Jusqu’où peut descendre un krach?

Bonjour à tous,

Je me suis demandé récemment ce que pourrait être un drawdown[1] « exceptionnel » pour une classe d’actifs donnée. J’ai tenté d’y apporter une réponse, en prenant deux exemples : les actions et les obligations[2].

Une première tentative naïve par l’historique

On peut d’abord regarder les drawdowns historiques. Sur les 56 ans d’historique du MSCI World, cela donne ceci :

Crise Creux touché
2008-2009 (subprimes) – 57,8 %
2000-2003 (bulle internet) – 50,0 %
1973-1976 (choc pétrolier) – 42,6 %
Mars 2020 (Covid) – 34,0 %
1990-1991 (guerre du Golfe) – 28,6 %
2022 (choc taux/inflation) – 26,2 %

Ce tableau dit ce qu’il s’est déjà produit. Le – 57,8 % de 2008 est le pire épisode de l’historique, mais cette seule observation ne dit ni à quelle fréquence un drawdown de cette ampleur peut survenir, ni à quel point un creux plus profond serait « exceptionnel »[3].

Les crises profondes[4] sont peu nombreuses. Dix-huit en tout sur cette période. Le marché n’a pas eu l’obligeance de nous fournir davantage de krachs pour améliorer l’échantillon. Et nous n’avons pas des millions d’années d’historique boursier avec lequel jouer non plus.

Il faut alors invoquer un pan de la statistique qui traite explicitement de ce sujet : la théorie des valeurs extrêmes (extreme value theory). Plutôt que d’entrer tout de suite dans les détails, je vais commencer par une petite histoire.

Une nuit de 1953 aux Pays-Bas

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953, une tempête fait céder les digues néerlandaises : plus de 1 800 morts, 200 000 hectares inondés, des dégâts équivalents à 10 % du PIB du pays. Les digues existantes n’étaient tout simplement pas dimensionnées pour un événement de cette ampleur.

Le pays se pose alors une question : à quelle hauteur reconstruire, pour résister à la prochaine crue vraiment exceptionnelle ?

La théorie des valeurs extrêmes existe déjà, mais c’est ce genre de question, vitale pour un pays construit sous le niveau de la mer, qui a nourri une tradition de recherche néerlandaise particulièrement active sur le sujet. Laurens de Haan, professeur à Rotterdam, en est l’un des noms les plus cités au monde encore aujourd’hui : c’est en partie son théorème qu’on utilisera plus bas.

Les normes issues de ces travaux sont toujours en vigueur[5] : une digue néerlandaise doit résister à une crue si rare qu’on ne s’attend à la voir dépassée qu’une fois tous les 10 000 ans, soit environ 1 % de risque de la voir au moins une fois au cours d’un siècle.

Retenez cette façon de poser le problème : une hauteur, un horizon, une probabilité.

Ce que la digue et le krach ont en commun

Faisons le lien avec nos finances personnelles. Dans les deux cas, on a une quantité qui varie sans arrêt (le niveau de la mer, le cours d’un indice), un seuil rare qu’on redoute de voir franchi (une crue exceptionnelle, un krach), et une poignée seulement d’épisodes passés qui l’ont vraiment dépassé. Dans les deux cas, on ne cherche pas à décrire toute la variable, juste ce qui se passe une fois ce seuil franchi. Et dans les deux cas, la question posée est au fond la même.

L’idée : ne modéliser que les creux[6]

L’ensemble des hauteurs que peut prendre la mer, des marées tranquilles aux crues les plus violentes, avec leur fréquence respective, c’est ce qu’on appelle sa distribution : les petites variations sont fréquentes, les grosses sont rares, et tout ce qui est entre les deux l’est plus ou moins.

L’ingénieur qui dimensionne la digue ne modélise pas cette distribution en entier. Il regarde uniquement la queue de la distribution : la partie extrême, celle des crues qui dépassent déjà un certain niveau, et il étudie comment leur fréquence diminue à mesure que le niveau grimpe. C’est cette seule information, tirée de la partie qu’on connaît le moins bien, qui permet d’estimer la hauteur d’une crue jamais encore observée.

On fait exactement pareil avec les creux boursiers. On fixe un seuil de perte, ici – 15%, et on ne garde que les crises qui l’ont franchi.

Pourquoi – 15 % ? C’est un choix un peu arbitraire. Si on choisit un seuil plus bas, il ne reste que trois ou quatre crises, c’est trop peu pour faire des statistiques. Si on choisit un seuil plus haut, on gave le modèle de corrections de marché ordinaires, alors que le théorème ne promet quelque chose que sur la vraie queue. – 15 % est assez rare pour être un vrai accident, assez fréquent pour en avoir une poignée.

Une crise est un épisode, pas un point. Une chute qui traîne pendant deux ou trois ans, comme 2000-2003, compte pour une seule crise et pas pour dix, sans quoi on la découperait artificiellement et on sous-estimerait sa vraie profondeur.

Il reste alors dix-huit crises sérieuses sur nos 56 ans : les six du tableau plus haut, et douze plus modestes qui n’y figurent pas mais qui compteront tout autant pour la suite. On ajuste dessus une loi statistique construite spécifiquement pour les queues de distribution : la loi de Pareto généralisée. C’est le théorème de Pickands-Balkema-de Haan (vous avez reconnu le dernier nom, c’est bien lui), qui en fournit une approximation théoriquement justifiée, quelle que soit la
distribution complète d’origine.

C’est qui, Xi ?

Le paramètre qui nous intéresse le plus est \xi (prononcez « Xi »). La forme de cette loi est la suivante :

  • Si \xi est négatif, la queue est bornée. Il existe une profondeur maximale, un pire krach possible qu’on ne verra jamais dépassé[7].
  • Si \xi est nul, elle décroît exponentiellement. La probabilité de perdre dix points de plus est la même, qu’on soit déjà à – 15 % ou déjà à – 40 %[8].
  • Si \xi est positif, elle est épaisse et les creux extrêmes se raréfient plus lentement : plus la chute est déjà avancée, plus il devient facile de continuer à tomber.

Pour notre digue néerlandaise, cela signifierait ceci : avec une queue bornée, il existe une hauteur qui règle le problème pour de bon, avec une queue épaisse, on peut toujours construire plus haut, on n’aura jamais fini.

Ici, l’estimation centrale donne \xi = 0,321, ce qui suggère une queue épaisse. Mais ne faisons pas trop les malins : dix-huit crises, cela reste peu.

La théorie donne un écart-type d’environ 0,32 pour 18 observations, soit un intervalle à 95 % de l’ordre de [-0,30 ; 0,94]. Autrement dit, les données restent compatibles avec les trois cas de figure. Le troisième reste le plus vraisemblable, mais on ne peut pas encore écarter les deux autres sur les seules données.

Ce que ça donne

Une fois ce calcul fait sur nos 18 crises, on se fixe un horizon T et une fréquence p qu’on juge suffisamment rare pour retenir notre attention, et on cherche la profondeur de creux d telle que :

P(\text{profondeur de la pire crise sur l'horizon } T \geq d) = p.

Concrètement, pour p=10\ \% : neuf fois sur dix, sur une période de T années tirée au hasard dans ce modèle, le pire creux rencontré reste moins profond que d, une fois sur dix, il descend au moins jusqu’à d, voire plus bas.

Sur plusieurs couples horizon/fréquence, cette profondeur d peut se calculer d’après notre modèle :

Horizon 1 fois sur 4 (25 %) 1 fois sur 10 (10 %) 1 fois sur 100 (1 %)
10 ans -43,0 % -57,3 % -87,0 %
20 ans -52,8 % -67,2 % -92,5 %
50 ans -66,0 % -79,1 % -97,1 %

Comment lire ce tableau. Sur 20 ans, il y a une chance sur quatre de traverser au moins une crise qui descende jusqu’à – 52,8 % ou plus bas[9]. Mais pour la même durée, ramener la fréquence à une chance sur cent fait grimper la profondeur à – 92,5 %, très au-delà de tout ce que 56 ans d’historique ont montré. Plus l’événement demandé est rare, plus le modèle doit extrapoler loin dans une queue qu’il connaît mal, et plus le chiffre qu’il donne devient fragile, comme on va le voir. À ce stade, le modèle commence à faire de la spéléologie statistique. L’ordre de grandeur reste tout de même intéressant.

Ce graphique illustre directement les colonnes du tableau. Chaque courbe représente la même queue ajustée sur un horizon différent : 10, 20 ou 50 ans. Pour une profondeur donnée sur l’axe horizontal, la hauteur de la courbe dit la probabilité de rencontrer, au moins une fois sur cet horizon, un creux au moins aussi profond. Les trois points colorés marquent le seuil « 1 fois sur 10 » et on y retrouve directement -57,3 %, -67,2 % et -79,1 %. Plus l’horizon s’allonge, plus la courbe se décale vers la droite : à profondeur égale, on a simplement plus d’occasions de croiser une crise, donc une probabilité plus élevée de la voir arriver au moins une fois.

Aussi, il faut bien lire ce tableau, une probabilité de 25 % sur vingt ans correspond, dans le modèle, à un temps de retour moyen d’environ 70 ans. Cela ne signifie pas qu’un tel événement survient régulièrement tous les 70 ans : sur cinquante ans, la probabilité d’en connaître au moins un atteint déjà environ 51 %. À l’autre extrême, un événement ayant 1 % de chances de survenir sur cinquante ans possède un temps de retour moyen proche de 5 000 ans. Même si l’un d’eux survenait demain, aucune horloge ne se déclenche : deux événements peuvent se suivre, comme aucun ne peut survenir pendant toute notre vie d’investisseur.

Quant à l’incertitude du modèle

Comme pour une moyenne, on peut mesurer la précision de ces estimations. La théorie statistique dit que l’incertitude sur la forme de la queue décroît en 1/\sqrt{n} avec le nombre de crises n utilisées pour l’ajuster, exactement comme l’erreur type d’une moyenne décroît avec la taille de l’échantillon.

Avec nos 18 crises, un ré-échantillonnage donne, à 20 ans :

Fréquence, sur 20 ans Estimation centrale Fourchette à 95 %
1 fois sur 4 – 52,8 % – 31 % à – 65 %
1 fois sur 10 – 67,2 % – 34 % à – 78 %
1 fois sur 100 – 92,5 % – 37 % à – 99 %[10]

La vitesse de convergence est simplement lente : passer de 18 à 100 crises ne diviserait l’incertitude que par deux environ. Avec quelques décennies de marché, on ne rattrapera pas ce retard, et pour espérer voir passer, en moyenne, une seule crise avec 1 % de chances de survenir sur cinquante ans, il faudrait environ 5 000 ans d’historique boursier[11].

Cet intervalle suppose par ailleurs une chose : que les dix-huit crises passées tirent dans la même loi que les crises à venir. Autrement dit, il suppose que la structure du marché (réglementation, rôle des banques centrales, etc.) reste suffisamment stable pour que la queue estimée reste valable demain. Ce n’est pas garanti : un changement structurel peut déplacer cette queue sans que rien, dans les 56 ans de données utilisées, ne le signale à l’avance.

L’intervalle qu’on vient de donner mesure l’incertitude statistique à l’intérieur du modèle, il ne peut pas mesurer le risque que le modèle lui-même cesse de s’appliquer.

Et pour les obligations ?

Même méthode, appliquée cette fois à des obligations d’État américaines à échéance intermédiaire (proxy 7-10 ans, 1970-2025), sans rien changer au protocole : mêmes crises regroupées en clusters, même seuil recalibré à la volatilité de l’actif, même loi de Pareto généralisée.

Concernant la forme de la queue de distribution, l’estimation tombe à \xi = 0,099. C’est plus proche de zéro que pour les actions, cela forme donc une queue moins épaisse, ce qui est cohérent avec un marché obligataire historiquement moins sujet aux krachs violents. Mais avec 22 crises, l’écart-type théorique reste d’environ 0,25, soit un intervalle à 95 % de l’ordre de [-0,40 ; 0,60] : là encore, l’incertitude est très large.

Crise Creux touché
2021-2025 (remontée des taux) -23,9 %
1979-1980 (choc Volcker) -18,3 %
1980-1982 (suite du choc Volcker) -16,6 %
1987 -11,9 %
1994-1995 -10,9 %

Le pire creux obligataire de ces 56 ans n’est pas 2008, ni même la désinflation Volcker du début des années 1980 : c’est la remontée des taux de 2021 à 2025, encore en cours à la fin de l’échantillon. Sans surprise, l’échelle entière est différente : les obligations sont environ deux fois moins volatiles que les actions, donc le seuil de détection des crises a dû être abaissé en proportion (-6 % de drawdown au lieu de -15 %) pour capturer un nombre comparable d’épisodes sérieux (22 clusters ici, contre 18 pour les actions).

Horizon 1 fois sur 4 (25 %) 1 fois sur 10 (10 %) 1 fois sur 100 (1 %)
10 ans -16,7 % -21,3 % -32,7 %
20 ans -19,9 % -24,6 % -36,2 %
50 ans -24,1 % -29,0 % -40,9 %

Même méthode de lecture du tableau : sur 20 ans, il existe une chance sur dix de traverser un creux d’au moins -24,6 % [12].

Ce qu’il faut en retenir

Ce sont des événements rares, à l’échelle d’une vie. Pour les obligations, une chance sur dix de connaître un drawdown d’au moins -24,6 % sur 20 ans correspond, dans le modèle, à un temps de retour moyen d’environ 190 ans. Et « moyen » ne veut pas dire régulier : deux épisodes peuvent se suivre de près, puis ne plus se reproduire pendant très longtemps. Rien n’exclut non plus qu’un événement encore plus grave survienne au cours d’une même vie d’investisseur.

Pour un portefeuille investi à 100 % en actions, la conclusion à en tirer n’est pas d’essayer de deviner l’ampleur de la prochaine crise (on ne la connaît pas), ni le délai avant qu’elle survienne (on ne la connaît pas davantage). Elle est d’admettre qu’un événement plus sévère que 2008 n’est pas à exclure, et de vérifier que son horizon de placement et sa capacité à tenir sans vendre
résisteraient à un tel scénario.

Chacun place sa digue là où il pourra la tenir, et cette hauteur-là n’est pas la même pour tout le monde.

Deux petites remarques pour finir.

  1. Ces estimations concernent séparément les actions et les obligations. Elles ne disent rien de la probabilité qu’un fort drawdown obligataire survienne en même temps qu’un fort drawdown actions, ni de l’ampleur de cette coïncidence. C’est pourtant ce scénario conjoint qui compte le plus pour un portefeuille diversifié.[13]

  2. Ce post ne parle que de profondeur. Il ne dit rien du temps que met un creux à se résorber, une question au moins aussi importante pour qui doit tenir sans craquer.

Alors finalement, c’est quoi un drawdown exceptionnel ?

Pour les actions, la réponse est un peu désagréable : un creux de l’ordre de – 50 % n’a rien de vraiment exceptionnel. Sur vingt ans, le modèle lui donne une chance sur quatre. Statistiquement, cela veut dire que vous avez toutes les chances d’en connaître un (au moins) dans votre vie.

La question « Quand arrive le prochain krach ? » n’a pas de réponse. En revanche, la question « Jusqu’où peut-il descendre, et est-ce que je tiens si ça arrive ? » en a une, imparfaite, mais peut-être suffisante pour décider quelque chose aujourd’hui.

Reste donc la question, dont la bonne réponse n’est pas la même pour tout le monde : jusqu’à quelle hauteur vous sentez-vous de continuer à investir ?


  1. La baisse d’un indice entre son dernier plus-haut et le creux qui suit. ↩︎

  2. Rassurez-vous, je ne me pose pas ce genre de questions dans la vie courante :smiley: Cette réflexion est en fait originaire d’une autre réflexion autour de la probabilité d’un appel de marge pour un portefeuille donné, réflexion qui est en fait connexe à la question de connaître le drawdown sur un actif donné. Reprenons. ↩︎

  3. Attendez encore un peu, on va définir cela un peu plus bas ! ↩︎

  4. Nous le verrons plus tard, mais il faudra définir précisément ce que veut dire profond aussi, que de définitions ! ↩︎

  5. Même si ici j’imagine que je vais largement simplifier, je ne suis pas vraiment expert de ce sujet, mais merci à Mr Hristache qui nous a raconté cette histoire pendant notre cursus, en salle 008, je m’en souviens encore presque 10 ans après, mon dieu je me fais vieux … ↩︎

  6. et non les crues, vous l’avez ? ↩︎

  7. Par exemple -40% ↩︎

  8. Dans ce cas alors, et dans le cas suivant de \xi positif, il n’y a aucune borne et la perte peut-être totale. ↩︎

  9. Pas si loin des -57,8 % déjà vécus en 2008. ↩︎

  10. Autrement dit ici, le modèle nous dit que globalement il en sait rien. ↩︎

  11. Si vous avez de telles données, je suis preneur ! ↩︎

  12. un peu au-delà du pire épisode déjà vécu, à -23,9 % ↩︎

  13. Et là, j’ai bon espoir de pouvoir avancer et de calibrer le levier maximal dans l’outil Cayas à partir de ces outils. Après tout, j’ai pas envie de subir un appel de marge au cours de ma vie ! ↩︎

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Sacré boulot, bravo, j’ai essayé de tout lire, même si j’avoue avoir un peu décroché à certains moments, désolée :sob:.

Par contre, il y a un concept qui m’échappe vraiment, j’entends beaucoup parler de bulle mais j’ai du mal avec ce concept.

Pourrais-tu stp m’expliquer par exemple ce qu’était la bulle internet ?

Tout simplement, hein :grin:, merci beaucoup :folded_hands:

Post super intéréssant. Ce qui pose la question de la gestion du risque et de ces mécanismes.
Personellement, je sais d’expérience que je ne suis pas capable de tenir sans vendre. C’est pourquoi je privilégie une gestion de risque risk off/risk on et allocation dynamique et mensuelle du capital investi. Evidemment je perds en perf (réduction du cagr)

Dans un premier post j’expose ma gestion de risque pour mon AV basé sur un indicateur risk on risk off basé sur le TIPS momentum, voir ci après.
Dans un second poste, j’ exposerai ma gestion du risque pour limiter le max dd sur une stratégie momentum sur SP500.
Pour ma part J’ai posé mon max drawdown supportable autour de -30%. Mon horizon d’investissement ne me permet pas le luxe d’attendre 10 ans pour me refaire et à ce niveau, je peux continuer mon withdrawal rate of 4%.
J’utilise 2 supports, AV et CTO. J’utilise 2 benchmarks, un portfolio 60/40 et un SPY (SP500) Buy and Hold sur la période 1995/01/31 et 2026/08/31. On voit qu’un SPY_BH avec max_dd -50.78%. Le portfolio 60/40 réduit considérablement le max dd à – 29.46% au prix d’un réduction du cagr de 11.23% à 8.96%

Scheme risk on/off indicators cagr sharpe_vs_tbill sharpe_rf0 max_dd start end
60/40 - 8.96% 0.667 0.988 -29.46% 1995-01-31 2026-08-31
SPY_BH - 11.23% 0.587 0.787 -50.78% 1995-01-31 2026-08-31

Mon AV est gérée avec une strat de tactical asset allocation appelée HAA (Hybrid Asset Allocation, Dr. Wouter Keller and JW Keuning and their paper: Dual and Canary Momentum with Rising Yields/Inflation: Hybrid Asset Allocation (HAA). La gestion du risque est assurée par un indicateur risk on/risk off basé sur le T_BILL et une rotation de 8 etfs. If TIPS momentum is négatif, risk off, rotation de 100% du portfolio vers fonds euro.

Scheme Canary cagr sharpe_vs_tbill sharpe_rf0 max_dd start end
HAA TIP 11.62% 0.957 1.274 -9.32% 1995-01-31 2026-08-31
SPY_HAA TIP 12.96% 0.980 1.258 -16.13% 1995-01-31 2026-08-31

On voit que la strat HAA réduit considérablement le max DD à -9.32% avec un cagr 11.62%. Comme indiqué dans un précédent post, en fonction des fonds disponibles sur votre AV, il vous faudra adapter la HAA. Dans un autre post, j’ai montré que l’application du TIP, risk on/risk off et l’utilisation d’un seul asset offensif (SP500) réduisait la complexité. Dans ce cas de figure on réduit les max DD à -16.13% pour un cagr de 12.96%, beaucoup mieux que le canonique 60/40.

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Tu parles sur un niveau psychologique, c’est-à-dire que tu préfères vendre même à perte afin d’éviter d’encaisser une perte plus importante ?

Ou tu parles niveau couverture de tes besoins, c’est-à-dire que tu auras besoin de vendre même à perte pour financer ton train de vie (maintenant ou dans 10 ans) ?

Niveau psychologique. Experience vécue.

Pourquoi cette période ? Pourquoi pas le période 2000-2026 ?

En fait le but est d exposer le backtest a le plus de markets regimes différents. Si j ai les données historiques j étends mon backtest. je couvre le crash internet, la crise financière de 2008, la remontée brutale des taux fin 2018, 2020 Covid, 2022 short crash.
Je retourne la question pourquoi 2000./2026? je vais simuler 2000 2026.

Parce que la période 2000 plutôt que 1995 te fait attaquer direct dans le dur :cold_face:

Same crises, Max DD: SPY vs HAA_SPY vs HAA

Oulà, mais alors vraiment AUCUN problème, il n’y a pas à être désolée !
Je réfléchissais sur un sujet connexe, j’avais les données nécessaires pour raconter cette histoire, alors … Je la publie pour qui ça intéresse. C’est délibéremment technique, et même si on a essayé de rendre ça un peu ludique, ce n’est pas un drame de ne pas comprendre tous les détails. Au final, je ne crois pas que ces informations changent énormément ma manière d’investir, ni ma philosophie générale autour des finances personnelles.

C’est un sujet qui a attisé ma curiosité, qui peut avoir des conséquences pour l’outil plan de vie, mais qui isolément, n’a, il est vrai, pas grand intérêt hormis peut-être la stimulation intellectuelle pour les gros nerds comme moi :slight_smile:

Dans le sujet, et le modèle que l’on étudie, on ne cherche pas à savoir ce qui a causé le drawdown : il a lieu, c’est tout, qu’il vienne d’une bulle qui explose, d’une crise financière, peu importe.

Mais globalement, je pense qu’on peut résumer tous les drawdowns par une chose : les attentes des investisseurs ne sont pas atteintes.

Dans le cas de la bulle internet, des investisseurs (qu’ils soient particuliers ou non) s’attendaient à avoir des croissances très importantes sur des petites entreprises liées à internet, donc ils étaient prêts à acheter des parts de ces entreprises à n’importe quel prix. Sauf que finalement, la plupart n’ont pas atteint ces croissances, et alors dans ce cas, les prix payés initialement n’avaient plus lieu d’être, et donc on a vu une forte baisse de la valeur de ces entreprises.

Je vais tenter de faire un petit exemple chiffré.

Imagine une entreprise A qui gagne aujourd’hui 1 M€, mais qui promet une croissance de 100 % par an. Dans 10 ans, elle devrait théoriquement générer 1 milliard par an. Un investisseur peut alors accepter de payer sa part très cher aujourd’hui en misant sur ce futur.

Mais si, deux ans plus tard, la croissance réelle n’est que de 20 % par an (ce qui reste très bon), il lui faudrait désormais plus de 35 ans pour atteindre ce même milliard. Voyant ces nouveaux chiffres, un nouvel investisseur refusera catégoriquement de payer le prix fort réglé par le premier deux ans plus tôt.

La valeur perçue s’effondre et c’est l’éclatement de la bulle.

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Pour compléter
Une bulle est très souvent liée à une nouvelle technologie (internet,AI) ou innovation financière (Subprimes) qui dans tous les cas, fait réver les investisseurs pour des supposés profits futurs extraordinaires. Cela s’accompagne souvent du même narratif, cette fois ci c’est différent, les mesures habituelles (séculaires) de la valeur des entreprises bénéficiant ou créant ces technologies/innovation ne s’appliquent plus. Au temps de la bulle internet, les profits ne comptaient pas, la valeur d’une entreprise internet était déterminée par exemple par le nombre de connections au site, etc…Il sufisait d’ajouter .com au nom de la société pour que sa valeur en bourse décuple. Associé à ce narratif, l’effet FOMO (peur de rater le train) en rajoute une couche. Tout le monde veut participer, accroissant d’autant le prix des actions et découplant encore plus le prix avec les fondamentaux. Jusqu’à l’éclatement provoqué par un catalyste. Le problème est la détection de la bulle. Par exemple actuellement peut on considérer les semi conducteurs dans une bulle. Autre problème la durée de la bulle. Il peut se passer quelques années entre la détection d’une bulle et son éclatement.

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Ce deuxième post décrit ma gestion de risque pour mon CTO pour réduire le Max DD autour de -30%, mon niveau de tolérance.

Il s’agit d’un portefeuille quantitatif « momentum » de type « long-only » (positions acheteuses uniquement sur SP500), basé sur Wesley Gray / Alpha Architect (livre quantitative momentum) : classement des actions selon leur momentum sur 12 mois (en excluant le mois le plus récent), et sélection des 10 premiers avec application optionnelle d’un filtre de risque de krach et d’un ajustement de la taille des positions basé sur la volatilité.

Fonctionnement mensuel

Utilisation d’un univers de données « point-in-time » fourni par Norgate (indices S&P 500, Russell 2000, NDX ou indices mondiaux). Pas de survivorship biais.

Exclusion des actions à faible cours (seuil de 10 $ ajusté selon l’IPC) et des 5 % de titres affichant les moins bonnes performances en termes de momentum sur 6 et 9 mois.

Classement des actions restantes selon le momentum « 12–2 » (rendement logarithmique, en excluant le dernier mois complet).

Achat des N (10) meilleurs titres à la clôture du dernier mercredi du mois ; vente à la clôture du dernier mercredi du mois suivant.

Détermination de la taille du portefeuille, ajustement de l’exposition via le filtre de marché et la volatilité cible.

Gestion du risque

1/Un market filter reproduisant la méthodologie décrite dans l’article de Wes Gray Avoiding the Big Drawdown with Trend-Following Investment Strategy est appliqué. En fonction de la mesure du DPM, une fraction du capital(fraction_DPM)) est déployée, 100% positive trend , 50% négative trend, 25% correction).

Capital déployé DPM = Capital disponible x fraction_DPM

2/Une gestion de la volatilité au niveau du portefeuille ou par action sélectionnée parmi les top 10.

2.1 Au niveau du portefeuille (suivant la méthodologie [de Moskowitz et al. (2012](file:///C:/Users/ozana/Downloads/ssrn-2089463%202.pdf)). Volatilité cible max acceptée pour le portefeuille callée à 25% qui réduit l’exposition dynamiquement chaque mois en fonction de la volatilité moyenne ex ante des actions sélectionnées par le momentum.

Portfolio Scale = min(1, portfolio volatilité cible /volatilité moyenne des actions sélectionnées par momentum).

Le capital mensuel déployé est = Capital déployé DPM x Portfolio Scale

2.2 Gestion de la volatilité cible pour chaque action individuelle au lieu d’être au niveau global du portefeuille, suivant la même méthodologie

Action Scale = Each action (volatilité cible / volatité ex ante pour cette action )/N (nombre d’actions); Le capital non déployé reste en cash.

ALLOCATE Sizer Target Filter CAGR Ann_vol Sharpe_vs_Tbill Max_DD Mean_alloc End_USD
Cash non réinvesti
Equally weighted NONE 14.47% 28.10% 0.49 -70.10% 100.00% 7 140 000
Equally weighted DPM 15.45% 24.20% 0.56 -41.10% 84.00% 9 360 000
Targetted Volatility PER_ASSET 30% DPM 11.05% 15.50% 0.52 -33.00% 65.00% 2 740 000
Targetted Volatility PORTFOLIO 25% DPM 9.38% 13.00% 0.47 -27.60% 55.00% 1 700 000
Cash réinvesti en T-Bill
Targetted Volatility PER_ASSET 30% DPM 12.41% 15.45% 0.59 -33.00% 100.00% 4 062 069
Equally weighted DPM 16.15% 24.19% 0.59 -37.77% 100.00% 11321687

Donc clairement la combinaison Market Filter and volatilité cible par action me permet de réduire le max DD à 33% avec une réduction importante du CAGR de 11.05% à comparer avec un CAGR de 15.45 avec la même stratégie momentum avec Market Filter et sans volatilité cible. On voit qu’avec cette combinaison on réduit l’exposition à 65% vs 84%.

La combinaison Equally weighted avec DPM avec réinvestissement du cash est très efficace avec un CAGR de 16.15% pour un max DD de -37.77%.

Merci à tous les deux, je ne sais pas si j’ai bien compris, ces risques de bulles c’est un peu la part de risque que l’on accepte dans les investissements, une sorte de spéculation sur une valeur future supposée ?

Par exemple, une personne qui a son portefeuille 100% exposé sur un ETF NASDAQ mise tout sur la technologie, mais disons que la tech., l’IA ne donne pas les résultats attendus dans plusieurs années, loin de là, on pourrait dire qu’il y a eu une bulle IA qui a éclaté et que les investissements sur ce secteur étaient surévalués :thinking: ?

De même, un ETF world largement exposé aux États-Unis et donc à la technologie, à l’éclatement de cette bulle, va voir sa valeur lourdement chuter, mais peut-être un peu moins que l’ETF NASDAQ, car exposé à différents secteurs (industrie, santé, finances etc…).

Ici arriverait donc la nécessité d’un ETF le plus large possible et d’une diversification/ decorrelation dans la globalité même de son portefeuille pour essayer de limiter les dégâts de genre d’événements .

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Du coup @Nathalie quel est la composition de ton PF ? Son horizon d’usage ? Son utilité finale ? :grimacing:

L’année dernière, en me renseignant en ligne sur l’assurance vie (tradition familiale), j’ai découvert une petite vidéo de Cayas sur les frais d’assurance vie et sur le PEA, je l’ai regardé en boucle, je me suis inscrite sur le forum et ça a fait tilt :exploding_head:, je ne sais pas, j’ai eu un déclic !

J’ai 53 ans, mieux vaut tard que jamais :joy:, mais disons que j’ai bien environ 15 ans devant moi pour construire un vrai patrimoine financier .

C’est réparti comme ça pour l’instant :

-Pea Fortuneo : DCA mensuel sur l’ETF world dcam Amundi

-Linxea spirit 2 : petit DCA trimestrielle sur ETC OR physique Amundi et fonds euros (decorrelation et objectif de transmission en ligne indirecte) - plus tard vers 60 ans et quand je les comprendrais mieux, je mettrai sûrement un peu d’obligations /ETF obligataires à échéance et indexés sur l’inflation (ça doit bien exister :grin:)

-Épargnes de sécurité/projets (amélioration de mon appart, petits voyages,..) déjà constituées, mais je continue toujours un peu, ça me rassure et comme je vais piocher dedans :wink:

-J’ai aussi mon crédit immobilier qui finit dans 5 ans, liberté :sob: :tada::tada: et là patrimoine immobilier ok, et surtout à ce moment là je pourrais encore renforcer mes investissements et aussi vraiment respirer !!

Voilà, je sais que c’est simple comme approche par rapport à tout ce que je lis ici mais je ne me prends pas trop la tête, c’est décidé et je m’y tiens :smiling_face:

L’objectif ? Disons que j’aimerais avoir une semi- liberté dans 10 ans, m’ouvrir des choix, ne plus être complètement dépendante du boulot, réduire le temps de travail pour conserver la santé et partir 2 ou 3 ans plus tôt pour profiter plus de la vie et de ma famille, d’avoir plus de temps quoi, j’ai envie d’apprendre l’art de la céramique et faire des vases, de me remettre à la peinture, je m’y vois déjà :artist_palette::laughing:.

Je n’aspire pas à être millionnaire :grinning_face_with_smiling_eyes:, juste construire un vrai patrimoine financier adossé et cohérent avec mon patrimoine immobilier, adapté à mes besoins et ceux de mes proches :wink:

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Parfois la simplicité se suffit à construire quelque chose d’excellent et surtout à la hauteur de ses moyens

Le reste, il faut faire attention à ce qu’on peut lire car parfois il y a de drôles de surprises qd tu grattes un peu le vernis et que tu t’aperçois que le contributeur n’a qu’un portefeuille de 1000€ et non 100k€ :joy:

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Mauboussin, un de mes auteurs sur l investissement favori va publier un nouveau livre "the investing mind"
In The Investing Mind, Mauboussin discusses the importance of practical abilities such as numeracy, capital allocation and balancing risk versus reward, as well as behavioral qualities including assessing strategy, understanding your own bias, and maintaining an open mind.
10 Attributes of great investors, by @mjmauboussin


Pour l explication de la bulle internet lire le point 8 connaître la différence entre information et influence.

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Merci @ZakZak pour le partage !

Ce point 8 me parle.

« Many successful investors have a skill that is very valuable in investing but not so valuable in life : a blatant disregard for the views of others. » :sweat_smile:

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