Retour devant la caméra de Guillaume Flament !
Guillaume est notre responsable scientifique chez Cayas, mais aussi un écolo convaincu — et un peu trop bien renseigné sur le sujet pour se contenter des discours marketing des fonds « verts ».
Sa thèse portait sur l’intégration du risque climatique dans les ratios de solvabilité bancaires, et il a depuis avalé des kilos de papiers académiques sur l’investissement responsable (au sens figuré, pas d’inquiétude).
On a donc débattu de la vraie question : peut-on vraiment investir en accord avec ses valeurs écologiques ?
Au programme :
Une critique des fonds ESG « exclusion » ou « best in class »
Son intérêt pour les Green Bonds et le vote actionnarial
OĂą placer le curseur sans se mentir
En bonus : deux-trois petites choses sur le parcours de Guillaume et ce qu’il va construire pour Cayas en 2026
À écouter en podcast sur Spotify et Apple Podcast
On est preneurs de vos retours. Vous avez aimé ? Pas aimé ? Vous n’êtes pas d’accord ? Dites-nous.
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Merci pour cette vidéo/podcast qui aborde un sujet important.
Est ce qu’il est prévu que cayas propose une allocation de portefeuille qui ne fait pas que maximiser le couple rendement/risque mais qui prenne en compte aussi l’additionalite de l’impact de nos investissements. Par exemple, investir dans du Lita même a une additionalité plus forte qu’une action qui vote pour les mesures esg de total ou autre mais n’a pas le même rendement/risque.
Je trouverais ça pertinent d’avoir une section éducative sur l’analyse de l’impact des différents investissements avec des échelles et des explications ( une sorte de debunking du greenwashing basé sur la recherche) . Ça amènerait peut être un autre public sur Cayas et ça améliorait peut-être l’impact réel des investissements en France.
Merci pour votre travail, vous faites déjà beaucoup
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Marine
Septembre 26, 2026, 7:02
5
C’est déjà le cas
Il y a une section dans le questionnaire profil investisseur qui vise à déterminer vos préférences de durabilité . Il y a trois niveaux, du plus neutre au plus volontariste :
Durabilité écartée. Cayas choisit vos instruments sur les seuls critères financiers. La durabilité n’entre pas dans l’arbitrage.
Durabilité bienvenue. Chaque fois que c’est compatible avec vos objectifs financiers, Cayas privilégie les gestionnaires avec des politiques de vote engagées et/ou des fonds qui promeuvent les caractéristiques ESG.
Durabilité engagée. Cayas oriente activement votre portefeuille vers des supports à la démarche affirmée, qui ont écarté les entreprises les plus polluantes ou les plus controversées. Ce niveau est le plus excluant : partout où c’est possible, on utilise des fonds qui promeuvent des objectifs de durabilité avec des labels, et/ou une politique d’exclusion sectorielle (Screened/CTB/PAB).
En conséquence, le couple risque/rendement de ces investissements est différent ; et peut nécessiter plus de friction arbitrages/fiscalité.
C’est toujours la même stratégie d’investissement : portefeuille diversifié investi sur le long terme avec des fonds indiciels larges. Donc non, on va pas te recommander du Lita ou des obligations énergétiques très localisées par exemple. Mais ! si tu décides de les faire de ton côté, c’est déjà possible de les renseigner dans l’outil (via des instruments personnalisés) pour qu’ils soient pris en compte dans le calcul de ton allocation.
Je peux nerder sur les SFDR si tu veux que je rentre dans les détails
Hello Marine et merci pour ta réponse !
Ça doit être une fonctionnalité réservée aux membres Cayas+ car je ne la vois pas dans mon profil investisseur. Je veux bien un lien si tu as ça sous la main.
De ce que j’ai compris, aujourd’hui, investir dans des fonds ESG qui interagissent uniquement avec le marché secondaire n’a qu’un impact réel très faible. Ça joue un peu sur leur coût du capital, mais à condition d’avoir une quantité très importante de capital qui est allouée, sinon c’est juste arbitré par quelqu’un d’autre sur le marché.
D’autre part, investir dans des entreprises avec de bonnes notes ESG, c’est investir dans des entreprises qui ont pris en compte ces risques dans la protection de leurs bénéfices ; ça n’implique pas forcément qu’elles réalisent des projets à impact.
Pour les fonds à vote actionnarial, ça peut avoir un impact, mais à condition aussi de voter au sein d’entreprises qui ont quelque chose à changer ou à améliorer, et où le changement est possible.
J’ai l’impression que ces labels de durabilité n’ont pour objectif que de rassurer le particulier sur le fait qu’il ne gagne pas des dividendes d’entreprises qu’il souhaite changer, voire voir disparaître, mais qu’au final cela n’a qu’une additionnalité très faible.
Marine
Septembre 26, 2026, 10:01
7
Oui Le questionnaire profil investisseur est une des démarches réglementaires du parcours conseil en investissement. Pour recevoir du conseil, il faut être abonné.
Comme l’explique Guillaume dans la vidéo, une entreprise peut émettre peu de gaz à effet de serre tout en ayant d’autres impacts négatifs. D’où la question : avec les outils disponibles, vaut-il mieux agir via les politiques de vote des gestionnaires ou privilégier les fonds à exclusion ?
Quand j’ai passé ma certification AMF Finance verte, j’ai été atterrée et déçue des limites du système actuel. Les standards restent bas : derrière l’étiquette SFDR 8, qui signifie simplement qu’un fonds « promeut des caractéristiques ESG », on trouve des réalités drastiquement différentes.
Aujourd’hui, les outils ne permettent pas vraiment d’aller beaucoup plus loin. On a soigneusement construit nos listes d’instruments, tout en laissant aux utilisateurs la possibilité d’adapter leur sélection grâce aux investissements favoris. Cayas n’a pas vocation à faire de la gestion active ni du stock-picking.
Personnellement, je pense que mes dons locaux et aux associations qui me tiennent à coeur ont aujourd’hui plus d’impact que mes choix d’investissement. D’ailleurs, grâce à la modélisation avec Cayas, j’ai pu augmenter mes dons parce que je sais que je peux me le permettre : je vois que, statistiquement, mes projets pourront être financés. Ça facilite l’arbitrage entre « dépenser aujourd’hui » et « dépenser demain ». ^^
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Doudzer
Septembre 27, 2026, 10:54
8
Sur la question d’investir via les politiques de vote ou avec des critères ESG, étant donné leur impact limité et difficilement mesurable dans les deux cas, je ne sais pas si cela répond vraiment à la problématique d’investir avec un impact écolo.
En prenant en compte cette incertitude et, comme tu l’évoques, les limites des outils qui existent, pourquoi ne pas chercher à proposer une stratégie qui soit réellement écolo ?
Quand je vois des posts de personnes comme ça sur r/vosfinances , je me dis que je ne suis pas le seul à vouloir faire ça. De plus, je me demande s’il n’y a pas davantage de personnes qui vont se retrouver dans cette situation (avec 9 000 milliards de grande transmission d’ici 2040).
Faire une stratégie cœur-satellite à impact : avec 60-80 % en cœur, axé sur la performance, le rendement et le risque, et 20-40 % sur des projets plus risqués mais à impact, sans pour autant être dénués de rendement (et potentiellement aider à comprendre/optimiser les avantages fiscaux qui atténuent les pertes).
Dans vos cours de théorie, vous ne recommandez pas ce type de stratégie actuellement, et je me demande s’il n’y aurait pas moyen d’en faire un parcours ? Puis de potentiellement adapter un peu l’outil pour présenter l’allocation satellite cible et l’adapter en fonction des résultats ?
J’imagine que si vous faites ça, on pourrait dire à n’importe qui qui cherche à investir en accord avec ses valeurs : « Va chez Cayas, c’est très bien expliqué et ils ont un outil optimisé pour que tu maximises réellement ton impact avec ton argent. »
Intégrer la notion de « durabilité » ajoute une deuxième couche de complexité qui n’est pas généralisable. Cela relève du conseil (si on ne veut pas traiter le sujet seul), chaque personne a sa propre définition d’« investir en accord avec ses valeurs » ou d’avoir un « impact avec son argent » pour reprendre tes mots.
Le modèle Cayas actuel repose lui sur des travaux académiques poursuivis depuis les années 1950 avec la théorie moderne du portefeuille. Cette construction sur plusieurs décennies a permis de créer une grammaire commune comprise par tous. Les sujets de durabilité en finance n’ont pas encore atteint ce niveau de maturité.
Même s’il est totalement possible de trouver des produits qui répondent à tes valeurs (avec possiblement une concession sur « l’impact », le rendement, la liquidité…) !
Comme le mentionne Marine, une approche possible passe par les associations. Si tu veux allier lutte contre le changement climatique et « impact mesurable », tu peux regarder : Mieux Donner sur le climat
Marine
Septembre 27, 2026, 4:39
10
Doudzer:
Dans vos cours de théorie, vous ne recommandez pas ce type de stratégie actuellement, et je me demande s’il n’y aurait pas moyen d’en faire un parcours ? Puis de potentiellement adapter un peu l’outil pour présenter l’allocation satellite cible et l’adapter en fonction des résultats ?
Oui, c’est prévu de faire une explication sur le fonctionnement / les limites de la finance verte (et comment détecter le greenwashing).
Comme le dit Valentin, c’est à partir des travaux sur la théorie moderne du portefeuille qu’est déterminée l’allocation stratégique , c’est-à -dire la répartition du portefeuille en différentes classes d’actifs optimisée en fonction du profil, du patrimoine existant et des projets de vie.
C’est sur la partie « mise en oeuvre concrète » qu’on a choisi d’appliquer les préférences de durabilité : en fonction de ses réponses au questionnaire profil investisseur, des instruments différents seront recommandés (SFDR, politique de vote, niveaux d’exclusion). On les a sélectionné avec soin, mais on reste limité par les règles du système juridique.
C’est pas notre métier, ni notre approche de l’investissement, d’aller étudier l’impact projet par projet, ou entreprise par entreprise. On conseille d’investir dans des grands fonds indiciels par classes d’actifs, donc on reste limité par le système juridique et par l’offre d’instrument des différents émetteurs de fonds.