Obligations: ETF vs unitaire

Sur le sujet des obligations, je suis curieux de savoir si quelqu’un s’est penché sur les avantages/inconvénient entre des obligations d’états via ETF (par exemple IE000B1A2798) ou acheter directement des obligations unitaires.

L’avantage des ETF semble assez clair: la diversification des obligations même si le risque de défaut d’un état me semble assez faible (dans la moindre mesure sur la variation du taux). Si on prends un ETF accumulatif, on n’a pas besoin de gérer le cash qui provient des coupons (et il n’y a pas d’imposition direct) et ils vont automatiquement gérer leur portefeuille d’obligations pour garder une certaine maturité. Le désavantage c’est que l’on est exposé au changement de taux.

De l’autre côté, les obligations unitaires par exemple les OAT (obligations de l’état français), il y a un avantage intéressant si vous faites du « buy & hold », a l’échéance on récupère la valeur initiale de l’obligation (on se fiche un peu des variations de taux intermédiaire) et donc on a une idée clair du rendement. Le risque étant toujours le même: défaut de l’état et bien sûr ici on n’a pas de diversité.

Des avis ?

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Je prendrais du unitaire si tu as un objectif avec une durée déterminée dans le temps, comme ca, pas de surprise à l’échéance

Si t as pas d objectif de durée, autant prendre un ETF qui va « roller » les obligations pour toi et garder une duration +/- constante, et comme ca tu profites également de la volatilité si tu as une duration élevée, typiquement des +25

Dans le contexte d’une allocation à long terme, je n’imaginerais pas passer par autre chose qu’un ETF.

Déjà pour des questions de praticité. Ce n’est pas facile de prendre des titres individuels pour mettre en place une allocation diversifiée entre plusieurs pays (idéalement avec différentes banques centrales, qui auront des politiques un peu différentes) et sur différentes maturités, ni pour rééquilibrer avec le reste du portefeuille… En outre, les coupons déclenchent un événement fiscal tous les ans.

Et si tu as besoin d’argent en cours de route, et bien tu vendras ton obligation en fonction de sa maturité résiduelle et des taux de marché. De même, connaître le taux nominal que ton obligation va servir te fait une belle jambe si tu ne peux guère prédire l’inflation qui va avoir lieu.

Et qu’est-ce qui te dit que ce taux sera meilleur que ceux que tu auras l’an prochain ? La courbe des taux n’est pas figée dans le temps, loin de là.

Et si à l’échéance, lorsque tu dois réinvestir le capital les taux sont moins bons que ceux de l’année précédente ? Tu introduis un risque de timing de réinvestissement.

La vie réelle a une dépendance au chemin et on n’y échappe pas même en gardant des obligations jusqu’à l’échéance ! :grin:

Avec un fond capitalisant de souveraines sur indice large, tu diversifies tous ces problèmes.

En dehors de l’épargne pour un projet à une date précise, honnêtement, je trouve qu’un fonds de souverains diversifié est une meilleure solution. Et même dans ce cas, tu t’en sors très bien avec du bon vieux cash ou en réduisant la voilure sur ton portefeuille.

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Je regardais par curiosité les rapports des grands investisseurs. Chez BlackRock, sur les obligations: « Long bonds carry high rate sensitivity and are less reliable diversifiers. » « Prefer short- and medium-term government bonds over long bonds for income. ». Q4 Global Investment Outlook | BlackRock . Et cela semble partagé par d’autres investisseurs (Vanguard, Amundi). Ce n’est pas étrange dans le sens ou le rendement gagné ne vaut pas le risque pris sur l’exposition au changement de taux dans ce contexte macro économique.

J’ai vu que sur le portefeuille Cayas sur les CTO il y a uniquement des obligations moyenne durée ~7 ans. Même si personne n’a une boule de cristal et que Cayas souhaite raisonné j’imagine sur le long terme c’est quand même un parti pris de choisir une catégorie de maturité. J’imagine que ça pourrait a minima se traduire sur la volatilité des obligations dans les hypothèses de marché (en augmentant la volatilité ?). :thinking:

Attention, l’exposition obligataire que l’on propose par défaut, c’est un agrégat de souveraines. C’est-à-dire qu’il contient des obligations de toutes les maturités à peu près en proportion de leur quote-part du marché. Il s’avère juste que la duration moyenne sur les souveraines tourne au tour de 7 ans. :slightly_smiling_face:

Les hypothèses de marché pour la classe d’actif obligataire sont calibrées là-dessus : indice large de souveraines hedgées en Euros.

Historiquement, les souveraines de duration intermédiaires ont présenté le meilleur compromis rendement/risque. Le rapport offre/demande est moins bon sur les obligations longues, par exemple les fonds de pension en veulent car ils peuvent un peu prédire leurs décaissements à ces horizons lointains : cela dégrade le compromis rendement/risque. En contrepartie, ces obligations sont plus sensibles aux taux, ce qui fait d’autant plus mal lorsqu’ils montent… Mais d’autant plus plaisir lorsque les taux baissent.

Là on part d’un niveau de taux qui n’avait pas été vu depuis près d’une trentaine d’années : le potentiel de baisse est plus important que lorsque les taux étaient à zéro. :grin:

Franchement, je ne m’avancerais pas là-dessus. La question n’est pas de savoir s’il y a plus de risque sur les souveraines qu’il y a 20 ans (la réponse est triviale), mais de savoir si ce risque est proportionnellement moins bien rémunéré. Quels sont les éléments concrets qui me permettraient de dire que les acteurs du marché obligataire évaluent cela moins bien que par le passé ?

A ce sujet, je me demande : ne sous-estime t-on pas le rendement/risque des souveraines longues ?
A taux inchangés, il paraît logique que les souveraines intermédiaires affichent un meilleur sharpe que les longues.
Les longues compensent néanmoins cela par une convexité supérieure.. Sauf que cet avantage ne s’exprime que lorsque les taux baissent, ce qui les rend particulièrement peu sexy dans des backtests incluant la hausse récente des taux. Si on regarde la période 1962-2020, on observe un différentiel de sharpe finalement assez faible entre IEF (0.26) et TLT (0.17)

Cette convexité arrivant je suppose aux meilleurs des moments, on se retrouve alors avec à peu près le même sharpe dès que l’on les insère dans un mix actions/obligations sur cette période.

Dans un monde idéal il aurait été intéressant de pouvoir visualiser le rendement des souveraines en : YTM + gain moyen attendu lié à la convexité, pour mieux comparer la performance moyenne attendue des intermédiaires vs. longues indépendamment du chemin suivi !

A ceci près que la convexité n’est pas un dû, elle est contextuelle. Il y a beaucoup de dépendance au chemin, sur des événements de queue. C’est un peu léger pour calibrer avec confiance un « gain moyen attendu » de convexité ex ante.

Si la prochaine grande crise de notre vie est de type stagflation, on sentirait passer une exposition concentrée au bout lointain de la courbe des taux !

Je pense voir ce que tu veux dire ; mais même en cas de stagflation, le bénéfice de la convexité supérieure ne subsiste t-il pas ?

Attention, la convexité des obligations est un phénomène de second ordre (i.e. pour parler en termes physiques, c’est de l’accélération, plutôt que de la vitesse). Tu prends d’abord les effets de premier ordre : une stagflation te taille un short en nominal, d’autant plus que tu es ancré sur un rendement nominal assis sur une inflation attendue plus basse que celle qui serait réalisée dans un scénario de stagflation.

Alors oui, ça va amortir la perte dans les hausses… Mais comme les actions souffrent aussi, tu n’as pas de décorrélation qui te permet de tirer profit d’un rééquilibrage.

L’intérêt de la convexité des obligations longues, ça reste surtout d’amplifier l’envolée des obligations dans un scénario déflationniste (les taux baissent), pour rééquillibrer alors que les actions auront pris un gros bouillon.

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