100% d’accord sur la priorité du Rang 1 mais une fois tes fondations solides, avoir 5% en PE c’est un choix tactique. C’est le seul moyen de capter l’hyper-croissance des PME avant la bourse et l’illiquidité t’empêche de tout liquider au premier gros coup de stress (cela te protège de toi-même).
5% de PE diversifié, ça ne va quasiment pas changer le portefeuille. On reste sur une prime de risque proche de celle des actions cotées, ça va varier à peu près dans le même sens que le coté. Même avec une espérance de rendement supérieure de plusieurs % par rapport au coté ça ne ferait pas lourd de différence… Or ce n’est pas dit que ce le rendement/risque soit meilleur que le coté à exposition factorielle similaire (cf. Phalippou).
Pour 5%, la plupart des gens n’auront accès qu’à des fonds retail assez peu séduisants. Même les multi-millionnaires auront une concentration sur un ou deux fonds/millésimes avec ce %. Bof bof.
Ce n’est pas franchement attrayant en termes de construction de portefeuille. Honnêtement, je pense que les actions non cotées c’est soit un pari hyper concentré (i.e. parts d’une startup où l’on bosse, avec une variance abominable sur le résultat final et donc peu adapté à la plupart des gens), soit pour les institutionnels qui peuvent raisonner en décennies et diversifier largement (fonds de pension & co).
Je partage.
Mieux vaut essayer de capter deux trois projets auxquels on croit beaucoup et avoir des BSAir ou rentrer a une valorisation base intéressante.
Et si la vision nous intéresse, ça nous permet aussi d’aligner nos valeurs/idéaux à la finance …. Double gain.
Prenons un exemple avec Eurazeo Private Value Europe 3:
C’est 60% dette privée senior à taux variable, 40% secondaire. Le but du truc c’est pas de faire x3 en 10 ans, c’est de venir remplacer une partie de son support euros ou de la poche oblig. pour chercher de la décorrélation.
J’ai screenshot l’interface Linxea Spirit 2, le fonds est dispo en gestion libre, pas de minimum :
+39% sur 5 ans, soit dans les 6,8% annualisé. Même en retirant 0,5% de frais AV, tu restes au-dessus de 6% net.
La vol affichée c’est 1,40%. Alors oui, ce chiffre est largement artificiel (smoothing de NAV) des valorisations mark-to-model trimestrielles, rien à voir avec une vol de marché.
Mais le vrai truc intéressant c’est pas la vol, c’est que le fonds n’a eu AUCUNE année négative sur 6 ans. Et surtout, le stress-test de 2022 en conditions réelles.
En 2022 : -13% sur le MSCI World, -15% sur l’obligataire classique. Un lazy 60/40 se faisait défoncer des deux côtés. Alors un NTSG en CTO aurait pris très très cher en 2022. EPVE 3 était à +6,7% net.
Je pense que mettre 10-15% d’EPVE 3 dans un portefeuille 70% actions / 30% sécurisé en réduisant le support euros, ça va pas changer la vie hein. Mais mécaniquement, en 2022 ça réduisait la perte globale d’un bon demi-point, et les années normales ça te rapporte nettement plus que du support euros ou oblig. à 2,5%. Le tradeoff, c’est la liquidité évidemment.
En buy and hold pour remplacer de l’oblig. dans une AV, franchement je ne vois pas trop le problème, mais je serai curieux d’avoir ton avis.
Le problème d’un exemple sur même pas 10 ans, c’est que ça n’a guère de valeur statistique. Cela nous apprend juste qu’en rendement composé, ce fonds-là s’est raisonnablement bien comporté sur la période.
Comme tu l’indiques, la volatilité d’un fonds non coté est fantaisiste : comme il n’y a pas de mark to market fréquent, c’est le fond qui évalue les NAV à sa guise (et ne le fait pas tous les jours, ce qui fausse la comparaison avec un actif coté). Au lieu d’une volatilité objective sur les marchés liquides, on peut avoir un changement de liquidité radical en cas de crise sur ces fonds. Ils peuvent bloquer les retraits trimestriels au-delà de 5% de la valeur du fonds (avec quelques exceptions pour les cas de force majeure sur ce fonds Eurazeo). C’est d’ailleurs ce qui se passe sur plusieurs gros fonds de dette privée aux USA en ce moment et qui s’est passé depuis 2022 sur des fonds immobiliers (SCPI et assimilés).
On ne voit donc pas nécessairement de trou chez Eurazeo en 2022 parce qu’ils n’ont pas eu suffisamment de demandes de retrait, que suffisamment de souscripteurs étaient dans la période de blocage initiale et parce qu’ils ont collecté à fond sur cette période (ils pouvaient honorer les demandes de retrait avec le cash frais)… Est-ce qu’ils auraient pu revendre les titres au prix annoncé sur la NAV ? C’est vraiment pas dit.
Donc tu as l’impression d’avoir un drawdown faible lors des crises, mais si celle-ci est suffisamment forte, tu n’as pas de liquidité au pire moment. Tu passes donc à côté de l’opportunité de rééquilibrer et, si tu as besoin de cash à ce moment-là, ton fonds non coté ne peut y pourvoir.
C’est donc un trade off qui n’est pas anodin !
Si l’on veut aller au-delà des actifs traditionnels pour améliorer le rendement/risque, il y a moins contraignant, moins incertain et plus diversifiable que les actifs privés. Je ne suis pas du tout convaincu que la prime d’illiquidité actuelle soit très attrayante en ce moment et encore moins qu’elle soit aisément captable sur des fonds grand public.
Oui le fonds date de 2018 mais Eurazeo fait de la dette privée depuis 2007 (200+ transaction, 0% de taux de perte annualisé avec des covenants très stricts) et du secondaire depuis 2003 (taux de perte de 0,3%). Le trackrecord inclut 2008, 2020 et 2022.
Ce n’est pas un bug mais une feature… une protection contractuelle. Dans un fonds commun classique ou une SCPI sans gate, en cas de panique, le premier qui sort récupère 100% et le gérant doit vendre alors les meilleurs actifs pour le payer. Dans un EPVE 3 de mon example, le gate oblige le gérant (ici Eurazeo) à protéger les 95% d’investisseurs restants contre la dilution d’une liquidation. Ils ont aussi une poche de liquidité de 10% pour honorer ces 5% de rachats trimestriels sans avoir à toucher aux actifs illiquides. Blue Owl = vente à 99.7% du NAV.
SCPI ou obligations à taux fixe perdent de la valeur quand les taux montent, alors que EPVE 3 est composé à 60% de dette senior à taux variable (indexée Euribor).
Je pense que c’est le vrai sujet avec PE ou Dette Prive (ou SCPI). Si c’est pour s’enfermer avec un gating pour espérer battre le MSCI World on est d’accord c’est inutile, mais pour un investisseur qui accepte de bloquer 10 à 15% de son allocation globale pour remplacer un fonds euros mauvais ou un fonds obligataire volatil, alors l’écart de rendement fait sens (+39% sur 5 ans pour EPVE 3, avec un drawdown de -0,5%).
Managed Futures? DBMF? Oui, mais 1. c’est un ETF actif donc cher en ER et 2. ca n’existe pas en assurance vie (aujourd’hui) par example et 3. On peut se prendre des des drawdowns violents (-15%)


