Epargne : les intermédiaires empochent désormais autant commissions que les gestionnaires de fonds

Source : Le Monde, Nina Godart

Selon un rapport de l’ESMA publié en novembre 2025, les distributeurs de fonds (banques, CGP, sociétés d’investissement) perçoivent désormais 48 % des frais courants des fonds gérés activement, contre 38 % en 2020. Ils captent ainsi une part quasiment égale à celle des gestionnaires eux-mêmes.

Ces frais de distribution reposent largement sur les rétrocessions : le gestionnaire reverse une partie de ses frais au distributeur en échange de la commercialisation de ses produits. Ces commissions représentent 45 % des frais courants totaux, mais n’apparaissent pas explicitement dans les documents d’information remis aux investisseurs.

À titre d’illustration, un fonds actions qui progresse de 2 % sur l’année génère une plus-value intégralement absorbée par ces frais pour un placement de 10 000 €.

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont interdit les rétrocessions dès 2014, avec des résultats positifs sur les frais et la concurrence. En France, l’AMF a sanctionné trois sociétés de gestion sur ce sujet en 2025, mais le modèle reste dominant. Certains acteurs commencent néanmoins à anticiper une évolution, face à une nouvelle génération d’investisseurs moins disposée à accepter des frais élevés pour des performances inférieures au marché.