[Ask Me Anything] Guillaume Flament, responsable scientifique chez Cayas 🔬

Hello tout le monde !

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous annoncer que Guillaume Flament rejoint l’équipe Cayas en tant que responsable scientifique ! :tada:

Un power ranger violet vient renforcer Capy et ses sbires :

Son rôle : affiner nos modèles d’allocation et mener de la recherche scientifique appliquée à l’épargnant français.

Et cerise sur le gâteau : il a accepté de se prêter à un Ask Me Anything :folded_hands:

(je vous jure que je n’ai pas eu à le forcer autant que @vincent.p pour enregistrer une vidéo YouTube :face_with_tongue:)

Son parcours est impressionnant : ingénieur de formation, il a poursuivi avec une thèse à l’ENSAI en mathématiques appliquées, sur l’intégration du risque climatique en finance (le genre de sujet où tu jongles avec la VaR et des distributions conditionnelles :exploding_head:). Il a ensuite mis ses travaux en pratique dans de grandes banques françaises, dont le Crédit Agricole, en développant des outils de stress-tests climatiques et de modélisation des risques appliqués aux particuliers, agriculteurs et professionnels.

Bref, il combine rigueur académique, expérience terrain et passion pour les défis complexes, le tout avec une vraie envie de vulgariser.

:backhand_index_pointing_right: C’est l’occasion rêvée de lui poser toutes vos questions !

Je commence : @Guillaume, alors comme ça, tu serais partant pour devenir le Ben Felix français ? :wink:

Ă€ vous de jouer :backhand_index_pointing_down:

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Pas de pression, @Guillaume. :laughing:

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Absolument personne ne m’a forcé, ni intimidé :scream:

Je commence : @Guillaume, alors comme ça, tu serais partant pour devenir le Ben Felix français ? :wink:

Je suis un fervent convaincu qu’un profil dans ce genre manque cruellement dans le paysage français. L’envie de vulgariser des concepts issus d’articles de recherche traitant des problématiques autour de la finance perso en m’inspirant de ce qu’il fait est bien présent, par contre, il y aura beaucoup (beaucoup, beaucoup …) de travail avant d’arriver à son niveau :slight_smile:

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Hello !

C’est drôle, la première fois que j’ai entendu parler de ce type de job c’est dans la série This is us.

SPOILER ALERT : Le personnage se présente à la présidentielle à la fin de la série

Hasard ? Coïncidence ? Je ne crois pas… Mais je ne suis aussi doué que Guillaume avec les probas ^^

En attendant l’élection, je souhaite donc à Guillaume le meilleur chez Cayas !

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C’est exactement ce que dirait une personne qui…

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Bonjour Guillaume

Tu es le bienvenu. Cv et compétences impressionnantes. Je pense que les opportunités ne manquaient pas donc félicitations à l équipe Cayas de t avoir convaincu de rejoindre l aventure. J imagine que Vincent a déjà des idées pour faire de Cayas bien plus q u un optimiseur de portefeuille.

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Il faut que je me restreigne, mais Guillaume me provoque à me dévoiler ses heat maps à tout bout de champ. :grin:

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… que je trépigne d’impatience de partager sous forme d’articles et de vidéos :nerd_face:

Il a plein d’idées de recherche inédites dans le contexte de l’épargnant individuel, et a fortiori français :

  • La maximisation de l’utilitĂ© en fonction des projets de vie dĂ©finis (project based ou goal based) plutĂ´t que dans l’absolu.
  • Illustration du compromis entre AV et CTO selon les frais de gestion et le rendement de l’allocation.
  • @Guillaume , tu as d’autres avant-goĂ»ts Ă  partager ?

Hâte !!

Faut pas me tendre la perche comme ça Nicolas, je vais pas vous lâcher sinon. Deux sujets où j’aimerais pouvoir contribuer :

Un premier sujet qui me tient à cœur est la prise en compte du risque extra financier, je suis convaincu que les risques liés au changement climatique ne sont absolument pas intégrés dans les prix, et je suis aussi convaincu de l’inefficacité des solutions proposées sur le marché pour les particuliers. On doit pouvoir faire mieux.

Le deuxième sujet, que j’aimerais aborder un jour bien que cela me sorte de ma zone de confort, est l’aspect psychologique de l’investissement. La finance personnelle est un sujet souvent abordé de manière très froide, à travers des chiffres, des espérances de rendement, la volatilité ou des corrélations. Mais le facteur psychologique joue un rôle immense dans la mise en action. Il aurait été montré que les personnes plus heureuses ont tendance à plus détenir d’actions et s’estiment généralement moins averses au risque.

Pour approfondir, la source se trouve ici : https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=5395992

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Bien d accord d un côté l appréciation du risque est fondamentale mais de l autre en tant qu investisseur on est à l age de pierre et au doigt levé. Au final on a pas de mesure objective du risque. La vérité c est qu on le determine à posteriori une fois l allocation optimale calculée. Alors on se dit zut 95% d actions c est trop risqué, j augmente mon aversion au risque en conséquence . J imagine que ca doit pas mal se frotter les neurones pour utiliser l’ I A pour aider l investisseur à mieux calibrer son niveau risque. Je pense que c est la partie la moins développé de la littérature financière. Merton a posé son γ et vogue la galère.
A partir de l article que tu as cité on doit déjà pouvoir calibrer un modèle de risque standard en fonction des variables proposées dans ce papier. Cayas offrirait un vrai plus en proposant un algo pour une meilleure objectivation du risque. Allez je vais finir mon café. Mon chat m a réveillé trop tôt…

Je pense que le problème sous-jacent, c’est qu’on est bourré de biais cognitifs ET qu’on ne peut pas prédire le futur.
On passe notre vie en mode heuristique, et on ajuste notre tolérance au risque par la réalisation de celui-ci, de manière complètement décorrélée de sa probabilité de réalisation future.
C’est très sous-optimal pour l’investissement financier, mais c’est une approche valable statistiquement pour survivre : sur-pondération d’aversion à la perte par défaut, et encore plus là où le risque se réalise. C’est flagrant en accidentologie, et ça marche très bien à l’échelle d’un groupe.

Je ne pense pas (conviction perso) qu’il soit possible de déterminer γ de manière fiable à priori.
Il faut se frotter à un krach, à l’expérience de la vie qui va dans le mauvais sens, pour savoir comment tu réagis à ce moment-là.
Puisqu’on n’est pas des machines, et encore moins des machines avec un comportement stable dans le temps, ça me semble impossible de modéliser cet aspect autrement que de manière un peu naïve avec une lettre grecque et un curseur :person_shrugging:

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Je pense qu’on peut aller plus loin en montrant l’éventail des possibles à la personne au travers de simulations avec sa situation et ses projets, puis en lui demandant de confirmer ses préférences après avoir consulté quelques exemples typiques.

Et bien sûr, un bon gros crash est une bonne opportunité d’ajuster ses priors. Faut’ juste espérer que ça arrive tôt dans sa vie. :sweat_smile:

Même bancal, le bon vieux gamma est toujours intéressant comme point de départ : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

Il y a un monde entre imaginer comment on va réagir, et vivre la situation, même en étant préparé.
D’autant plus quand il s’agit d’un truc aussi viscéral.

Sans oublier qu’en cas de krach, c’est pas juste le portefeuille qui plonge, mais aussi toutes les news, tous tes feeds, qui te parlent de la fin du monde.

Oui clairement :slight_smile:
Comme dans l’accidentologie d’ailleurs ^^

Bienvenue!

Pas de question mais plutĂ´t des commentaires positifs

Profil très impressionnant, je n’ai absolument pas le bagage pour apprécier à sa juste valeur mais je suis impatiente de voir quelles contributions tu vas faire à la mayonnaise Cayas!

Je suis intéressée par l’aspect psychologique et comment quantifier tout ça à priori plutôt que à posteriori

bonne aventure!

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Non bien sur, on parle d’approximation. Je me réfère toujours au livre de Daniel Kahneman, Thinking Fast and Slow. I y a ce chapitre Intuition vs Formules ou il est démontré que "pour maximiser la précision d’une prédiction , les décisions finales devraient etre laissées aux formules spécialement dans des environements avec une validité basse. (typiquement le cas de la détermination du gamma).

Je pense qu’on peut proposer un scoring après réponse à un ensemble de question, age,sexe,patrimoine, #enfants, #accidents, #faire construire vs acheter un bien existant, manger tous ses chocolats de noel ou les faire durer quand on était petit, etc…
ensuite on permet d’ajuster manuellement. Une petite expĂ©rience amusante serait de faire un questionnaire avec les « cayasseurs Â» en leur demandant en premier d’évaluer leur gamma et ensuite de comparer leur gamma avec leurs comportements vis a vis du risque.

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Hello Guillaume, bienvenue !

Hâte des futurs contributions sur la prise en compte du risque climatique.

Est-ce que tu intègres ces critères extra-financier dans les choix d’allocations de ton portefeuille ?

Merci beaucoup pour tous vos messages, sacré accueil :sweat_smile:

Le risque climatique n’est pas malheureusement pas (encore ?) un critère central dans ma stratégie d’investissement, si ce n’est par mon choix de privilégier les ETF d’Amundi. Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est leur engagement lors des assemblées générales, où leurs votes peuvent influencer les décisions des entreprises.

Je reste sceptique quant Ă  l’efficacitĂ© des fonds labellisĂ©s, qu’ils soient construits sur le principe du « best in class Â» ou sur des logiques d’exclusion. Pire, je crains que ces approches ne fassent qu’aggraver le problème. Laisser l’actionnariat des entreprises les plus polluantes entre les mains d’investisseurs indiffĂ©rents au climat ne favorisera pas la transition Ă©cologique.

Pour attĂ©nuer le dĂ©règlement climatique, il ne suffit pas d’augmenter la part « verte Â» dans l’économie. L’enjeu principal, et souvent nĂ©gligĂ©, est de rĂ©duire la part « brune Â» : la quantitĂ© de gaz Ă  effet de serre Ă©mise chaque annĂ©e. C’est bien cette dernière qui dĂ©termine la vitesse de rĂ©chauffement de la planète, et non la proportion relative des activitĂ©s vertes ou brunes. Augmenter la part verte sans rĂ©duire les Ă©missions brunes pourrait mĂŞme s’avĂ©rer contre-productif, si cela s’accompagne d’une hausse globale des Ă©missions.

Pour y parvenir, il me semble primordial que les entreprises polluantes soient détenues par des actionnaires conscients des enjeux climatiques et capables d’influencer leur stratégie en profondeur. Or, c’est précisément ce que les fonds labellisés ne permettent pas, bien au contraire.

Je pousserais même l’idée plus loin : j’aimerais voir émerger un fonds qui ciblerait systématiquement les entreprises les plus polluantes, non pour les exclure, mais pour y prendre des participations les plus significatives possibles et exercer une pression active sur leur management. avec comme objectif de transformer leurs stratégies de l’intérieur, là où l’impact serait le plus fort.

Mais un tel fonds n’existe pas à ma connaissance. Et même s’il voyait le jour, je doute que le marché des investisseurs prêts à s’engager dans cette voie soit assez large pour le rendre viable…

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Bienvenu Guillaume. Content de voir que Cayas a réussi à pourvoir son profil de mouton à cinq pattes :slight_smile: !

Par curiosité, j’avais des questions sur la recherche académique en finances personnelles: quels sujets font consensus? quels sujets sont actifs niveau recherche? quelle est l’approche de Cayas pour choisir ce qui est intégré dans les outils?

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Bienvenue !

Tu abordes là des sujets extrêmement intéressants et qui me tiennent à coeur, hâte de lire plus de messages là-dessus.

Je me prête au jeu : qu’est-ce qui t’horripile le plus dans les produits et/ou les conseils financiers que tu vois ?

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@Guillaume Bienvenue chez Cayas, j’ai une question pour toi :

  1. Penses-tu que l’ESG serve l’intérêt qu’il prétend défendre (améliorer l’Environnement, la Société et la Gouvernance grâce au boycott sélectif & votes pro ESG) ?