FIRE, Barista FIRE : comment gérez-vous, au delà de l'aspect purement financier?

Alors avec un peu retard :sweat_smile:

Pour le regard de la famille, il faut connaître mon contexte : chez moi, on ne parle quasiment jamais d’argent. Je n’ai jamais connu le salaire de mes parents, et ils ne m’ont jamais dit précisément ce qu’ils possédaient. On peut toujours se faire une idée par approximation, mais ce n’est tout simplement pas un sujet.

Quand j’ai vendu ma boîte, j’ai seulement dit que je l’avais bien vendue et que cela me donnait désormais un peu plus de liberté. Je n’ai jamais annoncé que, en théorie, je pouvais déjà arrêter de travailler.

Comme j’ai presque immédiatement repris une activité de consultant, je pense que ma famille et mes amis m’a simplement rangé dans la catégorie “actif qui a bien réussi”, plutôt que dans celle de “jeune retraité potentiel“. Chacun met derrière “bien réussi“ les chiffres qu’il veut, et cette ambiguïté me convient très bien.

J’ai vraiment l’impression que ce qui crée un fossé avec l’entourage, ce n’est pas vraiment la différence de moyens surtout que je n’ai pas un mode de vie extravagant. C’est surtout le changement de statut social : actif vs passif / retraité c’est juste pas la même vie. En continuant à travailler, même un peu moins, j’ai évité une grande partie de ce décalage.

Depuis cette année, les choses commencent par contre à un peu “s’éclaircir” pour mes proches. J’avais déjà aidé financièrement certains membres de ma famille à plusieurs reprises. Mais là je ne cache pas non plus que je travaille à organiser le don d’une partie importante de mon patrimoine, puis à construire une démarche pour aider (et inciter!) d’autres personnes disposant d’une marge financière importante à se poser les mêmes questions et à donner davantage de manière réfléchie.

Forcément, cela rend progressivement plus visible le fait que ma situation financière est assez inhabituelle.

Pour revenir au sujet initial, maintenir une activité professionnelle, même lorsqu’elle n’est plus nécessaire financièrement, me semble vraiment être un énorme avantage dans la relation avec l’entourage. Il ne faut pas sous-estimer à quel point notre vie sociale d’adulte, nos conversations et même la manière dont les autres nous situent sont structurées autour du travail. Avoir une étiquette FIRE c’est vraiment pas évident…

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J’ai hésité à intervenir sur cette discussion car je n’avais pas vraiment d’éclairage à apporter aux questions initiales de Frank et puis je me suis dit qu’une expérience différente pouvait intéresser :wink:.

Je suis Barista Fire puisque je suis passée à temps partiel il y a quelques années. De ce fait, je n’ai pas les considérations qu’il a sur les aspects économiques et financiers : mon salaire actuel suffit à nous faire vivre, je continue de cotiser pour mes droits maladie et retraite. Si je n’avais pas eu d’enfants, je serais probablement passée à Fire complet (ce n’est pas un regret, juste un constat).

Mon entourage sait évidemment que je travaille à temps partiel et que mon salaire suffit à couvrir les dépenses de la famille mais ne connaît pas totalement ma situation financière. Je reconnais que je reste discrète à ce sujet, à la fois volontairement, dans l’idée de ne pas narguer (ou donner l’impression de narguer) des personnes qui seraient moins bien loties et involontairement, parce que ce n’est pas un sujet qui est évoqué parmi mes relations (hors famille proche au sein de laquelle nous sommes plus ouverts).

Cette situation de Barista fait que mon changement passe inaperçu socialement puisque, finalement, c’est tout comme avant, avec juste moins de salaire, donc je n’ai pas de regard particulier sinon de l’envie (la plupart de mes amis et des collègues de ma génération aimeraient en faire autant et probablement les plus jeunes aussi).

Cela dit, je ne sais pas si c’est lié à ma personnalité ou parce que je suis une femme (probablement un peu des deux) : j’accorde une valeur très faible, sinon inexistante à mon statut professionnel/social, etc. et je me fiche assez royalement du statut que j’occupe aux yeux du monde. Je sais bien que la société marche avec des cases mais, en fin de compte, ce n’est pas mon problème, c’est celui de ceux qui mettent les gens dans les cases.

Pour ce qui est de mes compétences pro, elles s’amoindrissent. Cela fait un certain nombre d’années que je n’apprends, ne découvre plus rien et que je m’ennuie (ce qui a motivé en partie mon passage à temps partiel). Hormis la première partie de carrière où j’ai pu me développer, je gère depuis longtemps mon enrichissement intellectuel et mes compétences en dehors du travail.

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Merci pour ton retour et content que tu te sois décidée car c’est très intéressant !

Sans avoir franchi le pas, je ressens déjà cette situation sur le plan pro, d’où ma réflexion des derniers mois…

Il faut maintenant que j’arrive à me détacher du « statut professionnel » mais ce n’es pas évident quand on hérite de rien et qu’on l’a construit de A à Z.

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Oui, j’imagine bien : il y a cette notion d’accomplissement qu’on peut/doit avoir dans cette situation. Et passer de l’image du gars qui « a réussi » à, potentiellement, celle du dilettante qui « se la coule douce » est certainement une mise à jour radicale du système de pensée. Mais, justement, ce ne sont que des images :wink:. Projette-toi à la fin de ta vie et demande-toi comment tu aurais envie que l’on parle de toi à ton enterrement (le gars qui a fait une bonne carrière ici ou là ou celui qui a accompli ses aspirations, quelles qu’elles soient -passer du temps en famille et accompagner ses proches dans leur développement, voyager, s’investir dans telle ou telle activité bénévole…). Ceux qui t’aiment te souhaitent épanoui, les autres on s’en fiche.

D’après ce que j’ai compris, ta situation financière est plutôt favorable : une fois bien bordés les aspects matériels pour les 30-40 prochaines années, si tu as l’opportunité de partir en fire (ou en barista) pour sortir d’un parcours pro qui commence à patiner, je ne peux que t’y encourager. Pour ma part, ça m’a changé la vie : ne serait-ce que psychologiquement, c’est extrêmement gratifiant de passer plus de temps à faire ce qui m’intéresse que de jours d’ennui au boulot.

Pour ce qui est de la crainte de perdre en compétences côté pro, c’est inévitable en sortant de la roue :hamster:. Soit tu peux (et tu souhaites) la maintenir en indépendant et à ton rythme, soit non et, de toute façon, tu auras certainement l’occasion de développer d’autres compétences si tu le souhaites (ou de te la couler douce, si tu préfères !).

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Bonsoir,

J’ai un peu hésité à intervenir dans cette discussion, ne me sentant pas forcément légitime sur ce sujet. Mais après tout, certains aspects de mon expérience parleront peut-être à quelques-uns.

Tout d’abord, mon sentiment de décalage vient du fait que je suis un représentant d’un Barista FIRE très… « cheap » :grinning_face_with_smiling_eyes:. D’ailleurs, le concept même de FIRE m’était encore inconnu il y a peu, mes revenus modestes ne m’y destinant pas vraiment.

Pourtant, plusieurs raisons m’ont conduit, il y a quelques années, à passer à temps partiel : une fatigue chronique, un désintérêt grandissant pour un métier qui se dégrade, une envie de me réorienter, ainsi que le souhait de construire une vie davantage centrée sur des plaisirs simples. En faisant un rapide calcul, je me suis rendu compte que mes revenus locatifs, additionnés aux revenus de mon capital, me permettaient déjà de couvrir plus des 3/4 de mes dépenses courantes : ce fut le déclic.

Ce choix n’a jamais été caché. Ma famille, mes proches et l’ensemble de mes collègues étaient au courant dès le début de la démarche. Cela m’a valu quelques critiques, souvent dans mon dos. Pour certains, ralentir le rythme à un peu plus de 30 ans relevait simplement de la fainéantise. J’ai également perdu certaines habilitations, notamment mon statut de formateur au sein de l’entreprise.

En contrepartie, les bénéfices ont largement dépassé ces désagréments. Je me sens en meilleure forme physique, beaucoup plus détendu (rien à voir !) et intellectuellement davantage stimulé. J’ai ainsi pu suivre cinq années d’études en parallèle de ma vie professionnelle, passant du Bac à un Master, ce qui m’ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

La cerise sur le gâteau, ce sont sans doute les congés qui s’accumulent beaucoup plus rapidement. Ils me permettent de profiter des deux mois de vacances estivales. Mon enfant peut ainsi m’accompagner dans la famille à l’étranger, découvrir une autre culture à un âge où cette ouverture est particulièrement enrichissante… et, accessoirement, échapper aux canicules de l’Hexagone !

Au final, le regard parfois médisant de quelques personnes ne représente vraiment pas grand-chose au regard de tout ce que cette décision m’a apporté, à moi comme à mes proches. Comme le disait une ancienne publicité Mastercard, il y a certaines choses qui ne s’achètent pas.

Cette baisse de revenus a également eu un autre mérite : elle m’a obligé à être beaucoup plus rigoureux dans la gestion de mes finances personnelles. Paradoxalement, en étant devenu plus méthodique et pragmatique, je me sens aujourd’hui bien plus serein sur ce plan.

Pour finir, je ne peux évidemment pas répondre à toutes les interrogations soulevées dans cette discussion, notamment celles concernant « l’employabilité ». N’étant pas CSP+, mon éventuel retour à temps plein ne poserait sans doute pas de difficulté particulière. Et comme disait Clarine, franchement, les cases où on peut nous mettre, de toutes façons, peu importe… J’espère simplement que ce retour se ferait dans un environnement très différent de celui que j’ai connu jusqu’à présent.

Bref, ma situation est particulière et probablement assez différente de celle des autres intervenants, mais une conclusion s’impose : passer à temps partiel est l’une des meilleures décisions que j’aie prises jusqu’à présent.

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Ta remarque me fait penser à une discussion avec un FAT FIRE qui a passé le pas en fin de carrière (arrêt complet du travail tout en conservant un haut niveau de vie). Il était satisfait de sa situation et m’a partagé 2 constats :

  • Il aurait pu partir plus tôt, mais son employeur lui a fait une proposition difficile à refuser. Il m’a confié qu’avec le recul il aurait préféré arrêter plus tôt (même s’il aimait ce qu’il faisait)
  • Cela lui permet de mieux profiter du temps passé avec les autres, de s’intéresser réellement aux gens, à sa famille, etc. Avant, la pression du travail faisait qu’il n’était jamais vraiment disponible à 100 %
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