Intéressant ! C’est dingue ce niveau de réserves : 152 Mds € pour les fonds euros, environ 11% des encours !
Dans une conversation récente avec une personne de l’AMF, j’ai cru comprendre que les assureurs avaient réussi à négocier avec le législateur de ne pas être contraints de reverser sous 8 ans la provision pour participation aux bénéfices.
Ce qui est beau pour eux, c’est qu’ils ne restituent que 85% des réserves aux assurés lorsqu’ils la reversent. Je ne sais pas si ce frais caché apparaît quelque part dans les récapitulatifs de frais des Assurances-vie.
Les chiffres sont éloquents. Passée entre 2021 et 2024 de 68,9 milliards à 53,6 milliards selon les données de la fédération France Assureurs, la provision pour participation aux bénéfices (PPB) des compagnies a diminué de plus de 15 milliards d’euros en trois ans. Elle retrouve ainsi peu ou prou le niveau qui était le sien fin 2018 (53,9 milliards d’euros), date à partir de laquelle les assureurs ont sensiblement renforcé ce matelas pour faire face à la chute inédite des taux obligataires qui étaient… négatifs en 2020 (− 0,1 %).
Pour mémoire, cette réserve permet aux compagnies de mettre de côté une fraction des gains financiers dégagés par le placement des sommes drainées par les fonds en euros, avant de les redistribuer aux assurés dans les huit ans qui suivent sa constitution (l’assureur est légalement tenu de reverser à ses clients au minimum 90 % des bénéfiques techniques qui résultent de la différence entre les cotisations et les prestations versées, et 85 % des bénéfices financiers).
« Notre étude fait ressortir un taux de PPB à 3,91 % des encours. Nous constatons que, pour l’ensemble du marché, le niveau moyen de taux de réserves globales des fonds en euros atteignait, fin 2024, 10,61 %, ce qui équivaut à 152 milliards d’euros. Ce taux était de 11,64 % un an plus tôt (168 milliards d’euros), de 11,68 % fin 2022 (170 milliards d’euros) et de 14,70 % fin 2021 (216 milliards d’euros). » Concrètement, cette réserve de rendement de 10,61 % signifie un soutien potentiel du taux servi aux épargnants de « 1,50 % par an durant sept années consécutives, à condition que les marchés actions et immobiliers ne baissent pas durant la période » , conclut Cyrille Chartier-Kastler.