Goodvest lance un fonds avec Team for the Planet - disponible uniquement en assurance-vie et PER

Goodvest vient de lancer un partenariat avec Team for the Planet pour créer un fonds dédié au financement d’innovations climatiques de rupture : 90 % d’obligations transition + jusqu’à 10 % d’actions non cotées TFTP. Classé Article 9 SFDR, construit avec Ecofi.

Le fonds est disponible uniquement via leur assurance-vie ou PER (Goodvie, GoodPer, GoodKids). Une édition limitée pour les 1 000 premiers est ouverte, avec déjà plus de 10 000 personnes en attente.

Pour les détails : goodvest.fr/tftp

J’avoue être mi-figue mi-raisin : je soutiens Team for the Planet depuis plusieurs années. Mais rendre ce fonds exclusivement disponible en assurance-vie et PER me pose question…

Vous en pensez quoi ?

Perso, j’en pense que ça rejoint la majorité des problèmes que j’ai avec les player spécialisé dans l’écologie : au lieu de faire des produits qui sont vraiment intéressant tant pour l’épargnant, on fait des produits green, certes, mais bourré de frais.

Il ne faut pas ce leurrer : si on donnait le choix à tout le monde entre un produit “green” et un produit “standard”, mais avec le même niveau de frais dans les deux cas, et la même espérance de rendement, personne n’irait vers le placement standard. (A part Trump, mais je ne suis pas Trump).

Aussi, je n’ai vu aucune mention des frais du fond sur leur page, donc même hors de leur AV et PER (qui SONT bourré de frais d’ailleurs), je ne m’attends pas à grand chose de ce produit, comme de la plupart des produits d’épargne des banques étiques. Et c’est très dommage…

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Je pense qu’il y a trois sujets distincts ici : l’intérêt du fonds en lui-même, le modèle Goodvest et l’apport des pure-players durables.

Sur le fonds et l’impact

Si tu souhaites avoir une approche sérieuse pour limiter au maximum l’impact de ton portefeuille voire avoir un impact positif, la gestion active a tout son intérêt et justifie donc de payer des frais de gestion supplémentaires par rapport à un produit classique. Et certains types de produits qui ne sont pas une priorité pour un portefeuille « classique » deviennent intéressants s’ils permettent du financement primaire : prêts, obligations ou encore private equity/debt.

Sur le côté « impact » au sens de finance à impact, le fonds m’a l’air solide même si on n’a pas les détails. C’est du financement primaire d’obligations et une partie PE qui permet, si l’innovation passe à l’échelle, de lutter contre le changement climatique.

Sur le modèle Goodvest

Cependant les reproches qu’on peut faire à Goodvest sont les reproches qu’on peut faire à tout acteur qui doit collecter des frais pour vivre et faire grossir ses actifs sous gestion : proposer le maximum de produits possibles dans le maximum d’enveloppes fiscales possibles. Et la priorité correspond à l’image à l’instant t du marché français : livret durable type livret réglementé, PER, assurance-vie avec fonds euros climat et tous les produits à la mode (produits structurés, SCPI, PE).

Sur l’apport des pure-players durables

L’arrivée de ces nouveaux acteurs est top. Goodvest ou Green-Got listent tous les deux les fonds disponibles qui ont passé le screening de leur méthodologie, qui sont les plus solides du marché. On peut après piocher dans la liste, et construire un portefeuille avec les enveloppes de notre choix (quand le produit est dispo) sans passer par l’approche clé en main de ces acteurs.

Pour finir, on peut plus ou moins répliquer nous-mêmes le fonds : de nombreux fonds obligataires durables existent et pour la partie PE, Keenest (https://www.keenest.co/) propose des investissements en direct dans les projets TFTP (les frais sont élevées).

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Je pense qu’ils veulent surfer sur la loi industrie verte, qui « oblige » à une part de Private Equity pour la gestion déléguée.

Les frais du PER GOODPER :

Je ne comprends pas trop comment ils arrivent à 0,4% de frais d’UC alors que la brochure.

Cela dit, même si on suit leur communication officielle : 1,55 à 1,75% de frais tout compris, l’avantage fiscal de l’année N ne tient pas longtemps.

Le simulateur Cayas peut aider à se rendre compte des frais cumulés et de la perf ici :

Si je prends comme hypothèse quelqu’un qui a 30 ans et défiscalise 2 × 10 000 €, à une tranche marginale de 30%, soit 6 000 € d’impôts sur le revenu en moins.

Durée : 35 ans. Rendement 6% annuel. Frais : 1,65 %.

Avec PER :

Avec CTO (même hypothèses. Frais : 0,25%)

Avant impôts :

  • Différence capital final brut : +52 758 € pour le CTO (+59%)
  • Différence frais cumulés : -20 801 € pour le CTO (-79,7% de frais)

Mais ce n’est pas tout, il faut compter la fiscalité à la sortie :

Après fiscalité :

PER (sortie en capital, TMI 30% à la retraite) :

  • Les 20 000 € de versements sont réintégrés aux revenus → imposés à la même TMI de 30% = 6 000 € d’impôt (= l’économie fiscale de départ s’annule, je prends pas en compte le fait qu’on aurait pu la faire composer ici, je vais le faire après)
  • Impôt sur PV : 68 770 × 30% = 20 631 €
  • Capital net PER : 68 139 €

CTO (PFU sur les plus-values) :

  • Les 121 528 € de plus-values sont soumises au PFU de 30% = 36 458 €
  • Capital net CTO : 105 070 €

Conclusion :

  • Différence nette après impôts : +36 931 € pour le CTO (+54%)
  • Différence frais cumulés : -20 801 € pour le CTO (-79,7% de frais)

C’est énorme comme différence :open_mouth:

Réintégration de l’avantage fiscal composé sur 35 ans

Après, si je fais composer les 6 000 € d’économie d’impôts du PER 4,35% (6% - 1,65%), ils se transforment en 26 630 € brut au bout de 35 ans. Soit 20 441 € net de PFU.

L’écart se resserre un peu, mais le CTO reste devant : +16 489 € (+19%)

Bon, et par contre pour les courtiers et les assureurs, y’a pas photo entre les deux :grinning_face_with_smiling_eyes:

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Ton espérance de rendement à 6% pour un fonds d’obligations (et 10% d’actions à but non lucratif) me semble très très très optimiste.

En tout cas, ça fait des montagnes de frais qu’on peut donner directement à des ONG ou des porteurs de projets !

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Oui, c’est plutôt une analyse du PER dans l’absolu que je viens de pondre là, j’en fais un thread dédié.

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Les Echos - Nouveau partenariat, rendement financier… le virage de Team for the Planet

Cette société hybride dédiée au financement des innovations climatiques va mettre en place un marché secondaire permettant de valoriser financièrement ses actions. Un changement de braquet pour celle qui avait lancé des « dividendes climats » sans rendement financier.

Hello, j’ai écouté hier l’interview de Joseph Choueifaty (Goodvest) et Arthur Auboeuf (Team For The Planet) chez Le Plongeoir.

Je ne savais pas que TFTP avait “libéré la valeur de ses actions", et permettait désormais une possible revente. Il ne s’agirait donc plus d’une donation pure et simple, sans possibilité de récupérer son capital, comme auparavant.

Je trouve l’idée du fonds 90/10 intéressante pour ceux qui veulent flécher leur épargne vers le financement de la transition. Le fait de diluer l’investissement risqué dans les projets TFTP avec 90% de green bonds peut être pertinent. En revanche, j’ai l’impression que le fonds n’est accessible que via l’AV ou le PER, dommage ?

Concrètement, l’intérêt principal de ce fonds me semble être d’intégrer les gestions pilotées / sous mandats de Goodvest, et de soutenir la collecte TFTP en gardant un risque contenu.

Pour un épargnant en gestion libre, il préférera probablement, s’il le souhaite, investir directement dans TFTP le montant qu’il souhaite allouer à ces projets.

Bref, bien que je ne serai pas client de ce fonds, mais je vais quand même suivre cela avec intérêt. C’est bien de voir des innovations qui vont dans ce sens sur le marché.

Lien vers l’interview :

Résumé exécutif de l’interview (généré à l’aide de Claude Opus 4.6 extended, puis affiné à la main) :

Les acteurs

  • Goodvest : plateforme de placement durable (AV, PER, livrets), 15 000+ épargnants, 250M€+ sous gestion, exclusion énergies fossiles, compatibilité Accords de Paris

  • Team for the Planet : mouvement citoyen (133 000 actionnaires, 90 pays), finance des innovations de rupture climat en early stage, modèle statistique (tickets jusqu’à 5M€, 14 participations)

Le produit : fonds 90/10 Goodvest x ECOFI x TFTP

  • 90% en green bonds / sustainable bonds (obligations, profil défensif, rendement cible 3-5%)

  • 10% investis dans les innovations climat de TFTP

  • Logique : arrimer l’épargne liquide classique au financement de solutions early stage, diluer le risque tout en fléchant du capital vers la transition

  • Ambition long terme : centaines de millions d’encours, distribution via Crédit Coopératif (maison mère d’ECOFI)

Convictions des invités :

  • Pas de ralentissement réel de la transition : investissements ESG en hausse de 8% en 2025 (Europe, Chine, renouvelable US poussé par l’IA)

  • L’épargne est le levier d’impact n°1 des particuliers, bien devant les « petits gestes »

  • L’opacité historique de la finance recule grâce au digital, aux nouveaux acteurs et aux ONG (Reclaim Finance)

  • Prendre en compte les critères ESG ne dégrade pas la performance long terme (méta-analyse Harvard : 50% amélioration, 40% neutre, 10% dégradation)

  • Attention à l’exigence de “pureté” idéologique : « On n’a pas besoin d’être parfait, on a besoin d’être nombreux »

Autres points notables

  • TFTP ouvre un marché secondaire pour ses actions (initialement sans rendement), valorisation progressive, 2M€ en attente d’achat

  • TFTP passe à l’international en 2026. Déjà des foyers d’actionnaires très actifs dans 90 pays, et ils visent à terme 1 million d’associés. “Certaines de nos innovations, comme la peinture réflective Cool Roof, auront un impact beaucoup plus massif en Afrique qu’en France.”

  • Goodvest reste focalisé France (6 000 Md€ d’épargne, 3e pays mondial en nombre de millionnaires)

  • L’argent est un sujet encore trop masculin, mais chez Team For The Planet et Goodvest, les femmes sont majoritaires.

  • 47% des clients Goodvest se disent peu ou pas engagés écologiquement

  • Réflexion sur les limites des KPI d’impact : un bon indicateur d’impact dans la finance pourrait bien être… l’argent. Exemple : la valeur des services fournis par la nature a été chiffrée à 170 000 milliards aujourd’hui. C’est plus simple à intégrer dans les Excels du monde actuel que les espèces en voie de disparition, par exemple.