- Le 16 avril, le tribunal judiciaire de Paris a donné gain de cause à plusieurs investisseurs particuliers contre Leonteq, pour un total d’environ 3 millions d’euros.
- Parmi les plaignants défendus par Me Nicolas Lecoq-Vallon : Moussa Sissoko (indemnisé 1,1 M€), un agent de joueur (107 500 €), un couple d’investisseurs (1,5 M€).
- Les produits en cause étaient présentés aux clients comme « assimilables à des obligations », avec « coupons garantis » et « garantie de récupérer le capital initial à l’échéance ». Ils ont perdu une grande partie de leur épargne.
- Ces produits étaient éligibles à l’assurance-vie. Les plaignants avaient souscrit via CTO ou via contrats chez Cardif, Natixis Life ou La Mondiale Europartner. Toutes ces compagnies étaient assignées, mais le juge n’a pas retenu leur responsabilité, même si elles avaient validé les prospectus et sont censées veiller à la protection de l’épargne.
- Point novateur du jugement : le juge reconnaît que Leonteq a agi de fait comme PSI et CIF (statuts très encadrés en France), sans en respecter les obligations (pas de recueil d’infos clients, pas de vérification d’adéquation, etc.).
- Le tribunal retient aussi que Leonteq a mis en place une « véritable cavalerie » : enchaînement de souscriptions/rachats censés couvrir les pertes précédentes, qui les ont en réalité aggravées.
- Certains plaignants (dont un groupe d’amis ayant placé leurs gains du loto) ont été déboutés, notamment pour prescription. Ils devraient faire appel.
- « En France, Leonteq a été sous le feu des projecteurs en raison d’une affaire de fraude à 45 millions d’euros chez Eramet. Le trésorier de cette entreprise avait investi (et presque tout perdu) dans un produit Leonteq, à travers un circuit frauduleux. »
- La firme suisse cotée à Zurich et créée par d’anciens de Lehman Brothers risque aussi des poursuites judiciaires à la suite d’un signalement de l’ACPR, le gendarme français des banques, sur des soupçons de faits de « blanchiment aggravé de fraude fiscale ».
- « Depuis les révélations sur ses pratiques, Leonteq a vu son cours de Bourse et ses résultats chuter : le groupe a enregistré une perte de 33,7 millions de francs suisses en 2025. Selon nos informations, le bureau de Paris a par ailleurs vu ses effectifs fondre. »
Super intéressant. Ces produits structurés sont une aberration.
Je note la présence des produits toxiques en question sur certaines AV de très bonne réputation, prisées pour leur « vaste choix d’UV » (notamment Cardif). Pour moi, une bonne AV serait justement une AV proposant un choix resserré de supports strictement validés en amont. Un peu facile de se dégager ainsi de toute responsabilité, non ?
Tout à fait d’accord. Cela s’apparente vraiment à un défaut de conseil.