Obligations : indispensable dans une allocation?

La traduction du daily spark du jour, assez technique mais très intéressant :

Qu’est-ce que le “basis trade” ?

Il s’est passé quelque chose d’inhabituel hier sur les marchés : les taux d’intérêt à long terme ont augmenté de 0,20 %, alors que les actions baissaient. Une explication possible est le débouclage du “basis trade”.

Le “basis” est la différence de prix entre une obligation d’État américaine (Treasury) et son équivalent sous forme de contrat à terme (futures). Cette différence vient de déséquilibres entre l’offre et la demande ou de contraintes réglementaires empêchant l’arbitrage.

Des hedge funds utilisent cette situation pour faire des paris très risqués (avec jusqu’à 100 fois l’effet de levier) sur le fait que le prix du contrat à terme et celui de l’obligation vont converger avant l’échéance du contrat.

Ce type de stratégie représente environ 800 milliards de dollars, soit une part significative des 2 000 milliards de dollars de positions dans les balances de courtage. Et cela devrait encore grossir avec l’augmentation de la dette publique américaine.

Pourquoi est-ce un problème ?

Parce que cette stratégie, très dépendante du levier, peut provoquer une instabilité : si un choc extérieur survient, les hedge funds pourraient devoir vendre rapidement leurs obligations. Cela mettrait sous pression les courtiers, qui sont eux-mêmes limités en capital, et risquerait de perturber fortement les marchés (par exemple, la liquidité des bons du Trésor, ou le marché du “repo”, essentiel au fonctionnement financier quotidien).

En plus, si l’État américain émet encore plus de dettes (à cause d’un déficit ou d’un resserrement monétaire), les prix des obligations baisseront encore, ce qui pénalisera la stratégie des hedge funds, et mettra encore plus à mal le système de financement.

Conclusion :

Ce marché du “basis trade” devient trop gros, trop risqué et pourrait déstabiliser l’ensemble du système financier si un événement externe venait à se produire.

Explication pédagogique :

  1. Contexte général :
    Les “basis trades” sont des stratégies d’arbitrage utilisées par des hedge funds, qui profitent de micro-différences de prix entre deux instruments censés être équivalents : une obligation et son contrat à terme.

  2. Pourquoi utiliser un levier ?
    Parce que l’écart de prix est très petit. Pour gagner de l’argent, les hedge funds empruntent massivement (effet de levier) pour amplifier les gains. Mais cela rend la position très vulnérable à tout choc de marché.

  3. Où est le risque ?
    Si les choses tournent mal (par exemple, hausse des taux, crise financière…), ces positions peuvent être débouclées en urgence, ce qui crée un effet boule de neige : ventes massives, manque de liquidité, courtiers dépassés, etc.

  4. Pourquoi maintenant ?
    La dette américaine augmente, donc les occasions de faire ce genre de paris se multiplient. Mais plus il y a de fonds impliqués, plus le système est fragile si un grain de sable vient l’enrayer.

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Un débat de qualité (en français) sur le portfolio 60/40 vs 100% actions :

60/40 is optimal - Another twist in the 100% equities study

Le post initial de Grumby_, modérateur du subreddit r/vosfinances, plus grande communauté finance de France avec 379k membres :

Bonjour, je vous partage ce post car il est important et fait écho à la proposition « 100% actions devrait suffire ».

Je pense que chez les bogleheds comme chez vosfinances, la partie obligataire du portefeuille devrait être mieux étudiée et discutée.

Là, ce qui est discuté, c’est la répartition d’obligations américaines vs étrangères mais il y a d’autres questions importantes comme les différentes échéances des obligations (court, moyen ou long terme) ou bien la qualité des obligations (si on accepte les électeurs qui ne sont pas des états, puis si on veut prendre du risque sur la partie obligataire).

Personnellement, je suis plutôt averse au risque.

J’ai donc une allocation 70/30 (à peu près, la partie actions a le droit de varier de 60 à 80% du patrimoine) et la question de quoi mettre dans la partie obligataire n’est pas beaucoup discutée ici donc j’ai du me faire mon allocation moi même.

Comme vu plus haut, les obligations peuvent être très courte (<3 mois), moyennes (de 3 mois à 7 ans) et longues (de 7 ans à 100 ans).

Les obligations bougent aussi différemment selon la qualité de l’émetteur, avec des émetteurs de grande qualité (les pays développés en gros), les émetteurs de qualité moyenne (grandes entreprises bien notées, états moyennement notés), de mauvais émetteurs (tout les autres) ainsi que des obligations spéciales (obligations convertibles, obligations à taux variables etc… qui nécessitent une compréhension poussée du marché).

Il faut donc que j’alloue mes 20 à 40% d’obligations quelque part, et là ça commence à être le bordel car il n’y a pas de choix faciles ou de fiscalité réellement incitative. Précision importante : j’ai des revenus instables car je suis en réorientation professionnelle. Ce portefeuille obligataire est sûrement trop sécurisé pour un investisseur classique.

Ce que j’ai fait, c’est allouer une bonne partie de la poche obligataire (30%) en livrets d’état (livret A & LDDS) pour booster mon matelas de sécurité tout en restant investissable vers mes comptes d’investissement. La raison derrière, c’est que les livrets d’état ont rapporté (depuis 2018, le début de l’investissement pour moi) un peu + que le monétaire net d’impôts/taxes, donc pas besoin de s’embêter.

Pour les 70% restant, actuellement j’ai 7% en fonds monétaire de PEA et les 63 autres % de la poche obligataire sont en fonds en €.

Cette allocation obligataire est sous optimal sur le papier.

Mais en réalité, étant donné que mon enveloppe où je fais mes arbitrages est une AV (Linxea Spirit), avec 0,5% de frais annuels et peu de bon fonds obligataires, j’ai largement sur-performmé les différents ETFs obligataires sur la période 2018-2023 en DCA puis 0 contribution, tout en gardant une très bonne liquidité pour les arbitrages.

Je pense que le fonds en € ne sur-performera sûrement pas à l’avenir donc je commence à prendre des positions sur les obligations à moyen-long terme européennes (depuis 2 semaines à peu près) mais je pense qu’à terme je garderai 60% en Fonds Euros/livrets/monétaire et 40% en obligations d’état US non hedgées (si Sylvea référence un jour un vrai fonds obligataire sur les US).

J’espère que la lecture de ce thread donnera envie de parler de ses obligations car à mon avis la partie actions est résolue (MSCI world ou world acwi à bas frais) mais la partie obligataire est vraiment laissée de côté et certes ça ne change pas grand chose en phase d’accumulation mais a un énorme impact quand on n’accumule plus.

Bel hasard, il s’agit de mon prochain invité de « Parlons Caillasse ». Je suis très chaud d’organiser un format court spécial obligations avec lui.

Ça vous dirait ?

Des questions spécifiques à aborder ou à lui poser ? On enregistre demain.

Bonne fin de semaine,

A+ :rock:

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Ma réponse :

Ultra-intéressant, merci de lancer cette conversation !

Je suis comme toi et ai une aversion au risque relativement haute. C’est dû au fait que je suis entrepreneur et que mon capital humain, mes revenus de travail, est extrêmement incertain.

J’ai mis du temps à réaliser cela, car je pensais avoir une aversion au risque faible, ayant été joueur de poker profesionnel plus jeune et ayant l’habitude de vivre des swings d’une partie significative de mon capital au quotidien.

J’ai donc eu un long cheminement, depuis 2015, autour des obligations et comment les intégrer à mon portefeuille. J’ai d’ailleurs créé et alimenté le plus grand thread dédié aux obligations de la communauté finary depuis mi-2023, date où j’ai démarré une rotation allocative significative vers des fonds obligataires.

De l’eau a coulé sous les ponts et aujourd’hui mon allocation est composée à 47% actions, 44% obligations, 9% monétaires & livrets.

Sur la partie obligataire, j’ai beaucoup testé et réfléchi. En décembre 2024, je me suis rendu compte que j’étais très exposé au dollar dans l’allocation globale de mon portefeuille, plus de 65 % du total.

J’ai décidé de basculer la partie obligataire en € hedged pour faire baisser cette exposition.

J’étais déjà exposé à plus de 70 % au dollar sur la partie actions via le MSCI World.

En couvrant uniquement la partie obligataire en EUR/USD, j’ai ramené mon exposition au dollar à environ 25 % du portefeuille total, ce qui me semble largement suffisant.

Par chance, j’ai terminé de transférer mon allocation obligataire vers des ETFs couverts sur l’€ juste avant le crash du $ de 5% de début mars (10% aujourd’hui depuis début mars).

Pour ce faire, j’utilise 2 ETFs :

Au plaisir d’en discuter, c’est le sujet le plus sous-estimé des communautés finance selon moi, pour la classe d’actif la plus importante du monde, devant les actions !

A+

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Btw, j’ai oublié de préciser qu’avec la grosse remontée des taux 10y US et de l’€ vs le $, j’ai ré-alloué la semaine dernière une petite partie de mon alloc obligataire et fait mon DCA d’avril sur ce fonds US Treasury long duration accumulant, pour 5% du portefeuille total.

Amundi US Treasury Bond Long Dated UCITS ETF Acc - Duration moyenne : 14,63

J’hésite à encore augmenter cette position pour la porter à 8/10%.

Des avis là dessus ?

Je rebondis sur :

Ce que j’ai fait, c’est allouer une bonne partie de la poche obligataire (30 %) en livrets d’État (Livret A & LDDS) pour booster mon matelas de sécurité tout en restant investissable vers mes comptes d’investissement.

Ma question serait de savoir si, avec un patrimoine plus faible (j’imagine qu’il a un patrimoine important ?), il considère que ces livrets sont la priorité, et que ses 30 % à lui augmenteraient, ou bien s’il ventilerait quand même entre livrets et autre chose.
Traduction : la poche « obligataire » se remplit d’abord par les livrets, et quand ils sont pleins, là on commence à basculer sur des ETF obligataires/fonds euros selon lui ?

Si tel est le cas, ça veut dire que pour un 70/30 comme lui disons, on peut investir uniquement avec un PEA et sans « vraies obligations » sur CTO ou assurance vie jusqu’à un peu plus de 100 k€ d’investissement, ce qui est déjà un bon début (on a tendance a l’oublier quand on voit sur internet des patrimoines très élevés :sweat_smile:), et un gros plus niveau facilité de gestion.

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Hors sujet, desolé, mais tu aurais la source de Reddit - Le cœur d’Internet, ou c’est un travail perso ?

Je ne connais pas sa situation patrimoniale dans le détail mais c’est un jeune de 27 ans, récemment reconverti CGP grâce à sa passion née sur la communauté r/vosfinances. Il doit avoir un patrimoine relativement classique, mais sans doute beaucoup mieux géré que la moyenne à son âge :grinning_face_with_smiling_eyes:

Dans la situation que tu décris, notre position est que la poche Cash, monétaire, obligataire peut tout à fait se reposer sur livret A, LDD puis fonds monétaire sur CTO ou PEA. Il n’est pas nécessaire de faire plus complexe.

Comme tu le sais peut-être, notre position chez Cayas est que la majorité des Français ont une assurance vie qui leur est inutile. Cela vaut donc pour toute personne disposant d’un patrimoine inférieur à 100 k€.

Je pourrais aussi demander son avis à ce sujet :+1:

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Pas de problème, il s’agit des données qu’on utilise sur l’outil Cayas d’allocation de Merton. Si tu cliques sur « infobulle » tu auras les explications.

Pour ce qui est des tableaux et des graphiques, ils sont tirés du site Allocate Smartly, l’un des sites préférés de @vincent.p :grin:

Yes, merci. C’est aussi ce que j’ai sorti de diverses conversations ici et a force de lire vincent… la répétition fixe la notion !

Et merci pour le lien !

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Comme il l’as aussi dit, il est en reconversion professionnelle, donc pertes de revenus (sans doute mitigé par le chômage) : la partie sécurisé dans son cas doit donc être au moins égale à 12 mois de dépenses.

Niveaux questions, j’aurais la question niveau 0 : comment choisir un émetteur d’ETF obligataire ?
Et la question niveau 1 : est-ce préférable de sécuriser sur des livrets d’état (Livret A, LDDS) avant de s’intéresser aux obligations? Et si non, comment choisir ses allocations ?

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De manière pragmatique, les livrets sont plus intéressants que les obligations, de part leur liquidité, qui pallie à la potentielle perte de rendement.

Un combo PEA (risque) / Livret (safe) convient à la majorité des situations. Les obligations deviennent intéressantes quand le patrimoine augmente / le capital humain diminue significativement.

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Je plussoie. Les livrets réglementés sont de la bonne came pour piloter le risque de son allocation.

Si l’objectif principal est de dérisquer un portefeuille où l’actif risqué principal est les actions, on procède souvent avec de l’obligataire ou du monétaire. Les deux principales approches sont :

  • Essayer de diversifier avec de l’obligation intermédiaire à longue (les mix usuels ont une duration de 6 à 7 ans). Dans ce cas on espère un bonus de rééquilibrage lors d’une crise « fuite vers la qualité » ou une bonne grosse déflation. Cet effet requiert d’avoir une bonne grosse palanquée d’obligations, donc un portefeuille à faible espérance de rendement ou un levier important.
  • Faire simple, en se contentant de dérisquer avec du monétaire ou des obligations à faible duration (1 à 3 ans). Là, pas de bonus de diversification et une espérance de rendement inférieure à risque égal à une combo action + obligations (le monétaire a tendance à moins rapporter que l’obligataire).

Dans l’approche « dérisquage », les livrets réglementés ont une espérance de rendement nette de taxe supérieure à celle des obligations à faible duration, sans la volatilité. On peut aussi les utiliser pour ses dépenses courantes.

Au-delà du plafond des livrets, le fonds monétaire en PEA aura une espérance de rendement nette de frais de rééquilibrage et de taxes supérieur aux obligations courtes, donc même topo.

Autant ne pas s’embêter !

Le rendement à maturité actuels d’un panier diversifié d’obligations en € est d’environ 2,8%/an (en avril 2025). Si on consomme en €, on voudra généralement se couvrir contre le risque de change. Les obligations monde couvertes auront un rendement similaire aux obligations européennes: même si les taux des obligations US sont supérieurs, la couverture contre le risque de change coûte l’écart de taux de rémunération entre USD et EUR et l’effet est gommé.

Après impôts et inflation, l’écart entre des obligations diversifiées couvertes en € n’est pas énorme par rapport à du livret réglementé / monétaire en PEA . L’impact ne sera pas très important si on n’a pas beaucoup d’obligations dans son allocation.

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Un article très recent sur l evolution obligation/action.
.

Stock-Bond Return Correlation: Understanding the Changing Behaviour (McMillan)

Stock-bond return correlations have shifted significantly over time, both in magnitude and sign. This paper examines how growth, inflation, and interest rates drive these changes. For example, inflation shocks often move stock and bond prices in the same direction, increasing correlations, while market stress and flight-to-safety episodes typically push them in opposite directions, reducing correlations.

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Je me permet de partager un article que je trouve intéressant.

https://thepoorswiss.com/fr/retraite-avec-cash-sans-obligations/

Les sources des graphiques sont en dollars et non en Euro

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Bonjour Shonen07,
Merci pour le partage
En effet intéressant. Mais je n’ai rien compris au taux de réussite que je trouve pas clair et j’aurais plutôt tendance à suivre les valeurs terminales qui me semblent ( et j’ai lu peut être trop rapidement) contredire ce que j comprends des taux de réussite :upside_down_face: :face_with_spiral_eyes:

De mémoire le taux de réussite c’est un résultat d́e beaucoup de simulations (type méthode de monte carlo).

Les valeurs terminales c’est le montant du portefeuille à la fin selon le scénario.

Si un portefeuille est plus volatile, avec une meilleure espérance de rendement, il peut avoir un taux de reussites plus bas qu’un portefeuille avec un plus petit rendement mais moins volatile si l’horizon est pas assez long

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   Merci pour la réponse. Je comprends mieux

C’est un vrai sujet. J’ai pris comme hypothèse de travail une corrélation de 0,4 entre les obligs diversifiées et les actions et un peu moins entre obligs indexées et actions.

Fondamentalement, les obligations c’est correct pour dérisquer ou quand on joue avec du levier, où la prime de risque entre les taux courts et longs nous intéresse autant que la diversification par rapport aux actions.

Tu as des obligs dans ton allocation @ZakZak ?

C’est la seule occurence du ladder que j’ai trouvé sur le forum.
Que penser du produit relativement récent Via Ladder Premium LU2495829645 ou LU2934491551 pour une stratégie ladder packagée, d’autant qu’il a l’air dispo sur certaines contrats d’AV/PER ?
Je m’interroge notamment sur ce que donne finalement un DCA de ladder :sweat_smile: puisque c’est finalement ce qui se produirait avec des versements programmés.

Pour l instant je préfère utiliser les fonds euros sur mes AV pour dérisquer.

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