Pour remettre en perspective, 2022 était le pire krach de l’histoire pour un panier d’obligations très diversifié (il y a eu bien pire dans le passé si on regarde à l’échelle d’une seul pays). Mais effectivement, quelqu’un qui aurait acheté fin 2021 et vendu fin 2022 aurait perdu entre les 10 et 15%.
C’est plus subtil que ça. Déjà, si on raisonne en pouvoir d’achat (la façon d’avoir de l’utilité de l’argent), aucun placement ne peut garantir de récupérer sa mise.
Sur les ETF qui font rouler leurs positions au fur et à mesure, on peut regarder la duration moyenne. C’est un indicateur qui montre la sensibilité du fonds aux variations de taux d’intérêt et donc son risque en cas de hausse des taux importante.
Si l’on a un horizon d’investissement entre une et deux fois la duration, on est à peu près certain de rentrer dans ses billes (et généralement au-delà).
L’effet de baisse des prix des obligations est la contrepartie mathématique d’une hausse des taux attendus par le marché pour se porter acquéreur d’une obligation. Donc lorsqu’on se prend une dégelée sur le prix, on sait qu’on va remonter plus vite car le taux d’intérêt effectif a monté : c’est l’effet rendement.
Sur une obligation unique, l’effet d’un choc sur le prix est graduellement comblé par l’effet rendement sur une durée approximativement égale à la duration restante de l’obligation au moment du choc.
Sur un panier d’obligations Investment Grade (donc très peu de risque de défaillance), le fonds renouvelle graduellement ses positions pour garder une duration stable. Donc si les taux montent progressivement ou par à-coups pendant plusieurs années, le fonds subit des pertes successives, qui ne seront comblées qu’au bout de la duration des obligations au moment du choc. C’est pour ça qu’un horizon supérieur à la duration permet d’être quasiment certain de rentrer dans ses billes.
Note que plus les taux de départ son hauts, moins l’impact prix d’une hausse des taux est important : en 2022 on partait de taux négatifs sur les souveraines, donc ça a fait très mal. Un hausse des taux équivalente ferait bien moins mal maintenant.
Un agrégat a une duration autour de 7 ans, compatible avec ta durée d’investissement, mais il existe aussi des mélanges à plus courte durée.
Non, car tu vas passer par la case impôts en 2027 quand le fond sera dissout. Si tu ne veux pas récupérer l’argent à cette date, mieux vaut un fonds avec une duration plus longue.
Je vais parler crûment : lorsqu’on arrive à l’âge où l’on se fait jeter par Hergé, soit on veut consommer une bonne partie du capital dans la décennie qui vient, tout en gardant assez au cas où on aurait encore 25 ans devant nous (en étant potentiellement moins fringuant que maintenant sur la fin, ce qui peut coûter plus cher), soit on veut léguer.
S’il s’agit de léguer, il vaut mieux éviter les fonds datés ou qui distribuent des intérêts/dividendes. Il vaut mieux éviter de réaliser des plus-values latentes car elles seront effacées lors de la succession.
Quel est ton objectif prioritaire ?