A noter aussi : chez certains CTO l’encours minimum pour un fond donné est considéré à l’échelle du broker il me semble, on peut donc parfois acheter des parts en dessous des minima théoriques dès l’ouverture de position.
Comment fais tu si tu as besoin de sortir une belle somme d’ argent ?
Tu coupes ce qui a surperformé? Tu sors la somme proportionnellement dans chaque classes d actifs ?
Clairement, je ne pense pas que mon portefeuille donnerait des résultats radicalement différents avec 4 à 7 positions. Un socle qui fait 80% du boulot c’est 3 à 4 lignes : 1 actions, 1 obligations souveraines diversifiées, 1 à 2 alternatifs liquides. Le seul élément qu’on ne peut pas approximer avec les instruments classiques, c’est la convexité avec mon hedge.
Le plus gros enjeu des finances personnelles, c’est de définir le niveau de risque de son portefeuille et de le piloter en fonction de sa situation et de l’évolution de ses projets de vie. Le choix des instruments est un problème assez secondaire, qui peut se craquer de manière satisfaisante avec 2 ou 3 ETF indiciels larges.
Pour mes dépenses courantes, je tape dans mon PEA qui est surdimensionné par rapport à l’allocation actions que je cible. Pour les besoins exceptionnels, je vends des actifs en CTO ou, si je suis au-dessous de mon niveau de levier cible, je passe un box spread et l’affaire est dans le sac.
Et effectivement, l’idée générale est de rééquilibrer avec les flux, en vendant ce qui est au-dessus de son allocation cible. On peut optimiser un peu plus ça en tenant compte de la fiscalité : en présence de plus-values latentes et de différentes enveloppes, l’allocation optimale peut glisser un peu plus vers les actifs risqués. C’est typiquement une chose dont l’algo Cayas tient compte pour calculer les décaissements.
Je ne m’étais jamais rendu compte combien c’était hyper complexe de construire son véritable PF
Je me suis amusé à projeter l’usage des Managed Futures avec l’actif NTSG… c’est qd même " impressionnant " le résultat
Mais ces 2 actifs, pour des novices, peuvent porter interrogation ( interrogation plus dans le sens qu’ils ne sont pratiquement pas utilisés par la très grande majorité des gens vis à vis d’autres actifs plus vendus sur la place )
Me concernant, à la croisée d’un chemin de vie, je me retrouve au point mort sur la direction à prendre pour la construction définitive de mon PF ![]()
En effet. Avec toutes les stratégies possibles, les enveloppes, les fonds, les règles fiscales… il y a de quoi s’y perdre. D’autant plus qu’au-delà des connaissances financières à avoir, les mathématiques s’en mêlent si l’on veut bien comprendre où on met les pieds. Et la psychologie aussi joue un rôle, puisqu’il faut apprendre à se connaître (craintes, goût du risque, envies…).
Mais je serais également tenté de relativiser. Pour beaucoup de personnes, avec un patrimoine modeste, les livrets classiques ainsi qu’un PEA suffisent déjà à bien gérer ses potentiels investissements. Et il « suffirait » alors de prendre moins de risques lors de certaines périodes (grosses dépenses, baisses de revenus…).
via @MorningstarInc
Même si le sous-jacent des futures est extrêmement vaste (commodities, actions, FX) et étant donné que les fonds doivent sans doute rajouter du levier en interne, si ces fonds sont de plus en plus utilisés ( c’est-à-dire que l’AUM grossit extrêmement vite - ce qui semble être le cas depuis les fortes performances récentes ET la diffusion de l’intelligence collective et d’outils de backtest) quel est le risque pour cette classe d’actifs de pouvoir absorber de plus en plus de capital sans qu’elle converge vers un ratio de Sharpe très médiocre ? Et cela sans que l’on s’en aperçoive vu qu’il faut accepter des traversées du désert pour des marchés sans tendance.
Sur le marché des small caps par exemple, j’ai décidé l’année dernière d’arrêter de placer des liquidités sur Independance AM en PEA-PME quand j’ai vu que son AUM était passé d’une poignée millions en 2020 à plus d’un milliard en 2026, me disant que ses performances allaient converger vers celui de son indice.
Cette classe d’actifs est un gros marché, bien plus touffu que, par exemple, les small caps européennes. Selon ce que tu regardes, les encours sous gestion des fonds de liquid alts peuvent s’évaluer ente 1000 milliards (les fonds accessibles chez les courtiers) et 3 à 4000 milliards de $ si on regarde les fonds non cotés (les fameux hedge funds).
En somme, il y a de la capacité, l’engouement peut réduire les primes de risque, mais cela reste assez « confidentiel » par rapport aux gigantesques marchés sous-jacents (les obligations, les actions et la valeur notionnelle des contrats sur matières premières se chiffre en centaines de millier de milliards cumulés).
Ce qui me laisse penser que les liquid alts resteront intéressants à long terme, c’est que c’est souvent assez désagréable à détenir. En marché pépouze, ces stratégies ont tendance à sous-performer une bête allocation actions/obligations : cela conduit beaucoup d’investisseurs à les abandonner et à passer à côté des moments où elles envoient des étincelles.
Bonjour @vincent.p
Ne voit on pas un certain coup d opportunités à posseder des MF qui peuvent etre flat mais performant en cas de tempete VS un etf world qui performe plus et qui restera toujours avec un meilleur rendement malgré une baisse importante ?
Pour les matières premières, j’ai longtemps hésité à en ajouter aussi.
Est-ce que ca ne fait pas doublon avec les TIPS / OATi ?
A moins de décider de te mettre toi-même des bâtons dans les roues, je ne pense pas qu’il y ait un coût d’opportunité. Je dirais au contraire que le 100% actions paiera probablement moins bien ta prise de risque qu’un portefeuille diversifié contenant des MF.
Les actions ont une espérance de rendement que l’on peut estimer supérieure à celle des Managed Futures. Toutefois, un portefeuille exposé à plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, managed futures voire d’autres extras) présente un meilleur rendement ajusté du risque. Ce portefeuille diversifié aura un rendement inférieur à celui d’un 100% actions, mais sera nettement moins risqué.
Il y a deux cas de figure, selon que ta tolérance au risque et les échéances de tes projets font que tu peux te permettre une importante volatilité comme un portefeuille 100% actions, ou pas.
Si tu ne peux pas encaisser autour de 15% de volatilité annualisée (et des krachs dans les -60%), il est possible que le rendement du portefeuille diversifié soit suffisant pour atteindre tes objectifs. Ce n’est plus un coût d’opportunité, mais la sécurisation d’un choix de vie. Inclure des MF sera a priori plus efficace que de juste diluer des actions avec du cash ou des obligations, donc c’est une optimisation.
Si tu peux tolérer la volatilité des actions, alors tu pourras espérer avoir plus d’argent à long terme (20 ans et plus) avec un 100% actions qu’avec un portefeuille diversifié sans levier. Mais dès lors, pourquoi s’infliger un tel handicap ?[1].
Avec usage d’un levier modéré, historiquement, le 100% actions a fait beaucoup moins bien qu’un portefeuille diversifié de risque équivalent, avec des creux nettement moins prononcés[2]. On peut prendre plein d’hypothèses différentes, et à chaque fois les optimisations de portefeuille poussent à intégrer plus ou moins de MF. Il faut des hypothèses très optimistes sur les actions et très conservatrices sur les MF pour justifier de les éliminer !
Un critère de simplification extrême du portefeuille pourrait être le risque de dépendance. Mais ce n’est pas dit que tu sois encore capable de retirer de l’argent de ton CTO 100% actions si tu n’est plus capable de le rééquilibrer… Ce genre de choses se prépare et peut se déléguer ou s’automatiser en large partie ↩︎
Ce qui est une caractéristique très sympa quand on a besoin de thunes au mauvais moment ou, chose inouïe, que nos projets changent. ↩︎
Je pense que les deux sont complémentaires. Les matières premières réagissent fortement à l’inflation inattendue. Typiquement, même si je trouve que mes matières premières sont un vilain petit canard, j’étais assez content de les avoir en portefeuille en 2026.
Je m’attends à ce qu’elles aient un rendement poussif à long terme, mais le rééquilibrage fin mars m’a bien fait plaisir (celui de septembre s’annonce bien aussi).
C’est une classe d’actifs qui amène souvent de la convexité lors des bouffées d’inflation.
Les obligations indexées peuvent pour leur part avoir des réactions médiocres aux pics d’inflation inattendue, si les banques centrales serrent la vis rapidement en augmentant les taux pour la juguler. Mais à un horizon de temps de l’ordre de leur duration, elles me garantissent une préservation du pouvoir d’achat, contrairement aux matières premières.
En gros, les matières premières sont une assurance contre l’inflation rubis sur l’ongle, mais qui a plein de petits caractères indéchiffrables sur le contrat. Tandis que les indexées ont un contrat en béton, mais paient potentiellement des années plus tard. ![]()
Si on prend un combo donné, par exemple action, or, managed future, obligation, n existe t il pas une répartition qui correspondent au ratio rendement, volatilité le plus élevé possible? Si oui quel est elle? Ensuite chacun adapte au risque qu’il veut prendre par le levier, qu il soit multiplicateur, ou même réducteur(c est à dire je ne mets pas tout le capital dans le combo et je l’accompagne de monétaire de manière à ce que le risque soit ramené au niveau souhaité).
Et alors le débat devrait être clos. Tout autre répartition sera moins efficiente, non?
Toi, tu vas aimer la prochaine leçon qu’on publie. ![]()
J’y ai inclus un petit jeu pour comprendre le concept de frontière efficiente (= les mélanges qui présentent le meilleur rendement pour un risque donné) et de portefeuille tangent (= le mix avec le meilleur compromis rendement/risque, aussi appelé ratio de Sharpe).
T’as tout compris.
L’approche canonique consiste à déterminer ce portefeuille tangent, puis à régler le risque avec du levier (ou de la dilution avec du cash). Evidemment, ça c’est en conditions de labo, dans la réalité il y a des frictions à prendre en compte.[1]
Et c’est là qu’on entre dans les « détails » désagréables. Le mix idéal dépend de tes hypothèses sur les actifs (rendement, risque, mais aussi leurs corrélations 2 à 2)[2] et doit s’ajuster de l’optimum théorique pour des questions fiscales ou de frictions.
Le capybara dans la baignoire, c’est que ces hypothèses sont des estimateurs un peu merdouilleux. Ce n’est pas comme un jeu de dé ou on connaît la distribution des résultats futurs. Et les rendements passés sont généralement des estimateurs assez nuls des rendements futurs.
On essaie donc de trouver des estimateurs raisonnables et on utilise différentes méthodes statistiques pour pallier ces erreurs d’estimation. Typiquement, chez Cayas on part du portefeuille de marché (les investissements agrégés de tous les investisseurs), qu’on biaise à partir de « vues de marché ». Par exemple, on connaît les taux des obligations à différentes maturités, ça nous donne un estimateur raisonnable de l’espérance de rendement des obligations à mettons 10 ans.
C’est pour ça que le débat n’est jamais totalement clos auprès des praticiens et des chercheurs. Il y a de bons arguments pour justifier différents jeux d’hypothèses.
Mais au final, il faut investir : on fait tourner la moulinette sachant qu’on a fait de son mieux pour être rationnel et pondéré, puis on croise les doigts. Ca fait peur, mais ça me semble nettement moins flippant que de se dire « alleye, je vais prendre un portefeuille 60/40, ça a bien marché dans le passé » ou « yolo, 20% de fartcoin ».
Tout ce que dit Vincent + ça dépend aussi beaucoup de ta définition personnelle de l’efficience ![]()
On cherche à obtenir le meilleur rendement ajusté du risque, oui… et qui maximise le financement de tes projets de vie. Or tes projets, les miens, ceux de Micheline et de son chat sont différents. Pareil pour nos âges, nos profils de risque, le reste de nos patrimoines.
Donc c’est pas aussi simple qu’une même répartition pour tout le monde, et on bouge à la marge la quantité de cash ou de levier.
Merci.
J’ai du mal à evaluer ce que change le nombre d actif décorrélé? N’est ce pas toujours meilleur d en mettre le plus possible? Sachant qu’effectivement le fait qu il soit décorrélé fait parti de notre estimation.
Par exemple si je crois que action, mf or et obligation sont décorrélés deux à deux. Existe il malgré tout un avantage à en associer que deux ou trois?
Noooooon, il ne faut pas lancer @vincent.p dans des explications de covariance stp ![]()
Ce qui compte c est pas le nombre, c est l exposition à différentes primes de risques qui ne bougent pas toutes en même temps.
Si tu prends une action A et une 2e action B, au final tu es toujours exposé à des actions
Même avec des (dé)corrélations intéressantes, le dosage idéal va dépendre de tes hypothèses.
Par exemple, on peut raisonnablement estimer que l’or sera très peu corrélé avec plein d’autres actifs dans le futur. Mais si tu estimes que son espérance de rendement est faible (cf. nos considérations sur l’or), il est possible que l’optimisation te dise d’en prendre qu’une quantité tellement faible que ça en devient une erreur d’arrondi que tu peux ignorer.
De faibles corrélation sont une caractéristique favorable, mais pas toujours suffisante ! D’ailleurs, les matières premières ont tendance à en souffrir.
Problème résolu en 1952 par Markovitz, prix « Nobel » en 1990.

