque également le portefeuille permanent de Harry Browne, qui permettrait de performer dans une économie se trouvant toujours dans l’un des quatre états suivants : prospérité, déflation, inflation ou récession/crise. Selon lui, un portefeuille permanent serait plus résilient avec la composition suivante : 25 % d’actions (prospérité), 25 % d’obligations (déflation), 25 % d’or (inflation) et 25 % de liquidités (récession/crise).

Oui mais dans la partie amelioree de ce portefeuille il exclu justement l’or ou les obligations suivant si l’on se trouve en periode inflationniste ou pas pour passer sur un portefeuille 1/3 1/3 1/3.

Un long poste…
Je suis toujours dubitatif sur le raisonement de faire des allocations statiques en face d 'un environement macro dynamique. Ca semble véritablement sub optimal. Pourquoi ne pas aller plus loin et déterminer une allocation dynamique en fonction du régime macro. Reste à savoir comment déterminer dans quel régime on est au temps t. des tonnes de papier sur ce sujet évidemment. Sans me casser a tete j’ai soumis l’idée à Cursor (mon éditeur Python préféré). Tout ce qui va suivre est volontairement simplifié mais ça donne déjà une bonne base de travail pour des optimisations futures.
J’ai laissé le choix à l’AI de déterminer les indicateurs macro pour identifié le régime. La sélection dans la base de données FRED, https://fred.stlouisfed.org/
Long-history monthly indicators from FRED (core set).
FRED_SERIES = {
« INDPRO »: « Industrial Production Index »,
« UNRATE »: « Unemployment Rate »,
« CPIAUCSL »: « CPI All Urban Consumers »,
PMI_SERIES_CANDIDATES = [
(« NAPM », « ism_pmi »), # ISM Manufacturing PMI (level ~50 = neutral)
(« CFNAIMA3 », « cfnai_3m »), # Chicago Fed 3-month MA CFNAI (~0 = trend growth)

Il ya ensuite choisi 4 EFTs correspondant à chacun des régimes
REGIME_ASSET_MAP = {
« growth_inflation »: « XLE », # Energy equities
« growth_deflation »: « QQQ », # Growth equities
« recession_inflation »: « GLD », # Gold
« recession_deflation »: « TLT », # Long-duration Treasuries
}

Comme déjà indiqué je n’ai pas intérrogé la pertinence de ces 2 choix.
Ma seule directive a été d’opter pour une rotation mensuelle et une allocation 100% pour l’asset représentant le régime pour un mois donné.
Le backtest commence le 31/12/2004. Les résultats sont comparés à une stratégie Buy and Hold SP500. Performance clairement en faveur de cette allocation dynamique basée sur la détection des régimes macro

end cagr ann_return ann_vol ann_downside_vol sharpe sortino calmar skew kurtosis max_period_ret min_period_ret max_drawdown
2026-03-31 0.16 0.17 0.20 0.11 0.83 1.45 0.56 0.28 2.45 0.26 -0.18 -0.28
2026-03-31 0.10 0.11 0.15 0.10 0.74 1.13 0.20 -0.53 1.19 0.13 -0.16 -0.51

en terme de pct du tempas passé dans un régime spécifique ça donne

regime months pct_of_months
growth_inflation 133 20
growth_deflation 242 36.39
recession_inflation 138 20.75
recession_deflation 152 22.86

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Sans vouloir jouer sur le sens des mots, il me semble que même si la structure d’allocation est statique, son fonctionnement interne est dynamique, car il s’accompagne d’une stratégie de rééquilibrage des actifs.