Obligations : indispensable dans une allocation?

Le fonds dont tu parles m’a l’air d’être un fonds actif qui a pour benchmark un 50% actions World / 50% obligations Global Aggregate (avec la bagatelle de 1,9% de frais, ce qui n’est pas une paille à compenser par rapport à deux ETF que tu rééquilibre pour suivre ce benchmark).

Ça n’a pas grand-chose à voir avec un ladder d’obligations, qui consiste à évaluer combien tu veux récupérer de liquidités à différentes échéances (ex : 12k€ en 2026, 17 k€ en 2027… 41 k€ en 2050) et à prendre des obligations pour récupérer le montant requis à ces dates.

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Merci pour le retour.

Hello!

Merci pour le sujet, très intéressant échanges.

Pour ma part, ma poche obligataire (~40% de mon épargne mensuelle) est investie - hors cash sur livrets - moitié en Fonds € AV et moitié sur un fonds LifeStrategy 20/80 en AV.

Je me demande si je ne ferais pas mieux:

  • d’arrêter l’épargne sur Fonds € et LifeStrategy 20/80 et de basculer cette partie vers un ETF obligataire global type AGGH/VAGF en CTO
  • ou rester sur cette stratégie malgré les frais d’enveloppe

Dans ma tête c’était “le CTO tu vas être imposé à la Flat Tax, donc ça sera moins intéressant qu’en AV”. Après, il y a les frais d’enveloppe.

Mes questions seraient:

  • Que faire des sommes déjà investies (fonds € + LifeStrategy en AV? Conserver ou arbitrer?
  • Pour mes versements futurs, AV vs CTO pour la partie obligataire: quelle option serait la plus efficace fiscalement et financièrement?

Profil: 35 ans, marié, 2 enfants, propriétaire de ma RP (enfin avec la banque…), pas de grosses dépenses à venir.

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Hello @FM_3457 !

Voilà quelques billes pour t’aider dans tes réflexions :

Horizon
A 35 ans, tes enfants ne sont probablement pas bien vieux, je suppose ? Genre, encore une décennie avant d’avoir à te poser la question de financer leurs études ? Comme tu n’indiques pas de gros projets, je vais supposer que ce sera ton prochain gros décaissement.

Dans ce cas, tu as encore du temps pour ajuster ton allocation cible s’il s’avère que tes enfants auront besoin de plus ou moins d’aide, mais le but du jeu est de commencer à placer hors PEA à temps pour ne pas avoir à casser ce dernier si possible. Le PEA, tu essaiera de lui faire sa fête plus tard, mais idéalement avant de trépasser. :wink:

Une stratégie pour avoir de la liquidité sans casser le PEA serait d’orienter ton épargne vers des actifs pas trop volatils quelques années avant, quitte à aménager ton exposition aux actions en prenant un peu de levier (via des ETF en PEA) si tu t’éloignes de ton allocation cible. Pas parfaitement efficient, mais si tu peux éviter de piocher en PEA à 50 ans, c’est mieux.

Une approche encore plus funky et efficiente en termes de taxes consisterait à donner des titres que tu as en CTO à tes enfants pour qu’ils payent leurs études avec. Pas de droits de donation jusqu’à 100 k€ et pouf les plus-values latentes. En AV, il faudra nécessairement passer par la case fiscale. Si tu pars sur cette optique, tu peux carrément mettre une partie de ton allocation actions en CTO. C’est pas évident de calibrer le ratio idéal, par contre, vu que tu introduits une couche de risque supplémentaire. Il faudra qu’on calcule ça un de ces jours. :thinking:

Donc, fonds € ou obligations diversifiées ?
Un fonds € et un indice obligataire vont avoir peu ou prou la même espérance de rendement à long terme si on raisonne en net de frais et de taxes (y compris avec abattement, et encore en supposant que tu n’aies pas besoin de tirer plus que ce que l’abattement annuel ne permet). Pour l’obligataire, le « rendement à l’échéance » que tu peux voir sur les fiches des fonds te donne une estimation raisonnable du rendement composé que tu peux espérer pour un horizon entre 1 et 2 fois la maturité moyenne des obligations du fonds.

En gros, le fonds € contient généralement des actifs qui vont cracher un peu plus qu’un fonds obligataire diversifié, mais c’est globalement compensé par les frais supérieurs. L’intérêt c’est que la volatilité sera lissée entre tous les souscripteurs au fonds et dans le temps. Sur un horizon d’une dizaine d’années, il est raisonnable de se dire que 15% ou 20% d’actions (en PEA) et 80 à 85% d’obligations en CTO ont une forte probabilité de produire résultat au moins équivalent.

Tout déduit, dans les deux cas tu peux en gros espérer étaler l’inflation à un horizon de 10 ans.

Du reste, l’écart avec les livrets réglementés ne sera probablement pas gigantesque. La fiscalité réduit énormément l’attrait de l’obligataire / fonds € en France, à moins d’utiliser des portefeuilles à levier. C’est raisonnable de les remplir avant de se poser la question de l’obligataire si tu as une allocation avec une proportion substantielle d’actions.

Et si tu n’as pas besoin de casser la tirelire dans 10 ans mais dans une trentaine d’années, l’avantage va de plus en plus aller vers le CTO + PEA par rapport au combo AV + PEA.

Si ton allocation cible est à plus de 50% actions sur PEA, honnêtement, AV ou CTO tu t’en fous un peu. Ta patrimoine futur est essentiellement déterminé par ce qui se passe sur ton PEA et ta capacité à maintenir ton allocation cible lorsque ça pétera. Si c’est 25% actions à 35 ans, là il faut peut-être que tu travailles sur ton rapport au risque à moins que tu n’aies une carrière très risquée (genre trapéziste).

Les cas intermédiaires où la question se pose sont résolus par le fait que tu obtiens ton exposition obligataire sur AV ou CTO, c’est kif kif à une dizaine d’années, mais à plus long terme la probabilité que le CTO gagne est de plus en plus élevée.

Placer l’épargne mensuelle future
Déjà, as-tu envisagé de répartir ton épargne courante de manière à viser une répartition actions/obligations globale, plutôt qu’une répartition statique ? En l’absence de crash, ton allocation va glisser graduellement vers plus d’actions et donc un niveau de risque qui n’est pas celui que tu as choisi au départ.

En investissant ton épargne récurrente sur l’actif qui est au-dessous de son allocation, tu contrôles mieux le risque global de ton portefeuille. Tu limites aussi le besoin de rééquilibrer.

Quid de ce que tu as déjà en AV ?
Il faudrait calculer selon les montants, les PV latentes, l’ancienneté de l’AV… C’est un calcul d’Utilité : parfois une allocation sous-optimale peut être conservée car le coût d’aller sur l’allocation cible est supérieur au gain de rendement ajusté du risque.

Mais en gros :

  • peu de PV latentes (genre une poignée % par rapport au PRU), tu t’en fous un peu, tu peux migrer et l’impact global sera négligeable.
  • plus de plus-values ? Tu peux laisser tel quel mais faire des rachats partiels en priorité sur l’AV lorsque tu as besoin de pépettes, ou encore purger graduellement les PV après 8 ans grâce à l’abattement.

En tout cas, LifeStrategy20 sur AV, ce n’est pas une combo qui me semble très attrayante. Tu accumules deux couches de frais, qui vont amener ce placement à une espérance de rendement très médiocre. LifeStrategy 20 en CTO, why not, mais ça prend surtout de l’intérêt une fois que le PEA est blindé ! :slight_smile: Le seul cas de figure où ça pourrait se justifier, c’est pour choper un bonus sur le % d’UC en AV.

Autres considérations
Si tu évalues que tu vas dépasser le plafond du PEA bien avant ta retraite, ça pourra valoir le coup de mettre en AV à ce moment-là. De même si tu veut te diversifier sur d’autres styles d’investissement (suivi de tendances, par exemple).

Il n’y a pas de réponse absolue, surtout avec aussi peu d’éléments sur toi et tes projets… Mais à 35 ans, la proba que le CTO soit un meilleur move que l’AV est importante (une fois les livrets remplis).

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Hello @vincent.p,

Finalement, si je comprends bien, pour dérisquer son allocation (quand on a un petit patrimoine), avant de penser obligations (sur CTO) ou Fond € sur assurance vie, autant remplir ses livrets réglementés ?

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Oui.

La décision la plus importante d’une investisseuse, c’est le niveau de risque qu’elle prend. Ce niveau de risque est raisonnablement approximé par la volatilité si l’on se concentre sur des investissements liquides (actions, obligations, cash, mais aussi certains alternatifs).

Si l’on veut un rendement net d’impôt et de frais sensiblement supérieur à l’inflation, il faut accepter une volatilité significative. Plus que n’importe quelle optimisation d’enveloppe, le plus gros hack financier c’est d’entraîner ton cerveau à accepter de perdre 20, 30, 50% de ton patrimoine pendant 10 ans.

L’approche classique pour obtenir cette volatilité passe au travers des actions : parmi les actifs volatils, c’est celui pour lequel on a le plus de certitudes sur le fait que ça devrait continuer à générer du rendement à long terme. La décision d’allocation capitale est donc le % d’actions qu’on prend en portefeuille. Le fait que la fiscalité française soit particulièrement douce pour les actions (grâce au PEA) renforce l’intérêt de cette approche.

Comme les actions sont beaucoup plus volatiles que les obligations ou le cash, j’expliquais plus haut le risque du portefeuille est dominé par le risque des actions. La valeur finale de ton portefeuille est donc beaucoup plus influencée par le choix du % d’action que par le choix entre monétaire, obligataire et fonds Euros - paradoxalement, le concours de grosseur des rendements entre ces actifs est beaucoup plus discuté que la question du niveau de risque.

Bon, ça c’était l’aspect « théories financières fondamentales ».

Dans les faits, si tu vas voir la leçon cash, tu verras que sur les 20 dernières années, en net de tout, monétaire, obligataire, livrets réglementés ou fonds €, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Tu espères que ça étale globalement l’inflation et voilà. Donc autant faire simple et mettre en priorité sur les livrets.

Pour booster son espérance de rendement, il faut prendre plus de risque. Le challenge est d’arriver à évaluer quel niveau de risque :

  • tu peux te permettre. Si tu as un projet important qui s’approche, tu réduis le risque en réduisant graduellement la part d’actifs volatils. Ca, c’est des maths et c’est dans nos cartons (je dois résister à partager les premières maquettes d’interface que Merryl vient de réaliser - argh, c’est dur).
  • tu peux tolérer. Si tu jettes l’éponge parce que ça secoue trop pour toi, c’est perdu. La communauté pourra t’aider à résister à la douleur le moment venu, mais au final c’est un travail philosophique à faire sur soi. La discipline et le flegme sont des facteurs critiques pour le succès en investissement.

Un peu long pour dire que les livrets c’est cool, hein ? :wink:

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Bonjour @vincent.p, merci pour ton message qui répond à une partie des interrogations!

Tout d’abord, concernant mon profil un peu + détaillé:

  • J’ai 35 ans, je suis marié et papa de 2 enfants en bas âge (<3 ans), co-propriétaires de notre RP avec ma chère et tendre depuis ~5 ans
  • On vit en France mais travaillons tous les 2 à Luxembourg, où je vais prochainement changer d’emploi (donc petite période d’incertitude mais risque très limité)
  • Situation financière relativement confortable avec reste d’épargne - quand tout va bien - dans les ~€3k/mois
  • Objectif: pouvoir s’arrêter de travailler avant l’âge légal (50-55 ans) en vivant de nos investissements financiers
  • Pas de dépenses “majeures” à venir, hormis un petit investissement dans ma future boite, qui serait financé en partie par nos livrets (à voir si je fais un retrait de l’AV pour financer une partie). Sinon effectivement la prochaine grosse dépense devrait être l’éducation des enfants dans une paire d’années. Pour cela on met 400€/mois dans un ETF Monde sur Compte Titre à mon nom avec objectif de leur transmettre à leur majorité (ou plus tard) avec purge des PV (donc cette épargne ne rentre pas en compte dans les calculs d’épargne de ma femme et moi) pour qu’ils puissent financer leurs études, un 1er achat immo ou voiture ou que sais je, en tout cas partir dans la vie avec + d’avance que ce qu’on a eu nous même
  • On a nos 2 Livrets A et 1 LDDS au taquet. Depuis que j’investis sérieusement (1.5 ans), je ne calculais pas la part des livrets dans mon allocation totale (i.e. je vise un ~60/40 sur mes investissements “financiers hors livrets”). Mais j’ai commencé à refaire les calculs en faisant rentrer les livrets dans le calcul d’allocation, et je tombe sur du 28% actions vs 72% livrets/fonds€/obligs, soit très défensif.
  • Je pense qu’au fonds on a un profil plutôt équilibré, i.e. le fameux 60/40 me semble un bon équilibre entre espérance de rendement et pouvoir dormir sur nos 2 oreilles, sachant qu’on a des enfants, et que je tiens à mon mariage :smiley:
  • Le problème est que je dois tenir compte que nos livrets sont remplis, et qu’ils doivent faire parti de l’équation (vs mes calculs actuellement), donc réduire “temporairement” l’épargne en Fonds€/obligs pour rééquilibrer mon alloc cible totale, même si ça fait “peur” - surtout pour ma moitié.

Concernant ton message, tu parles de prendre du levier, un concept sur lequel je ne me suis pas penché ou sur lequel je ne suis pas très à l’aise, car pour moi levier = dette = augmentation du risque. J’essaie d’opter pour une épargne plutôt “simple” avec rééquilibrages ponctuels quand l’allocation n’est plus en ligne avec la cible. Mais je vais me renseigner là dessus pour mieux comprendre les implications pratiques.

Je suis d’accord que le LifeStrategy en AV c’est pas top, donc je pense arbitrer ce que j’ai dessus vers mon Fonds € pour simplifier encore plus, et peut être ouvrir une ligne d’obligs aggregate sur CTO pour diversifier mon exposition obligataire et ne pas être uniquement exposé à de la dette Française qui a pas franchement la côte en ce moment :smiley:

Pour le PEA, si on prend une approche simpliste qu’on arrive à mettre 60% de nos €3k d’épargne par mois dans nos 2 PEA, ils seraient au plafond de versement dans 10-15 ans (et peut être bien avant si mon investissement dans ma future boite rapporte ce qu’il est censé rapporter dans les 4/5 ans à venir..).

Je réfléchis donc à une approche “simple” mais efficiente sur ma poche obligataire pour les prochaines années!

Syndrome classique. :grin:
Vu ton profil et le fait que tu as du temps avant tes décaissements prévisibles, tu as effectivement de la marge pour prendre plus d’actions que 28%. Il te reste effectivement à bien évaluer ta résilience psychologique pour ne pas avoir un portefeuille intenable sur la durée.

Oui, autant ne pas se prendre le chou et simplifier. Diversifier les émetteurs de dette ne peut pas faire de mal ! Pense juste à prendre des obligations couvertes sur le change pour ne pas ajouter une forme de risque si tu n’as pas encore évalué ce sujet. Cela ramènera l’espérance de rendement des obligations mondiales à celle d’un panier d’obligations européen, mais avec plus de diversification.

Ce qui est parfaitement exact ! Le levier :

  • Multiplie le rendement par le taux de levier (= brut / net), moins les coûts d’emprunt
  • Multiplie la volatilité par le taux de levier

Conséquence : à allocation égale, le levier réduit le rapport rendement/risque. D’autant plus que tu empruntes cher par rapport au taux sans risque.

C’est pour cela qu’en général, on ajoute du levier sur des portefeuilles moins risqués que si on investissait sans levier. Par exemple, au lieu d’avoir 100% actions, on prend un 60/40 et on ajoute 50% de levier. La volatilité du portefeuille à levier sera similaire à celle d’un 100% actions, mais on espère un rendement composé un peu meilleur à long terme car on est diversifié sur deux classes d’actif au lieu d’une.

C’est une approche où le diable se cache dans les détails : impôts, coût du levier, hypothèses de corrélation entre les actifs, comportement lors des crises / convexité… Mais ça reste de la finance parfaitement mainstream !

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D’accord sur les points, et sur le fait que je dois augmenter la part d’actions dans mon alloc globale incluant les livrets. Pour le levier, je suis pas encore prêt :smiley:

En tout cas c’est bien dommage de ne pas avoir d’ETF Obligataires au sein du PEA, même si je conçois que celui ci soit un PE”Actions”, mais ça permettrait d’avoir une allocation cible dans une seule enveloppe efficiente. Mais j’imagine qu’un ETF monétaire peut jouer un rôle similaire avec rendement inférieur mais utile pour rebalancer / profiter de crashs éventuels

Oui, un Global Aggregate en PEA, je serais extrêmement fan !

Après, le plafond de versement « non renouvelable » du PEA le rend surtout adapté aux projets à très long terme (retraite).

Dans ton contexte, les obligations sont plus utiles comme une source de liquidité si tes projets évoluent à moyen terme (x), tout en évitant de casser ton PEA au passage. Tes obligations ne pourraient pas servir cet objectif si tu les avais en PEA.

Les obligs en PEA seraient avant tout utiles pour les retraités et ceux qui s’en rapprochent.

(x) genre crise de la 40aine, quand tu voudras t’acheter un cuir et des santiags :wink:

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Il faudrait demander à Jérôme Fourquet mais j’ai l’impression que les totem quadra sont désormais plus les trails et les régates (quoique plutôt un truc de quinca de l’ouest parisien ?). Mais team perfecto à la Joey Ramone ici

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Hello :waving_hand:

C’est top de retrouver @Nicolas ici, on se connait pas personnellement mais je me rappelle très bien de toi de la belle époque poker en .com (j’étais un gros reg du “forum concurrent”, on doit avoir quelques anciennes connaissances en commun). Je souhaite le meilleur pour Cayas !

Je voudrais rebondir sur ce point concernant les ETF Obligataires hedgés en EUR, comme le VAGF ou AGGH :

Le YTM annoncé du AGGH est de 3,44% ou encore 3,8% pour le VAGF : ces YTM estimés ne prennent du coup pas en compte le “cout” du Hedge ? Comment quantifier ou tenter de calculer le cout du hedge ? On sait que ces ETF contiennent des bonds en différentes devises et notamment pas mal d’USD (qui à court terme rémunère plus que l’EUR, donc le hedge en euros a forcément un cout lié à la différence de rémunérations des EUR vs USD).

Je vois sur le site de Blackrock que le YTM du AGGH est également à 3,44% pour la version USD non hedgée. Bref, j’ai du mal avec cette notion du cout réél du hedge dans le cas d’un ETF obligataire. Je vois que tu compares le rendement d’un AGGH/VAGF à celle d’un panier d’obligation EU (je vois qu’à échéance moyenne pondérée similiaires, on est sur du 3% pour des bonds EU)

Bonne soirée

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Non, les brochures des fonds me semblent donner la moyenne des rendements nominaux dans les devises d’origine. Lorsque tu veux couvrir des positions dans une autre devise, le hedge te coûte ou te rapporte approximativement la différence de taux de rémunération entre les devises. Pour des obligations US que l’on veut couvrir contre les variations du taux de change EUR.USD, il faut qu’une contrepartie te garantisse d’échanger des US$ (que tu détiens via tes obligations) contre des € à une date future : vous allez passer un contrat de swap ou un forward. En acceptant ainsi tes €, elle a un coût d’opportunité (placer sans risque ces US$ jusqu’à cette date) et un gain (placer sans risque de € jusqu’à ladite date) : même sans avoir d’avis sur l’évolution du change, ta contrepartie ne va pas accepter ce deal si tu ne lui rembourses pas le différentiel de taux.

Tu peux estimer le rendement d’un agrégat en € en regardant un fonds d’obligations émises en euros qui a approximativement la même duration et le même niveau de risque.

En gros, avec 60% d’obligations d’États € et 40% d’obligations corporate €, tu peux estimer que l’espérance de rendement d’un aggregate hedgé en € sera de 0,6x2,85% + 0,4x3,07% => entre 2,8% et 2,9% en tenant compte des frais du fonds indiciel.

Le hedge ne peut pas apporter plus de rendement à ton portefeuille (en raison du mécanisme de compensation que j’ai expliqué plus haut), mais il ajoute de la diversification sur les émetteurs. En outre, si tu penses principalement gagner ta croûte et consommer en €, hedger réduit un risque à long terme d’appréciation de ta devise de consommation par rapport à celle de tes placements. Les taux de change ne présentent pas nécessairement de retour à la moyenne, même sur plusieurs décennies (exemple de la livre sterling, passée de 2 US$ à 1,25 US$ entre 1970 et 2025).

Bref, quand on est européen, on a effectivement un coût du hedge, mais il faut aussi penser au risque de ne pas hedger. C’est pour ces raisons que les investisseurs institutionnels ont tendance à couvrir partiellement leurs positions…

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De mon coté, j’ai un peu la même stratégie, j’ai construit ma partie défensive sur assurance vie avec le V20A (lifestrategy). Je pense à terme remplacer une bonne partie de mon fonds euros par cet ETF pour éviter les PS du fonds euros. Je suis etonné que cet ETF est un encours si faible. Peut être le coté defensif..pas courant pour un ETF.

Le V20A (ticker IE00BMVB5K07) a fait 5 % de perf annuelle avec grosso modo la même composition qu’un fonds euros (en excluant l’immobilier).

La dernière vidéo cayas sur l’av m’a mis un peu la puce à l’oreille. Le choix de l’av c’est pour les reequilibrages une fois par an. Une partie action est en ETF sur le pea. J’ai un peu d’obligation sur cto mais après un peu de recul, si j’ai besoin de rééquilibrer le portefeuille pour conserver mon allocation obligataire en fonction de mon âge, ben je suis pas sûr de pouvoir bien optimiser fiscalement.

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Stratégie identique de mon côté :ok_hand:t2:

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Salut l’équipe Cayas :slight_smile:

Bravo pour votre vulgarisation et pour vos leçons très rationnelles, elles sont venu ancrer et démontrer des notions sur lesquelles je me forme depuis plusieurs mois comme je peux, CQFD. Mais ça vient aussi soulever quelques interrogations.

J’ai 35 ans, récent papa, salarié fonctionnaire :slight_smile: Prochaines dépenses et objectifs, vu d’aujourd’hui : mettre de côté pour financer les études des enfants dans 14 ans, et capitaliser pour compléter ma retraite et partir dès que possible (horizon 25 ans). Tout ça avec un capital initial à allouer + un DCA mensuel à mettre en place.

Je débute et m’oriente vers une allocation cible 60% action en PEA et 40% actifs de dérisquage (enveloppe à choisir). A la base je pensais répartir ces 40% en 20% cash et 20% obligations très long terme sur CTO en m’inspirant du portefeuille diversifié d’Harry Brown, mais j’ai bien compris en lisant Vincent qu’il faudrait + de 50% d’obligations pour obtenir l’effet diversifiant, et qu’en deça, remplacer les obligations par du cash est plus simple et globalement équivalent en terme de rendement risque. Du moins sur un horizon de 5 ans et moins, à plus long terme est-ce le cas aussi ?

Bref, la question qui me taraude est la suivante: où loger les 40% d’actif de dérisquage (mettons du monétaire pour faire simple, même si j’hésite avec un global aggregate en CTO) ? J’ai besoin de la totalité du livret A comme fond d’urgence (pour dormir tranquille, même si coût d’opportunité), et j’ai besoin du LDDS pour un projet court terme. Ensuite reste un capital de 90k€ à répartir en 60% actions PEA et 40% monétaire pour coller à mon profil de risque (aversion + ne pas compromettre d’éventuels besoins de liquidité pour d’éventuels projets moyens terme). Je vois les 40% de monétaire comme 1-une façon de piloter le risque et 2-une source de liquidité pour financer un nouveau projet moyen terme pas identifié à ce stade (eh oui, quitte à remplacer l’oblig par du monétaire, autant compter sur sa liquidité ?). J’ai l’impression que loger le monétaire en PEA est plutôt optimal pour l’objectif 1- mais ne répond pas à l’objectif 2-, car sortir de l’argent du PEA avant la retraite c’est un coût d’opportunité à cause du plafond de versement « non renouvelable » du PEA.

Est-ce que mon raisonnement est bon ? Avez-vous dans mon cas des suggestions où loger l’actif de dérisquage pour répondre à ce double objectif (au delà des livrets) ? Fond euro en AV (je n’en possède pas encore) ?

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Pour moi entre Livret, Monétaire, Fonds euros et même Obligations en CTO c’est très proche

En revanche sur ton profil de risque je me permets un léger challenge : tu me sembles relativement sous-exposé en actions compte tenu notamment de ta très forte sécurité de l’emploi.

Après si le projet est dans 14 ans (donc pas moyen terme mais pas vraiment long terme non plus), ça peut avoir du sens. A ta place : je simulerais mon épargne et mon capital sur la durée, et je mettrais ça en stress test en cas de baisse ou hausse des marchés pour voir l’impact. My 2 cents

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J’ai l’impression que pour s’exposer aux obligations en CTO, le Vanguard Global Aggregate Hedgé sort largement favori pour beaucoup d’entre vous.

Mais dans une perspective de risk parity où l’on va chercher à avoir des variations les plus diversifiées possibles par rapport aux autres classes d’actifs, un ETF à obligations d’Etat à longue maturité (du genre 20-30 ans) n’est-il pas préférable ?

Ce faisant, on accroît son exposition aux variations des taux, dont la corrélation aux risques actions est faible. En raison de la volatilité (et espérance de rendement) plus élevée, le niveau de levier que j’ai à appliquer par rapport à des obligations à maturité plus courtes est moindre pour une volatilité donnée.

Je manque quelque chose ?

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Alors, effectivement, si tu as des actifs décorrélés, c’est encore mieux s’ils sont tous bien volatils. Des mouvements bien francs et bien divergents au sein du portefeuille créent plus d’opportunités de rééquilibrage.

Toutefois, si tu es dans une logique risk parity, a priori tu n’es pas frileux avec le levier. D’une certaine façon, tu peux partir du principe que ton capital va te rapporter le taux sans risque et tu ajoutes par-dessus de l’exposition à des primes de risque, avec un peu de friction liée au levier.

La question de choisir entre des obligations à longue ou moyenne duration n’est donc pas uniquement une question de volatilité. Si tu t’intéresses à la prime de taux d’intérêts, tu dois aussi te poser la question de l’espérance de rendement ajustée du risque de ces différentes expositions au risque de taux.

Il s’avère qu’historiquement, les obligations longues ont un rendement ajusté du risque inférieur à celui des obligations plus courtes. Des obligs à 5 ans leveragées au niveau de volatilité des obligations à longue maturité ont été plus intéressantes. Une hypothèse d’explication est que certains institutionnels ont besoin de visibilité à très long terme (ex : les fonds de pension ont une idée raisonnable de ce qu’ils vont devoir décaisser dans 20 ans). Cela induit une pression acheteuse supplémentaire sur les obligations longues, dont la disponibilité est limitée. Beaucoup de demande, hausse des prix, baisse des rendements.

Si tu n’as pas d’avis sur ce qui a le plus de chance de marcher dans le futur, a priori le playbook consiste à te diversifier sur toutes les maturités (et les émetteurs), puis à ajuster le risque selon la volatilité ciblée.

Entrent alors en lice les frictions (levier, frais des fonds, fiscalité) qui peuvent inciter à prendre plus de duration qu’un aggregate. Un peu comme certains s’exposent plus fortement à la prime de risque des actions en prenant du Nasdaq, au lieu de leverager du World. Je suis parti sur l’option aggregate pour le moment car je peux ajouter du levier de manière efficace et que je ne me suis pas encore penché sur la question du mix optimal. Ce n’est donc pas une réponse absolue.

Le global aggregate ajoute une autre couche, qui est l’exposition au risque de crédit, qu’on n’a pas dans les obligations à très long terme, qui sont étatiques.

En pratique, la plupart des gens prennent des obligations pour dérisquer, auquel cas l’aggregate est la façon canonique d’y parvenir. :grin:

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Si tu prends des obligations à long terme, qui ont une volatilité annualisée autour de 10/12%, tu n’as pas besoin d’autant d’obligations pour diversifier qu’avec des obligations diversifiées dont la volatilité annualisée est de 5/6%. Mais avec des caveat, cf. mon post précédent.

C’est ton exposition mesurée en risque aux différentes classes d’actifs qui détermine ta diversification.

Ce que tu proposes est une approche que j’ai déjà vu plusieurs fois, on appelle ça une allocation barbell (haltère en anglais) où tu pioches aux deux extrémités de la courbe des taux pour obtenir une duration moyenne comme des obligations intermédiaires.

Quant à ce qui est de loger tes diversifiants, l’humble CTO est très bien. Tant que tu n’as pas d’importantes plus-values, ça ne te coûtera de toute manière pas bien cher de changer ton allocation !

Le monétaire en PEA est surtout un palliatif lorsque ta position actions a grossi trop vite par rapport à tes diversifiants et que tu veux éviter de piocher dans le PEA prématurément.

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