Un nouvel article de qualité de Gaétan Pierret. Le Monde revient sur les produits structurés et confirme ce qu’on dit depuis un moment ici : c’est d’abord une machine à commissions.
Les enseignements principaux :
- 42 milliards € investis par les Français en 2023 dans les produits structurés. Marché énorme, très peu de gens comprennent ce qu’ils achètent.
- ~5% de commission pour le distributeur, parfois plus pour les gros cabinets. Les frais du structureur restent opaques. Même l’AMF reconnaît que personne ne connaît le montant réel des frais.
- Le jeu sur la durée : les frais sont calculés sur une durée théorique de 6-12 ans, mais un structuré dure en moyenne ~1 an. Le trop-perçu de frais n’est jamais rendu à l’investisseur.
- Un moteur de consolidation du secteur : les gros cabinets de CGP rachètent les petits et poussent les structurés pour rembourser leurs acquisitions plus vite. Logique commerciale, pas logique client.
- Rendement médian brut de 6-7% entre 2021-2023… dans un marché haussier. Hors frais, hors fiscalité. En net, c’est beaucoup moins sexy. Les rendements ne composent pas dans un structuré.
- Pour nuancer : l’article reconnaît que les barrières de protection ont un intérêt réel en période de volatilité, et les structurés ont subi moins de 1% de perte en capital entre 2021-2023. Mais comme le dit un CGP cité dans l’article : le contexte a été exceptionnellement favorable, et c’est quand ça baissera qu’on verra la qualité réelle des « protections ».
En résumé : un produit complexe, des frais opaques, un mode de commissionnement qui aligne les intérêts du vendeur contre ceux de l’épargnant. Le modèle classique de la finance française.