J’ai vu passer la vidéo, content de lire un peu les réactions ici.
J’apporte ma (beaucoup trop longue) pierre à la discussion :
D’après mes constatations sur le monde « réel » et la théorie, il y a d’abord une différence de vie, entre la personne qui veut rester mobile, souple, et ne surtout pas s’ancrer dans un investissement peu liquide, sachant aussi que pour beaucoup de personnes l’achat d’une RP n’est pas un investissement (je ne pense pas non plus qu’il faille le voir ainsi), mais une sécurité et une protection en effet, principalement une fois arrivé à la retraite.
Car la théorie fonctionne si le « renter » est conscient du long terme et le prépare dès le début.
Et encore faut-il avoir les moyen de cet emprunt ou de dégager de l’épargne, évidemment si de faibles revenus couvrent à peine les besoins vitaux en louant, c’est malheureux mais il n’y a pas de choix ou de réflexion possible…
Ben rapporte lui-même à environ 16:57
Même si elles connaissaient le potentiel d’investissement final entre louer et acheter, très peu de personnes sont assez disciplinées pour investir la différence entre loyer et (mensualités de prêt + coûts liés au fait d’être propriétaire). Et encore faut-il que cela soit investi sur les actifs comme les actions, les plus rentables à long terme, mais les plus volatils, donc pour vraiment en tirer bénéfice cela doit être constant, sans émotions, long terme et pas avec une peur du risque, clairement pas le profil de la personne lambda qui ne s’intéresse pas spécialement à l’investissement actions.
J’ai un exemple personnel, qui vaut ce qu’il vaut. Je loue, je quitte mon lieu de vie, change de région ou de pays souvent, parce que mon travail de freelance le permet pratiquement et financièrement. Mais je suis « fourmi », je suis frugal et je m’intéresse à l’investissement, je « construit » mon futur petit à petit, je devrais pouvoir prendre une retraite anticipée si je le veux et avoir le cashflow pour continuer d’avoir mon lifestyle actuel, ou envisager un achat si vraiment je veux me boulonner à un endroit.
Mon frère est salarié, position stable mais il aime profiter de la vie, n’épargne vraiment pas, plutôt « cigale » donc, mais pas d’effet négatif dans l’immédiat, sauf imprévus. Il a acheté avec un prêt à 1%, grand bien lui fasse. Il a eu une opportunité de travail et a dû déménager, il a cherché à vendre pile dans la période de remontée des taux, et son prêt était encore en début de remboursement = interêts. Étant donné que les prix avaient bien monté il aurait pu quand même faire une légère plus value, mais peu, si l’on compte le différentiel de son prêt v/s s’il avait eu un loyer et épargné la différence (et c’est un prêt à 1% !). (Clairement vu son profil d’après le « Lifestyle Investing » auquel Cayas ou Ben se rapportent souvent, il faudrait effectivement qu’il soit sur un profil dynamique, mais malgré les maigres connaissances que je tente de lui transmettre, il n’aurait rien à épargner, tout cela ne fait pas le poids face aux envies de sorties, concerts, babioles, etc. )
Vu la difficulté de la vente sur la période là, on en a discuté il a fini par louer. Le cashflow entre le loyer perçu et toutes les différentes charges et emprunt liés est négatif, mais la différence ajoutée à son loyer actuel correspond peu ou prou à ce qu’il aurait dépensé chaque mois en mensualités de prêt en restant dans l’appartement, et certaines charges ne seraient pas compensées. Bref, si le prêt fini par être complètement remboursé, il aura un bien immobilier complètement avec lequel il fera ce qu’il voudra. Et en attendant il a pu saisir ses opportunités.
S’il avait revendu son bien, dans 15 ans il n’aurait clairement quasiment rien, car il ne serait pas assez discipliné pour investir la différence, cela serait crâmé.
Le coût d’opportunité par rapport à investir en actions est réel, mais encore faut-il réaliser l’opportunité.
Je pense vraiment que la vraie question ne se situe pas dans « lequel » est plus rentable à long terme, mais réellement sur un mix d’appétence au risque et de discipline d’épargne et d’investissement. Autant dire que pour la plupart des personnes, comme le dit bien Ben, acheter sera réalistiquement la meilleure chose à faire, même en terme d’investissement long terme, au vu des autres options qui ne seront très certainement pas assiduement suivies.
Le remboursement d’un prêt constitue une « épargne forcée » qui serait inexistante sinon, et donc constitue bel et bien un meilleur investissement, puisque seul investissement réel, même si par une voie annexe, et une petite assurance sur le futur pur des personnes qui ne s’y seraient pas spécialement préparées sinon.
Cf le model classique des générations précédentes en France : Vie active, Achat RP, et notre système de retraite qui assure la suite. Ça me semble un ensemble, si on enlève la RP ou le système de retraite protecteur, ça devient tendu si la personne ne s’est pas préparée autrement sur la phase de vie active, et si elle en a bien eu les moyens…
Finalement ça boucle pas mal sur le fait de savoir adapter Lifestyle, psychologie de l’individu et situation.
Cela ne remet pas du tout en cause la théorie de fond, mais tout le monde n’arrive pas forcément à appliquer qqch dont les fruits ne seront visibles que dans 25 ans, alors qu’à contrario, la personne qui achète sa RP avec un prêt a le résultat tout de suite (avec par contre si pas préparé les frais cachés de maintenances, impôts fonciers, etc. sur le long terme, mais souvent pour ces personnes il est plus facile de s’occuper des choses au fur et à mesure qu’elles se présentent que de planifier et se projeter sur des chiffres)
Bref, pardon pour le pavé, mais les enjeux de pauvreté qui vont devenir de plus en plus présents à terme pour beaucoup de personnes me rendent sensible au sujet, voyant les situations de proches.