Comme tu l’as bien vu, garder du cash tout en ayant du levier n’est pas particulièrement pertinent dans le contexte de la gestion de portefeuille car cela revient à réduire le taux de levier effectif, tout en subissant des frictions (écart de rendement vs taux t’emprunt + fiscalité selon ce qu’on fait).
Garder du cash peut tout de même avoir une utilité avec du levier, mais pour faciliter la gestion de trésorerie[1], anticiper les décaissements de projets qui arrivent à court terme[2], pour parer aux coups durs et incidents[3].
C’est inefficient d’un point de vue purement financier, mais c’est pour la bonne cause. Et surtout, ce cash ne représentera qu’un pourcentage de plus en plus modeste de ton patrimoine. Si tu es un épargnant discipliné, cela n’aura pas d’effet majeur sur ton portefeuille pendant la majeure partie de ta vie.
Par contre, ça ne va pas améliorer l’effet des rééquilibrages.
Un rééquilibrage consiste à vendre un actif qui a surperformé sur une période pour acheter celui qui a sous-performé. J’entends par là que leur rendement a été supérieur / inférieur par rapport au rendement du portefeuille sur cette période, qui est la moyenne pondérée des rendements des actifs du portefeuille. Sur le long terme, le rééquilibrage améliore le portefeuille uniquement si ce n’est pas toujours le même actif qui est à la traîne sur la plupart des périodes !
donc
Pour que cela marche bien, c’est-à-dire pour que la volatilité du portefeuille soit inférieure à la moyenne de celle des actifs, il faut donc que tous les actifs soient volatils et pas trop corrélés… Ce qui n’est pas le cas du cash, qui se meut autant qu’une étrille échouée sur la plage en été.
Il y a un petit jeu / tuto interactif qui illustre la diversification dans le prochain parcours pédagogique (en cours de relecture) et qui montre ce qui se passe quand on rajoute du cash. J’en remettrai une couche dans la leçon sur le levier que j’ai commencé à rédiger.
