C’est un problème beaucoup plus complexe et dont la réponse est contextuelle, notamment parce que :
- la fiscalité et les frictions de trading (spread, commissions) pointent le bout de leur nez. Les frictions sont modérées au sein d’une enveloppe fiscale, mais au sein d’un CTO avec 80% de plus-values latentes, c’est une autre histoire.
- sur un horizon court, les rendements des actifs sont souvent dominés par du bruit aléatoire. Si on essaie de le suivre, on va zig-zaguer et encaisser beaucoup de frictions.
- à l’échelle des périodes de rééquilibrage, les rendements des actifs ne sont pas totalement aléatoires. Par exemple, les rendements des actions présentent des caractéristiques de retour à la moyenne, mais avec des phases en tendance sur des horizons de plusieurs mois.
Il y a donc un concept de « no-trade zone » qui a été modélisé de cette façon :
\Delta w \propto \left( \frac{c}{\gamma \sigma^2 (1-\rho)} \right)^{1/3}
où c représente les % de friction. Les autres variables, tu connais si tu as lu les leçons. 
Les frictions vont beaucoup dépendre des plus-values latentes. Pas très pratique, hein ? Je vais ramener ça à des idées plus exploitables pour nous.
Si l’on procède avec du cash frais (épargne nouvelle ou levée de dette), c’est un no-brainer : on en profite pour revenir plus près de l’allocation cible en achetant ce qui est le plus loin de sa cible. Cela permet de gérer une bonne partie des rééquilibrages pendant qu’on accumule du capital.
Pour les retraits, c’est plus subtil car certaines enveloppes ont une capacité contrainte (PEA). Il n’y a pas de réponse triviale - Guillaume est sur le coup, justement.
En dehors des flux entrants/sortants, rééquilibrer les positions a un coût certain : il convient donc de rééquilibrer lorsque l’écart entre les actifs est devenu important.
Rééquilibrer, c’est implicitement parier sur un renversement de tendance entre les deux actifs. Comme on ne peut pas trop prédire quand une tendance s’inversera, une approche maligne consiste à rééquilibrer par tranches avec une fréquence du même ordre de grandeur que la durée des tendances. Par exemple, en découpant le portefeuille en 12 portefeuilles virtuels, dont un rééquilibre un seul tous les mois, on élimine le risque de tout rééquilibrer au moment le moins favorable. C’est une approche institutionnelle, mais chiante à implémenter !
Un approche pragmatique pour marier ces injonctions consiste à utiliser des bandes de rééquilibrage relatives et une fréquence de rééquilibrage intermédiaire :
- on écrête les actifs qui se sont écartés de plus de X% relativement à leur allocation cible, de manière à les ramener à mi-chemin de leur optimum. Autrement dit, on récolte une partie de la volatilité entre les actifs réalisée, sans couper une éventuelle continuation de la tendance.
- le paramètre X dépend de la volatilité et des frictions (cf. formule du dessus) mais on voit généralement du 15 à 25% relatifs dans la littérature.
- on distribue les produits de la vente pour ramener les actifs les plus à la traîne vers leur optimum.
Il y a aussi une subtilité sur les positions en perte en CTO : il est généralement de bon ton de les solder pour réaliser une moins-value, reportable pendant 10 ans. Mais en général, on va rééquilibrer pour remettre une louche sur les positions en perte donc voilà.