Conférence de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, à Station F (Aktionnaire Day).
Titre : « Comment préserver sa souveraineté économique à l’ère de la monnaie numérique ? »
Quelques notes en vrac :
Il commence par un rappel : la monnaie publique, c’est vos billets. La monnaie privée, c’est celle de votre banque. Pourquoi la Banque de France existe alors qu’on a la Banque centrale européenne (BCE) ? Parce que l’euro fonctionne en système fédéral : 21 banques centrales, pas une seule.
Annonce du jour : la BCE sera la première banque centrale au monde à émettre une monnaie numérique. Il demande à la salle qui connaît la tokenisation. 70 % des mains se lèvent. Le jeune public d’Aktionnaire Day n’est pas là pour rigoler.
Ensuite, le passage le plus intéressant pour moi.
Les Européens épargnent plus que les Américains. Mais cette épargne va massivement dans des placements « sûrs » : dépôts bancaires, livrets, fonds euros d’assurance-vie. Résultat : les fonds propres des entreprises européennes représentent 80-90 % du PIB européen. Aux US ? 220 % du PIB américain.
« On a l’argent. On ne le met juste pas au bon endroit. »
Ses solutions : développer l’actionnariat individuel, l’épargne retraite, le capital-risque.
Sur la géopolitique, ton assez offensif : « Arrêtons d’être fascinés par Trump. Occupons-nous de nous. »
Il cite le rapport Draghi comme feuille de route et rappelle Jacques Delors dans les années 80, qui parlait déjà d’« eurosclérose » et avait proposé 300 améliorations techniques. Le drapeau de l’époque : le marché unique. Le drapeau d’aujourd’hui : la souveraineté européenne.
Son point final : les entreprises européennes avaient un rêve américain extrêmement fort. Ce rêve est plus flou aujourd’hui. C’est le moment d’avoir un contre-projet européen.
Difficile de ne pas être d’accord.
