Bonjour merci pour ce forum. Dans une discussion, cayas préconise 40% etf monde x2 puis une partie plus défensive avec 20% or 20% managed future et 20% obligation état.
J’ai plusieurs questions :
Pourquoi aucune référence de scpi de type irokozen avec des taux annuels de rentabilité important ?
Pourquoi pas de private equity défensif plutôt que des etf obligataires ?
Si je ne me trompe pas il y a tjs de l’or dans les managed future… cela ne fait pas double emploi ?
Est ce que les scpi ont elles vraiment un intérêt uniquement en empruntant ?
Je vous mets l’allocation de Gabriel en pièce jointe
Attention, nous ne préconisons pas vraiment une allocation plutôt qu’une autre, même si on donne des exemples. Notre approche consiste à tenir compte de tout le patrimoine de la personne (immobilier et patrimoine pro notamment), de ses entrées et sorties de cash et de sa psychologie.
Une bonne allocation varie au fil du temps, pour répondre aux objectifs et à la situation des gens.
Toutefois, pourquoi évite-t-on les SCPI et le Private Equity ? On l’a évoqué à plusieurs occasions sur le forum, mais en gros pour :
des questions de liquidité. Ces investissements ont tendance à perdre toute liquidité au moment où on en a besoin et l’illiquidité nous enlève beaucoup d’options dans la vie. Pouvoir changer ses projets a beaucoup de valeur car les humains ont tendance à ne pas savoir ce qu’ils voudront dans 10 ans.
Forte exposition à des classes d’actifs auxquelles on est déjà largement exposé. Si on enlève le mirage de l’absence de cotation, un fonds de PE donnera des résultats largement similaires à un investissement en actions classiques. Les SCPI n’apportent pas de diversification majeure par rapport à un mix actions/obligations et la plupart des gens sont déjà beaucoup exposés à l’immobilier.
Les managed futures et l’or : ce n’est pas comparable. Lorsque tu cuisines un gâteau, le résultat est très différent que de poser côte à côte de la farine, des oeufs et du sucre.
Les managed futures n’ont pas une allocation stable à l’or, le poids de l’or dans ces stratégies fluctue selon les tendances. Le profil de rendement est donc très différent et diversifie une allocation directe à l’or (et à tous les sous-jacents d’un fonds de Managed Futures).
Pour ce qui est de la dette, il vaut mieux avoir une approche globale : que se passe-t-il sur l’ensemble de mon portefeuille si j’ajoute de la dette ? Schématiquement, si on ajoute de la dette pour financer des actifs qu’on a déjà en grande quantité, on ajoute du risque sur du risque. Si on ajoute de la dette pour diversifier, on peut ajouter proportionnellement plus de rendement qu’on n’ajoute de risque.
Donc tout actif « raisonnable » et diversifiant aurait le potentiel d’améliorer le portefeuille en empruntant. Ce n’est pas l’apanage des SCPI.
Autant pour le PE je suis d’accord, autant pour les SCPIs je ne serais pas aussi catégorique.
La majorité des français sont beaucoup, beaucoup trop exposés à l’immobilier, mais certains non, et sont juste locataire avec des placements à côté, même si c’est pas la norme.
Il y a quelques SCPIs intéressantes en AV, ce qui permet de bénéficier de la liquidité de l’assureur plutôt que de galérer à vendre en direct, que les loyers soient taxés à la flat tax et que tu choisisses le moment ou tu seras fiscalisé plutôt qu’au fil de l’eau.
Tout ca en contrepartie des frais UC qui vont s’appliquer.
Est-ce que tu peux préciser pourquoi tu penses que les SCPIs n’apportent pas de diversification majeure par rapport à un mix actions / obligations ?
Bon par contre j’y réfléchis mais c’est vrai qu’à cause des frais de souscription (ou sortie anticipée pour celles sans frais de souscription), ca peut coûter très cher si tu dois faire des arbitrages entre classe d’actif.
Mais au moins tu as la possibilité d’arbitrer (contrairement à si ton seul actif immobilier, c’est ta RP)
En gros, le problème des SCPI c’est que les valorisations sont faites sporadiquement et avec une certaine latitude par rapport au marché réel. Des chercheurs ont donc développé des méthodes pour délisser au mieux[1] et pouvoir comparer avec les facteurs de risque traditionnels.
Le verdict ? Volatilité réelle intermédiaire entre les actions et obligations souveraines, corrélation modérée aux actions et aux obligations.
Il y a un pouvoir diversifiant, mais il reste modéré, suggérant une allocation autour de 10% si on met ça dans un optimiseur.
Par exemple, cette étude du fonds souverain norvégien explore bien le sujet. Toutefois, ces travaux ont une lorgnette institutionnelle, des acteurs qui peuvent s’accommoder plus facilement de l’illiquidité et qui peuvent diversifier largement au sein de la classe d’actifs. En tant que particulier, on ne va pas allouer si facilement à 20 SCPI. Cela tendrait donc à réduire l’allocation optimale…
Il faut alors comparer avec les autres options : typiquement les alternatifs liquides proposent une meilleure diversification, sans les enjeux d’illiquidité.[2]
Ah, dernier point pour faire le tour : les loyers des SCPI ont une certaine sensibilité positive à l’inflation. C’est un bon point, mais d’autres actifs ont aussi une réaction correcte à l’inflation : obligations indexées et matières premières.
Bref, les SCPI n’ont pas gagné de place dans mon portefeuille parce que je pense qu’il y a d’autres options plus attrayantes.
Va dire ça à @Julie, prisonnière de sa SCPI depuis deux ans.
Si vraiment ça t’intéresse tu peux regarder du côté de David Geltner ↩︎
Je constitue mon stock de littérature au fil de l’eau et j’ai une config de LLM câblée sur cette bibliothèque.[1] Je suis assez jouasse de pouvoir externaliser une partie de ma mémoire dans des machines, en gardant juste le modèle haut niveau des connaissances dans mon cerveau.
En gros, je suis l’index thématique, le processus de contrôle et d’exploration, mais je délègue les trucs chiants !
Dans la répartition suggérée, l’allocation obligataire équivaut-elle aux fonds en euros de l’AV? La partie obligataire est logée dans un cto alors que les fonds en euros en AV ? Le choix cayas vers la partie obligataire est fonction de l’enveloppe ?
Non, on parle vraiment d’obligataire pur. Une partie de l’intérêt de cette classe d’actifs est qu’elle est (modérément) volatile, ce qui améliore plus le couple rendement-risque du portefeuille qu’une dilution avec un actif sans risque.
En outre, le fonds Euros a eu tendance à proposer un moins bon rendement à long terme que l’obligataire. Tu peux voir les données dans la leçon sur le monétaire. Le fonds Euros est plus une forme de monétaire avec un rendement légèrement supérieur car l’effet de lissage du risque permis par l’assureur permet d’avoir des sous-jacents un plus agressifs.
En outre, avec l’obligataire de qualité (Investment Grade), on sait à peu près où on va sur les rendements… Avec le fonds Euros, ce n’est pas le cas. On est tributaire de la politique de distribution de l’assureur. Et ce que je constate ces dernières années, c’est que l’assureur t’oblige à avoir plus d’unités de compte (sur lesquelles tu paieras des frais d’enveloppe) pour obtenir la totalité du rendement et que de nombreux boosts sur les nouveaux clients ou les versements se font au détriment des anciens clients.