Comprendre comment fonctionnent les ETF's Obligataires

Bonjour,

Cela fait 6 mois que je me suis lancé et que j’ai placé mon argent en bourse.

Compte tenu de mon âge avancé et de mon plan de vie j’ai fait une allocation 70% en ETFs obligataires et 30%en ETFs actions.

J’ai des interrogations concernant les ETFs obligations. Concernant mes allocations obligataires j’ai 3 ETFs obligataires.

Le premier Amundi EUR Corporate Bond 1-5Y ESG UCITS ETF DR

Si je regarde les différents indicateurs de cet ETF ils sont niveau de risque 2/7 , indice de sharpe 1.27, rendement sur 3 ans : 13,63% ;

Je perds 1% depuis le début de l’année alors que si je consulte le rendement depuis 6 mois il a cru de 0.54%

Le second iShares Core Global Aggregate Bond UCITS ETF EUR Hedged (Acc)

Je perds 0.44% depuis le début de l’année alors que si je consulte le rendement depuis 6 mois il a perdu 0.85%

Le troisième iShares iBonds Dec 2031 Term EUR Corporate UCITS ETF EUR (Acc)

Je perds 0.44% depuis le début de l’année alors que si je consulte le rendement depuis 6 mois il a cru de 0.51%

Comment expliquer ces décalages ?

Je ne m’attendais pas à des rendements négatifs , globalement je perds 0.66% sur ces ETF obligataires.

Aujourd’hui je me pose la question si je n’aurai pas mieux fait de placer le montant de ma poche obligataire sur un compte rémunéré à 2% brut type Bourso+.

Autant sur les actions je crois comprendre comment cela fonctionne , autant sur les obligations j’ai du mal suivre la logique .

Je sais que quand les taux d’intérêts montent cela est défavorable aux anciennes obligations et vice versa.

Mais sauf erreur de ma part , il n’y a pas eu ces derniers mois de changement dans la politique des Banques centrales

Pourriez vous m’éclairer sur mes différentes interrogations ?

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Bonjour,

Un ETF obligataire (type Global Aggregate) c’est assez différent d’une obligation en direct ou de fonds obligataires datés (type iBonds). En pratique le gestionnaire de l’ETF va acheter/vendre des obligations pour maintenir une structuration particulière au sein de l’ETF et donc vous allez être exposé au risque de taux en continu (sur un Global Agreggate, on parle du marché obligataire mondial, états/corporate/high yield avec différentes maturités) mais vous serez également exposé à l’évolution de la valeur du panier obligataire qui compose l’ETF (vu qu’on parle d’achat/vente en continu).

Dans les fonds obligataires datés, si vous conservez jusqu’à échéance, vous ne serez pas soumis à ce risque de taux, et vous récupérerez le principal + tous les coupons. Mais entre temps la valeur faciale du fonds aura évolué pour converger vers la valeur prévue à écheance.

Donc en pratique un ETF obligataire, c’est volatil, ca va bouger comme des actions sur toute la durée de détention. Son principal intérêt c’est qu’en règle générale c’est assez peu corrélé aux actions (surtout les obligations d’état) et c’est un assez bon diversifiant pour améliorer le couple rendement/risque d’un portefeuille.

Concernant un fonds daté type iBonds, la valeur faciale pourra évoluer pendant la détention mais à l’échéance vous récupèrerez votre argent + les intérêts, MAIS il faut être sûr d’atteindre l’échéance sans avoir besoin de l’argent.

Concernant le compte rémunéré, c’est du monétaire en pratique, vous aurez peu ou prou le rendement du cash. Ça sert à dé-risquer le portefeuille (rendement réel quasi-nul voire négatif mais sécurité maximale). Autre utilité donc !

Je vous conseille d’en lire un peu plus sur le fonctionnement des obligations et notamment la notion de duration, puis de bien réfléchir à l’objectif du portefeuille que vous souhaitez constituer (utilisation et temporalité) :wink:.

Au plaisir d’échanger

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Je parierais sur un décalage temporel : est-ce que tu as mesuré la variation du prix de ta position depuis le premier janvier ? Est-ce que tu en as acheté ou vendue une partie en 2026 ? Est-ce tu compares sur 6 mois ou depuis les 01/01/2026 (soit 5 mois et des brouettes).

Les obligations sont volatiles[1] donc ces écarts peuvent jouer. Aussi, fais bien attention à ne pas comparer les coupons et la variation de prix !

Les banques centrales peuvent fixer les taux à court terme. Les taux longs, qui influent sur les rendements réalisés des fonds, sont le fruit du marché. Ceux-ci sont (entre autres) influencés par les hypothèses sur le comportement futur des banques centrales.

Par exemple, le conflit en Iran pourrait augmenter les risques d’inflation de manière durable. Cela pourrait inciter les banques centrales à augmenter les taux sur une longue période pour juguler cette inflation. Les marchés exigent donc un taux plus élevé, ce qui fait baisser les prix des obligations, avec des impacts variés selon l’échéance des obligations et leur émetteur.

Ce phénomène se retrouve tant sur les fonds datés que sur ceux qui font rouler leur positions au fil du temps pour répliquer un indice, comme l’explique très ben @Marty_McFly ! Mais au final, tu obtiendras un rendement proche du « rendement à maturité » qu’avait le fonds au moment où tu l’as acheté.


  1. Beaucoup moins que les actions pour de la dette de qualité et des durations intermédiaires, tout de même ! ↩︎

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Je suis à la retraite, j’ai un profil plutôt prudent et j’ai misé une bonne partie de mon épargne sur des ETF obligataires. Mais j’avoue que je rame toujours sur ce sujet, malgré le cours Cayas. Néanmoins, voici quelques remarques pour essayer d’y voir clair.

Votre iBonds Dec 2031 offre une date d’échéance claire, ce qui permet d’effacer l’incertitude liée aux taux d’intérêt si on le conserve jusqu’à cette date. Les deux autres ETF, considérés comme classiques, exigent simplement de les conserver pendant une période minimale (leur duration) pour obtenir la performance attendue.

Pour l’Amundi 1-5Y, la duration est courte (environ 2,5 ans). Cela signifie qu’en deux ans et demi environ, les fluctuations actuelles se seront stabilisées et vous aurez perçu le rendement affiché au jour de votre achat. Pour l’iShares Global Aggregate, la duration est plus longue ; vous devrez le conserver pendant environ 6 à 7 ans. Normalment, sur ces ETF classiques, plus on reste longtemps, plus l’investissement devient solide et rentable. On est totalement libre du calendrier et l’on a pas le souci de réinvestir les résultats à l’échéance comme pour les ETF datés.

Je pense qu’il ne faut pas trop intellectualiser les obligations. C’est un actif risqué, dont prix et les rendement annuels vont varier dans le temps.

On ne se pose pas la question avec les actions, ni avec les fonds Euros et on ne peut même pas prédire quel sera le pouvoir d’achat de l’argent que j’ai en livret A l’an prochain. Le seul rendement qui compte, c’est le rendement net d’inflation, or celle-ci est imprévisible.

Tous les actifs sont risqués à cause de ça. Ce que l’on constate et qui permet de prendre des décisions, c’est que l’incertitude sur cette valeur réelle à un horizon de quelques années est relativement faible sur le cash[1], un peu plus élevée sur les obligations diversifiées, beaucoup plus élevée sur les actions.

Paradoxalement, on se prend plus la tête sur les obligations, parce qu’on dispose d’un meilleur indicateur pour estimer le rendement qu’on peut raisonnablement attendre sur un horizon entre 1 à 2 fois la duration du fonds : le rendement à maturité.[2] Cela nous donne l’illusion que cet investissement nous « doit » quelque chose et qu’on collecte ce dû au fil du temps.

C’est oublier que cet estimateur ne concerne que les rendements nominaux, pas le pouvoir d’achat. C’est également omettre le fait qu’on a de l’incertitude sur le chemin que le prix va prendre entre maintenant et le moment où il aura produit à peu près le rendement attendu, celui qu’on a vu sur l’étiquette quand on a acheté le produit obligataire.

Acceptons que la valeur[3] de tout ce qu’on possède fluctue continuellement et que son évolution n’est jamais garantie : cash, obligations, votre maison, votre pension de retraite… Même si l’ampleur de ces fluctuations est plus ou moins prononcée selon le type d’actif, tout est risqué et rien n’est parfaitement prévisible !


  1. même si on peut se prendre des bonnes bananes, cf. la bouffée d’inflation 2021-2023. ↩︎

  2. Ceci n’est vrai que pour la dette de qualité, en « High Yield » on AURA des défauts qui réduiront le rendement. ↩︎

  3. au sens du pouvoir d’achat conféré si on le vendait ↩︎

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En fait, le rendement à maturité affiché sur l’étiquette est nominal. Mais avec des ETF obligataires qui affichent aujourd’hui des rendements nominaux autour de 3,5% à 4% (face à l’objectif historique de la BCE de maintenir l’inflation autour de 2%), pour un profil prudent on est mieux armé pour lutter contre l’inflation, non ?

Quant à l’incertitude du chemin, n’est-ce pas justement tout le sens de l’indicateur de duration ? C’est-à-dire que, peu importe les montagnes russes au milieu, les mathématiques obligataires font que le prix converge vers sa cible si on tient la distance.

C’est là que j’aime bien regarder les obligations souveraines indexées sur l’inflation, qui nous donnent l’avis du marché sur l’inflation attendue. En gros, le rendement attendu des indexées est similaire à celui des nominales moins l’inflation[1], ce qui nous permet d’évaluer le rendement réel qu’on peut attendre des souveraines.

Bah ça tourne autour de 1,3% de rendement réel attendu en ce moment pour les obligations en €. C’est mieux qu’avant 2022, mais c’est pas non plus de la folie. Enlève la fiscalité (qui s’applique au nominal, pour empirer les choses) et tu vois qu’on peut espérer un peu mieux que l’inflation, mais guère.

Donc mieux armé, certes, mais avec un canif plutôt qu’avec une panoplie de chevalier. Cela étant dit, un investissement peu risqué qui a une forte probabilité d’étaler l’inflation à moyen terme, c’est déjà pas mal !

Oui ! A long terme, au-delà de la duration, le risque de réinvestissement domine car tu (enfin, le fonds) aura utilisé les coupons et le capital remboursé pour racheter de nouvelles obligations au fur et à mesure. Avant la duration, les variations de taux font que la valeur peut osciller fortement, mais la trajectoire du prix va revenir d’autant plus fort vers le rendement à maturité initial.

La nuance, c’est que l’on ne connaît jamais parfaitement son horizon, donc quand les montagnes russes secouent, ce n’est pas toujours anodin.


  1. Si ce n’était pas le cas, on pourrait arbitrer « gratuitement » en ayant une position longue sur l’une et courte sur l’autre : les marchés n’offrent jamais ce genre d’opportunité sans risque substantiel. ↩︎

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