Les banques s’enrichissent en commercialisant des assurances-vie. Je me demande ce que l’état gagne en échange d’offrir l’exclusivité de cette niche fiscale.
Dans le cas de la vente de drogues comme le tabac et les jeux d’argent, l’état offre une exclusivité aux buralistes. J’imagine que l’état y trouve son compte grace aux taxes. Qu’en est-il dans le cas des assurances-vie? Est-ce que la comparaison est pertinente?
Pourrait on envisager une assurance-vie non commercialisée par les banques mais gérée par les particuliers comme un CTO ou un PEA?
Le fonds euros est investi entre autres en obligations d’état françaises. Ça flèche l’épargne pour ça surtout pour les français qui sont allergiques au risque
Et quelque part l’état récupère aussi une partie des frais de gestion des assureurs sous forme de taxes de ces compagnies d’assurance
Faut pas se leurrer, outre la liquité des oblig souveraines, il y a un énorme lobby bancassurance pour conserver leurs marges et pour tous ceux qui ont eu affaire à l’administration / politique, ils ont généralement beaucoup de mal à évaluer les effets de second ordre (“1 maintebant vaut mieux que 2 tu l’auras”)
En parlant d’effet de second ordre, je trouve que la politique de frais des banques & assurances sur les AV est très court-termiste. Je n’ai pas fait les maths derrières, mais je suis convaincu qu’ils gagneraient infiniment plus d’argent sur le long terme en ayant des frais compétitifs (enfin pas au point d’être nuls), des placements performants et peu chers et des clients satisfaits qui ne se barrent pas, le fameux “alignement des intérêts” qu’ils t’annoncent à chaque fois qu’ils te filent un fond actif à 2%.
Je pense que tu aurais tout intérêt à garder un client pendant 40 ans à 0,5% en actions qui font 7% /an, plutôt qu’un client qui a 0,8% qui fait du 1,5% annualisé. Mais je sous-estime certainement les autres frais dans mon intuition (moi aussi j’oublie les effets de second ordre)
Ce que j’entends par là, ce sont les effets induits et indirects à des choix / arbitrages, l’effet domino caché des choix qu’on fait.
Je vais donner un exemple politique bien connu et bien actuel : le plafonnement des loyers.
Effet attendu : éviter l’explosion du coût de l’habitation dans le budget des ménages.
Effets de “second ordre” : désincitation à l’investissement (la rentabilité du capital investi en immo est insuffisante), construction en berne (idem), sous-entretien du parc (pour compenser la baisse de la rentabilité, les propriétaires diminuent les dépenses), baisse de l’offre locative (pourquoi louer si tu perds de l’argent), réduction de la mobilité des ménages (ce qui aura un impact sur la démographie, l’élasticité professionnelle - tu ne vas pas chercher un emploi mieux rémunérer car tu ne trouves pas comment te loger). C’est vraiment une mesure CATASTROPHIQUE, même si elle part d’un bon sentiment et que le seul indicateur que tu regardes s’améliorent.
En politique, c’est souvent ce qu’on entends par populisme, une solution “facile” à un problème complexe, c’est efficace en surface, tu vas avoir un bon KPI à montrer à tes électeurs mais tu vas faire l’impasse sur les autres KPI qui se sont dégradés à côtés.
Pour une boite ça pourrait être sous-investir en R&D, Capex, Opex… ou avoir une politique de cost-killing trop brutale, ton EBITDA court terme s’améliore mais tu menaces la pérénité de ta boite à moyen terme.
dans le meme genre, la crise des suprimes, au départ la bonne intention d’augmenter l’accession à la propriété des ménages juste à la limite de la solvabilité en leur permettant d’emprunter avec apport négatif basé sur valeure future du logement. Aubaine pour les préteurs, sécurisation des titres, packaging des titres low grade transformés par magie en les associant en dose homépatique à des titres high grade, en titres très surs et tout ça addossé aux fameux credits swaps (assurance en cas de défaut des emprunteurs, ces memes swap étant eux memes tradés sur le marché ) . Descente des prix de l’immobilier, valeur des biens acquis plus bas que la valeur du crédit, défaut des créditeurs, effet domino garanti. Quelques un avaient vu venir la chose.
Sans parler de Goldman Sachs qui d’un coté le trading desk shortait les credits swap et les vendeurs de l’autre côté poussaient les investisseurs à acheter ces memes credits swaps.
Merci,
Est-ce que tu sais si il y a un deal entre les banques et l’état, par exemple: 50% de l’allocation des assurances-vie doit se faire en dette française?
C’est de la théorie des jeux selon moi. Ce que cherche à maximiser le secteur bancassurance, c’est sa rente, y compris en influençant les politiques qui ne peuvent pas comprendre ce qu’ils votent (c’est trop complexe).
C’est beaucoup plus profitable de maximiser les frais le plus tôt possible, plutôt que de laisser composer le capital de ses clients. J’ai fait une simulation pour le vérifier :
Vaut-il mieux laisser prospérer son client, ou se gaver au plus vite ?
Simulation 40 ans – comparer uniquement les frais perçus par l’assureur (AV vs ETF)
Frais cumulés assureur : Scénario 1 – Scénario 2 = +73 162 € (l’assureur encaisse davantage dans le scénario 1)
Hypothèses de calculs, notes et limites
Notes / limites :
Les “frais cumulés” sont la somme des euros prélevés année par année sur l’encours de début d’année (cohérent avec la contrainte “6% brut → net donné”). Si, dans la réalité, les frais sont prélevés mensuellement, sur encours moyen, ou dans un ordre différent (perf puis frais sur encours fin), les montants en euros bougent un peu, mais les ordres de grandeur et les écarts restent très proches.
Ici, on compare volontairement “ce que l’assureur encaisse” en séparant la part qui revient à l’émetteur (UC/ETF). L’investisseur, lui, subit bien la totalité des frais (assureur + émetteur), via la baisse du rendement net.
Hypothèses de calcul (communes)
Mise initiale : 100 000 €
Horizon : 40 ans
Aucun versement complémentaire, aucun rachat
Rendement brut des marchés/supports : +6%/an
Convention de calcul (pour coller à “brut 6% → net X%”) : chaque année, on prélève les frais totaux comme un % de l’encours de début d’année B, et on applique la performance brute sur la même base. Donc :
Encours fin d’année = B × (1 + 6% − frais_totaux)
Objectif : isoler uniquement les frais encaissés par l’assureur (en séparant la part “émetteur UC/ETF”).
Les clients qui ne partent pas ne partiront jamais, donc autant prendre le maximum sur eux. Et ensuite investir en marketing pour aller chercher des nouveaux clients pour remplacer ceux qui partent. C’est le modèle des assureurs, opérateurs de téléphonie, etc
Le modèle changera quand une masse critique de clients « inertes » commencera à bouger (à cause/grâce à nous par exemple ) !
@Nicolas et @Nicolas.U ,
Je viens de voir votre dernière vidéo youtube qui pose au final la même question. Ce serait intéressant d’avoir l’avis de l’État: pourquoi subventionner le secteur de l’assurance ?
Merci pour le boulot,
Maxime
J’ai vu récemment un reportage sur les difficultés de certains bénéficiaires pour récupérer l’argent légué par le biais de l’assurance vie, ou alors le bénéficiaire est décédé et rien n’a été ajouté dans la clause pour ses descendants.
En effet, certaines clauses bénéficiaires peuvent être perfectibles, manque de détails etc.., du coup c’est le parcours du combattant, procès, recours contre l’assurance vie.
Après je ne sais pas si j’ai bien compris, mais il semble qu’au bout d’un certain temps quand l’argent n’est pas récupéré, partage entre le courtier, l’assureur et l’état…. Si quelqu’un peut confirmer.
Peut-être est-il aussi là l’intérêt de l’état, en plus des obligations…