Box spread pour financer sa vie vs crédit lombard — le hack sous-coté ou usine à gaz?

Oui ETF BOXX, le principal avantage c’est la fiscalite… le net yield est bien superieur, mais ca va finir par se faire reglementer a mon avis.

Le contribuable français n’a pas tous ces tracas de fiscalité des distributions, à moins de se les infliger lui-même : on a des versions capitalisantes des fonds pour toutes les classes d’actifs. :grin:

De même, la fiscalité usuelle des PV/MV sur valeurs mobilières s’applique aussi aux dérivés tant qu’on est dans le cas d’un usage occasionnels (i.e. tu ne trades pas, tu investis dans une logique patrimoniale).

Et si on arrêtait complètement de désinvestir ?

Plutôt que d’attendre une phase de décumulation, est-ce qu’il ne serait pas plus efficace d’investir 100% de ses revenus en continu, et de financer sa consommation via des box spreads roulés — autrement dit, se créer un lombard synthétique sans passer par une banque ?

Sur le papier : coût proche du marché, pas de friction d’enveloppe, et optimisation fiscale possible.
Mais en pratique : rollover, liquidité, marge, conditions de marché…

Est-ce que certains ont déjà poussé cette logique jusqu’au bout ? À quel moment ça devient une fausse bonne idée plutôt qu’un vrai levier d’optimisation ?

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Je pense que c’est difficilement réalisable en pratique pour une majorité d’investisseurs, surtout débutants, à cause de niveaux de leviers qui seraient vite irréalistes en pratique. Si tu épargnes 20 % de ton revenu mensuel, cela revient, au premier mois, à devoir prendre un levier x5 pour financer ta conso : aucun courtier n’acceptera de te laisser aller aussi haut.

Et si ton patrimoine n’est pas assez haut, tu vas tendre vers ce niveau de levier énorme au fil du temps. Par contre, pour quelqu’un qui a déjà un CTO un peu fourni, potentiellement, ça pourrait se faire. La condition au doigt mouillé est que la croissance du portefeuille rapportée à l’apport de liquidité mensuelle compense la consommation pour ne pas faire dériver le levier vers des niveaux dangereux.

Il faut donc :

  1. Ou un CTO fourni pour que, même si tu consommes une grande partie de ton revenu, la croissance du patrimoine suffise à compenser la consommation, c’est le cas de quelqu’un qui serait libre financièrement.
  2. Ou avoir un niveau d’épargne très élevé (> 50 %), et donc un levier toujours maîtrisé.

Dans les deux cas, ce n’est absolument pas la norme. Ceci dit, utiliser des box spreads pour générer un levier « optimal » et qui correspond à son niveau de risque reste très intéressant à mon avis, mais pas forcément pour sa consommation, mais plutôt pour ajuster son niveau de risque sur son effort d’épargne.

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Et qu’est-ce que ça donne une box spread précisément en terme de fiscalité en France (pour le particulier commun des mortels, pas pour une société à l’IS) ?

Lorsqu’on utilise cet outil dans une logique patrimoniale, en « occasionnel » au sens des impots, c’est-à-dire sans négocier des dérivés dans tous les sens comme un trader, les moins-value Issues des box spreads sont des moins-values sur valeurs mobilières.

On peut donc les déduire des plus-values sur des ventes de placements financiers (rééquilibrage du portefeuille ou retraits) et les accumuler pendant 10 ans.

En pratique, cela veut dire que le coût des boxes est déductible fiscalement à moins de ne pas générer de plus-values sur ses investissements pendant looooongtemps.

Taux plus faible et déductibilité, c’est pour ça que les boxes enterrent les lombards classiques (et incidemment, ça avantage le CTO par rapport à l’AV)

C’est sur les sociétés que c’est un poil plus compliqué, en fait. Il y a un peu de documentation à produire et une façon propre de comptabiliser ses boxes en vigueur en fin d’exercice.

Fiscalité uniquement au dénouement ? Roll tous les trimestres ça reste “occasionnel” aux yeux de l’administration fiscale ? Et tous les mois ? Le sujet est intéressant mais si c’est pour ferrailler avec le fisc chaque année pour éviter une requalification coûteuse, ça vaut peut-être moins le coup qu’il n’y paraît.

Personnellement, cela ne m’inquiète pas.

Je me sers de boxes dans une logique patrimoniale, de manière à diversifier une allocation composée de fonds/ETF sur étagère ; mon outillage pour passer des boxes c’est un bête Excel et je pourrais même me passer des données de marché pour réaliser ces opérations. L’opération est équivalente à un lombard, mais sans le coût élevé d’une banque : le fait que ça soit déductible fiscalement est un bonus, mais je ferais pareil même sans la compensation des PV réalisées.

Je suis très loin des logiques spéculatives de quelqu’un qui traderait quotidiennement sur des titres vifs, des futures exotiques, avec une vision du marché à court terme… Je suis sophistiqué, assurément, mais pas pro. Rester le nez vissé sur des graphiques financiers tous les jours me casserait royalement les pieds.

Merci pour ton retour Guillaume, très clair sur les contraintes de levier.

Pour tester l’intuition, j’ai essayé de modéliser un cas volontairement simplifié sous Excel, avec les hypothèses suivantes :

  • capital initial : 100k€

  • rendement annuel du portefeuille : 6%

  • coût de financement (box spread) : 2%

  • revenus mensuels = dépenses mensuelles : 3 000€ (donc aucune épargne nette)

L’idée étant : tout est consommé, mais la consommation est financée par levier, tandis que le capital initial reste investi et capitalise.

Dans ce cadre, après 10 ans :

  • la LTV converge assez rapidement vers ~60%

  • capital brut ≈ 670k€

  • dette ≈ 400k€

  • soit ~270k€ d’equity

En retirant une fiscalité simplifiée sur les plus-values, on retombe autour de ~220k€ net, vs 100k€ dans un scénario sans levier (où tout le revenu est consommé).

Évidemment, ce modèle repose sur des hypothèses très fortes (absence de drawdown significatif, coût de financement stable, capacité à rouler la dette, etc.), mais il suggère qu’un certain équilibre peut exister sans dérive infinie du levier.

Du coup, ma question est la suivante :

:backhand_index_pointing_right: indépendamment des risques évidents (volatilité, marge, rollover), est-ce que ce type de raisonnement est fondamentalement biaisé sur le plan “mécanique” ?
:backhand_index_pointing_right: ou est-ce que le vrai problème est surtout sa fragilité en conditions réelles (drawdowns, variation des taux, contraintes de marge) ?

Je cherche surtout à comprendre si l’erreur est dans le modèle lui-même, ou dans son applicabilité pratique.

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