Ah, l’impact du levier. C’est toujours un sujet délicat.
Disclaimer : ce qui suit est un méchant pavé technique.
L’allocateur prend le taux du cash et lui ajoute un premium, qui correspond à ce qu’on pourrait obtenir avec du levier efficient (ce qu’on pourrait avoir avec des ETF à levier et des box spreads).
Une règle de base est qu’il ne faut pas utiliser de levier à des coûts qui vont au-delà de quelques dizaines de points de base (mettons 0,5%). Par coût, j’entends l’écart par rapport aux taux des obligations souveraines les plus sûres pour cette devises (le taux sans risque).
Prendre une avance sur titres sur son AV ou un lombard avec un taux à €ster + 1% ne permet généralement pas d’obtenir un portefeuille avec un compromis rendement/risque supérieur à un simple portefeuille sans levier. Surtout si on réinvestit ça dans son AV avec des frais de 0,5 à 0,8%.
Si l’on fait du levier, on doit le faire avec des outils suffisamment efficaces. N’appelez pas Cetelem pour investir avec du levier s’il vous plaît.
Même si le bonhomme tout vert est rigolo.
Lorsque les taux courts augmentent, même avec des outils efficaces, on emprunte plus cher.. Une partie du coût peut se répercuter sur les espérance de rendements futurs : typiquement, si les taux courts augmentent durablement, les rendements à maturité des obligations à plus long terme ont tendance à augmenter aussi. L’effet semble plus ténu sur les actions (je ne retrouve pas le papier qui en parlait pour le moment), mais des taux d’emprunts plus élevés n’impliquent pas forcément une espérance de rendement moindre pour le portefeuille à levier, selon sa composition.
Néanmoins, des taux courts élevés pourraient quand même dégrader le compromis rendement/risque d’un portefeuille à levier. Ce qui tombe bien, c’est que nous mettons à jour nos hypothèses de marché régulièrement : si les taux courts augmentent beaucoup par rapport aux espérances de rendement des autres actifs, l’optimiseur mettra la pédale douce sur le levier et pourrait privilégier un investissement plus concentré en actifs risqués.
C’est pour ça qu’il ne faut pas surinterpréter le graphique d’allocation temporelle de l’outil Plans de Vie : il donne une vision de l’évolution de l’allocation qui utilise les hypothèses de marché à l’instant t et il affiche uniquement l’allocation adaptée pour le scénario considéré (médian, 25% défavorable, 10% vraiment défavorable). Même si vos projets ne changent pas, la trajectoire de votre allocation réelle au fil du temps variera selon les hypothèses de marché et les rendements réalisés.
Sinon, sujet connexe, on va vous ajouter un paramètre pour piloter le levier maximal que l’optimiseur peut utiliser d’ici quelques semaines. Cela vous permettra de mieux jouer avec ce facteur pour tenir compte des instruments que vous avez à disposition. Actuellement, le levier maximal autorisé est relié au profil de risque, c’est contraignant (même si ceux qui ont besoin et ont envie d’avoir un levier important sont généralement des profils investisseur offensifs).
Puisque tu parlais des devises, on prend la position « marchés efficients » pour le moment : les différences de taux de rémunération du cash entre devises devraient se retrouver l’évolution des taux de change. Autrement dit : sur le long terme, il n’est pas forcément meilleur marché d’emprunter en € à 2% qu’en $ à 4%