Bonjour
Que pensez vous des stratégies de managed futures que l’équipe cayas aime beaucoup ?
Bonjour
Que pensez vous des stratégies de managed futures que l’équipe cayas aime beaucoup ?
Je suis surpris par leur proposition. Pour moi cela fait un peu dissonant par rapport à la ligne éditoriale que j’avais comprise… Cela prouve que je ne l’ai donc pas compris.
Pour moi les managed futures sont à éviter et ne sont pas adaptés aux particuliers.
Le portefeuille de marché actions (adossé éventuellement à l’actif sans risque et/ou l’intégralité du marché des obligations) répond largement à toutes les problématiques de l’investisseur particuliers dans le cadre du financement de sa retraite.
Les managed futures c’est certes très séduisant dans un backtest ou une modélisation mais c’est toujours un manque à gagner dans un portefeuille sur des données non vues (c’est à dire l’avenir). En effet, le backtest passe à côté des problématique de changement de régimes, cela marche sur le papier, mais la mise en oeuvre occasionne toujours un coût d’opportunité sur les données non vues. En bref, cela ne marche pas.
L’optimisation de portefeuille est séduisante, fait parti du curriculum de tous les textbook de Portfolio Management. Mais dans la pratique il ne faut pas les utiliser. La sensibilité de l’output aux hypothèses de départ (et notamment l’hypothèse de rentabilité) en font des dispositifs très peu robustes.
C’est séduisant, mais non fiable, donc à éviter.
Grégory Molinaro, CFA
Merci pour votre réponse complète.
J ai l impression que , selon vous , l investisseur particulier qui a la retraite en ligne de mire , devrait se contenter pour son patrimoine financier d etf world , d etf aggregate bond et du cash. Tout ça dans des proportions selon notre appétence et nos critères personnels
Et si on veut simplifier encore plus : des livrets réglementés et un etf vangard lifestrategy
J’ai du mal à comprendre d’où pourrait provenir une telle affirmation. Sur des réplications bootstrap, sur un historique entre 1970 et aujourd’hui, nous obtenons les probabilités suivantes d’améliorer le Sharpe pour différentes méthodes d’optimisations[1] :
| Optimiseur | P(MF améliore Sharpe) | P(MF réduit drawdown) |
|---|---|---|
| RiskParity | 90 % | 94 % |
| Markowitz « robuste » | 92 % | 96 % |
Je trouve aussi cette affirmation trop approximative en l’état. Voire contradictoire. On ne peut pas dire qu’il faut prendre un mixte d’actions/obligations/cash, avec des pondérations à déterminer d’un coté, puis ensuite de dire que toute méthode d’optimisation serait à jeter.
A la fin, quand un investisseur prend une décision d’allocation, qu’il arrive à une certaine pondération, cette pondération peut être obtenue avec un certain jeu d’hypothèses. Donc, ne pas expliciter ces hypothèses ne change pas la nature du problème, au mieux il la cache. Ce qui, à mon avis, n’est guère mieux.[2]
Cependant, je rejoins tout de même une partie du message : appliquer naïvement Markowitz avec les rendements/corrélations/volatilités historiques est très fragile et ne marche pas en pratique. Mais ca ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire et qu’il n’existe rien pour éviter ces problèmes.
Sur des données historiques évoqués ci-dessus, avec des rendements mensuels, avec des modèles estimés strictement sur les données non vues[3], nous calculons ensuite les Sharpe de différentes méthodologiques, avec la fiscalité du CTO, nous obtenons :
| Méthode d’optimisation | Sharpe sans MF (drawdown) | Sharpe avec MF (drawdown) |
|---|---|---|
| Risk-parity | 0,55 (−17 %) | 0,65 (−10 %) |
| Markowitz « robuste » (shrinkage + Ledoit-Wolf) | 0,53 (−17 %) | 0,64 (−11 %) |
| Markowitz « naïf » | 0,18 (−47 %) | 0,36 (−24 %) |
| Équipondéré (1/N) | 0,46 (−21 %) | 0,56 (−14 %) |
| 100 % actions monde | 0,41 (−44 %) |
Donc, pour synthétiser :
Cependant, je rejoins tout de même une partie du message : appliquer naïvement Markowitz avec les rendements/corrélations/volatilités historiques est très fragile et ne marche pas en pratique. Mais ca ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire et qu’il n’existe rien pour éviter ces problèmes.
J’ajouterai que lorsque tu appliques Markowitz dans une optique avec levier sur des actifs qui ont entre-eux une faible corrélation (-0,2 : 0,2) et tu imposes des contraintes de marge sur suffisamment d’historique, tu observes globalement une convergence du best CAGR avec le best Sharpe/Sortino.
On se retrouve avec des poids plutôt sains et on réalise que le 100% MSCI World est un pur market timing.
Par contre dans la réalité, c’est très individuel, des personnes auraient davantage de facilité en phase d’accumulation de tolérer un large drawdown sur une ligne MSCI World alors qu’un -60% sur l’or qu’il faudrait renforcer, ça serait plus discutable.
Pourrais-tu expliciter sur ce point ? Pas sûr de comprendre… Merci
Super ce niveau de certitude, merci pour le conseil Warren. Toute la littérature sur le sujet est nuancée, mais toi tu règles le débat en une ligne.
Je pense que quelqu’un qui signe avec son nom et sa formation sur tous les posts d’un forum, a probablement un objectif particulier…
Je n’ai aucun objectif particulier.
Le fait de ne pas signer avec un pseudonyme a pour objet d’assumer mes propos.
Quant à vos propos désagréables et non conformes à la politique de communication, bienveillante requise par les administrateurs de ce site. J’imagine qu’ils sont plus faciles à exprimer derrière un pseudo. Cela vous donne un sentiment d’impunité.
Grégory Molinaro, CFA
Merci pour votre réponse.
Vous indiquez que vous avez pu obtenir une série de rentabilité de MF qui remonte au début des années 70 ? Etes vous confiant dans le mode de calcul de celle-ci ? Comment les stratégies ont été implémentées et comment ont été gérées les sorties (fermetures…en général pour mauvaise performance) des fonds de MF ?
Peut être que je suis moi-même pollué dans mon appréciation par mes propres tentatives de modélisations faites il y a 25 ans. J’intégrais aussi des fonds de trend following sur marchés de futures dans mes simulations et optimisations de portefeuilles dans le cadre de mon métier de gérant de fonds. J’obtenais même des ratios de Sharpe très proches de 1. Ensuite dans la mise en oeuvre opérationnelle, les résultats étaient très différents que sur les spreadsheet Excel.
En effet par données non vues, j’entends par là le résultat des portefeuilles investis avec de l’argent sur les donnnées de marché A VENIR, investis sur de vrais actifs, avec une VL calculée par un valorisateur permettant de calculer une vraie performance dans la vie réelle. Et entre les simulations sur son tableur et le résultat en monnaie sonnante et trébuchante, j’ai constaté une différence très significative.
En d’autres termes, si vous investissez en suivant vos modèles à partir de demain. Vous n’obtiendrez jamais les ratio de sharpe que vous avez simulés. Ils seront tous décevants et inférieurs à ceux de votre tableau. C’est ce que j’ai constaté de multiples fois dès l’année 2000 où nous implantions en REEL nos portefeuilles optimisés. Et pour info… les fonds de trend following sur lesquels nous investissions, ils ont tous fermés, il y a déjà très longtemps. Et les gérants que j’ai en tête étaient hyper smarts. Sauf qu’entre une simulation et la mise en oeuvre réelle d’une stratégie : il y a un monde.
« Just an illusion »
Grégory Molinaro, CFA
Bonjour,
Effectivement vous obtenez un portefeuille très robuste en faisant très simple. J’ai l’impression que l’investisseur a du mal à intégrer qu’avec deux supports d’investissements que sont l’indice MSCI World (que j’aime appeler le Market Portfolio) et ajuster le risque par un autre support obligataire aussi diversifié en terme d’émetteur, il obtient alors une allocation qui est la plus optimale et robuste qui soit. Pourquoi il a du mal à intégrer cela ? Parce qu’il aime ce qui est compliqué et en général à compliqué/complexe il associe peut être les qualificatifs de « meilleurs », plus « intelligents et malin », « plus performants » ? Je ne sais pas, mais cela m’a toujours fasciné de voir cet attrait pour des produits complexes exotiques (mais très chers et non performants) tels que les fonds à formules, bien entendu les HF, le PE (avec son indicateur de performance qui enfume tout le monde qui est le TRI).
Mais pour répondre à votre question straight to the point : OUI, avec ces deux supports d’investissements vous avez tout ce dont vous avez besoin pour construire un portefeuille diversifié à condition d’être discipliné, de ne pas regarder le bruit des marchés (et franchement vous avez mieux à faire que de le regarder bouger) et d’être consistant (comme le disent les anglo saxon). Le problème c’est que cela est contre nature pour l’investisseur particulier qui a une propension à la bougeotte. J’aime beaucoup en parler en tant qu’intervenant dans des écoles de commerce où je transmets ma passion pour la finance comportementale.
« C’est fascinant comme l’être humain est irrationnel, mais quand cela touche à l’argent…on atteint des sommets ! »
Juste un point : je ne connaissais pas la gamme LifeStrategy de Vanguard (et j’adore cette société d’AM), merci pour votre remarque. J’ai soulevé le capot. Pourquoi pas ? Il évite de devoir rebalancer soi même si on a deux supports sur un CTO. Néanmoins je trouve l’allocation sur ces multiples supports indiciels en sous jacents trop complexe (encore) et je ne sais pas s’il y a un perte de Bps dans les rebalancements de tous ces supports. Cela requererait d’analyser la série chronologie plus en détail. Je n’ai pas le temps pour se faire…Donc mon à priori est favorable, mais la solution à deux supports tels que mentionnés plus haut me semble beaucoup plus adéquat.
Grégory Molinaro, CFA
En dehors de la charge « mentale » du rebalancement, un lifestrategy évite aussi (surtout ?) la case imposition (puisque par construction il n’y a jamais de plus-value a vendre, puisqu’on ne vend rien, étant toujours sur notre cible en terme de repartition)
C’est ce qu’il y a de plus proche d’un vrai « buy-&-hold » en théorie (je passe sur le sujet managed futures, et autres diversifiants)
Je vois là les biais comportementaux des investisseurs, plutôt qu’une invalidation du style Trend Following / CTA.
Les primes de risque alternatives qu’on retrouve dans les CTA[1] ont des Sharpe individuels médiocres et les distributions empiriques montrent qu’il faut s’attendre à encaisser des drawdowns profonds et durables pendant des années…[2] Collecter ces primes de risque est en outre coûteux, génère des frictions[3] et est difficile à implémenter dans son garage[4].
Lorsque les clients du fonds n’acceptent pas que ces drawdowns et ces écarts de performance importants avec les actions sont parfaitement normaux, ils quittent le navire. Typiquement s’ils ont décidé de s’exposer au style Trend Following après quelques années de bonnes performances. Ou lorsque des gestionnaires de portefeuille flanchent par peur de se faire mettre à la porte en raison d’une trop grande tracking error avec un benchmark type 60/40. S’ils sont trop nombreux à lâcher l’affaire, le fonds ferme.
Ce sont les effets de la chasse au rendement et des problèmes d’agent assez classiques, en fait.
La plupart des fonds Managed Futures auront fermé dans 20 ans. Dont acte : on ne veut pas se marier avec un gérant, mais s’exposer à un style d’investissement.
Tous les fonds ne ferment pas simultanément à chaque drawdown : il y a énormément de variance entre les implémentations. Un fonds qui ferme, c’est certes une friction qui érode le Sharpe[5], car il faut réinvestir le capital retourné, avec potentiellement des délais où l’on est hors marché. Cela ne veut pas dire qu’on perd toute son exposition au style si on était diversifié sur plusieurs crèmeries.
Il existe même des gérants « vétérans » qui proposent ces stratégies depuis plusieurs décennies, depuis les années 80 pour certains : Mount Lucas, KMLM, MAN AHL, Campbell… D’autres gérants ont montré plus récemment qu’ils pouvaient prendre des gamelles sans cacher les cadavres sous le tapis en fermant leurs fonds (AQR et le Quant Winter de 2018).
On ne peut pas vraiment dire qu’il est impossible de justifier une exposition ex ante non plus, même si je te rejoins sur le fait qu’il est illusoire de croire en des Sharpe proches de 1 (sur le portefeuille tout autant que sur la classe d’actifs). D’ailleurs, dans les hypothèses Cayas, on table sur un Sharpe autour de 0,25 et on a durci les corrélations. C’est nettement en-deçà de ce qui a été réalisé historiquement, pour laisser de la marge aux frictions précitées.
L’indice SG CTA découle de données réelles de fonds nettes de frais[6] et a réalisé un Sharpe supérieur à 0,5 depuis sa création il y a un quart de siècle. C’est un indice dans lequel il était possible d’investir, vu qu’il regroupe tout simplement les plus gros fonds de la classe d’actifs. Il y a aussi eu des reconstructions post-frais sur de plus longues périodes, naturellement à prendre avec plus de pincettes.
Compte tenu de toutes les frictions, le style CTA n’est guère émoustillant si on le considère individuellement. Le scénario canonique, c’est qu’on se coltine des résultats médiocres pendant des années, qui sont compensés lors des gros accidents de marché durables, où l’on se retrouve avec un bon tas de liquidités pour rééquilibrer au moment où la plupart des participants se sont fait tailler un short.
C’est l’un des rares actifs potentiellement convexes qui a eu un bon taux de succès sur les bear lents et profonds. C’est-à-dire ceux qui présentent les vrais risques de séquence (en consommation) ou de jeté d’éponge (en accumulation), les deux grands destructeurs de projets dans une vie.
Les horizons d’investissement réels sont bien en-deçà des projections de retraite à 40 ans, et notoirement difficiles à évaluer. Les bipèdes ont la manie de changer d’avis ! Cela rend d’autant plus précieux les actifs qui ont des chances significatives d’adoucir les queues de distribution du portefeuille.
Ce que j’en retire, c’est que le style CTA :
« Because it tends to work, dawgs »
principalement le time series momentum, mais on trouve aussi du carry ↩︎
Comme les actifs traditionnels, du reste. Par exemple les obligations des années 40 aux années 80 si on ajuste de l’inflation. ↩︎
forte rotation du portefeuille, implémentation long/short ↩︎
d’où le recours à des fonds à 0,8% ou plus de frais annuels ↩︎
Si le fonds ferme à cause d’un gros drawdown, on peut se consoler en se disant qu’il n’y aura pas de frottement fiscal
↩︎
Mais pas nettes des frais et de la fiscalité liées à l’entrée/sortie de fonds de l’indice ↩︎
Donc il est possible sur un forum d’avoir des expériences et avis différents sans s’envoyer des piques mais des arguments. Merci Grégory et Vincent.
Et bien c’est le problème avec la rédaction d’une argumentation avec des LLM. C’est qu’à la fin on y comprend plus rien.
Pardonnez moi cet avis. J’écris sans l’aide de l’IA. L’avantage : on comprend ce que je dis et c’est clair. Inconvénient : c’est peut être un peu trop cash et manque de rondeur.
L’argumentation que vous venez de poster a été reformatée par l’IA et aboutit à un catalogue d’arguments dont on ne sait plus trop où vous voulez en venir.
Les pro Managed Futures y trouveront leur compte… Et les anti : ils y trouveront leur compte aussi.
Pourquoi ? Parce que dans votre argumentation (enfin, celle générée par une Claude ou consort) il y en a pour tous les goûts. En bref, il y a à boire et à manger. Et on ne sait plus où vous voulez en venir.
Votre paragraphe de conclusions (j’invite à vous relire (sic) …à relire ce qui a été généré par le LLM.
« est probablement valide (+), améliore (+) sans être miraculeurx (-), est exigeant psychocologiquement (-), requiert de répartir ses billes (+) sans pour autant espérer des rendements représentatifs (-), est intéressant pour contrebalancer (+)… »
Bref, à ménager la chèvre et le chou on ne sait pas du tout quoi en penser à la fin…
Alors je vais faire une tentative, écrite personnellement, sans l’aide de l’IA, de vous donner un point de vue, personnel, basé sur 25 ans d’expériences en tant que gérant de portefeuilles et fonds d’investissements sur les marchés financiers : sur l’usage des Managed Futures.
Partons par le commencement :
1/ Si on étudie l’intérêt de mettre des managed futures dans une allocation d’actifs composée traditionnellement de 60% d’actions et 40% de produits (choisir les % que l’on veut) de taux avec des produits vanille que sont les actions et les obligations c’est qu’à priori cette allocation de DEPART ne CONVIENT PAS à l’investisseur ? Oui ou non ? C’est bien la prémisse du raisonnement ?
2/ Elle ne convient pas, parce que trop risquée (la trajectoire de performance de ce portefeuille est trop accentuée, trop en « dents de scie ») : =>>> Donc cherchons une classe d’actif qui permet une trajectoire de performance plus lisse !
Question : est-ce que l’ajout de managed futurs permettent de lisser la performance ?
3/ Selon des simulations elle le permettrait…mais mais mais quand même cela n’est pas si évident selon ce que vous dites. Selon votre conclusion « elle améliore un portefeuille sans être miraculeux ». En quoi elle l’améliore ? On ne sait pas trop.
Mon avis perso : oui elle lisse la trajectoire car très « dé corrélée » du reste des actifs. En revanche : on y perd en performance. En d’autres termes : on laisse sur le tapis de la performance en contrepartie d’avoir une trajectoire plus « lisse ».
En effet, selon moi les managed futures ne sont pas des produits pour améliorer la performance (« perf enhancer ») mais des produits pour améliorer la trajectoire trop sinueuse d’un portefeuille diversifié traditionnel (avec produits vanille) : mais je le répète au prix d’un manque à gagner en terme de performance.
L’investisseur y gagne, peut être, une tranquilité d’esprit en se disant lors d’un bear market hyper sévère, les managed futures qui sont très décorélés, apporteront un matelas de sécurité. Mais à quel prix ?
Ma conclusion est claire : le prix à payer (comme l’achat de primes systématique sous la forme de put sur indice) à avoir toujours en portefeuille des managed futures est trop important en terme de manque à gagner.
Par ailleurs je ne vous rejoins pas sur le point où vous indiquez en filigrane dans votre argumentation que c’est à l’investisseur d’être patient, « d’être exigeant psychologiquement »… Justement c’est bien à cette faiblesse de l’investisseur qui prend de mauvaises décisions lorsque les marchés sont mal orientés dans le cadre d’un portefeuille 60/40 (ou quel qu’il soit) que les managed futures doivent apporter une solution. Or le comportement de cette stratégie demeure trop instable, et irrite l’investisseur impatient lorsqu’il voit que cette classe d’actif dans son portefeuille peut être un vrai boulet par rapport à des classes d’actifs de type actions ou taux. « Pourquoi j’ai mis ce truc dans mon portefeuille »…
Et par expérience dans l’univers institutionnel dans le cadre de gestion d’un fonds de pension (exemple vécu) : face à un comité d’administrateurs qui juge votre performance tous les 6 mois, maintenir une telle position et la justifier devant eux. C’est mission impossible et vous avez perdu votre mandat bien avant que les managed futures aient démontré leur utilité dans un fonds de pension dont vous avez la responsabilité.
Grégory Molinaro, CFA
Le message de Vincent est fidèle à sa ligne, riche et technique.
Mais globalement vous avez des bases mais on dirait qu’il vous manque quelques concepts pour bien saisir ce qu’il dit, d’où invoquer l’IA.
Améliorer sa trajectoire trop sinueuse: abaisser sa volatilité ajusté du rendement, il s’agit ici du ratio de Sharpe (rendement - taux sans risque / volatilité).
Hors oui, lorsque vous avez un meilleur ratio de Sharpe, ça se fait au sacrifice d’un moins bon rendement, typiquement le 60/40. Hors si vous prenez du levier, vous le retrouvez ce meilleur rendement: NTSG 90/60.
Répliquez ceci avec des actifs décorrélés type trend following et or.
Je vous invite à lire mon blog (fait avec l’IA) pour avoir une illustration pratique.
J’ai utilisé les données historiques de KMLM, un des fonds de managed futures les plus anciens dont la stratégie est publique. Je reconnais que la reconstruction entre 1970 et 1988 est discutable, elle est faite par mes soins. Mais je suis un peu maso : si je me limite à 1988 (donc à des données réelles), l’écart avec/sans MF est du même ordre :
| Portefeuille | Sharpe sans MF | Sharpe avec MF |
|---|---|---|
| Risk-parity | 0,70 (−16%) | 0,76 (−11%) |
| Markowitz robuste | 0,64 (−16%) | 0,74 (−12%) |
| Markowitz naïf | 0,50 | 0,58 |
| 1/N | 0,70 | 0,76 |
| 100 % actions monde | 0,42 (−54%) | — |
Sur le biais de sélection du manager par contre, c’est tout à fait vrai, c’est difficile de le choisir a priori, et il existe peu d’historiques d’autres gérants pour le corriger. On aurait aussi pu prendre DBMF, mais il performe encore mieux (sur un historique plus court, ceci dit) : Portfolio Backtester for ETFs and Asset Allocation | testfolio.
Nous avons peut-être une définition différente alors. Et j’ai peur que, dans ce que je lis de ces modélisations faites il y a quelques années, elles ne soient victimes d’overfitting, ce qui peut tout à fait expliquer la sous-performance lors de l’application sur données réelles.
Quand je parle de données non observées, je parle d’estimer les rendements/corrélations/volatilités sur l’historique observée jusqu’à un certain pas de temps (disons septembre 2000), puis regarder la performance sur le pas de temps suivant (entre septembre 2000 et 2001, donc). Et « d’avancer » comme cela jusqu’à aujourd’hui. C’est, à ma connaissance, le processus d’évaluation le plus proche de ce qu’un investisseur aurait pu faire en pratique[1]. Mais estimer la performance sur la même période que celle utilisée pour calculer l’estimateur de rendements/volatilités/covariances, aura nécessairement un biais optimiste.
Enfin, il y a possiblement une autre cause qui pourrait expliquer la sous-performance des modèles dans les années 2000, et qui est déjà légèrement illustrée dans le fil de discussion. Le portefeuille 1/N provient de ce papier : DeMiguel, V., Garlappi, L., & Uppal, R. (2009). Optimal versus naive diversification: How inefficient is the 1/N portfolio strategy?. The review of Financial studies, 22(5), 1915-1953.
Il se trouve que ces auteurs montrent que si l’on considère une optimisation avec un nombre d’actifs trop grand par rapport au nombre d’observations, alors une diversification naïve type 1/N est plus efficace que la majorité des méthodes d’optimisation. Dans ce cas, l’erreur d’estimation, causée par un historique pas assez profond, l’emporte sur le gain lié à la méthode d’optimisation. Mais cela s’inverse à partir du moment où l’on a : \frac{N}{25} * 3000 mois d’observation, N étant le nombre d’instruments sur lesquels l’optimisation est faite. Avec les 4 actifs, nous sommes exactement, en 2026, au moment où les données commençant en 1988 devraient commencer à produire des résultats supérieurs à une diversification naïve[2], c’est encore plus le cas pour des données commençant en 1970. Mais en 2000, il n’y avait clairement pas assez de données pour que ces modèles aient une chance de fonctionner.
C’est assez rigolo de lire ça :
quand on avait lu ça en haut de ta présentation ![]()
Ce que tu appelles « ménager la chèvre et le chou » s’appelle en réalité de la nuance.
C’est très utile pour parler de choses complexes qui ne se résument pas à « cébien ou cépabien ? ».
Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on n’a pas encore les connaissances pour comprendre entièrement une argumentation que ça l’invalide. La finance personnelle est une matière qui s’aborde avec patience et humilité. Et parfois avec l’honnêteté intellectuelle de réexaminer des convictions qui datent de 25 ans en arrière et qui ont été forgées dans un autre contexte.
Satisfaire un comité d’administrateurs pour garder son job, ou réfléchir à ce qui est le plus bénéfique pour l’épargnant individuel, ce sont 2 objectifs bien distincts. La bonne conclusion pour le 1er objectif n’est pas forcément la bonne conclusion pour le 2e.
Julie Robert, 3e flocon en 1998
Hello,
Oui dans le cadre d’un post où je me présente factuellement j’ai utiilisé un LLM (Gemini, c’est top) pour écrire la description de mon profil avec pour entrée divers sources dont mon CV. A priori cela se fait sans biais et les LLM sont bien adaptés pour se faire.
Dans le cadre des posts de développement d’idées personnelles et notamment sur les Managed Futures j’ai préféré ma prose sans l’aide de LLM pour éviter certains écueil tels que je les ai énumérés dans mon post précédent. Je pense aussi qu’un prof de fac fait écrire des dissertations à ses élèves sans l’aide de LLM.
Le fait que tu me cites en extrayant cette phrase sans contexte n’est pas très fair et a pour objet de me faire du tort. C’est gagné, dommage.
Quant à m’opposer le concept de nuance pour répondre à ma critique du post précédent. J’invite les lecteurs à se faire leur propre opinion. Maintenant est-ce vraiment légitime et fair de m’opposer le terme de « nuance » à la critique d’un post où l’on soulève qu’il y a des contradictions en filigranes de tout l’article. C’est un peu facile. Sous prétexte de la nuance et de la modération on peut dire tout et son contraire dans le même paragraphe et en conclusion ? Vraiment ? Donc lors du prochain débat politique si l’on ne comprend rien d’un candidat qui ménage la chèvre et le chou et carresser tout son électorat en disant tout et son contraire il pourra légitimement afficher à la barbe de son électorat : « Vous ne m’avez pas bien compris car je suis nuancé » !
Je ne pense pas qu’honnêtement cela soit fair de m’opposer ce terme.
Quant au soulignage ironique de ton troisième flocon en rapport à l’affichage de ma désignation professionnelle CFA :
Pourquoi j’utilise ma désignation professionnelle CFA dans un forum consacré aux finances personnelles ?
Elle a pour objet de souligner que je suis titulaire d’une désignation dans l’univers de l’investissement qui apporte une information à mes lecteurs. A savoir que je dois me soumettre aux best practices et aux règles d’éthiques et de déontologie les plus élevés dans l’univers de l’asset management et que j’ai au moins 3 ans d’expériences professionnelles à minima. Il me semble que CAYAS est un site qui a trait un peu à cet univers d’où l’utilisation de ce titre. Bien entendu, il serait incongru de l’utiliser dans un groupe de discussion sur le chocolat ou le café. De même que ton troisième flocon (mais c’est un clin d’oeuil sympa) est incongru dans un groupe de discussion sur les actifs financiers comme CAYAS. En revanche je te souhaite bonne chance pour la Flèche d’Or : pas facile à obtenir.
A noter que sur le dernier podcast de Cayas sur Youtube consacré à Philippe Maupas. Quand il a été question de l’obtention du CFA par Philippe Maupas, l’interveweur de CAYAS a moins fait preuve d’ironie que toi et ne lui a pas répondu s’il avait également obtenu son brevet de natation. Preuve que cela faisait sens dans le cadre de la discussion.
Merci pour tes remarques marquées du bon sens et de la bienveillance en conformité avec la politique de communication et de bonnes pratiques de CAYAS.
Hello,
Merci pour votre réponse. Elle est très claire.
Je comprends mieux votre méthodologie. Elle fait sens et effectivement sur la question du traitement des données en l’état cela semble dépourvu du risque d’overfit. J’ignorais la formule N/25 * 3000 m observation. L’article de Garlappi et Uppal est très célèbre chez les Quant. Je me souviens avoir été assez surpris de la conclusion mais n’avais pas compris la méthodo utilisée pour y arriver. Mais vous me l’avez rendu plus clair quant à sa portée. Merci.
Grégory Molinaro, CFA
Merci d avoir répondu à ma question sur les managed futures même si cette dernière à provoquer plus de remous que je n’ aurais imaginé.
Je voulais votre avis car vous êtes un professionnel et quelqu un de diplômé dans le secteur de la finance ( j avoue avoir cherché sur gemini la signification de CFA).
Votre réponse est claire et laisse à réfléchir.
Il est vrai que les réponses de membre de Cayas sont souvent compliquées et laissent souvent plus de doute que de convictions.
Je ne pense pas être le chips la moins craquante du paquet mais souvent j ai beaucoup de mal à me faire un avis car je ne comprend pas les réponses. Les sujets demandent des recherches personnels et l approche de cayas se veut scientifique mais j ai parfois l impression d’ être exclu par un discours élitiste
L approche de Cayas change de ce qu on entend sur internet et c est très bien. Des sujets sur le levier et les diversifiants sont traités et c est super. Mais j ai l impression que ces sujets deviennent vite des usines à gaz et finalement l investisseur qui désire rester simple se noie dans tout celà.
Je note également que le syntaxe et le ton des vidéos Cayas est plus grand public que le forum , et c est dommage.
Tout ceci ne me fais pas passer Cayas+
Et je profite de la contribution d’ un CFA pour clarifier tout celà
J aurais voulu avoir l avis sur le levier notamment via des etf x2 (et libérer de la place pour des diversifiants ) mais j’ ai peur d alimenter encore plus la poudrière.