[Ask Me Anything] Marine Hermenault dirige le conseil financier chez Cayas

Je ne fais pas du finary bashing et je n’ai pas jugé leurs AV en disant qu’elles étaient mauvaises ou bonnes, je constate la déviance au business model initial en les prenant comme exemple.

Si tu commences à proposer des AV, les conseils ne sont plus nécessairement indépendants. Cela peut devenir le cas avec cayas selon leur future feuille de route.

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Cayas est une entreprise de SaaS. On vend des licences pour utiliser le logiciel.

Le produit c’est l’allocateur Cayas+ : à partir de ton plan de vie, le logiciel détermine ton allocation stratégique[1] dynamique dans le temps, puis formule des recommandations tactiques[2] pour y converger mois par mois.

Sans surprise, faire du conseil financier personnalisé et holistique avec un logiciel, c’est un peu résoudre la quadrature du cercle. Cayas y va pas à pas : les fondations sont construites, le modèle est solide et produit déjà des allocations plus performantes que les heuristiques classiques de pilotage de portefeuille (cf. SSRN). La partie gestion des ordres (= les recommandations tactiques) sortira très prochainement, je suis en train de la tester en ce moment avec quelques clients de la cohorte Cayas Accompagné, et la roadmap est pleine d’évolutions supplémentaires pour rendre le logiciel plus personnalisé, plus subtil dans ses recommandations, et plus facile à utiliser.

Et le conseil financier là-dedans ?

  • Le conseil par l’outil : quand le logiciel te dit quel instrument mettre dans quel compte, c’est du conseil financier. Outre la technique de l’algo, les recommandations ne sont pas faites in abstracto : il y a un cadre méthodologique derrière basé sur la littérature académique, des hypothèses de marché, une sélection des instruments éligibles, etc.
    → Je suis là pour assurer tout le formalisme réglementaire nécessaire (la casquette de juriste) et pour co-construire ce cadre (la casquette CIF).

  • Le conseil autour de l’outil (= le « conseil humain ») : L’outil est généraliste. Il n’est pas (encore) taillé pour saisir toutes les subtilités des situations individuelles de tous les utilisateurs de la plateforme[3]. On est bien conscients de ce qu’il fait très bien et de ce qu’il fera mieux dans le futur.

    En attendant, on va pas laisser les gens sur le carreau : d’où le conseil humain. On propose des heures de conseil, c’est-à-dire du temps de cerveau, pour résoudre ponctuellement ces questions.

Vous l’aurez compris : le conseil autour de l’outil est accessoire. Ce n’est pas le produit. On est pas en train de monter un cabinet de cgp. Le conseil « humain » vient supplémenter l’outil quand c’est nécessaire : on vous propose d’acheter ponctuellement du temps de cerveau. Si je fais bien mon travail sur le conseil par l’outil, les utilisateurs auront de moins en moins besoin du conseil humain.

Soyons honnêtes, il est probable que le conseil « humain » fasse bouillir la marmite le temps d’atteindre un nombre d’abonnés suffisant. C’est le lot de toutes les entreprises SaaS, qui doivent d’abord financer leurs coûts de développement.


  1. c’est-à-dire les % de répartition cible entre classes d’actifs ↩︎

  2. c’est-à-dire quels instruments dans quelles enveloppes ↩︎

  3. cf. la quadrature du cercle plus haut :up_arrow: ↩︎

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Pas sûre de comprendre l’argument. :sweat_smile: Pourquoi le partenariat, ou mon intégration, rend Cayas moins indépendant ?

Il est probable que l’incompréhension vienne de la définition de « indépendance radicale », alors je m’explique.

La définition revendiquée par Cayas dans son manifeste :

L’ajout du conseil par/autour de l’outil ne change rien. Ça reste 100% vrai : nous ne vendons pas de produit financier et nous ne touchons aucune rétrocommission.

La définition juridique de l’indépendance financière :

On trouve la définition dans l’article 24 de la directive européenne MIFID II.

Si je synthétise, on dit d’un conseiller qu’il est indépendant au sens de MIFID 2 quand :

  • il fournit des recommandations de manière impartiale, sans être influencé par des liens commerciaux avec des établissements financiers ou des émetteurs de produits. :white_check_mark:
  • ses recommandations reposent sur l’analyse d’un nombre suffisamment large et diversifié d’instruments financiers disponibles sur le marché, afin de proposer des solutions adaptées uniquement aux intérêts du client :white_check_mark:
  • il ne peut pas percevoir de commissions ou d’avantages de la part de tiers susceptibles de créer un conflit d’intérêts[1]. :white_check_mark:

Dans mon activité individuelle, j’étais déjà indépendante au sens de MIFID 2. Idem pour Cayas. Ça fait partie de l’alignement fort sur les valeurs qui nous a rapproché : ils ne m’auraient pas choisie sinon, je n’aurais pas accepté le poste sans cette garantie.

Comme on fait pas du bénévolat, ça veut dire que le conseil financier fourni est rémunéré strictement aux honoraires : les abonnements + les heures/forfaits de conseil autour de l’outil.

Le « changement » de modèle (non)

Cayas allait devoir passer CIF quoi qu’il arrive, c’est la condition sine qua none pour que l’outil puisse formuler des recommandations tactiques.

Le plan à la base (je parle sous ton contrôle, Vincent) c’était de faire exclusivement du conseil par l’outil. Les retours utilisateurs ont montré qu’il y avait aussi un besoin de conseil autour de l’outil, parfois bloquant : répondre à des spécificités individuelles, bien le remplir, comprendre les résultats, mettre en place les recommandations.

On a monté le partenariat de test. Il s’est rempli très vite, notamment auprès des abonnés qui ont saisi l’intérêt du logiciel mais veulent l’utiliser plus finement. Le partenariat nous a permis de définir le besoin et de construire une offre pour y répondre plus précisément.

Du coup, vois le plutôt comme ça : Cayas a rajouté une corde à son arc pour mieux servir ses utilisateurs :wink:


  1. c’est pas du déclaratif, on a une déclaration annuelle à faire à l’AMF et des contrôles par l’association pro ↩︎

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Merci pour ce rappel réglementaire.

J’ai tiqué dans le sens « et si c’était un premier pas vers autre chose », sans citer à nouveau l’exemple précédent.
Je comprends parfaitement le besoin de conseil autour de l’outil, d’une discussion avec un humain pour mieux comprendre et être certain de l’ utiliser correctement.

Je vois bien dans mon entourage (et même moi parfois), qu’on a besoin d’une aide extérieure pour passer à l’acte parce qu’on a peur de mal faire. C’est rassurant et réconfortant.

Merci d’avoir clarifier ce point.

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Bonjour Marine,

Merci pour toutes ces informations… Je trouve louables ces efforts pour tendre vers une philosophie de conseil de type « fiduciaire » (dans le sens anglo-saxon du terme : « obligation d’une partie d’agir dans les meilleurs intérêts d’une autre partie »). Je suis moins convaincu par le levier et autres box spreads, question de tempérament sans doute et continue de penser que le combo PEA/AV reste bien souvent pertinent.

Une question un peu plus générale. Je comprends la dynamique entrepreneuriale de Cayas, et son modèle économique. La question que je me pose porte sur les profils un peu contrariens (comme le mien), celles et ceux qui n’envisagent pas de passer au modèle payant (ni pour l’éducation financière, ni pour le conseil). Comment envisagez-vous leur place sur le forum ?

Il y a bien sûr des avantages pour nous (les échanges avec d’autres passioné.e.s de finances perso), mais aussi sans doute pour vous aussi : étant davantage externes, nous pouvons amener des critiques et des idées susceptibles de faire avancer votre réflexion…

Excellente continuation,

Rémy

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Les avis contrariens, tant qu’ils sont respectueux et constructifs, seront toujours les bienvenus ici :+1:

L’échange franc et direct d’idées fait partie de l’approche académique qu’on défend. Sans compter qu’on s’ennuierait sans le challenge, ça nous donne de bonnes occasions de présenter et préciser l’argumentaire qui sous-tend nos analyses :slight_smile:

Libre à toi de t’abonner ou pas.

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Bonjour Marine,

Petite question concernant la méthode de contact, es ce que ton mail MHCIF est toujours en activité ou faut il basculer sur un mail « Cayas » pour continuer l’accompagnement en cours ?

Sinon je recommande l’accompagnement avec les outils Cayas, vivement la suite :flexed_biceps:

Ps: il me semble que le MP n’a pas cours ici ? (sinon j’ai peut être manqué l’option :slight_smile: )

Hello @Xen13 :slight_smile:

Non, absolument. Pour mes clients actuellement en accompagnement, on continue avec mon mail MHCIF. J’ai vu ton message, je te réponds aujourd’hui.

Il y a eu un petit embouteillage de mails ces derniers temps. Outre que ce n’est pas mon point fort [1], la période de transition est intense !
Désolée à tous ceux qui attendent. Je n’oublie personne et je fais au plus vite :yellow_heart:

L’autre bonne nouvelle, c’est qu’il y a maintenant une adresse à laquelle écrire pour des infos sur Cayas Accompagné :
conseil@cayas.fr

Écrivez directement ici : vous aurez une réponse plus rapide :smiling_face_with_three_hearts:


  1. ceci n’est pas un euphémisme ↩︎

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