J’ai lu vos échanges mais un aspect de l’achat immobilier ne semble pas être abordé.
Pour imager mes propos, je vais donner un peu de contexte :
Homme 35 ans, papa d’une petite de 5 ans, séparé. Je viens de signer un bien immobilier pour une RP.
Depuis ma séparation, allez savoir pourquoi, je garde en tête que s’il devait m’arriver quelque chose la maman se retrouverait seule pour élever notre fille.
L’achat immobilier est également pour moi une assurance vie. S’il devait m’arriver quelque chose ma RP serait entièrement payé. Et c’est clairement un aspect qui fait sens dans mon esprit.
Effectivement, d’un point de vue financier, ce n’est probablement pas le meilleur mouvement que je pouvais faire. Mais cet achat me permet de me dire : Ok, si demain je disparais, ma fille et sa mère sont à l’abris
Conclusion simple : j’accepte de perdre de l’efficience dans mes placements pour augmenter ma sécurité sur cet aspect.
Effectivement, ça me fera réduire légèrement ma capacité d’investissement mensuel mais c’est le prix de ma tranquillité d’esprit.
Ce que tu dis est vrai, je pense que c’est super important d’assurer son capital humain dès que d’autres personnes dépendent de nous. Cela peut aussi être intéressant si on a une carrière physiquement risquée, avec un réel risque d’invalidité.
On a tendance à rattacher ce type d’assurance à l’immobilier car les prêteurs nous obligent d’assurer notre capacité de remboursement, mais on peut aussi s’assurer contre le décès ou l’invalidité sans avoir d’immobilier ! Ça coûte à peu près pareil et on peut moduler ça en fonction de ses besoins.
Mais effectivement, pour comparer proprement achat ou location il faudrait que le loueur assure aussi son capital humain dans les mêmes proportions.
Trouver sur Cayas des discours nuancés sur l’immobilier me rassure (ou tout du moins « me fait du bien »), étant donné que dans mon entourage, devenir propriétaire de sa RP est un objectif de vie profondément ancré, presque obstiné, tant il incarnerait une forme de stabilité et d’accomplissement durable. Un « mal » français ?
C’est simple, dans ma commune, le prix au m2 dépasse les 8k. Pour obtenir une surface équivalente dans le quartier, je devrais débourser 600k. Et il faudrait près de 50 ans de mon loyer actuel (hors inflation) pour parvenir à compenser une telle somme.
Dans le quiz que vous proposiez sur les divers types d’investisseurs, à la question « Le loyer est-il de l’argent jeté par la fenêtre ? », ma réponse est clairement non, même si bien évidemment je préfèrerais user de ce pécule autrement. C’est le fruit à payer pour bénéficier d’une relative liberté, de ne pas se sentir emprisonné par un prêt avec une échéance beaucoup trop lointaine.
Autant, prendre des risques en bourse paraît envisageable, autant, l’achat d’une RP à un tel coût me paraît une aventure trop incertaine. A l’horizon de plusieurs décennies, en effet, qu’est ce qui me dit que le quartier sera toujours aussi accueillant ? que le lycée va rester attractif ? que les petits commerces vont perdurer ? que les parcs seront toujours bien entretenus ? que les bureaux resteront à proximité ? que les transports à disposition vont persister ? et j’en passe…
Utiliser le potentiel du levier autrement me semble plus judicieux, du moins pour le moment. A l’approche de la retraite (si j’en ai une ), avec une envie de se poser, la logique sera sûrement différente. Et le patrimoine à disposition devrait (normalement !) être alors plus à même de répondre à cette problématique.