Investisseur malchanceux : Et si vous n'investissiez qu'aux sommets du marché?

Je suis tombé sur une histoire qui devrait rassurer beaucoup d’investisseurs, en particulier les débutants qui viennent de se lancer et n’ont pas eu la chance de commencer au meilleur moment…

Il s’agit d’une traduction résumée de " What if You Only Invested at Market Peaks?" de Ben Carlson, du site awealthofcommonsense.

Et si vous n’investissiez qu’au sommet du marché ?

Voici Bob.

Bob est le pire market timer du monde.

Ce qui suit est l’histoire de son timing catastrophique en matière d’investissement boursier.

Le parcours d’épargne de Bob

Bob commence sa carrière en 1970 à 22 ans. Il est un épargnant sérieux et méthodique. Son plan : épargner 2 000 $ par an durant les années 70, augmenter à 4 000 $ dans les années 80, 6 000 $ dans les années 90, puis 8 000 $ par an jusqu’à sa retraite prévue en 2013, à 65 ans.

Il commence par épargner sur un compte bancaire, et à la fin de 1972, il a 6 000 $ à investir.

Mais Bob a un défaut : il ne parvient à investir qu’après des envolées boursières importantes. Donc il place l’intégralité de ses 6 000 $ dans un fonds indiciel S&P 500… juste avant le krach de 1973-74, où le marché chute de près de 50 %.

L’unique qualité de Bob

Bob n’a jamais vendu ses parts, peu importe les pertes. Une fois investi, il reste dans le marché — principalement par peur de prendre une mauvaise décision de vente. C’est un point essentiel.

D’autres investissements… mal timés

  • En août 1987, après un nouveau rallye boursier, il place 46 000 $ accumulés depuis 1973. Quelques semaines plus tard : krach de plus de 30 %.
  • Fin décembre 1999, en pleine bulle technologique, il investit 68 000 $. Début 2000, nouvelle chute de plus de 50 %.
  • En octobre 2007, il place 64 000 $. Puis survient la crise financière de 2008, avec un autre plongeon du marché supérieur à 50 %.

Après 2008, il continue d’épargner (40 000 $) mais ne remet plus d’argent en bourse. Il conserve cependant l’ensemble de ses placements jusqu’à sa retraite en 2013.

Résultat final

Malgré un timing désastreux, Bob finit sa carrière avec 1,1 million de dollars. Comment est-ce possible ?

  1. Il a épargné de manière disciplinée, en augmentant ses contributions au fil des années.
  2. Il n’a jamais vendu, laissant la magie des intérêts composés opérer durant plus de 40 ans.
  3. Il a investi de manière simple, dans un unique fonds indiciel à faible coût.

Même s’il n’a investi qu’au pire moment à chaque fois, le long terme et la discipline ont compensé ses erreurs.

Leçons à retenir

  • Soyez optimiste à long terme. Les marchés récompensent la patience, sauf si vous pensez que le monde ou l’innovation vont s’arrêter.
  • Les pertes sont inévitables. Ce qui compte, c’est votre réaction.
  • L’épargne régulière, la vision long terme et les intérêts composés sont vos meilleurs alliés pour bâtir de la richesse. Pas besoin de stratégie complexe.

Note finale

Cette histoire est fictionnelle et vise à illustrer la puissance d’un comportement d’investissement discipliné à long terme. Bob aurait eu 2,3 millions de dollars s’il avait investi chaque année via la méthode du dollar cost averaging (investissements périodiques). Mais dans ce cas… il n’aurait pas été Bob, le pire market timer du monde.

Rassurant, non ?

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C’est clair, si on a du temps devant soi et qu’on ne jette jamais l’éponge, on s’en sort généralement bien. Et c’est assez facile de ne pas investir systématiquement avant les crashes pendant 40 ans. :grin:

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Merci pour le partage ! L’histoire de Bob est un classique indémodable (Ben Carlson est une référence). C’est la preuve ultime que le « Time IN the market » bat toujours le « Timing the market ».

Ce qui est fou, c’est de voir à quel point la durée efface les erreurs d’entrée. Bob a « raté » tous ses points d’entrée, mais il a réussi sa sortie grâce aux 40 années de “compoundage”.

Pour ceux qui veulent visualiser ce que ça donne avec leurs propres chiffres (sans forcément attendre 40 ans comme Bob !), j’ai codé un petit simulateur d’intérêts composés qui permet de tester différents scénarios. (j’espère que ça ne va pas à l’encontre des règles, c’est vraiment pour donner un petit truc en +)

On se rend vite compte qu’investir régulièrement (DCA), même des petites sommes, lisse encore mieux la performance que ce pauvre Bob et ses sueurs froides à chaque krach :grinning_face_with_smiling_eyes:.

Excellent rappel en tout cas !

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Encore heureux non?

On parle de la période la plus prospère de l’histoire de l’humanité dans le pays avec la plus forte croissance sur un indice qui a battu tous les records.

On refait une simulation avec un investisseur argentin, vénézuelien, français, japonais sur leurs bourses locales?

Max

On pourrait le refaire en France, je pense qu’on arriverait à un résultat similaire.

L’objet du post est d’expliquer que le temps dans le marché efface des éventuels mauvais timings. L’idéal étant de ne pas essayer de timer le marché.

x22,6 depuis 1988 le CAC 40 GR, dividendes réinvestis, plutôt solide

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Pour info :

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Tout à fait d’accord avec le message général.

Mais il faut faire attention à ne pas sélectionner les vainqueurs (les USA) à posteriori.

Pour la France, je suis curieux de voir ce qu’un investisseur malchanceux donne (corrigé de l’inflation) entre 1973 et 2013.

Je vous laisse l’honneur de faire les calculs :stuck_out_tongue:

Dans le cas français de Robert: +3% (corrigé de l’inflation) de rendement sur la période 1973-2013 en reprenant scrupuleusement le scénario “pas de chance“, c’est à dire investissement dans le cac40 en 1972, 1987, 1999, 2007. J’ai pris les données du CAC40 ( CAC 40 - Wikipedia ) et de l’inflation ( Vérification Javascript ).

Certes Bob (version USA) n’a pas eu de chance sur le timing mais il a eu une chance énorme sur le choix de l’indice qui allait tout exploser dans les 50 prochaines années. Moins de chance pour le Robert français.

PS: je ne suis pas un as du tableur excel. Simu à vérifier. Je pense que ce qui pénalise Robert, ce n’est pas tant d’investir au mauvais moment que de garder du cash pendant de longues périodes avec 5-10% d’inflation.

Ton index est Net Return, et non global return, il faudrait le même indice, mais avec dividendes réinvesti pour pouvoir faire une bonne comparaison ! :smiley:

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+1, la différence de résultat risque d’être de 1 à 4

en € réels, un rapport de 1 à 3 :

Merci pour vos retours,
j’étais pas conscient de cette subtilité.
J’ai refait les calculs de rendement pour un investissement “mal timé” sur le CAC40 entre 1973 et 2013:
CAC40 hors dividendes: +24% sur 40 ans (0.5% annualisé) par rapport à une épargne non investie.
CAC40 dividendes bruts réinvestis: +84% sur 40 ans (1.5% annualisé) par rapport à une épargne non investie.
CAC40 dividendes nets réinvestis: +74% sur 40 ans (1.4% annualisé) par rapport à une épargne non investie.

Max

Je ne suis pas convaincu de vos calculs, car dans votre exemple, vous n’avez pas l’air de composer les dividends : en regardant juste le cours du CAC 40 GR, on fait déjà plus que les 84% annoncé sur les 40 dernières années.

Si tu regarde le graphique de @Nicolas , tu verra que le CAC 40 GR sur 36 ans passe de 1€ à environ 12€ sur la période, donc une performance proche de 1200% sur la période. Soit une performance annualisée de 7% et non 1,5% (on parle bien en brut là).
Après, je n’ai pas fais de calculs via les pires journées, mais si on prend un investissement au pic de 2006 on a quand même une perf de plus de 100% entre 2023 et 2026.

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Idem que @Rhist, pas convaincu par les calculs.

Les données utilisées de rendement du CAC 40 sur 40 ans sont clairement fausses : +24 à +84 % de rendements totaux dans l’exemple donné…

Alors que le CAC 40 GR fait +2300 % entre 1987 et 2023, +900 % entre 1987 et 2013.

Vu qu’on parle d’investissement sur une durée si longue, vu qu’il y a eu le passage à l’euro etc… J’ai préféré utiliser les données nettes d’inflation car plus parlantes, mais le constat est encore pire dans ce cas ^^’.

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Salut Rhist et Nicolas,
Je comprends vos doutes, je les partage et je ne mettrai pas ma main à couper sur mes calculs de tableur googlesheet.

Cependant je pense que vous sous-estimez les contraintes de l’exercice, c’est-à-dire le parcours d’épargne catastrophique: « Et si vous n’investissiez qu’au sommet du marché ».
Il ne s’agit donc pas de calculer le rendement du CAC40 sur la période 1987-2023.

Rappelons les contraintes de la simu:

Robert n’a que 4 points d’entrée sur le Marché: on ne parle pas d’un DCA entre 1970 et 2012. Si Robert avait fait un DCA, le résultat aurait été totalement différent et sans doute proche de l’indice. Ses points d’entrée sont catastrophiques: 1972, 1987, 1999 et 2007 et c’est tout. Entre temps, le cash de Robert qui n’est pas encore investi se fait laminer par l’inflation.

La simu s’arrête en 2013 (ce n’ai pas moi qui ai choisi, c’est les contraintes du post initial de Nicolas) donc Robert ne bénéficie pas du +200% que fait le CAC40 (dividendes réinvestis) entre 2012 et2023.

Voici un détail des calculs:

Robert commence à épargner en 1970 à raison de 2000 par an. En 1972, il a 6000 à investir qui sont devenu 5300 en terme de pouvoir d’achat, c’est-à-dire en corrigeant de l’inflation (environ 5% par an entre 70 et72). Il investi 5300 sur le CAC 40 en 1972. Son investissement se fait laminer en 1974 et 1976 par le crach et l’inflation et tombe à 2300 en 1976.

Arrivé en 1986, l’investissement sur le CAC40 a tout juste récupéré son niveau de 1972 (net d’inflation).

Pendant ce temps, Robert a accumulé 29000 de cash (net d’inflation) entre 1972 et 1986. Il investit dans le cac40 qui se prend -28% en 1987.

Et ainsi de suite… le cash non investi de Robert se fait grignoter par l’inflation dans les périodes de marché haussier puis Robert investit ce cash au pire moment, se prend -50%. Si Robert avait fait un DCA, ce serait différent.

Si cette simu me tient particulièrement à cœur, c’est parce que le profile de Robert correspond parfaitement à la génération de mon père:
Arrivé sur le marché du travail au début des années 70.
Premier investissement en bourse au milieu des années 80 et se fait laminer.
Se remet à investir à la fin des années 90 parce que c’est la mode: laminé au début des années 2000.
Retraite vers 2010.
Bon courage pour le remotiver!
J’ai fait lire le parcours pédagogique de Cayas à mon père et il a trouvé ça très bien!

Max

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