Alternatifs liquides : trend following, managed futures, corporate arbitrage et autres joyeusetés

J’avais extrait des rendements approximatifs à partir de ce dashboard, de mémoire.

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Pour les market data j’ai CBOE Streaming Market Indexes (NP) et OPRA (US Options Exchanges) (NP,L1). J’ai beaucoup plus appris en manipulant les options et ça a nettement bénéficié à ma manipulation des box spreads désormais. Par contre ça n’est pour moi pas du tout une philosophie d’investissement mais beaucoup plus actif et risqué. Par contre le levier me semble disproportionné d’où le risque associé.

Effectivement le NTSG a déjà du levier tout comme DBMF d’ailleurs. Je prends ces assets plutôt extérieurement et je regarde leur corrélation, beta, volatilité face au benchmark puis entre chaque élément du portefeuille. Je trouve ça très difficile de définir sa tolérance au risque dans le levier, c’est à dire que ne pas prendre de levier revient à laisser du cash de côté, et vice versa.

L’avantage du levier manuel c’est qu’il se pilote au fil de ton lifecycle investing, il est théoriquement élevé lorsque ton capital humain reste lui-même conséquent et s’adoucit proche de la phase de consommation étant donné que le levier augmente la volatilité. L’avantage d’un Sharpe ratio élevé permet théoriquement de jouer sur la droite du CAGR / Vol en fonction.

Clairement Vincent explique ça très bien dans d’autres posts.

Le Winton me séduit beaucoup, je pense le joindre potentiellement sur mon CTO quand les parts à 50k$ seront disponibles à moindre frais, pour mon PER mon cœur va balancer entre ça et MSCI World x2.

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Ce sujet est définitivement mon préféré du forum Cayas :slight_smile:

Je te remercie pour ce retour d’expérience sur les data, c’est très clair. Ça confirme que pour manipuler des options le flux temps réel reste un investissement indispensable pour ne pas naviguer à l’aveugle.

Concernant l’architecture de ton levier, je comprends que tu utilises le levier externe pour ajuster ton exposition globale en fonction de ton capital humain. Magnifique.

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Pour ce que ça vaut, j’ai tenté de reconstituer un Winton global, déjà sur la courte période, mon global fonctionne à peu près

A l’échelle du Winton trend, ce qui nous intéresse, avec un poil plus de profondeur:

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Effectivement, la reconstitution a l’air de marcher !
Winton vend bien ce qui est écrit sur l’étiquette, on dirait. :grin:

Salut Vincent (@vincent.p), j’aurais quelques questions et demandes de précisions stp sur les investissements long terme et la gestion du levier :

  1. Cas du levier externe IBKR (Short Box Spread) : je suis tombé sur une vidéo expliquant le prêt synthétique utilisé par les pros, mais qui semble le déconseiller aux particuliers. Qu’en penses-tu ? Y a-t-il un montant minimum à emprunter pour que les frais/spreads n’effacent pas l’avantage du taux ? (Contexte : construction d’un Leverage Low Risk Portfolio type NTSG + diversifiants non corrélés, pour ajuster le levier au capital humain).

  2. Cas sans aucun levier externe (ni Box Spread, ni Margin) :
    Grossissons le trait : un jeune fonctionnaire de 24 ans (capital humain ultra-sécurisé), avec un PEA déjà plein (que je souhaite exclure stp pour simplifier, même si dans la pratique il faudrait raisonner sur le portefeuille total, j’en ai conscience). Pour limiter le risque d’exécution/assignation/roll short box, les frais de marge IBKR, ou pour d’autres raisons, ce jeune ne souhaite jamais avoir recours au levier externe. Sur son CTO, ce jeune hésite entre partir sur, soit :

  • 100% IWDA (ou IWDS)
  • OU, une approche sans levier externe type : 2/3 NTSG (soit environ 60% d’exposition actions et 40% obligations) + 1/3 actifs diversifiants.

Ma question : ce jeune ne subit-il pas un coût d’opportunité énorme (dans le deuxième cas) par rapport au 100% actions (60% actions seulement), ce qui irait à l’encontre du Lifecycle Investing à cet âge ? Pour utiliser une stratégie brillante type “NTSG + Diversifiants” sans levier externe, tout en gardant une espérance de rendement au plus proche du 100% actions, l’idée est-elle finalement d’aller chercher des diversifiants qui ont une espérance de rendement positive, voir agressifs (type Managed Futures : AQR Apex / DBMFE, Cat Bonds, …) pour compenser la baisse de la poche actions, tout en fuyant les actifs peu volatils à rendement réel faible comme l’or ?

Je te dis ça, car en lisant les posts Cayas, je vois plusieurs investisseurs qui réduisent la part de l’or / matières premières, voire l’enlèvent purement et entièrement, ce qui m’interroge sur le rationnel derrière !

EDIT :

Pour ce que ça vaut, voici ce que me donne cet outil :

Simulation 100% IWDA (actions)

Simulation 2/3 NTSG 1/3 diversifiants (34 MF, 33 MA, 33 GOLD)

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J’ai tendance à penser que si l’on a atteint le niveau de sophistication et de rigueur pour investir sur un portefeuille diversifié à levier, le fait de passer par des boxes au lieu (ou en complément) de levier interne à des fonds n’est pas un cap si difficile à franchir.

Une box chez IBKR, c’est 6€ de commissions. Sur une box de 10 k€ à 1 an, ça impacte le taux d’emprunt effectif de 0,06%. C’est peanuts. Même en faisant rouler les box trimestriellement ça resterait dans la plaque par rapport aux frais excédentaires d’un ETF à levier par rapport à sa version sans levier.

Donc tu es OK sur levier interne, mais pas externe ?
Ca peut se défendre car on a une réduction du risque opérationnel, même si elle n’est pas totale : si tu as du levier interne, tu dois rééquilibrer car ton allocation peut dériver vite, même si la (douloureuse) réduction de l’exposition en cas de baisse est gérée au sein des fonds.

Si en plus tu ignores ton allocation action en PEA (et la possibilité de générer du levier interne dessus), c’est un peu comme entrer dans le ring avec un bras attaché dans le dos !

Si ton PEA héberge ton allocation aux actions (avec une exposition actions qui peut aller jusqu’à x2), le CTO peut dès lors être moins volatil tout en ciblant lavolatilité de portefeuille globale de ton choix. Cela limite beaucoup les risque d’appel de marge tant que ton PEA contient une part très significative de ton patrimoine financier.

Nonobstant, revenons à ton dilemme : 100% actions VS 60% actions / 40% obligations / 30% autres trucs peu corrélés aux deux.

Le choix dépendra de tes hypothèses de marché, mais historiquement on tombe sur des résultats similaires à ta simulation : rendements similaires, mais Sharpe en faveur du mix diversifié sur plusieurs classes d’actifs.

On en revient à la question de fond : tes recherches t’amènent elles à penser que les primes de risque des obligations et de (certains) alternatifs et que les raisons pour lesquelles elles sont généralement décorrélées de celles des actions sont pérennes ? Si oui, la diversification t’évite de parier sur la primauté de la prime de risque des actions sur ton horizon d’investissement… Qui n’est jamais parfaitement connu.

Le coût d’opportunité serait de se contenter d’une volatilité cible de 10% dans un cas, alors qu’on est prêt à aller jusqu’à 15% dans l’autre. Inversement, l’espérance de rendement est similaire à un 100% actions, donc tu n’as pas vraiment de coût d’opportunité à choisir l’option « multi-asset » vs « full actions ». :slightly_smiling_face:

Cela dit, on peut aussi décider que le portefeuille multi-actifs contient d’autres formes de risque moins faciles à modéliser et cibler une volatilité intermédiaire, par exemple si le rendement attendu à (mettons) 12% de vol nous donne de bonnes chances d’atteindre nos objectifs.

C’est encore la question de l’évaluation des primes de risque : je peux comprendre pourquoi les obligations devraient générer des rendements sur le long terme, pour l’or c’est moins facile. Même si on peut compter sur la volatilité de l’or et être raisonnablement confiant dans le fait que ça sera peu corrélé au reste et donc qu’il y a de quoi récolter du rendement par rééquilibrage, on peut aussi se dire que l’inclure se fait au détriment d’autres classes d’actifs sur lesquelles on est plus convaincu.

Le capital et le levier sont des ressources limitées !

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Merci beaucoup pour cette réponse ultra détaillée !

Tu as raison, exclure le PEA du raisonnement est une erreur, c’était pour simplifier un peu la chose, et aller droit au but avec la comparaison 100% IWDA.

Tu confirmes par ailleurs ce que je pressentais : il est bien possible de s’approcher au plus près d’une espérance de rendement 100% actions, mais avec un risque moindre (et donc un meilleur ratio de Sharpe), en partant sur une stratégie type 2/3 NTSG + 1/3 actifs diversifiants. Le vrai cheval de bataille réside donc dans le choix de ces fameux diversifiants !

Puisque mon “espace de portefeuille” est contraint, je ne peux plus me permettre d’allouer une part précieuse de mon capital à des actifs de défense passive dont l’espérance de rendement réel est nulle (comme l’or physique ou les matières premières purement directionnelles).

En suivant ta logique, j’ai donc épuré mon brouillon d’allocation pour ma poche “diversifiants” (en complément de mon NTSG).

Pool Catégorie Fond ISIN Stratégie TER Perf. attendue Intérêt
1 Quantitatif (Trend Following) iMGP DBi Managed Futures (DBMFE) LU2951555403 Active (Réplication systématique) 0.75% Cash + 4% à 6% Capture la prime de tendance (Momentum). Moteur de performance décorrélé qui a tendance à exploser à la hausse lors des krachs actions prolongés
2a Quantitatif (Multi-Strat) AQR APEX UCITS LU2793907507 Active (AQR, systématique) ~1.40% + perf Cash + 6% à 8% Approche académique multi-facteurs (arbitrage, macro quant). Cible de rendement absolu nette de frais. Complémentaire à la macro discrétionnaire
2b Quantitatif (Macro) BH Macro (BHMG) GG00BQBFY362 Active (Brevan Howard, discrétionnaire) ~1.58% + perf ~8% à 10% Hedge fund Global Macro. Flair humain avec un historique exceptionnel d’amortissement en temps de crise. Coté en GBP
3 Réel (Commodity Carry) WisdomTree Enhanced Commodity Carry (CRRY) XS3022291473 Passive (règles, market-neutral) 0.40% Cash + 4% à 5% Capture le carry factor sans parier sur la direction des matières premières (long/short sur la courbe des futures). Rendement structurel positif
4 Assurance (CAT Bonds) KRC Cat Bond UCITS ETF (CATB) IE000UWJUW87 Active (King Ridge Capital) 1.28% ~7% à 9% Obligations catastrophes (ILS). Rendement lié aux risques naturels, totalement aveugle à la macroéconomie

Note : j’ai commencé à introduire la notion de “pool” afin de pouvoir faire du round-robin au sein d’une même stratégie, et ainsi mitiger le risque de gérant ou d’algorithme, et ce sans pour autant tomber dans la diworsification

EDIT :

La vidéo Cayas avec Pierre Debru (créateur NTSG) vient tout juste de sortir. C’est une vraie pépite. Coup de théâtre, on apprend que Pierre semble beaucoup apprécier l’or ainsi que les matières premières, comme actifs diversifiants. Or, je venais justement de les retirer de mon tableau d’actifs diversifiants du fait d’un rendement réel possiblement nul, suite à notre discussion. Une idée de pourquoi @vincent.p ? :slight_smile:

Question : dans une approche NTSG + diversifiant, est-ce qu’on ne veut pas, dans l’idéal, avoir un diversifiant qui puisse, au moins parfois, compenser une gamelle côté NTSG ?
Dans cette optique-là, peut-être que le cat bond n’est pas adapté : ça performe « normalement », et en cas de catastrophe ça perd (si je caricature), donc tu as aucune convexité par rapport à ton risque côté NTSG. :thinking:

C’est cette réflexion (un peu à la serpe, certes) qui m’avait fait éliminer cet actif dans mon approche leveragé

De ma compréhension actuelle, au contraire, les Cat Bonds sont des diversificateurs très intéressants car ils reposent sur des risques non financiers. Contrairement aux actions ou aux obligations classiques, leur performance ne dépend pas de la croissance économique ou des taux d’intérêt, mais de la survenue (ou non) d’événements physiques spécifiques.

D’un côté, un krach boursier ou une crise de la dette n’a aucune influence sur la probabilité qu’un séisme survienne au Japon ou qu’un ouragan touche la Floride. De l’autre, si une catastrophe déclenche le « trigger » d’un Cat Bond, la perte en capital est instantanée pour cette ligne, mais elle reste localisée géographiquement et n’entraîne pas de vente massive sur le reste de ton portefeuille NTSG. Le Cat Bond n’offre pas de « convexité » au sens où il ne grimpe pas en cas de panique, mais il offre une décorrélation, ce qui aura tendance à réduire la volatilité totale du portefeuille à rendement égal.

Seulement, j’ai encore quelques réserves sur la « boîte noire » technique des cat bonds. Mon doute principal porte sur le risque de modèle : les émetteurs s’appuient sur des modèles pour pricer le risque, mais avec le réchauffement climatique, le passé n’est plus un prédicteur fiable du futur. Si ces modèles sous-estiment la fréquence des événements extrêmes, l’investisseur est structurellement sous-rémunéré.

Ceci dit, même si personne n’est vraiment capable de craquer l’équation du risque de modèle, c’est justement cette part d’inconnu qui fait qu’on nous paie un rendement correct. En investissement, si tout était parfaitement prévisible, la prime de risque n’existerait pas.

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J’ai bien plus confiance en ta compréhension qu’en la mienne, donc je vais continuer à creuser :sweat_smile:

Cela dit, j’ai tendance à penser que l’intérêt d’un diversifiant vient pas uniquement de sa décorrélation (statistiquement, le cash est décorrélé de tout, j’en mets pas en portefeuille pour autant :grin:), mais aussi de son profil de risque.

Grossièrement, ce qui me rend frileux sur les cat bonds (alors que le rendement semble plutôt intéressant !), c’est que j’ai une queue à gauche mais pas à droite. Au mieux ils font rien en cas de crise, au pire si la crise coincide avec un événement climatique majeur ils ajoutent une perte au pire moment. C’est pas rédhibitoire, mais ça pèse dans ma réflexion.


Je suis totalement d’accord sur le risque de modèle, mais un point où j’irai peut-etre plus loin : l’incertitude provoque du rendement, c’est certain, mais ici l’incertitude est directionnelle, et on pourrait dire que ce n’est pas que de l’incertitude dans les modèles, mais un biais a la sous estimation. Ce qui voudrait dire qu’on est potentiellement sous rémunérés de façon systématique :thinking:

C’est ça les CAT Bond introduisent de la décorrélation structurelle parce que la source de risque est différente de celle des actions ou des souveraines. La convexité, c’est une corrélation négative conditionnelle : lorsque les actions krachent, l’actif convexe monte.

La convexité n’est malheureusement pas garantie ! Une chute très brutale peut mettre à mal une stratégie Trend qui s’appuie exclusivement sur des signaux lents, par exemple. Les options offrent de la convexité « contractuelle », mais le choix d’une couverture reste une affaire de compromis : si on prend des options trop loin de la monnaie où à long terme, on n’a pas le même explosivité en cas de krach. Si on veut se hedger de près et à des délais brefs, ça coûte un bras et a des chances de réduire significativement le rendement composé à long terme…

Donc la convexité, c’est bien, mais ça ne rend pas la bonne vieille diversification obsolète ! :grin:

Chaque obligation a un profil de risque avec une forte asymétrie négative : plein de petits gains et de rares grosses bananes. Mais ce risque est diversifiable car il n’y a pas de corrélation entre les séismes à Tokyo, les tempêtes à Brest et les ouragans à Miami. Cela permet de réduire l’asymétrie lorsqu’on est sur un fonds de CAT Bonds bien diversifiés.

Pour ce qui est de l’évaluation du risque climatique, n’oublions pas que ces obligations ne sont pas à long terme : on n’a pas besoin de parier sur la capacité des actuaires à évaluer le coût des risques climatiques à 50 ans, mais plutôt à 5.

Est-ce que le risque est bien rémunéré pour autant ? Difficile à dire !

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Salut,
Je me faisais la remarque qu’on peut peut-être considérer le Stock Yield Enhancement Program (SYEP) d’interactive broker (ibkr) comme un alternatif diversifiant.
Pour rappel, le SYEP permet à ibkr de prêter les actions (sur CTO) que l’on détient en échange d’une petite rémunération. Comme ce prêt sert principalement à parier à la baisse, on a tendance à être rémunérer lorsque les actions baissent ce qui offre un rendement, certes très faible mais corrélé négativement.

Max

Vous connaissez ce site ?

Je ne connaissais pas, par contre je m’y prends peut-être comme un manche mais je ne vois rien côté AQR, Campbell, Winton, etc.