Jusqu’ici, on vous a parlé d’actions, d’obligations, de monétaire… bref, d’actifs concrets, qu’on peut acheter ou vendre. Mais il existe un autre pilier fondamental de votre patrimoine, souvent oublié, et pourtant crucial pour vos décisions d’investissement : votre capital humain.
On vous explique ce concept trop méconnu, et surtout comment l’utiliser pour optimiser votre portefeuille.
Le capital humain est la valeur actualisée de tous les revenus futurs attendus jusqu’à la fin de carrière.
La formule indique que chaque revenu annuel est actualisé (ramené en valeur présente) avec un taux qui permet de refléter :
Le risque lié à l’incertitude des revenus futurs (perte d’emploi, secteur instable, etc.)
Le coût d’opportunité (un euro futur vaut moins qu’un euro aujourd’hui)
Le choix du taux est assez complexe, et les experts donnent des recommandations variées, même si elles convergent globalement. En gros tu peux partir du rendement d’un actif sans risque (par exemple l’OAT à long terme en France), puis ajuster en ajoutant ou retirant une prime pour mieux refléter ta perception du risque.
La formule de Family INC est similaire, nous partons juste des rendements réels
On a retenu des hypothèses assez classiques, plus resserrées que ton intervalle de 1 % à 16 %, car on tend naturellement vers une situation plus stable. Si, à un instant T, tu es dans une start-up dans un garage en Creuse, tu ne resteras probablement pas éternellement dans cette situation : soit tu réussis et gagnes beaucoup d’argent, ce qui te sécurise, soit tu échoues et te réorientes vers une autre activité. Et 1 % reviendrait à dire que tu es mieux garanti qu’une obligation de l’État français !
Petite question sur le capital humain (ici mais aussi pour l’outil d’allocation)
Je comprends qu’on prend l’ensemble des revenus futurs actualisés. Mais en toute logique ne faudrait-il pas prendre uniquement la part de ces revenus qui est épargnée ? N’est-ce pas seulement cette partie là qui compte pour définir son exposition ?
Dans mon raisonnement, la part que l’on reçoit et qui est immédiatement consommée me semble difficile à considérer comme du capital (même futur)…
Preneur de votre point de vue sur cette question : dont les conséquences ne sont sans doute pas neutres !
Notre objectif est d’aider nos utilisateurs à optimiser leur consommation tout au long de leur vie. Il y a trois grands facteurs dans la recette :
les flux d’argent qu’on va recevoir au fil du temps
le transfert d’argent dans le futur par l’investissement
les flux d’argent sortants (et les préférences individuelles entre consommer plus, plus tard ou moins, mais plus tôt)
Actuellement, nous estimons les flux entrants mais pas les flux sortants. C’est pour cela que l’allocation assise sur le capital humain total est très agressive. La prochaine grosse évolution de Cayas, c’est d’intégrer une estimation des flux de dépenses au cours de nos vies. On aura alors les ingrédients pour équilibrer les recettes, les dépenses et l’adéquation des stocks (= les investissements), afin d’avoir de bonnes chances de disposer de la liquidité adéquate tout au long de notre vie.
Le capital humain assis sur les revenus (et pas juste l’épargne) est une abstraction simplificatrice qui cadre mieux avec cet objectif de consommer à l’échelle de toute une vie.
Si l’on s’intéressait juste à faire grossir le magot en supposant qu’on dépensera de manière lissée, ce ne serait pas idiot modéliser un capital humain avec uniquement l’épargne. La plupart des gens n’ont pas assez de capital financier pour supposer que la consommation sera lissée : la majorité d’entre nous doit casser la tirelire plusieurs fois dans sa vie.