En écoutant un podcast de Ben Felix sur la pertinence d’investir dans des hedge funds (dont il n’est clairement pas fan), je suis tombé sur cette étude : Where have all the alphas gone? A meta-analysis of hedge fund performance
En résumé, les auteurs estiment que leur alpha a complètement disparu au fil des décennies, et que quand bien même il y en aurait encore, celui-ci est quasi-intégralement absorbé par leurs frais.
S’il n’y a plus d’alpha justifiant des frais > à des stratégies plus passives, alors on peut en déduire qu’il faut se tourner vers des fonds alternatifs qui n’ont pas la prétention de générer de l’alpha (et en conséquence, sont moins chers). Je pense par exemple aux cat bonds, au trend, ou au commodity carry, dont les frais sont en conséquence bien plus raisonnables.
En particulier, cela me fait remettre en question certaines lignes comme les fonds d’AQR, ou BHMG, lesquels facturent des commissions de performance importantes, pour (si l’on en croit l’étude), un alpha mineur… D’autant plus si de nouveaux ETFs tels que le L/S de BNP nous permettent de s’exposer à des stratégies similaires avec beaucoup moins de frais.
Qu’en pensez-vous ?
Je suis plus nuancé. Certains fonds de type « hedge funds » ont des prétentions assez modestes, consistant à construire des expositions aux primes de risques alternatives les mieux documentées : value, momentum (au sein de la classe action ou en trend following), carry, ou à des paris de convergence assez classiques (arbitrage sur les fusions-acquisitions par exemple)
C’est notamment le cas des fonds d’AQR, dont les principes méthodologiques sont exposés dans leurs papiers ou dans le bouquin de Pedersen « Efficiently Inefficient ».
C’est assez différent des pod shops qui chassent les anomalies de marché ou des market markers… Qui sont globalement inaccessibles aux particuliers et me semblent plus aléatoires.
Après, oui, c’est des fonds chers. Est-ce que ça boulotte une partie significative des primes de risque ? Certainement. Reste-t-il un rendement au-delà du taux sans risque ? Historiquement, ça a été le cas. Est-ce que c’est suffisamment décorrélé des actifs traditionnels ? Ca a l’air d’être encore le cas empiriquement et il y a des raisons théoriques pour que ça le reste probabement.
Est-ce que les nouveaux ETF permettront d’avoir accès à ces primes de risque à moindre coût ? Difficile à dire : la moindre sophistication de la cuisine de ces fonds pourrait aussi moins bien capter les primes de risque et contrebalancer le moindre coût.
Franchement, sur les alts je suis un mécréant : je lis la documentation pour voir si les principes du processus d’investissement ont l’air sains, puis je diversifie entre plusieurs émetteurs, dans l’espoir de retomber sur un mélange proche des indices. 
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