Une suggestion pour améliorer Cayas ? 💡

Hello @ChewieBeardy,

Merci d’avoir partagé ce ressenti, très intéressant à lire, et qui donne à réfléchir.

Tu touches en réalité à la grrrrande question de la vulgarisation[1] ! Jusqu’où simplifier un sujet complexe pour le rendre accessible ? Comment le rendre attrayant pour quelqu’un dont ce n’est pas le dada, alors même qu’il peut avoir une influence décisive sur sa vie ?

Le tout début du parcours a été écrit spécialement pour la personne qui pense « la finance, c’est pas pour moi ». Le but : que ce soit simple, un peu fun, et qu’elle se dise « Ah OK, en fait je peux suivre ». Ensuite, on monte progressivement en complexité. Ma règle, c’est que le lecteur ne doit jamais tomber sur un mot qu’on ne lui a pas expliqué avant. Tout doit donc être amené petit à petit, mais saaaaans devenir boring, et sans jamais perdre son attention.

Du coup oui, on commence avec les angles les plus accrocheurs, d’oĂą ton impression qu’on « appâte le chaland Â». Sauf qu’on ne l’appâte pas pour lui vendre un truc dont il n’a pas besoin, mais pour lui donner, gratuitement, des connaissances dont il a besoin. C’est subtilement diffĂ©rent :slight_smile:

Là où tu as raison, c’est que ce choix a des conséquences : tout texte de vulgarisation est un arbitrage sur le public à qui on parle. Le bougon sceptique, lui, a de la ressource : il creuse, il vérifie, il vient donner son avis sur le forum (salut :grin:). La personne qui se croit « pas faite pour ça » ferme la page dès le premier paragraphe qui contient une note de bas de page et on la perd. On a donc écrit le premier chapitre d’abord pour elle, tout en essayant quand même de ne pas faire fuir les amateurs de références solides. Équilibre subtil à trouver.

Et si le bougon sceptique arrive au chapitre 2 en se disant « Ok, c’est sérieux », c’est finalement qu’on a peut-être réussi notre coup :wink:

Je dirais que c’est assez normal : les arnaques copient ce qui inspire confiance, c’est tout leur principe. Le faux article du Figaro dont tu parles copie un vrai journal, une vraie émission de télé, et une vraie journaliste. Mais a priori, on n’en conclut pas que Cash Investigation a une structure d’arnaque.

Le bon test pour repérer une arnaque, ce n’est pas la forme, c’est le fond : qu’est-ce qu’on te promet, et qu’est-ce qu’on te demande ?

Les arnaques partent presque toujours d’un constat vrai. Personne ne t’a appris à gérer ton argent : c’est vrai. Les frais grignotent ton patrimoine, et les banques et conseillers financiers n’ont aucun intérêt à ce que tu t’en rendes compte : c’est vrai aussi.

Un constat vrai, c’est le meilleur des appâts. C’est sur la solution que les arnaques mentent ensuite et que ça merdoie sérieusement : un gain rapide, facile, garanti. Le bon vieux « Je vous livre ma méthode secrète pour gagner 3 000 € par mois en 20 minutes par jour, sans risque. » Ton faux article du faux Figaro, je suis allée voir ce qu’il promettait par curiosité : eh bien tout simplement un rendement de 1 800 % par mois. Poin poin poin poin :musical_notes:

Ce que tu as reconnu dans notre chapitre 1, c’est le constat, la partie vraie.

Mais notre solution à nous, c’est : diversifier, réduire ses frais, accepter que le rendement se paie en risque, doser ce risque selon l’échéance de ses projets, et être patient. Notre grande révélation, c’est qu’il n’y a pas de secret : juste un socle de connaissances indispensables, et quelques biais psychologiques costauds à repérer pour les désamorcer. Niveau appât, on a vu plus frétillant. Et même notre fameux « investissement le plus rentable de votre vie », c’est… apprendre à investir. De la connaissance gratuite :grin:[2]

Bref : une arnaque a besoin de ta confiance aveugle. Nos leçons, elles, sont construites justement pour que tu ne donnes plus jamais ta confiance aveugle en t’apprenant à vérifier : combien ça coûte, qui paie qui, quel risque pour quel rendement…

Et pour finir, tes 2 suggestions :

Ça, c’est à double tranchant, et on retombe sur la question du public. Une référence académique rassure certains lecteurs, mais d’expérience, elle en fait fuir beaucoup d’autres, qui se disent « Ouh là… pas pour moi, ça » (variante : « Ouh là… flemme »).

Or on ne veut pas nourrir cette impression que la finance serait réservée à une élite, qu’il faudrait un bac+8 pour comprendre. Le risque, c’est que toute une catégorie de personnes continue de s’exclure d’elle-même. D’où le dosage : au début, on dit d’où vient la connaissance (des prix Nobel ont planché dessus, on reprend leurs travaux en plus digeste et saupoudrés d’un peu de blagues de capybaras), puis, comme tu l’as vu, les noms et les références arrivent au fil du parcours.

Mais je note quand mĂŞme ta remarque, on peut peut-ĂŞtre faire mieux sur ce point.

Alors… définissons « dangereux » :

  • Si c’est dĂ©goĂ»ter les gens complètement de s’occuper de leur argent, je te rejoins. Ne rien faire, c’est effectivement un coĂ»t d’opportunitĂ© Ă©norme sur une vie. D’où… tout ce qu’on fait chez Cayas.

  • Si c’est les Ă©loigner des conseillers, lĂ , je te suis moins. Va faire un tour sur ce fil si tu ne l’as pas vu, compte les gens qui auraient prĂ©fĂ©rĂ© ne jamais rencontrer leur CGP et demande-leur oĂą ils placent le « dangereux», eux :sweat_smile:
    Et même là, dans la leçon, on le dit assez clairement : « Ils ne vous veulent pas forcément du mal ! Ils défendent leurs propres intérêts, car s’ils ne le font pas, ils ne graillent pas. » On n’a rien contre les conseillers en tant que personnes (certains sont charmants). On a quelque chose contre le système de rémunération à la rétrocommission qui désaligne structurellement les intérêts entre eux et leurs clients.

En tout cas, merci pour ton message : il m’a fait relire notre début de parcours avec des yeux neufs, et rappelé pourquoi on tient autant à une pédagogie financières gratuite et de qualité.

Je vais même finir par une confession : les messages des lecteurs que je préfère, ce sont ceux qui disent « Merci, j’ai ENFIN compris ce truc ! » Je les prends comme des victoires personnelles à chaque fois :relieved_face:


  1. Une de mes problématiques préférées dans la vie ↩︎

  2. Mais qui vaut beaucoup ! ↩︎

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