Étudiant, je développe un projet sur mon temps libre autour d’une question qui me travaille : calculer ce qu’il reste vraiment net d’impôts si on vend ses positions — entre CTO, PEA et toute la fiscalité qui varie selon l’ancienneté ou les gains.
Avant d’aller plus loin, j’aimerais comprendre comment vous gérez ça concrètement au quotidien. C’est un vrai sujet pour vous, ou j’en surestime l’importance ?
Honnêtement, je ne gère pas ça au quotidien. Avoir la valeur nette de fiscalité de mon patrimoine financier m’intéresse peu.
Sans compter que le scénario me semble bien hypothétique : que ferais-je de l’argent si je rachetais tout ? Ici, on prône une stratégie d’investissements à long terme : les titres achetés ont vocation à être conservés jusqu’à décaissement pour financer ses projets de vie. Si je sais que je vais récupérer l’argent quoi qu’il arrive, le montant à conserver pour imposition sera plus facile à calculer une fois les ordres exécutés.
Pour moi non plus, ce n’est pas un sujet. Non seulement que je ne gère pas au quotidien mais que je ne gère pas du tout. J’investis à long terme et je ne sais même pas ce que sera devenue la fiscalité le jour où je vendrai (ou mourrai !).
Donc, clairement, je ferai avec le jour où (et ne m’en soucie pas entre-temps).
C’est une question qui me taraude depuis longtemps et je suis content que voir que d’autres personnes se la pose.
J’ai un tableau excel pour visualiser mon patrimoine avec au final 3 valeurs : brut, net de dettes (crédit immo principalement), et net d’impôt. Pour le net d’impôt je prends des hypothèses défavorables/conservatrices : PFU sur le CTO et les AV (pas d’abattement), PS sur le PEA etc..
Mais soyons honnête c’est une sorte de biais psychologique, celui d’atteindre un « palier » de patrimoine (250k, 500k, 1M etc…). La réalité sera forcément différente du tableau excel, la valeur de mon patrimoine boursier peut fortement évoluer, la valeur de mes biens immo n’est qu’une vague estimation et bien entendu la fiscalité peut changer entre aujourd’hui et le moment où je vais effectivement vendre.
Au final l’approche la plus rationnelle serait sans doute de s’en tenir à ses projets de vie et de ne pas trop se concentrer sur le calcul de la valeur nette exacte de son patrimoine à l’instant T. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire
Pareil, c’est un sujet qui m’interesse car je me prends un peu la tete sur la répartition en % de mon patrimoine. En effet, j’ai une target d’allocation (ex : 60% action) et l’éternelle question est, cette target doit elle s’appliquer sur les chiffres bruts ou nets d’impots pour la répartition.
Ceux qui ont des PV latentes importantes connaissent probablement ce point. A défaut de trancher, j’ai fait une espèce de moyenne entre mon patrimoine brut & net pour gerer ma target d’allocation
Mon excel de suivi integre les 2 montants : brut et net d’impôt. C’est le chiffre net d’impot qui m’interesse le plus, car évidemment le plus proche de la réalité. Lors de baisse du marché, le montant net baisse moins vite, car l’imposition sur les PV latente réduit. Bien qu’en fin d’année lors de mon controle (à savoir si j’ai battu le marché ou plutôt mon portefeuille benchmark 70 / 30 - ETF Monde & Bonds) je prends évidemment la valeur brute. Tout cela n’est pas très utile car je suis là pour le long terme mais j’aime suivre tout de meme l’évolution de mon patrimoine, utile aussi pour les rééquilibrage semestriels si les % ont trop dévié de la cible.
Merci pour ce retour, c’est justement le genre d’avis qui m’aide à mieux cerner qui ça concerne vraiment.
Je pense que vous avez raison sur le fond : si l’objectif est de tout garder jusqu’au décaissement, le « net fiscal » au jour le jour est effectivement peu utile, seul le montant au moment réel de la vente compte.
Du coup je suis curieux : est-ce que ça changerait si c’était plutôt utile au moment de décider où investir (par exemple comparer l’impact fiscal PEA vs CTO avant de verser, plutôt qu’après) ? Ou est-ce que même ça, ça vous semble anecdotique dans votre façon de gérer ?
« Ou que je mourrai », ça résume bien le truc en fait. On ne sait jamais vraiment ce que sera la fiscalité le jour J, donc calculer un net précis aujourd’hui a quelque chose d’un peu vain, je comprends.
Après je me demande si le vrai intérêt serait plutôt de suivre l’ordre de grandeur que le chiffre exact, un peu comme une jauge plutôt qu’un calcul. Mais peut-être que même ça, ça n’apporte rien si vous ne regardez jamais ce genre de chiffre de toute façon.
Merci, ça c’est exactement le genre de retour qui me fait dire que le besoin existe vraiment. Vous avez littéralement construit à la main ce que j’essaie d’automatiser.
Le point sur le « palier psychologique » est hyper intéressant, je n’y avais pas pensé sous cet angle. Est-ce que ça voudrait dire qu’un outil qui vous montre en un coup d’œil votre progression vers ces paliers (en net, pas en brut) aurait de la valeur même sans qu’il y ait de vraie décision de vente à l’horizon ? Ou le tableau Excel fait déjà très bien le travail et un outil dédié n’apporterait pas grand-chose de plus ?
Et une question complémentaire : le « net de dettes » (crédit immo) fait partie de vos 3 valeurs, c’est un axe que je n’ai pas encore inclus dans ce que je construis. Est-ce que ça vous semblerait indispensable dans un outil comme celui-ci, ou plutôt un nice-to-have ?
Merci, c’est un des retours les plus riches que j’ai eus jusqu’ici. Le point sur l’allocation cible en brut vs net, je n’y avais pas du tout pensé sous cet angle, et votre « moyenne bricolée » entre les deux, c’est exactement le genre de point de friction qu’un outil devrait pouvoir trancher proprement plutôt que de vous laisser inventer une solution de contournement.
J’aime aussi beaucoup votre remarque sur l’effet amortisseur : le net qui baisse moins vite que le brut en période de baisse, parce que l’impôt latent diminue aussi. C’est un angle que je n’avais pas identifié.
Question : si un outil vous montrait automatiquement votre allocation réelle en net (sans avoir à faire la moyenne à la main), avec la possibilité de basculer entre vue brut et vue net selon que vous rééquilibrez ou que vous comparez à votre benchmark, ça remplacerait votre méthode actuelle ? Ou vous garderiez quand même votre suivi Excel en parallèle par habitude ou par contrôle ?
Savoir ce que je détiens net de fiscalité aujourd’hui m’intéresse peu car je suis persuadé que les règles actuelles ne seront plus celles en place quand j’entrerai en phase de consommation.
Ce n’est donc qu’un facteur de décision parmi d’autres lorsque je me pose la question de savoir ou allouer ma nouvelle épargne.
Merci, et je comprends complètement l’argument sur l’incertitude des règles futures, c’est difficile à contredire honnêtement.
Ce qui m’intéresse le plus dans votre message, c’est la fin : « un facteur de décision parmi d’autres pour savoir où allouer ma nouvelle épargne ». Ça rejoint ce que d’autres m’ont dit ici. Du coup je suis curieux : dans cette décision d’allocation, le facteur fiscal pèse comment par rapport aux autres critères (plafonds, frais, liquidité, etc.) ? C’est un critère parmi d’autres à poids égal, ou plutôt un critère secondaire qui ne fait pencher la balance qu’en cas d’égalité sur le reste ?
A priori, je ne vois pas l’intérêt non plus à l’achat si on se limite à la fiscalité.. Les règles sont établies et peu mouvantes : je sais déjà que je paierai + d’imposition sur CTO que sur PEA. Pour autant, mettre toutes mes actions en PEA n’est pas systématiquement la bonne solution.
Le choix de l’enveloppe se fait, dans l’ordre, en fonction de :
des classes d’actifs / instruments (pas possible d’acheter des obligations en PEA)
de mes contraintes de liquidité, c’est-à-dire quand est-ce que je compte utiliser cet argent (ne pas oublier qu’il y a un coût d’opportunité à faire des retraits du PEA, vu qu’il y a un plafond de versement brut à 150K€)
de la rentabilité nette nette, après impôts et après frais. Les frais sont très importants, plus à long terme que la fiscalité. Par ex. si on prend en compte les frais de gestion, l’AV devient nettement moins intéressante comparée au CTO (étude à lire ici).
Je préfère suivre des éléments que je peux contrôler, comme les frais. Le jour où les prélèvements sociaux passent de 17,2% à 18,4%, la valeur de mon patrimoine financier net va chuter. Ça ne me dit pas grand chose.
C’est un facteur totalement secondaire, une variable mathématique qui couplée avec une hypothèse de rendement et les frais annoncés me permettra de savoir à l’instant T (sous entendu avec les règles du jeu actuelles) quelle enveloppe est à privilégier.
Prenons un exemple simple de 100 € que je souhaite placer pour ma retraite. Cela correspond à :
Un horizon long terme
Donc à la classe d’actif actions
Donc à un ETF suivant un indice large
Donc à une enveloppe PEA - Compte Titre - Assurance vie
Donc calcul mathématique incluant fiscalité, frais de l’ETF, frais de l’enveloppe etc etc